• Le thème : Sword Art Online et Fairy Tail (Les persos de FT en mode SAO avec toute l'histoire xD)

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    Je courrais, courrais et courrais, pour avoir ce jeu, ce jeu dont j'ai toujours rêvé. J'ai couru tellement, tellement longtemps, pour enfin y arriver. J'étais arrivée. J'étais devant le magasin. J'entrai et payai le jeu, pour ensuite en sortir toute contente et rentrer chez moi. Enfin rentrée... Je filai dans ma chambre pour brancher le NearveGear, et l'enfiler. Je m'allongeai et m'écriai :

    – Link Start !

    Je me créai un compte et me retrouvai ensuite dans ce monde. Ce monde appelé "FAiry Online". Mes cheveux étaient devenus courts et roses, mes yeux étaient devenus roses foncés et j'avais quelques tâches de rousseurs (Lisbeth). J'avançai pour connaître un peu ce monde. Il était magnifique. Je regardai un peu mon profil, il fallait que je choisisse une sorte de profession, de magie pour être plus précise. Je répondis à un quizz, je suppose.

    A la fin, c'était écrit : "Constellationniste". "Constellationniste" ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Une page s'ouvrit devant moi, il y avait des explications de ce que signifiait le mot constllationniste. Une fois tout lu, trois clés qui me semblaient en or et deux en argent apparurent devant moi. J'acceptai les objets. Il y avait écrit "Taurus", "Aquarius", "Cancer", "Horologium" et "Nikola". Drôles de noms... Mais bon, d'après le quizz, mage stellaire me convient le mieux. Pour gagner d'autres clés, il faut vaincre des monstres ou mages noirs PNG. Dans FAO, chaque joueur à une capacité d'épéiste, mais il n'y a pas de niveau.

    Je me mis donc à la recherche de monstre ou mage noir... Quelques heures plus tard, j'avais gagné une clé d'or et une en argent, "Virgo" et "Lyra". Je décidai donc de me déconnecter. Seulement, lorsque je vis la barre où se trouvait cette option, je me figeai et devins blanche. L'option déconnection n'existait plus. J'essayai par tout les moyens de trouver une autre sortie, mais rien.

    Une lumière blanche m'aveugla et sans que je ne m'en rende compte, je fus téléportée. Beaucoup de gens étaient présents, et beaucoup de gens criaient, se plaignaient, étaient en colère ou terrifiés. Quelque chose venu d'en haut attira mon attention, ainsi que celle des autres. Quelque chose qui ressemblait à du sang, se transforma en une gigantesque personne féminine. Une femme ? Un monstre ? Cette "chose" prit forme et commença à parler avec une voix douce.

    – Mes chères petites fées, je vous souhaite la bienvenue dans mon monde.

    Non... Ne me dites pas que c'est...

    – Je suis Mavis Vermillon.

    La créatrice de FAO.

    – Je vous ai tous réunis ici, pour vous faire part à une nouvelle, triste ou bonne, cela dépend de la personne. Chaque joueur ici présent... En gros, les 5 300 personnes qui se trouvent en ce lieu même... ne pourront plus jamais se déconnecter et vivront une vie ici, dans FAiry Online.

    Attends... quoi ? Je... plus jamais... revenir... dans le monde réel...? Tous les joueurs faisaient du bruit, se plaignaient.

    – On a qu'à se retirer le NearveGear de la tête ! s'écria un garçon.

    - Cela est impossible, si une personne IRL vous enlève votre NearveGear de votre tête, les ondes électroniques vous endommageraient le cerveau et cela signifierait donc quitter ce monde ainsi que le monde réel. Malheureusement, des gens ont comme même enfreint cette règle et actuellement 200 personnes sont mortes. Moins de personnes tenteront de vous l'enlever de force. De plus, si vous mourrez dans le jeu, vous mourrez dans la vie réelle.

    Non...

    – Il existe comme même un moyen de sortir de là ! Non ?! s'écria une fille en pleure.

    – Malheureusement, il n'y a aucun moyen. Mais... Si vous réussissez à franchir et à vaincre les00 boss des 100 paliers, vous finirez le jeu.

    – Mais c'est impossible !

    – Ça nous prendrait la vie !!

    – Seul ce moyen vous sauvera. À présent, regardez dans vos inventaires, vous y trouverez un petit cadeau de ma part. Lisez à haute voix, dit-elle.

    J'allai voir mes inventaires et y trouvai une sorte de parchemin qu'il fallait lire à haute voix.

    – "Oblitus fuero sub hoc aspectu et rursus fiamus, sicut prius...?" Qu'est-ce que ça veut dire ? (Ne pas chercher à comprendre cette phrase. Elle ne veut pratiquement rien dire. Latin mal formulé.)

    Une lumière blanche m'aveugla de nouveau. Mais que se passait-il ?... Puis...Tout d'un coup, plus rien. Tout était revenu à la "normale", sauf que... Il n'y avait que des silhouettes qui m'étaient inconnus... Qui sont-ils ? Mais... Mes cheveux ! Ils... ils sont redevenus longs et blonds ! Je pris un miroir que j'avais dans mes objets. J'...j'avais mon apparence habituelle ! Mes yeux chocolat, plus de tâches de rousseurs, tout... Hum... Je me moque de comment elle a fait ça... Même si je sais que c'est grâce au NearveGear et tout le tralala.

    – Maintenant, c'est l'heure de nous dire au revoir. Et bonne chance mes chères fées.

    Elle s'en alla.

    Je... Tout ceci... est bien vrai... Il... il faut... Il faut que je devienne plus forte. C'est le seul moyen. Puis je m'en allai en courant, en courant vers le village le plus proche. Il faut que je devienne plus forte !

    Mon nom est Lucy, nous sommes le 7 juillet 2077, le jeu mortel a commencé.

    * * *

    Trois mois se sont écoulés depuis le commencement du jeu et 7 paliers ont été franchis. Il faut dire que le début est un peu dur, il nous a fallu plus d'un mois pour franchir le premier palier, mais, petit à petit, ça devient plus facile. Enfin, facile dans le sens habitué. Quant à moi, je suis devenue plus forte, dans ma capacité magie mais aussi dans ma capacité épéiste et puis j'ai gagné certaines clés puissantes. J'aimerais tant faire partie d'une guilde...J'ai enfilé une sorte de cape avec capuche.

    Bon, aujourd'hui, il faut que je donne tout ce que j'ai.

    Je partis donc en direction d'un autre village pas très loin. En route, je me tordis la jambe. Qu'est-ce que j'en ai à faire... Comparé à tout ce qui sont morts... J'entendis un bruit, des bruits de pas, j'en suis sûre. Je me retournai et fis face à plusieurs mages noirs. Non... Ils sont trop nombreux. Je sortis mon épée et une clé.

    – Ouvre toi, porte du taureau ! Viens à moi, Taurus ! invoquai-je.

    Taurus apparut devant moi.

    – Lucy, toujours aussi sexy, meeuôôôh !

    – Ouais, bon, tu peux m'aider à m'occuper d'eux ?

    - Pas d'prooblème, meuh !

     Je m'élançai vers eux avec mon épée, de même pour Taurus. Deux de moins. Hum... Ma jambe me fait encore mal... Je glissai et essayai en vain de me lever. Taurus disparut par manque de magie et par blessure. C'est la fin... Je fermai les yeux et me préparai à mourir. Mais rien. Rien. Pourquoi... Pourquoi suis-je toujours là ? Je rouvris les yeux, et je vis une silhouette masculine, je plissai des yeux pour y voir plus clair. C'était un garçon avec d'étranges cheveux roses en pics, et... Il venait de me sauver la vie ? Pourquoi ? Quel idiot... Il se retourna vers moi et me sourit.

    – On ne dit pas merci à son chevalier ?

    Quel idiot ! Il veut que je lui sois redevable ?

    – Pourquoi tu m'as sauvée ?! Tu aurais dû laisser ces PNJ me tuer !

    Il semblait surpris.

    – Ben... J'ai tellement vu de personnes mourir sous mes yeux. Alors, quand j'ai vu que tu allais mourir, je n'ai pas eu d'autre choix que de t'aider, me sourit-il.

    J'avais raison... C'est un idiot. Mais... C'était vraiment sympa de me sauver. Et puis, la marque rouge sur son épaule. On aurait dit un symbole en forme de fée. Il parait que j'étais plus maligne que j'en avais l'air. Reconnaître des formes étaient l'une de mes plus grandes facilités.

    – Tu fais partie d'une guilde ? demandai-je.

    Il me regarda en souriant.

    – Oui ! Fairy Tail ! dit-il en me montrant son emblème.

    F... Fairy Tail... ?

    – Tu veux en faire partie ?

    Bien évidemment, la question ne se pose pas !

    – Pourquoi pas...

    – Alors suis-moi !

    Il me prit par le bras et courut sûrement vers la guilde nommée "Fairy Tail".

    Quelques minutes plus tard, on s'arrêta devant un grand bâtiment fraichement décoré. On entra.

    – Yo les nazes ! Y a une fille qui veut faire partie de la guilde !

    – La "fille" s'appelle Lucy, rétorquai-je.

    – Joli nom. Moi c'est Natsu, je suis dragon slayer de feu.

    – Merci... Je suis constellationniste.

    – Constellationniste ? C'est plutôt rare.

    Une jolie fille avec de longs cheveux blancs s'approcha de nous.

    – Bonjour, j'ai cru comprendre que tu veuilles faire partie de la guilde. Lucy, constellationniste si j'ai bien entendu ? dit-elle.

    - Oui.

    - Je suis Mirajane, je pratique la magie du Take Over. Viens, je vais te faire ta marque.

    Je la suivis et elle me mit ma marque en rose sur ma main droite.

    Je me dirigeai vers Natsu.

    – Natsu, regarde, j'ai enfin eu ma-

    Malheureusement, j'avais encore mal à la jambe et glissai brusquement, ce qui me fit enlever ma cape.

    – Luce... ! Est-ce que... ça va ? me demanda Natsu en me fixant, il me semblait qu'il avaient quelques légères rougeurs, mais ça ne devait être qu'une impression.

    – Oui, je crois... dis-je en me relevant. Luce ?

    – Heureusement. Oui, je trouve que c'est ce surnom te va bien ! Sinon, je te présente Happy, mon Exceed.

    – Aye Sir !

    C'était un petit chat de couleur bleu, doté de parole. Il s'élança dans le ciel en déployant de magnifiques ailes blanches. Aye Sir... ?

    – Waah ! Trop mignon !

    – Voici Erza, Grey, Wendy et son Exceed Sharuru, Gajeel, Levy, le maître Macarof, Lisanna, et Elfman qui sont la sœur et le frère de Mirajane, Luxus le petit-fils du maitre, Juvia, Kana, Evergreen, Bixrow...

    Il finit de me présenter tout le monde. Je devins très amie avec Wendy, Erza, Levy, Lisanna et Mirajane.

    * * *

    Un an et demi s'est écoulé. (Les détails ne servirons à rien.) Nous avons déjà franchi 78 paliers ! Nous y sommes presque ! Et aussi... Je suis réellement tombée amoureuse de Natsu.

    Aujourd'hui je vais aller faire des courses pour la guilde. En chemin, je rencontrai plusieurs monstres et mages noirs. Oh non...

    Plusieurs minutes plus tard, j'en avais fini avec eux, toute affaiblie. Mais... Deux personnes, un homme et une femme, apparurent devant moi, avec de mauvaises ondes... Je suis bien trop fatiguée pour me battre. L'homme utilisa une sorte de magie noire ce qui me fit tomber en arrière. La femme prit une épée et me la pointa sur ma jambe.

    – Nous sommes des mages meurtriers... commença-t-elle.

    – Dis adieu à tes jours, blondinette, finit l'autre.

    L'épée pointée dans ma jambe me faisait si mal... Elle l'enfonça de plus en plus, prenant un malin plaisir à ce qu'elle semblait considérer comme un jeu. Il ne me restait que quelques secondes avant que je perde... tous mes points de vie... 18, 17, 16, 15, 14, c'est la fin...

    Une silhouette apparut rapidement devant moi en dégageant les deux mages. Il se retourna vers moi et utilisa un Crystal de guérison. C'était Natsu. Puis, il s'intéressa de nouveaux aux deux mages et les tua avec quelques blessures plutôt graves d'une facilité étouffante. Je m'approchai de lui. Je pouvais voir son dos. Je commençai à pleurer, les larmes s'écroulant toute seule au sol mou.

    – Je... je suis désolée. Tout est de ma faute... Si je n'avais... pas été aussi bête. Tout ça... n'aurait jamais pu arriver. Tu sais... Des fois je me demande... Pourquoi suis-je en vie... Quelle est l'importance de mon existence ? Je me le demande vraiment... Chaque jour passé ici est un jour de perdu dans le monde réel. Le monde réel... Si je mourrais ça ne changerait rien ni ici, ni dans le vrai monde de toute façon... Ma vie n'a aucune importance...

    Natsu se retourna vers moi, me prit les bras. Il me regarda avec une intensité bien trop forte, je n'arrivais pas à dévier son regard. Il rapprocha mon corps du sien et posa ses lèvres sur les miennes. Je fus d'abord très surprise. Mais même virtuellement... Ce baiser me donnait des frissons et faisait battre mon cœur à un tel point que je crus qu'il pouvait exploser. J'y répondis alors très surprise... Lorsque l'on se sépara, il me regarda droit dans les yeux et me dit :

    – Ne dis pas ça. Toutes les vies ont une importance, la tienne n'est pas une exception ! Et puis... Qu'est-ce que je deviendrais si tu mourrais... Je te protègerai jusqu'à la fin de nos jours. Luce... Je t'aime, je t'aime tellement...

    Je n'en crus pas mes oreilles. Je pensais mal entendre, mais pourtant... C'était vrai.

    - N... Natsu... J... je t'aime aussi...

    Et on s'embrassa de nouveau.

    * * *

     Quatre mois se sont écoulés depuis notre déclaration, et il ne restait que deux paliers à franchir ! Nous y sommes, aujourd'hui sera... le grand jour ! Nous partons vers le 99ème palier. Une fois arrivés, nous nous dirigeâmes facilement vers le boss. Quelques heures plus tard, avec plusieurs pertes, nous en sortîmes gagnant ! Plus qu'un seul palier... Nous nous dirigeâmes vers ce dernier palier. Plusieurs pertes également avant d'arriver au boss. Mavis était là, elle était assise. Elle me regarda en... souriant ?

    – Félicitation, dit-elle, vous avez réussi. Merveilleuses fées, vous avez terminé ce jeu, je ne me battrai pas, car vous aviez échappé à mes illusions. Bravo. Félicitations.

    Quoi ? C'est sérieux ? Oui ! Je regardai Natsu et lui souris. Enfin, c'est fini. Une lumière blanche nous aveugla et nous disparûmes. Nos corps s'envolant petit à petit, membre par membre, personne par personne. Personne par personne ? Tout cela n'était-il pas étrange ? Je ne le savais pas, que voulait cette Mavis ? Quel était son réel but ? Nous laisser partir ainsi... ?

    Malheureusement, je n'aurai jamais aucune réponse, personne ne me répondra. Ou plutôt, personne n'entendra ces question. Nous avions été beaucoup trop naïfs. Croire que c'était si simple. Nous étions stupides. Je m'étais dit que, dès mon réveil, je retrouverais Natsu au plus vite, et retomberais de nouveau amoureuse de lui.

    Mais j'avais tort. J'étais stupide, idiote, naïve. J'étais inutile et inserviable. Je ne savais pas pourquoi, mais c'était ce que je pensais en cet instant, ou bien en un autre ? Je ne savais plus. Je ne connaissais plus rien. Je ne savais même plus où j'étais. Etais-je revenue dans le monde réel ? Me fallait-il encore du temps pour me déconnecter ?

    Non, c'était autre chose. Jamais je ne verrai mes rêves se réaliser. Après tout, moi, ainsi que tous les joueurs de FAiry Online, nous étions des ignorants. Nous ne nous sommes jamais réveillés. Nous étions, dans un sens, morts.

    J'étais stupide de croire que je pourrais vivre avec Natsu à mes côtés pour toujours. Dorénavant, je n'aurai qu'un sal goût amer comme point de vue de la vie. Et toi, Natsu ? Qu'en as-tu pensé de ça ? T'es-tu amusé ? Que suis-je bête. Jamais, plus jamais il n'entendra de ses oreilles, le son de ma voix. Mais son cœur, lui, l'entendra-t-il ? Je l'espérais.

    « Souris. Après la vie, la mort ne pouvait pas être pire, si ? »

    FIN

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    Voilà, j'ai fini x3

    Corrigé.


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  • Le plan de Mirajane ou de Luxus ?

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    Un couple.

    Un couple, elle en avait toujours formé. Mais pourtant... Pourtant, elle. Elle n'avait jamais, jamais eu de petit-ami. Elle était pourtant si belle, si intelligente, si gentille, si maligne, si douce, si forte, si agréable à entendre, avait de merveilleuse formes qui plairaient à n'importe qui. Mais... Elle n'avait jamais eu de petit-ami. Bien sûr, elle était tombée amoureuse. Mais ce garçon ne la regardait pas de la même façon. Du moins, c'était ce qu'elle pensait. Lui était si beau, si intelligent, si fort... Il était tellement fort... Tellement, que c'en était incroyable. Elle l'aimait tellement, elle voulait tellement se rapprocher de lui, mais... Elle était si occupée à former des couples, qu'elle n'en avait pas le temps. Pas le temps de penser à elle, le bonheur des autres lui suffisait. Justement, en ce moment même, elle venait de former un couple, avec ses plans, bien sûr... Mais le reste, c'était les deux tourtereaux qui devaient l'accomplir. Ce qu'ils avaient fait.

    Le couple de Gajeel et de Levy était accompli. C'était plutôt compliqué, surtout pour Gajeel, mais elle lui avait fait avouer qu'il aimait de tout son être la petite bleutée. Le reste, c'était la magie de l'amour qui opérait. Ils devaient être actuellement en train de l'annoncer à la guilde. Enfin, d'après elle. Elle avait déjà réussi à former également le couple de Grey et de Juvia, malgré les plaintes du brun au début, il a fini par laisser ses sentiments prendre le dessus. Le couple de Roméo et de Wendy était également accompli. Celui d'Elfman et d'Evergreen aussi, même si c'était très facile, en vue des sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre. Il fallait dire qu'ils ne les cachaient pas vraiment. Le couple d'Happy et de Charuru, un adorable couple de plus. Même celui de Jellal et d'Erza n'avait pas échappé à ses griffes, malgré les très nombreuses difficultés. Mais les sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre étaient... réellement surprenants, tellement ils étaient puissants. Enfin, bref... Elle était très forte, en gros. Elle avait même, de même, formé le couple de Sting et de la charmante Yukino. Ils n'étaient pourtant pas dans la même guilde, eux étaient à Sabertooth, et elle, à Fairy Tail. Comment, dites-vous ? "La magie de l'amour, bien sûr !", vous répondrait-t-elle. Rien n'échappait à la démone de la guilde de Fairy Tail. Rien n'échappait à Mirajane. Enfin, non... Un couple était un petit peu plus compliqué que les autres... Elle ne l'avait pas encore formé. Ou non, elle n'avait pas encore réussi, plutôt. Le fameux couple de Natsu et de Lucy. Le fameux couple de Salamander et de la constellationniste. Le fameux NaLu. Il fallait dire qu'elle inventait des noms de couples. Et le NaLu ne voulait toujours pas être mis en place ! Ce qui la rageait.

    Elle était actuellement assise à un banc dans un parc de Magnolia à y réfléchir. Elle devait y arriver. Elle ne voulait surtout pas s'avouer vaincue ! Ah ça, non ! Elle y réfléchissait donc, tranquillement. Et puis, d'un coup, en une fraction de seconde, alors qu'elle soupirait de sa triste défaite après y avoir passé une éternité, au moment où elle allait se lever à cause de la douleur dû à être restée beaucoup trop longtemps ici, les joues rouges et un mal de crâne à cause de l'effort de la dure réflexion, une idée lui traversa l'esprit. "Rien ne valait un garçon et une fille enfermés dans une même pièce impossible à rouvrir." Tel était le plan que son esprit lui avait chuchoté. Simple, mais fort possible et pratique. Ce plan allait marcher, elle y rajouterait quelques piments, bien sûr ! Mais ça allait marcher. Alors elle se leva une bonne fois, elle devait absolument se diriger à la guilde. Elle était si pressée, si excitée. Rien, absolument rien ne devait la distraire.

    Elle avait à peine commencé à marcher, mais elle était si impatiente. Si impatiente de voir ces deux là ensemble. Ils s'aimaient, cela ne se voyait que trop. Ils devaient sans aucun doute être stupide pour ne pas s'en rendre compte ? Stupide, c'était sûr. Même Happy s'amusait à le leur dire avec ses fameux : "Ils s'aiment !" ou "C'est beau l'amour !" en roulant les r. Elle marchait sûrement trop paisiblement, les cheveux suivant le rythme du vent.

    Alors, t'as un plan pour Natsu et Lucy, n'est-ce pas ? fit une voix qui lui était très familière, beaucoup trop, même.

    Euh... Oui, Luxus... Mais, qu'est-ce que tu fais là ? demanda la jeune fille, le rouge commençant à lui monter aux joues.

    Luxus Dreyar. Ce garçon qui lui faisait tant d'effets. Ce garçon qu'elle aimait. Elle était éperdument amoureuse de lui. Elle qui avait tant désiré l'amour, à voir tous les couples qu'elle avait formés si heureux. Elle voulait être comme eux. Alors, quelle grande joie lorsque quelques mois auparavant, elle remarqua des sentiments nouveaux envers le beau blond. Mais aussi quelle grande tristesse lorsqu'elle se dit qu'il ne devait la voir juste que comme une amie, et encore... Alors elle se dit que lorsqu'elle aurait réuni tous les couples de sa liste, elle formerait son propre couple. Et en ce moment, seul le NaLu lui tenait face.

    Alors c'est vrai. Tu as enfin trouvé une idée pour eux deux. Tu penses que je ne te remarque pas, à vouloir les mettre ensemble ? répondit-il par une autre question, un sourire presque sournois collé au visage.

    Alors... Il se préoccupait d'elle ? Enfin... Il remarquait ce qu'elle faisait ? Une joie immense s'empara de la belle démone en cet instant. Une tornade s'était épris d'elle. Une tornade remplit de sentiment, d'amour, pour une simple phrase, qui, plus de ça, était une question même. Elle rougit. Légèrement, mais elle rougit, ce qui n'échappa pas à notre dragon slayer.

    Ah ? Je ne suis pas si discrète alors... Mais ça ne répond pas à ma question, qu'est-ce que tu fais là ? Tu m'attendais ?

    Cette question la fit rougir. Penser que le garçon qu'elle aimait l'attendait pour lui parler de quelconque sujet la ferait éternellement rougir, frémir de plaisir. C'était pourtant elle qui le lui avait demandé. Trois mots. Une question. Attendait-elle une réponse ? Bien évidemment. Mais bien sûr, elle pensait que celle-ci serait négative. Pourquoi Luxus, l'un des plus puissants de Fairy Tail, ou même le second sans compter le maître juste après Gildarts,  s'attarderait sur... Sur qui, d'ailleurs ? La seconde femme la plus forte de Fairy Tail après Erza ? Et alors ? Elle ne pouvait pas se mesurer à lui, quoi qu'il en coûte, du moins, elle n'avait jamais essayé. Mais en réalité, elle ne l'avait jamais considéré comme quelqu'un de puissant qu'il fallait craindre ou respecter. Non, elle l'avait toujours considéré comme son ami, jusqu'à ce qu'elle remarque qu'elle l'aimait sincèrement.

    Oui, je ne peux rien te cacher, avoua Luxus. En fait, je suis venu t'aider. Je voulais te proposer mon aide, pour former le couple de Natsu et de Lucy.

    Il... voulait l'aider ? Le sourire de la blanche s'élargit, s'élargit, s'élargit pour faire place à un magnifique sourire d'ange. Elle ne voulait même pas lui demander la raison de cet acte, qu'elle se précipita vers lui, des étoiles dans les yeux. En plus de cela, il avait affirmé sa question. De toute manière, quelle que soit la personne, quelqu'un qui lui proposait son aide pour ce genre de chose, elle ne refuserait pour rien au monde. Alors en plus de cela, il s'agissait de Luxus. Elle prit une position excitée, des étoiles remplaçant ses yeux et joignant ses mains, devant un Luxus gêné.

    Oui, oui et oui ! Je veux bien ! A deux, ce sera nettement plus facile !

    Super, tu m'expliques ton plan ? demanda le garçon.

    Bien sûr ! répondit-elle aussitôt.

    Elle lui expliqua alors son plan, son plan qu'elle avait songeait quelques minutes auparavant. Enfermer Natsu et Lucy dans une pièce, plutôt étroite et impossible à rouvrir, jusqu'à un certain moment ou par une certaine personne. Un peu comme l'une des fameuses pièces secrètes de la guilde, où seuls les mages de rang S en connaissaient l'existence, "normalement". Elle était magique. Elle pouvait rester bloquée un certain temps, même le mage le plus puissant qui puisse exister en ce jour, ne pourrait l'ouvrir de toutes ses forces. Alors Natsu n'y arrivera pas, elle en était convaincue. Après tout, Natsu était vraiment très puissant, sa force avait beaucoup trop augmenté ces derniers temps. Il était même peut-être plus fort que Luxus, ce qui serait étrange. En tout cas, ce plan allait marcher, c'était obligé ! Elle allait même rajouter quelques petits ajustements qu'elle lui expliquerait en temps voulu. C'était le plan parfait, quoi.

    –- Super ton plan, complimenta le foudroyant. Je suis sûr que ça marchera, à plus Mira.

    Il s'en alla. Deux pas, puis trois. Il prit la direction opposé à la jeune fille. Il s'était éclipsé, la blanche ne pouvait plus le voir. Il partit là où celle-ci ne penserait pas chercher. Elle, devait penser qu'il partirait à la guilde simplement, ou qu'il devait faire quelque chose d'urgent avec son équipe.

    Mais... Il l'avait complimentée. Il était vrai qu'un rien pourrait faire sourire notre belle démone, mais tout de même. Le sourire qu'elle affichait en ce moment, était l'un de ses plus beaux sourires. Il était également vrai que ce n'était pas rare de le voir, mais tout de même. Tout de même... Ce garçon pouvait produire tant d'effets envers la magnifique blanche.

    * * * *

    Un jour passa, deux jours, trois jours, puis quatre, puis cinq, puis six, jusqu'à une semaine. Une semaine s'était écoulée. Mirajane s'était rapprochée du beau blond, en vue de leur fameux plan. Elle était si heureuse, chaque instant passé avec lui... la rendait heureuse. Enfin... Le jour où le plan devait être mis en place arriva. Mirajane devait faire en sorte que Lucy aille dans cette fameuse pièce, qui était justement, près de la bibliothèque de la guilde, elle allait l'avoir en beauté. Pareil pour Natsu, elle avait également un plan pour lui. La blanche se dirigea donc vers la blonde, qui était assise avec Wendy et Charuru, en train de parler.

    Lucy, je peux te demander quelque chose ? demanda-t-elle, derrière la blonde.

    Bien sûr, fit l'interpellée en se retournant. Que veux-tu Mira-san ?

    Elle s'était retournée vers la dite Mira-san. Cette dernière pouvait voir à quel point la blonde était belle ; elle avait de si beaux traits, un visage si détendu, un magnifique sourire scotché aux lèvres, ses lèvres pulpeuses qui lui allaient merveilleusement bien, de magnifiques longs cheveux blonds ressemblant à de l'or pur, qui la rendait encore plus parfaite, de beaux yeux marron chocolat qui couronnaient le tout. En plus de ça, la belle blonde avait de belles formes qui faisaient rêver plus d'un. Mirajane souffla un bon coup.

    Eh bien... Il y a un livre que j'aimerais beaucoup lire. Levy m'a dit qu'il était bien. Un magnifique livre à l'eau de rose intitulé "The Love is Real"... Il est dans la salle avec le panneau où il y a écrit "S-spécial", juste à côté de la bibliothèque. Je ne peux pas aller le chercher, je suis beaucoup trop occupée ! J'aurais bien aimé demander à Levy, mais elle n'est pas là. Elle est partie en mission avec son équipe ainsi que Gajeel et Panther Lily. Tu es mon dernier espoir, Lucy ! Elle m'a dit que tu l'avais déjà lu, alors tu dois savoir à quoi il ressemble, non ? S'il te plait, Lucy !

    Cette ruse, elle avait tout prévu. Elle avait demandé à Levy si elle connaissait un livre centré sur la romance que Lucy avait déjà lu, et quand est-ce qu'elle partirait en mission. Le livre devait être extra ! Elle aurait tant voulu le lire, c'était vrai en plus ! Le mensonge dont tout ce qu'elle avait dit était qu'elle n'était pas du tout occupée en ce moment, loin de là.

    Bien sûr Mira-san, avec plaisir, accepta Lucy. A tout de suite les filles.

    A tout de suite, Lucy-san, fit Wendy.

    Elle partit donc en direction de la bibliothèque qui se trouvait au sous-sol. Mirajane vérifia qu'elle était bien entrée dans la salle en la suivant de près, pour remonter et aller chercher Natsu. Elle le trouva assez rapidement en train de se battre encore amicalement avec Grey. Elle se dirigea vers lui et sépara les deux rivaux avant de prendre Natsu à part. Grey avait l'air un peu perdu, mais le regard que lui lançait Mirajane en disait long, ce qui le terrifia un peu. Il décida donc de rejoindre sa belle Juvia.

    Natsu, dis. T'aurais pas vu Lucy ? demanda Mirajane, qui voulait montrer un air inquiet.

    Non. Pas depuis longtemps, pourquoi ?

    Ça m'inquiète. Je lui ai demandé il y a 2 heures de me chercher un livre dans la pièce nommé "S-Spécial" juste à côté de la bibliothèque, mais elle n'est toujours pas revenue ! Je suis beaucoup trop occupée. S'il te plait, je t'en pris, va voir ce qu'il se passe ! Peut-être qu'elle a vu un livre qui lui plaisait et qu'elle est en train de le lire... Mais on ne sait jamais !

    Quel mensonge... Elle était partie il n'y avait même pas deux minutes. Et si ce qu'elle avait dit était vrai, peu importe qu'elle soit occupée ou non, elle irait voir comment allait Lucy. Mais ce qu'elle venait de dire eu un effet immédiat sur Natsu. Il partit aussitôt qu'elle eut fini. Un sourire élargit les lèvres de l'ange blanche. Ça se voyait tellement qu'il l'aimait. Luxus s'approcha de Mirajane. Tous deux partir en direction de cette fameuse pièce où le miracle pourrait se produire.

    Une fois en bas, ils se cachèrent à côté de cette pièce où Natsu venait à peine d'entrer. Lucy fut surprise de le voir, car elle était encore en train de chercher le livre, ce qu'elle expliqua à Natsu. Natsu fut soulagé, et bête comme il était, ne demanda pas pourquoi elle y était restée deux heures, d'après ce que lui avait dit Mirajane. Donc, il décida de chercher avec elle. Mais comme vingt minutes plus tard, ils n'eurent aucun succès, ils décidèrent de sortir et de chercher ailleurs. Mais Mirajane en décida autrement : elle récita une incantation. Natsu et Lucy furent surpris d'entendre la voix de leur amie. Ils essayèrent donc d'ouvrir la porte par tous les moyens qui leur étaient possibles, sans bien sûr, trop utiliser la magie. Car s'ils s'y mettaient réellement, ce serait la guilde, et même toute la ville qu'ils détruiraient. Il n'y eut donc aucun succès, rien. Elle était fermée, et resterait ainsi un bon moment. Enfin, le temps que le plan se mette en action. C'était ce qu'elle avait dit. En latin, ou une langue un peu plus ancienne, mais elle avait dit que la porte se rouvrirait seulement s'ils s'embrassaient. Ce que Lucy comprit bien sûr, mais elle ne le dit pas à Natsu, car il l'embrasserait sans hésiter, idiot comme il était. Il penserait que ce baiser ne signifierait rien. Enfin, c'était ce que Mira pensait, vu que c'était certain que Lucy avait compris.

    Allez Luxus. Il est temps de mettre des piments dans leur conversation ! s'exclama la jeune fille aux cheveux blancs.

    Ouais ! acquiesça-t-il.

    Il y avait une autre porte. Une porte camouflée et bien cachée, bien sûr. Mais Mirajane le savait. Elle se dirigea donc, en compagnie de Luxus vers celle-ci. La mage de rang S l'ouvrit légèrement. Elle vit Natsu et Lucy, toujours devant la porte à essayer de l'ouvrir, en vain. A un moment, Lucy s'approcha de Natsu pour lui dire qu'il devait arrêter, sinon, il se risquerait de se faire mal. Il se retourna donc vers celle-ci, et la regarda dans les yeux. Il y avait tant d'amour dans ceux-ci, d'après Mirajane, bien sûr. Mais en gros, on aurait plutôt dit, sans être dans le cerveau de l'ainée des Straus que, Natsu et Lucy étaient face à face et se regardaient droit dans les yeux.

    - Maintenant ! s'exclama Mirajane tout en chuchotant à Luxus.

    Celui-ci lança un éclair juste à côté de Lucy, en faisant bien attention de ne pas la toucher. Lucy prit peur et tomba sur la personne devant elle. Natsu, quoi. Elle était à califourchon sur lui, leur visage était très près. Ils se regardèrent, toujours droit dans les yeux, attirés l'un par l'autre. Ils s'aimaient, et ça ne se voyait que trop. Natsu semblait se retenir, mais Mirajane ne le remarqua pas au contraire de Luxus. Mirajane lança à son tour un sort juste au dessus de la tête de Lucy. Celle ci, pour se protéger, sentant cette attaque, baissa la tête et franchit les quelques millimètres qui la séparaient de Natsu. Ils étaient en train de s'embrasser. Ils semblaient tous les deux surpris au début, mais prirent part à leur échange, ils y prirent goût et apprécièrent ce baiser. Ils accentuèrent ce fameux échange, beaucoup trop même. Ça commençait à aller trop loin, beaucoup trop. Mirajane et Luxus partirent donc un peu plus loin pour les laisser seuls.

    Super Luxus ! Je suis trop contente ça ait marché ! Enfin, depuis le temps ! s'excita la démone au visage d'ange.

    Oui, bravo en tout cas. C'était très intelligent de ta part, félicita le dragon slayer de foudre.

    Non, je suis sûre que c'est surtout grâce à toi ! insista l'ainé des Strauss toujours en souriant, excitée.

    Merci, mais je ne pense pas, remercia Luxus. Et maintenant ? Quel couple vas-tu former ?

    Le rouge lui monta aux joues, elle arrêta de sautiller de joie et resta plantée sur place. C'était vrai qu'elle avait envie de former son propre couple lorsque le NaLu serait accompli. Elle ne l'avouerait peut-être jamais à Luxus. Oserait-elle vraiment le faire ? Oserait-elle faire en sorte que Luxus l'aime ? Le solitaire qui protégeait ses camarades, ses amis. Elle baissa quelque peu la tête comme pour réfléchir, mais finit par songer à ne rien lui dire. Lui dire que pour l'instant, elle n'avait plus rien en tête et qu'elle y réfléchirait plus tard. Elle leva la tête, assurée de le lui dire, même si cela paraissait louche qu'elle réfléchissait pour lui dire que non. N'avait-elle pas fait de liste ? Elle lui dirait tout simplement qu'elle ne s'en souvenait plus.

    Mais elle n'eut pas le temps de répondre qu'une sensation chaude et agréable lui envahie les lèvres, lui bloquant la parole. Mirajane n'avait jamais ressenti cela, cette sensation qui lui avait transmise des centaines de milliers frissons dans tout son corps, son être. Mais ces frissons n'étaient pas désagréables, bien au contraire. La mage des transformations était comme dans un instant de bonheur, le plaisir l'envahissant. Luxus était en train de l'embrasser. Ses lèvres étaient électriques et chaudes, celles de Mirajane étaient douces et avaient un agréable parfum de fraise. Au début, Mirajane était surprise, mais prit part au baiser avec tous les sentiments qu'elle éprouvait pour le blond. Ce baiser dura long, passionné, mais il s'arrêtèrent dû au manque de souffle.

    Luxus... susurra Mirajane

    Luxus souffla, respirant à nouveau. Il sourit, fier de son coup. Il avait ce qu'il voulait près tout. Il avait Mirajane pour lui, et pour lui seul. Il soupira d'aise et se retourna vers la personne qu'il venait à peine d'embrasser. Son premier baiser. Leur premier baiser respectif.

    Une fois que tous les couples auquels tu songeais seraient formés... Tu formerais ton propre couple, alors pourquoi pas avec moi ? Mais seul le "NaLu" manquait, non ? ajouta Luxus sur le même ton.

    Mirajane fut encore surprise. Pouvait-il lire dans ses pensées ? Avait-il appris une sorte de magie comme Warren ? Comment pouvait-il savoir pour le "NaLu" ? Et comment pouvait-il connaître cette décision ? Elle ne l'avait jamais dite. Mais pour le moment, Mirajane décida de ne pas se poser d'avantage de question et de rester franche, quoi qu'il arrivera.

    Oui.

    Je t'aime Mirajane... avoua Luxus.

    Moi aussi Luxus, répondit Mirajane, le bonheur s'emparant d'elle et les yeux brillants. Je t'aime tellement...

    Sur ces mots, ils se rembrassèrent. Il y avait tant, tellement de sentiments dans cet échange. L'oxygène manquant, ils durent s'arrêter à contre cœur une seconde fois. Maudit soit l'air que les êtres vivants devaient se procurer, devaient-ils se répéter. S'ils le pouvaient, ils resteraient toujours ensemble, chaque seconde, chaque minute, chaque temps de leur vie.

    Mirajane... Tu sais... Natsu et Lucy... commença Luxus, sous les regards quelque peu étonnés de Mirajane qui se demandait pourquoi subitement, il se mettait à parler des deux tourtereaux.

    Allons retrouver les fameux Natsu et Lucy. Ils avaient enfin achevé leur "baiser", si on pouvait appeler cela comme ça, avec bien sûr, arrières-pensées, et étaient actuellement assis, reprenant leur souffle justement, toujours avec leurs soit-disant sous-entendus, arrières-pensées.

    Natsu... Tu penses que ça a marché ? demanda la blonde, assise juste à côté du mage de feu, sa main sur la sienne.

    J'en suis sûr Luce... répondit Natsu tout en la regardant. On est doués, hé hé... Mais maintenant, il faut avouer à tout le monde qu'on sort ensemble...

    Ouais... Mais bon, ça devait arriver un jour ou l'autre. Luxus nous a donné cette occasion... C'était pour le bien d'un couple Natsu., Mirajane méritait ça.

    Tu sais que ça a été dur pour moi de me retenir aussi longtemps, avoua Natsu, regardant sa camarade, un sourire se traçant sur son visage d'enfant

    Oui, Natsu, je sais, répondit Lucy, le même sourire aux lèvres, regardant également son bien aimé.

    Retournons voir Mirajane et Luxus. Même si cela ne pourrait pas toujours être très apaisant, peut-être cela était-il mieux d'être avec Natsu et Lucy ? Mais tout de même. Il fallait dire que...

    - QUOOOOIIII ?!! Ils faisaient semblant ?! s'exclama Mirajane, très étonnée. Tu veux dire que... Natsu et Lucy sortaient ensemble depuis longtemps, mais l'ont caché et tu... as conçu un plan... Luxus x Mirajane ? Grâce à eux ? Tu es trop fort mon Luxus !

    Il fallait dire que de voir une Mirajane étonnée, énervée, perplexe, troublée et excitée, était... spécial.

    - Ah ha... Merci ma Mira, remercia le blond avant d'embrasser la personne qu'il aimait de tout son être, et dont il avait dissimulé ses sentiments depuis si longtemps pour ne plus le cacher à présent.

    Alors c'est fait, c'était fait. Depuis le temps qu'elle en rêvait, elle était en couple. Elle était enfin en couple avec la personne de ses rêves. Elle l'aimait tellement, elle l'adorait ! Elle le voulait pour toujours. Qu'ils se marient, même. Qu'ils soient ensemble pour toute la vie. Elle avait tant de choses de prévues pour elle et son Luxus. Mais pour le moment, elle devait apprécier l'instant présent. Avec lui. En tout cas, elle appréciait énormément le baiser qu'ils échangeaient en ce moment même. Elle l'apprécierait toute sa vie. Jusqu'à la mort, elle l'aimerait et le chérirait. Oui. Jusqu'à la mort. Pendant la mort. Après la mort. Elle l'aimait. Et dire que ce plan venait de Luxus, et non d'elle... Après tout, pour une fois, ça ne pourrait pas toujours être elle la faiseuse de couple de la guilde. Mais même si on y réfléchissait bien, c'était tout de même grâce à Mirajane, mais c'était tout de même le plan de Luxus. Mais celui-ci a fonctionné, alors que Mirajane avait elle-même son plan pour les deux amoureux, qui étaient déjà ensemble. Comment Luxus s'en était rendu compte, et pas elle ? Il était clair qu'elle avait un don, mais alors, pourquoi ? Ça ne la gênait pas plus que ça de toute manière. Mais en fin de compte, personne ne sait et personne ne saura si tout cela était le plan de Mirajane, ou de Luxus... ?

    ~~~~

    Fini.

    C'était un One-Shot Luxus x Mirajane (avec du NaLu en second plan) pour le Concours d'Alaska, j'espère qu'il t'a plu :3

    Corrigé.


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    Du sang. Des cris. Des larmes. Un assassinat. Une mort. Tels étaient les mots qui permettaient le mieux de décrire l'incident du royaume de Fiore le 7 juillet 777, il y a dix ans. Elle avait été assassinée par un démon. Démon qui était actuellement décédé, personne ne sachant la raison. Mais tout ce que l'on savait, c'est qu'il voulait se venger. Se venger des humains auquels il éprouvait une haine destructrice. Il l'avait tuée. Il avait tué la femme la plus douce, la plus belle, la plus gentille, la plus attentionnée, la plus souriante, la plus compréhensible, la plus intelligente de tout le royaume. Il avait tué Layla Heartfilia, reine de Fiore, sous les regards horrifiés de sa fille, Lucy Heartfilia. Celle-ci n'avait que 7 ans. Et depuis ce jour, s'est jurée de se venger de cette race, faisant naitre une haine meurtrière envers eux. Elle les détestait, et se vengerait. Le démon avait tué sa précieuse mère juste devant elle, avec son abominable magie.

    La princesse Lucy Heartfilia avait actuellement 17 ans, et n'avait toujours pas revu de démon. Elle était en état de se marier et, son père, le roi Jude Heartfilia, était justement en train de rechercher celui qui aura la chance d'épouser sa fille. En effet, en plus d'être d'une légendaire grâce, elle était d'une raffine beauté et d'une extrême gentillesse. Elle avait irrité de toutes les qualités de sa mère, lui ressemblant d'ailleurs en apparence, trait pour trait. Mais il y avait une chose, une chose qui gâchait toute sa splendeur, tout. Elle détestait les démons, elle les détestait du plus profond d'elle, elle les haïssait. Ils étaient ce qu'elle souhaitait voir disparaître le plus. Elle les détestait. Mais pas autant qu'elle ne se détestait elle-même. Chaque servante, ami de la famille royale, ou même le roi affichaient un air triste lorsqu'ils regardaient la jeune blonde semblable à Layla Heartfilia. Même Lucy. Elle qui détestait sa vie, en plus de cela, elle ressemblait à sa mère comme deux gouttes d'eau dont l'une s'était glacée à jamais.

    * * *

    Je me levai, me préparai, fis ma toilette, m'habillai et m'en allai prendre un encas du matin. J'étais vêtue d'une longue robe en soie rose avec accessoires, mes longs cheveux blonds mis en chignon. Cette journée risquait d'être longue... Il paraissait que Père m'avait trouvé un époux, le futur roi. Il ne respectait pas mes sentiments. J'aimerais me marier avec un homme que j'aimais, pas un de ces prétendants que mon cher père avait choisi. Je détestais ma vie, je la haïssais. Jamais je ne trouverais quelqu'un qui m'aime pour ce que j'étais. Ils voulaient tous le trône de ce royaume, et je ne pouvais le tolérer. J'aimerais tant trouver l'âme sœur... Ce qui n'arrivera jamais. Ils ne m'aimeront que pour mon apparence. Jamais je ne trouverais l'amour sincère.

    J'arrivai à la salle où l'on prenait le repas du matin. Je m'assis sur l'une des nombreuses places que contenait la table. Pourtant, seuls moi et mon père y déjeunaient. Personne d'autre. Je n'avais jamais su pourquoi, sûrement à cause de ce qu'il s'était passé il y a 10 ans... Rien que d'y penser me donnait une envie de pleurer. Elle me manquait terriblement, encore aujourd'hui.

    Je saluai respectueusement mon père et m'installai assez loin de lui. Les servants nous apportèrent de la nourriture et nous commençâmes à manger. Le déjeuner à l'aube était vraiment délicieux. Dommage que personne d'autre ne puisse y goûter. Mon père mangea d'une tranquillité et d'un silence inhabituels et terrifiants. Il me regarda, et prit la parole :

    Ma fille, tu dois être émue. Je t'ai trouvé un conjoint parfait pour toi, le prince d'un royaume voisin. C'est un prince digne de ce nom, le prince Sting Eucliff d'Harthleed, mais tu le-

    Je me levai d'un bond, ce qui fit sursauter mon père et le coupai dans ses paroles qui avaient un effet de brûlure sur moi. Mon action le mit en colère, mais je devais protester.

    Non, je ne peux pas ! Le prince Sting a toujours été comme un frère pour moi ! Je ne peux simplement pas me marier avec lui, Père ! m'exclamai-je.

    Il semblait énervé, très énervé. Je savais ce qu'il allait dire... « Qu'importe ! Il est prince, oui ou non ? Il deviendra ton époux, et tu le considéreras comme tel ! En plus, tu le connais depuis longtemps, je t'ai fait cadeau. » C'était exactement ce qu'il dit. Mon père était horrible... Il ne me comprenait pas. Personne ne me comprenait.

    De toute manière, il est déjà ici.

    Je sursautai. Comment ça, il était déjà là ?! Non, je ne pouvais pas le croire... Avait-il été trainé de force ? Ou bien... Etait-il comme tous les autres en fin de compte ? Je... ne pouvais tout simplement... pas le croire. Après le repas, on alla dans la salle où celui-ci se trouvait. Une fois entrée, je vis qu'il était accompagné d'un garde du corps sans doute. Je m'approchai de plus en plus de lui, et ce que je vis me choquai. Il affichait... Son visage semblait... triste ? Oui, il était triste. Tout d'un coup, mon esprit s'illumina, et je compris immédiatement. On lui avait sans doute dit que sa chère "sœur" allait se marier avec un parfait inconnu et souffrirait horriblement si ce n'était pas lui qui le faisait... Et ils avaint dû pimenter la dose. J'en étais certaine en vue du visage qu'il affichait.

    Je m'approchai de lui pour le saluer. Mais... C'était en cet instant que ma vie changea. C'était en cet instant que le destin m'avait joué un sal tour irréparable.

    * * *

    Un dragon avait débarqué dans le royaume qu'était Fiore. Il avait surgit si soudainement. Il était en train de ravager les maisons, les champs... tout. Il ravageait tout ce qui avait le malheur d'être dans son chemin. Son malheureux passage était en train de périr. C'était un gigantesque dragon noir, ses ailes étaient impressionnantes, ainsi que toutes ses marques, ses motifs, ses griffes, ses dents pointues. Il ravageait tout. Le roi s'approcha d'une des fenêtres du château pour comprendre ce qu'il se passait. Ne s'attendant pas à voir ce qu'il vit, le roi fut tellement surpris et effrayé en même temps, qu'il en fit presque une crise. Ses yeux étaient écarquillés. Ce qui attira l'attention de la princesse Lucy et du prince Sting. Ils furent choqués également. Lucy paniqua intérieurement, ne voulant pas montrer de faiblesse. Le dragon noir se trouvait devant le palais, il donna un coup violent dans l'une des tours du château et celle-ci tomba, il en fit de même pour une autre. Il détruisait tout. Il allait s'apprêter à détruire la partie du château où il y avait le plus de personnes. Là où se trouvait la famille royale. Lucy ferma les yeux, et Sting la prit dans ses bras, comme pour la protéger. Le dragon prépara son attaque ; un hurlement. Il gonflait les poumons qu'il devait avoir sans doute et hurla d'une force phénoménale. Lucy ferma les yeux et cria, s'arrachant presque les cordes vocales. Elle ne pouvait plus cacher ça. Elle était quand même devant un dragon tel que... Tel que le diable. Une seconde, deux secondes, trois, puis quatre, puis cinq, puis six, sept, huit, neuf... Rien. Rien ne s'était passé. Ce qui était impossible en vue de la puissance du monstre. Lucy ouvrit un œil, puis deux. Elle se leva, se détachant de l'emprise de Sting. Et malgré les protestations de celui-ci, elle s'approcha de la fenêtre. Sting hurla pour qu'elle arrête ses pas et revienne vers eux. Elle savait que c'était dangereux mais une étrange force l'attira vers cette fenêtre. Elle était devant celle-ci. Elle s'y pencha, touchant un rebord à moitié détruit, le bois tombant au sol. Elle regarda dehors et écarquilla les yeux.

    * * *

    Ce que je vis m'étonna, me choqua, même plus. Le dragon était au sol et était mis K.-O. Il y avait quelqu'un. Quelqu'un devant celui-ci. Un homme avec cape... Non, c'était lui qui avait fait ça ? Il avait tué un tel dragon mesurant sans doute vers les 100 mètres ? Cet "homme" se retourna, regardant vers le haut. Nos yeux se croisèrent et je vis l'éclat de tristesse dans ses prunelles. Il devait souffrir horriblement. Nos yeux ne voulurent plus se lâcher. J'étais comme figée par son regard. Je plongeais à l'intérieur de lui. Ses yeux verts onyx me semblaient si beaux.

    Cet homme décida d'arrêter notre échange et se rapprocha du château. Il prit les escaliers et monta. Je reculai immédiatement de la fenêtre. Mais il était bien trop rapide pour moi. Il était déjà arrivé. Il était devant nous. Mon père avait également vu ce qu'il avait fait. Il le regarda, apeuré, terrifié. Cet "homme"... Qu'allait-il nous faire ? Pourquoi nous avait-il sauvés ? Qu'était son but ? Qui était-il ?

    Il enleva sa cape, laissant apparaître son visage, ainsi que tout son corps mal vêtu. Je pense que mon cœur s'était arrêté de battre en cet instant. Il avait d'étranges cheveux roses étrangement coiffés. Mais ce n'était pas ce que j'avais aperçu en premier. Il avait des cornes. Ses cornes... Ses marques sur son corps... Ses ailes... Tout de lui... Tout le prouvait. C'était un démon. Un démon. Cette race que je détestais par dessus tout. La rage revint en moi, oubliant qu'il venait de nous sauver. Il s'approcha de nous. Ses yeux exprimaient une tristesse hallucinante. Son visage semblait ferme.

    Bon... Je vois que je suis arrivé à temps... J'ai au moins pu sauver la famille royale, dit-il dans un sourire et un soupir de soulagement.

    Je sursautai. Ce changement me laissa perplexe. Mon père s'approcha de lui, tout en prenant ses distances bien sûr.

    – ...Qu-que veux-tu ?... Comme récompense pour nous avoir tous sauvés, demanda mon père.

    Je pense que c'était une grave erreur de dire cela. Que pouvait bien nous demander un démon tel que lui ? J'en eus des frissons.

    Il me regarda. Ses yeux me transpercèrent, je déglutis. Je frissonnai encore ; je tremblais de peur. Mais je ne pouvais m'y échapper. Je ne pouvais échapper mon regard du sien. Mes yeux marron et ses yeux onyx semblaient ne faire qu'un. J'avais peur, mais j'avais l'impression d'être en sécurité. Je tremblais jusqu'à suer, mais mon cœur était reposé. C'était un étrange sentiment. Je contemplai le reste de son corps. Il était terriblement musclé. Il avait une écharpe avec des écailles de dragons comme motif. Sa tenue était plutôt pauvre, mais pas si horrible que ça. On pourrait même dire que ça avait son charme. Il avait quelques blessures sur son corps, mais rien de bien grave. C'était seulement ça, les blessures de son combat... ? Il était terrifiant. Je ne m'attardai pas plus sur ça pour retourner observer ses yeux. Ses yeux me semblaient familiers. Ils avaient une impression de tristesse. Encore. Il me regarda avec tant d'assurance. Lisait-il dans mes pensés ?

    Il me pointa du doigt pour je ne sais quelle raison. Mais... Attendez ! Il me pointait en réponse à mon père ?

    – J'aimerais épouser votre fille, déclara-t-il, son expression devenant neutre.

    Mon père écarquilla les yeux, moi de même. Sting voulut protester mais n'en fit rien. Le démon avait vraiment l'air terrifiant, et semblait plus que ferme. Je pense qu'il n'allait pas changer d'avis. Mon cœur battait d'une vitesse folle, tellement j'étais effrayée. Et, après de longues minutes, mon père finit par accepter. Il n'avait pas d'autres choix de toute façon... Mais même s'il y en avait un, mon père ne s'y attarderait pas éternellement pour me sauver.

    J'avais peur, c'était vrai. Surtout que c'était un démon. Je haïssais les démons du plus profond de moi. Mais celui-ci... ne semblait pas comme celui qui avait assassiné ma chère mère. Alors, finalement, malgré la peur, malgré la haine, malgré la tristesse, malgré le passé, malgré l'amour, malgré moi, j'acceptai également. Mais mon visage ne semblait pas du même avis en vue de l'expression qu'il affichait. Il fallait donc que je m'en aille le lendemain. Je devais d'abord vivre avec lui... J'étais terriblement dégoutée, mais à la fois soulagée. Soulagée de quitter ce lieu. Cet endroit où tout le monde me méprisait. Je ne savais même pas pourquoi il voulait m'épouser.

    Ma vie est, et restera un éternel cauchemar.

    Après tout, la vie n'était pas un conte de fée.

    * * *

     Je me levai et me préparai, j'enfilai la même robe lavée que je portais le jour précédant. Ma vie était horrible. Mais je pense que j'étais à moitié heureuse de quitter ce château où tant de tristesse y était rassemblé. Mais quelque chose me disait que ça devait être un peu pareil chez ce fameux démon. Je pris donc mes valises et sortis du château. Mon père était dehors et m'attendait, il me salua et me fit un au revoir comme si je ne reviendrai plus jamais. Ce qui eut l'occasion de me donner des frissons. Je me dirigeai vers un autre lieu. Là où se trouvait Sting et son garde du corps, je lui dis au revoir et il me prit dans ses bras en versant une larme. Depuis la mort de ma mère, il était la personne en qui j'avais le plus confiance. Il était comme le frère que je n'avais jamais eu. Mais on allait devoir se séparer. Encore.

    Un véhicule se précipita vers nous. C'était un carrosse. Deux cheveux le tiraient. Un homme en sortit, accompagné d'une femme. Ces deux-là semblaient parfaitement normaux. Ils semblaient humains. Peut-être même étaient-ils humains. L'homme devait avoir un peu moins de la vingtaine ; à peu près mon âge, juste un peu plus je dirais. Il avait de courts cheveux ébène légèrement ébouriffés, moins que le monstre que l'on avait vu hier. Il était même plutôt élégant et beau. Il avait des yeux sombres. Cette personne était musclée et portait un joli costume noir et blanc. La jeune femme avec lui devait avoir mon âge. Elle avait de longs cheveux bleus lisses et légèrement ondulés, allant jusqu'à son imposante poitrine. Ses yeux étaient d'un bleu sombre et profond. Elle portait une ravissante robe de la même couleur que ses cheveux et ses yeux, ayant également quelques accessoires. Elle était également belle. Elle se rapprocha du jeune homme comme pour signifier qu'il lui appartenait. Mais ce n'était pas par signe de défie ou de jalousie qu'elle le fit. Elle me sourit même d'un sourire angélique sincère.

    Ils me choquèrent. Je ne pensais pas que ce serait des gens normaux, d'un ennui humain, qui viendraient me chercher. Étaient-ce des gens vivant avec le démon ? Comment faisaient-ils ? C'était impensable pour ma petite personne. L'homme fit une révérence en mon honneur et m'invita à prendre place dans le carrosse. Je pris donc place et ils montèrent également. Le jeune homme qui était le cocher, rejoignit la place qui était sienne et nous partîmes. Mais étais-je naïve de croire qu'ils faisaient partie de ma race ? De mon humanité ?

    Je jetai un dernier bref coup d'œil au château avant que nous ne soyons assez loin pour que le gigantesque bâtiment ne soit plus qu'une minuscule miette de pain.

    * * *

    Nous arrivâmes après quelques heures de routes. Nous nous sommes arrêtés devant une maison plutôt grande, en bois solide, je n'en doutais pas. Elle avait une allure magnifique, elle était chaleureuse aussi. Je sortis du véhicule. Le cocher et la jeune femme en firent de même. Une jeune femme sortit de la maison, se dirigeant vers nous. Elle avait de courts cheveux blancs et des yeux bleus océans. Elle possédait de simples formes moins imposantes que la bleue mais avait un visage adorable. Cette fille avait hérité d'une beauté pure comme parfaite. Elle était ravissante, comme la longue robe bleue clair qu'elle portait. Elle affichait un magnifique sourire et s'approchait de plus en plus de nous.

    Grey, Juvia, commença la jolie jeune fille avec un sourire. Bon retour. Vous avez fait bon voyage ?

    Alors voici les noms des deux compagnons. Durant le voyage, pas un mot n'a été dit entre eux et moi. J'aurais pu croire qu'ils étaient muets s'ils ne s'étaient pas échangés quelques paroles. La jeune fille à la mystérieuse chevelure bleue se dirigea vers la blanche, pour la prendre dans ses bras. Elles étaient heureuses de se revoir. Le fameux Grey s'approcha également de la fille qui devait être son amie. Il sourit en les voyant si heureuses. Je pensais que c'était seulement le fait de s'être retrouvées après ce long voyage. Malgré cette possibilité, je sentis autre chose. Ils devaient vivre une vie heureuse, et ça devait le réjouir. Ça devait tous les réjouir. Après tout, ils avaient des amis, ils étaient ensemble. Je ne connaissais ça que par Sting. Peut-être cela m'est déjà arrivé autre part... ?

    Lisanna, je suis tellement heureuse de te revoir ! s'exclama Juvia, sans doute.

     Elles semblaient si heureuses. Leur regard en disait tant... Elles s'aimaient. L'amitié était réellement une bonne chose. Cependant, elle ne gâtait pas tout le monde. Deux amies qui se retrouvaient, même après un court instant était toujours quelque chose de magnifique. Je me demandais si elles voudront d'une fille comme moi. J'étais si... normale, banale. J'étais même inintéressante. Personne ne voulait de moi. On me rejetait car je n'étais pas comme les autres. Même Sting ne m'avait jamais réellement comprise. On était tous humains, mais on était tous différents, il fallait accepter les autres, et les autres t'accepteront. Malheureusement, il y avait une exception.

    Moi. Lucy Heartfilia, la princesse de pacotille du royaume de Fiore. Celle qui rejetait le monde. Celle où le monde la rejette.

    Et ces filles... Elles ne me ressemblaient en rien. Rien. Elles avaient l'air aimables, gentilles, attentionnées, et j'en passe. Elles étaient si humaines. Elles ne me ressemblaient pas du tout. Alors jamais je ne pourrai vraiment m'entendre avec elles. Elles ne me dégoutaient pas. Mais peut-être que je les dégoutais. Elles ne m'énervaient pas. Mais peut-être que je les énervais.

    Moi aussi Juvia.

    La fameuse Lisanna avait répondu un peu trop rapidement à la bleue à mon goût. Mais je remarquai pourquoi. Peut-être que ça m'avait dégoutée, je ne savais pas. Ça m'avait peut-être attristée. Je ne savais pas. Ça m'avait mise en colère ? Peut-être bien. Je pense que ça m'avait un peu interpellée, mais je ne pensais que pas que ça m'ait demandé plus d'attention que ça.

    Elle avait remarqué ma présence.

    Elle leva la tête et se détacha des bras réconfortants de son amie. Elle avança à pas lents, comme si elle hésitait d'avancer, de peur, de crainte, ou de timidité. Elle se mit devant moi. Elle me détailla de la tête au pied. Ses jolis yeux se baladaient, ils cherchaient peut-être quelque chose. Je me demandais quoi. Je me demandais ce qu'elle faisait. Pourquoi m'observait-t-elle de la sorte. N'étais-je pas assez bien à son goût. Avais-je l'air trop horrible pour elle ? Cette fille aurait elle construite une facette d'elle. Une fille souriante, heureuse, gentille et belle, cachant la pire des créatures. Elle me regardait encore. Me détaillant, voulant peut-être entrer en moi pour y découvrir tous les secrets que je renfermais ? Mais je savais que malgré tous les efforts du monde, personne ne pourrait y parvenir. Même pas cette étrange créature devant moi. Elle fronça les sourcils, comme pour réfléchir, puis, elle me fit une petite courbette et me tendit sa main tout en me souriant chaleureusement. Une partie de moi s'apaisa.

    Bonjour, vous devez être la princesse Lucy ? Enchantée, je suis Lisanna.

    Sa main était toujours tendue vers moi. J'hésitai à la saisir. Pourquoi ? Je n'en savais rien moi même, alors comment pouvais-je y répondre ? Cette fille avait l'air gentille après tout, alors pourquoi hésiter ? Pourquoi étais-je ainsi ? Pourquoi ne saisissais-je pas sa main normalement, comme une personne normale ? Peut-être étais-je anormale malgré tout. Après courte réflexion, je saisis sa main et la serrai légèrement contre la mienne.

    Sa main était douce, tendre, accueillante. C'était comme un doux échange. Un échange de nos pensés. La mienne était plus tendue, hésitante, tremblante. Tout le contraire d'elle. C'était normal en y réfléchissant un peu. Elle, avait tant d'assurance alors que moi, faible âme détruite juste à cause d'un malheureux démon.

    Démon...

    Je me demandais comment allais-je m'en sortir. Comme pouvais-je échapper à ce démon destructeur qui me donnait une étrange chair de poule. Cet homme qui m'effrayait. Je ne savais plus quoi penser. Devais-je apprendre à aimer un monstre ? Je ne pense pas que j'y arriverai, même si je restais avec lui toute ma vie.

    C'était impossible que je tombe amoureuse de lui, c'était impossible. Je n'aimerai jamais un démon. Cette créature était horrible, abominable, assoiffée de sang et de vengeance. Je ne savais même pas s'ils avait besoin d'amour. Même s'ils savaient ce que c'était. Je ne m'y étais jamais posée la question. Rien que de penser à cette race me donnait une forte envie de vomir. Il y a tant de questions qui trottent dans ma tête à présent. J'aimerai les poser à la fille devant moi, mais je n'y arrive pas. Je ne peux pas. Aurais-je l'air trop curieuse ? Horrible ?

    Les démons pouvaient-ils avoir forme humaine ?

     Suis-je bête. Pourquoi me posais-je cette question. J'étais idiote de me demander ça, c'était évident. Mais... Je disais ça, sauf que... Je ne savais guère si je le disais parce que c'était trop évident que ce ne soit pas le cas... ou le contraire ? Non. En réalité, je me demandais seulement pourquoi prendre la peine de me poser ce genre de question. Un démon restait démon, quelle que soit l'apparence qu'il portait.

    Je suis également enchantée.

    Heureusement, elle ne l'avait pas remarquée. Elle n'avait pas regardé mes yeux. Elle n'avait juste fait que de sourire comme une enfant ayant un nouvel ami. Si elle les avait regardés, ou même, juste pendant une demie seconde... Elle l'aurait vue. Elle aurait vu cette lueur dans mes yeux. Cette lueur que chaque être espère ne jamais voir. Cette lueur que chaque être espère ne jamais revoir. Une lueur aveugle. Une lueur amère. Une lueur de dégout, d'incertitude, de malhonnêteté, d'égoïsme. Cette lueur qui apparaissait si rarement et si souvent dans mes yeux. Cette lueur qui me permettait de m'échapper, de me sauver au loin, sans que personne ne puisse m'y contraindre. Une lueur que j'espérais jamais ne revoir. Ou plutôt... Jamais ne laisser réapparaître dans mes yeux chocolat. Car... c'était quelque chose d'horrible, d'amer. Une chose que ma mère m'interdisait de faire. Mais ma mère n'était plus... Elle n'était plus de ce monde. Alors pourquoi devrais-je écouter les paroles d'une décédée ? J'avais le droit de faire apparaître cette lueur noir comme le mal. Après tout, Lisanna ne l'avait pas remarquée, et j'espèrais qu'elle ne le remarquera jamais. Car cette lueur apparaitra de nombreuses fois dans ces yeux qui ressemblaient tant à ceux de Layla Heartfilia.

    Un mensonge.

    * * *

    Après avoir rencontré cette Lisanna, on entra dans la maison qui devait être celle du démon et de ses amis. D'ailleurs... Je ne connaissais toujours pas le nom de ce démon. Il devait être horrible, comme son propriétaire. Ou du moins un ancien nom. Un nom de démon, peut-être n'en avait-t-il pas ? C'était probable. Mais même s'il n'en avait pas, ses amis lui en auraient donné un. Mais je pensais tout de même qu'il avait une identité.

    On entra donc dans la gigantesque maison. Je me demandais combien de personnes abritait-elle ? Cette bâtisse était faite en bois. Elle avait quatre parties, dont un étage, même s'il était une sorte de triple étage, et un étage avec trois parties. Il y avait également un rez-de-chaussée et un toit qui devait contenir une cave. Vu de l'extérieur, mais chaque pièce était étrangement grande. Les décorations de l'extérieur étaient superbes. De l'intérieur, la première partie semblait immense. Il y avait plusieurs meubles, tables, chaises etc. Mais tout était en bois. Il y avait aussi d'autres matières par ci, par là... Mais ça ne se remarquait qu'à peine. Les décorations d'intérieur étaient juste magnifiques. Les dessins sur les murs, les tableaux, la matière des murs, les petits objets et accessoires qu'ils avaient fabriqués eux-même...

    Cette maison était juste incroyable à en couper le souffle.

    Oh, vous êtes de retour ?

    Une voix s'interposa entre moi et ma contemplation de ce "palace". Cette voix était sombre, mais enjouée en même temps. Je voulus connaître la personne qui avait une telle manière d'utiliser les mots. Elle m'intrigua, elle me disait tant et peu de choses en même temps. Il fallait que je connaisse le visage de la personne avec une voix si particulière. Je me tournai en direction de la voix.

    Je pense que je regretterai ce geste pour toujours.

    Dès que j'aperçus cette fameuse personne, mon cœur se figea. Je ne remarquai même pas la petite créature bleue à ses côtés. Ma tête se mit à tourner, j'en eus des frissons dans tout le corps. Je pense que je regrettais la vue du démon en cet instant. Mes lèvres tremblaient, elles tremblaient de peur et de tristesse. Mes yeux ne supportant plus cette abominable vue, se refermèrent. Mon cœur ne voulant toujours pas rebattre, ma bouche ne voulant toujours pas respirer, mes poumons ne me permettant plus de faire cela, je m'évanouis. La peur, la tristesse et la crainte. La crainte n'étant pas absente. L'absence de vie dans un corps. Un corps sans visage. Un visage manquant. Un manque sans cœur. Un cœur sans vie. Une vie envolée. Un vol volant l'âme. Une âme sans joie. Une joie de peur.

    Je venais de voir l'homme sans visage.

    * * *

    Lorsque je me réveillai, mon premier reflexe était de me relever immédiatement sans prendre la peine de reprendre des forces. Ce que j'avais vu était resté gravé dans ma tête. Je ne remarquai même pas que j'étais allongée dans un lit. Cet endroit devait sans doute être ma chambre, mais je ne m'en rendis pas compte tout de suite. Je ne remarquai pas non plus la jeune fille assise à mes côtés. Enfin, je ne la remarquai pas jusqu'à ce qu'elle m'appela. Elle avait prononcé mon nom avec une telle douceur que mon cœur se calma. Il s'apaisa en moi. Je me rassis sur le lit et contempla la beauté de la créature à mes côtés, me demandant si son apparence était aussi apaisante que sa magnifique voix d'ange.

    Ses cheveux, ils étaient si longs. Ils l'étaient encore plus que les miens, et il fallait dire que j'avais de très longs cheveux blonds. Mais elle... Elle avait une chevelure blonde ayant presque la même taille qu'elle-même, et avaient énormément de volume. Ils étaient également ondulés, plus clairs, plus brillants. Ils scintillaient presque. L'air semblait les porter en vue du volume. Elle portait aussi des accessoires en forme d'ailes au dessus de ses oreilles. Sa robe était longue et sa couleur était d'un rose si clair que c'en était presque blanc. Il y avait également une partie plus rose et du bleu sur sa robe. Elle avait aussi un nœud plus rose accroché autour du cou, allant avec la robe. Elle portait de jolies boucles d'oreilles or. Ses yeux étaient verts comme des émeraudes étant plus beaux et scintillants. On pouvait même y lire une lueur d'espoir et de vie en eux. Ils scintillaient réellement, brillaient de mille feux. Il y avait de la joie, mais au plus fin fond d'elle, je pus y voir de la tristesse profonde et pure.

    Princesse Lucy, pourquoi vous êtes-vous évanouie ?

    Elle me demanda cela comme si elle ne connaissait pas la réponse, toujours avec sa belle voix enchantée tout droit sortie d'un compte de fée. Mais j'étais certaine qu'elle n'était pas sûre de sa question. Elle avait même hésité avant de la poser. Elle me regarda d'un air innocent et adorable. Je me demandais qui était-elle. Pourquoi ne se présentait-elle pas à moi ? Quelque chose me disait qu'il y avait quelque chose que j'aimerais lui demander, mais je n'arrivais pas à mettre la main dessus. Ça semblait plutôt être une choses importante, mais malgré tous mes efforts, je n'arrivais pas à m'en souvenir, c'était bien plus fort que moi.

    Elle me regarda d'un air amusé, et décida de répondre à sa question par elle-même. Ce qui n'était pas de refus, je ne pouvais pas en parler. Elle sourit et ferma les yeux, comme pour se rappeler d'un souvenir heureux.

    Mon nom est Mavis Vermillon.

    Mavis... Quel joli nom. Il lui convenait plutôt bien. Il me faisait penser aux oiseaux... Je supposais que c'était ce que cela signifiait. "Petit oiseau". Ou bien, me tromperais-je... ? Après tout, qu'est-ce que j'en savais. Je trouvais simplement que c'était un joli prénom pour une jolie jeune fille. C'était vrai, elle était petite, je venais de le remarquer. Elle devait avoir un peu moins de la quinzaine en apparence. Mais qu'en était-il pour l'âge ? Si elle n'était pas humaine, alors elle... Tout d'un coup, la question de tout à l'heure me revint à l'esprit. Peut-être était-ce une chose inutile, peut-être que non. L'aura qu'elle dégageait était... magique. Elle scintillait d'une manière étrange... Elle brillait vraiment.

    Était-elle réellement humaine ?

    C'était une étrange question. Mais il y avait bien un démon ici, non ? Alors pourquoi pas une autre sorte de créature ? Mais celle-ci avait l'air bienveillante.

    – Je suis une fée.

    Une fée... Avait-elle lu dans mes pensées ?  Ou bien était-ce la fin de sa présentation ? Le lui demander serait peut-être impoli ? En tout cas, elle avait dit être une fée. Elle était l'une de ses petites créatures magiques. Mais sa taille était semblable à celle d'une humaine de treize ans. Elle était définitivement adorable et mignonne. Elle avait de la magie en elle. Je pense que si j'étais capable d'utiliser la magie, je remonterais le temps et empêcherais ce démon de tuer ma chère mère que j'aimais tant, bien plus que mon royaume.

    Mais pourquoi ne parlait-elle pas de cet homme ? De ce jeune homme sans vie n'ayant pas de visage. Elle sourit et regarda dans une autre direction. Elle semblait être en plein songe. Un songe merveilleux. J'aimerais le connaître. Elle me regarda à présent dans les yeux. Ses yeux éprouvèrent alors une tristesse infinie malgré le sourire qu'elle affichait. Elle ouvrit la bouche pour commencer à parler, inspira légèrement pour se préparer à un long monologue, mais, après réflexion, s'arrêta et referma doucement sa bouche quelques secondes plus tard en expirant très légèrement. Elle se leva et se dirigea vers une petite commode et y prit un livre. Je ne pus voir ni le titre ni la carrure du livre car elle le serrait légèrement contre elle. Elle se rapprocha de moi et se rassit à sa place d'origine. Elle me sourit, les yeux fermés.

    "Zeref" est le titre du livre que je tiens entre mes mains.

    Zeref. Je me souvenais de ce nom. Il était l'homme le plus cruel, le plus abominable et le plus puissant du monde, se servant d'une magie noire et dévastatrice. Ma mère me lisait souvent des livres à son sujet et me consolait à chaque fin de lecture, m'expliquant diverses choses. Mais pourquoi me parlait-elle de cela ? Pourquoi me parlait-elle de lui ? Et, surtout, pourquoi avait-elle un tel livre ?

    L'homme que vous avez vu tout à l'heure, c'était lui.

    L'homme que j'avais aperçu tout à l'heure était Zeref ? C'était idiot, elle venait de me le dire, alors pourquoi est-ce que j'hésitais ? Pourquoi n'en étais-je pas certaine ? Sûrement parce qu'il n'avait pas de visage. Bien sûr qu'en réalité, il en avait un, évidement. Mais son visage... n'avait pas de vie, il n'éprouvait rien. Il n'affichait aucune expression. Rien. Comme s'il était mort. Peut-être était-ce le cas. Peut-être était-il mort mais son corps continuerait de fonctionner. Cette pensée me donna des frissons et la peur qui s'était évadée de moi grâce à cette fée revint de plus belle. Ma peur augmenta. Rien que de penser qu'un tel homme existait... me peinait. Peut-être était-ce de la pitié ? Non... J'en étais profondément touchée. Comme si... la même chose m'arrivait. Comme s'il avait causé des problèmes et qu'il ne s'en remettait toujours pas. Je ne pouvais pas la croire. Mais le ton dont elle l'avait dit, et l'assurance dans ses yeux... Je ne pouvais que la croire.

    Une fée ne mentait jamais, tout comme il ne fallait jamais dire jamais. Il y avait un début à tout. Même à la fin.

    Il ne faut pas croire ce que disent les livres, il n'est pas méchant. Il a tout simplement commis une erreur, mais c'était pour le bien d'une vie.

    Je ne compris pas ce qu'elle me dit. Commettre une erreur pour le bien d'une vie ? Comment cela était-il possible ? Malheureusement, ce n'était pas moi qui pourrait y répondre. Un être tel que moi n'était rien comparé à tous ceux qui m'entouraient, ils avaient l'air bien plus confiants et forts que moi. Dans tous les cas, elle me disait que ce Zeref n'était pas méchant. Elle devait dire vrai puisqu'elle savait de quoi elle parlait. Elle ne me dirait pas cela sinon. Je commençais peu à peu à la connaître.

    Une fée. Mais ses yeux n'avaient rien de féérique. Ni tous ses faux sourires. Elle était mélancolique, peinée. Tout simplement. Pourquoi donc ? Pourquoi une fée serait-elle triste ? Pourquoi une créature qui répondait le bonheur était atteinte de malheur ? Tout cela était contradictoire.

    Il est tout simplement maudit, elle marqua une pause en me souriant tristement. Tout comme moi.

    Ses paroles m'atteignirent. C'était comme si la personne que j'avais aimée toute ma vie m'insultait. C'était un peu la même impression, je supposais. Mon cœur s'était attristé. Je venais de comprendre une partie de l'histoire. Était-elle maudite... à cause de lui ? Ou bien...

    Je ne comprenais pas réellement tout.

    Après une courte discussion avec cette fée de son fameux livre et tous les mensonges qu'il renfermait, je me levai pour découvrir un peu cet endroit. La fée en fit de même et s'envola. Je venais de voir à quoi ressemblait ses ailes, et elles étaient magnifiques, magiques. Elles étaient grandes mais pas grosses. Elles étaient fines, transparentes, brillantes, étincelantes, pointues. Elle prit son envole et s'en alla. Moi je marchai simplement, ne sachant pas faire de magie ou quoi que ce soit d'autre. Je partis contempler cette fabuleuse maison...

    * * *

    Cette maison était juste réellement fabuleuse ! Tous les étages étaient intéressants, la décoration, l'aménagement, les meubles... tout. J'avais particulièrement aimé la bibliothèque où j'y étais restée plutôt longtemps. Les livres qui s'y trouvaient parlaient de fantastiques et de merveilleuses histoires et réalités. Je m'emportais à chaque lecture. Chaque livre, chaque dialogue, chaque phrase, chaque mot et chaque lettre m'emportaient dans l'histoire. Que ce soit vrai ou faux. Que ce soit une fiction ou une réalité. J'aimais lire depuis toute petite, je lisais souvent avec Mère. Et c'était toujours de bonnes histoires mises à part celles de Zeref.

    En parlant de Zeref, je me demandais comment allais-je faire pour vivre sous le même toit que lui. Mais si tout ce que cette Mavis m'avait dit était vrai, alors je ne devrais plus avoir peur de cet empereur du démon. Même les démons auraient trop peur devant lui. Tous les démon, sauf celui qui habitait ici. La preuve, il habitait justement avec Zeref.

    Je me promenai encore un petit peu. Mais alors que je traversais le couloir du deuxième étage pour emprunter le chemin qui me menait à ma chambre, une petite créature bleue avec ailes me barra la route en passant par le même chemin, sans le vouloir. C'était un petit animal ailé. Un chien ? Un oiseau ? Un chat ? Un félin ? Un dragonnet ? Qui sait. Peut-être même était-ce un être encore inconnu pour la race humaine.

    Mais il y avait quelque chose. Quelque chose de pire. D'atroces frissons parcoururent mon fin corps. Je me mis à trembler. Je commençais à avoir peur.

    J'avais déjà aperçu cet animal bleu auparavant.

    Je l'avais déjà croisé. En réalité, je n'y avais pas prêté attention et je ne l'avais pas remarqué au début, mais... Ce "chat", si je puis dire, était en compagnie de l'homme maudit. L'homme qui s'en était sans doute pris à la fée. L'homme qui répondait le malheur. L'homme dont je venais juste à peine de penser.

    Je voulais bien sûr parler de Zeref.

    Je priai pour que Zeref n'était pas avec la bête bleue. Qu'il n'était pas derrière lui, qu'il ne le suivait pas, qu'il ne le poursuivait pas. Qu'il ne passait tout simplement pas par là.

    Mais je suppose qu'une personne comme moi ne pourra jamais voir ses prières exaucées. Pourtant, c'était mon seul souhait. Le souhait dont j'ai toujours prié. C'était étrange. Je priais un souhait. Et ce souhait demandait de m'accorder une prière. Juste une. C'était étrange, mais c'était tout ce dont je désirais. J'aimerais que la vie ne soit pas tout le temps contre moi.

    Mais j'avais tort. Tort de penser que peut-être, un jour, une fois, ma prière serait entendue par Dieu. Mais Dieu existait-il vraiment ? L'on ne m'apprenait pas ce genre de chose lorsque j'étais enfant. Mais ma mère me disait que Dieu existait. Elle y croyait, alors j'y croyais. Mais je n'y croyais plus.

    Zeref suivait bel et bien l'animal.

    La vie n'était pas un conte de fée, alors pourquoi espérer ?

    Mon cœur se figea. Ma respiration fut plus saccagée. Je transpirais d'une anormalité particulière. Son corps sans visage se trouvait encore près de moi. Je tremblais. Son visage n'affichait toujours aucune trace de vie. On pourrait le croire mort si son corps ne se déplaçait pas normalement. Telle une personne bien en vie. Il était vêtu d'un étrange accoutrement sombre, noir. C'était une sorte de longue robe noire avec bordures dorées. Une toge blanche qu'il attachait en nœud et le bout lui allant comme un cape au dessus de son épaule gauche enroulait la "robe" noire.

    Des vêtements d'une autre époque.

    Ses cheveux et ses yeux étaient sombres, très sombres. Sûrement les plus noirs de ma connaissance, et peut-être même plus... ? Quoi qu'il en soit, il était là.

    Il prit l'être bleu et le porta jusqu'à son épaule. Les ailes blanches de la "chose" disparurent. Il sourit. Zeref le regardait et lui souriait également. C'était un sourire... Il n'y avait pas vraiment de mot pour le dire. Il y avait un bon fond. De l'amour, de la joie, de la tendresse, de l'amitié. Mais il y avait également une expression de vide.

    Était-il réellement humain ?

    Je détestais le don que ma mère m'avait donné, laissé, fourni. Une sorte d'héritage. J'avais hérité d'un don tout particulier. Celui de connaître toutes les émotions d'une personne. Du plus certain, banal, au plus profond et inimaginable. Juste en un regard, je pouvais percer les yeux d'un autre. Toutes ses émotions ne pouvaient plus avoir de secret pour moi. Même une personne bel et bien heureuse. Une personne s'amusant avec ses amis. Rigolant, jouant avec eux.

    Même ce genre de personne pouvait être triste.

    Il était vrai que leurs yeux éprouvaient une joie aveuglante, mais une personne comme moi ne le voyait pas de la même façon. On pouvait y lire de la tristesse. Même une faible trace, une faible lumière. Mais chaque être humain contenait de la tristesse, même un minimum. Même avec une faible parole, je pouvais comprendre

    Était-ce un don du ciel ? Ou des enfers ?

    Quelqu'un était-il comme moi ? Une autre personne pouvait-elle lire toute émotion dans les yeux d'autrui ? Il fallait dire que j'en aurais presque pitié. J'aurais pitié de la personne qui pouvait me ressembler. Son monde serait bien triste et horrible.

    La pitié était une chose que personne n'avait envie de voir dans les yeux d'un autre.

    Je n'avais pas envie que quelqu'un ait pitié de moi, ça me dégouterait. Alors je pensais que je ne devrais pas avoir pitié moi non plus. Non. Je n'aurai pitié de personne. Je n'avais pas envie que quelqu'un ait pitié de moi. Mais, réussirais-je ? Réussirais-je ces deux affirmations ? Je n'en savais rien moi-même.

    Zeref arrêta l'échange qu'il offrait à sa bête. Il arrêta de sourire. Son visage parut étonné. Depuis tout à l'heure il était de côté à moi. Et je le regardais. Il déglutit.

    Son visage se pencha vers ma direction. Lentement, doucement. Les quelques secondes me parurent une éternité. Mais qu'avait ce garçon ? Sa vie était-elle si frustrante ? Je ne le comprenais pas vraiment.

    Mais il me regardait. Non, il me contemplait. Il parut interloqué. Il devait sans doute se demander pourquoi une princesse telle que moi restait-elle près d'un homme maudit par le destin. Qui savait.

    – Princesse... Lucy...

    Il avait prononcé ces mots avec une douceur dont je n'aurais jamais pu croire de la part de l'empereur du mal. Ses yeux avaient changé. Sa bouche, son corps, tout également. Son expression aussi.

    Il y avait de la vie.

    Mais étrangement, ce n'était pas celle que j'appréhendais. Pas celle que je voulais apercevoir. Non. Il y avait de la culpabilité. Son visage semblait soudainement attristé. Ses lèvres tremblaient. Ses joues devinrent rouges. Il frissonnait. Son cœur était comme brisé. Ou peut-être réparé ? Ses yeux étaient grands ouverts. Des frissons parcoururent son corps.

    Il le voulait. J'en étais certaine. Il voulait comme se le cacher devant moi. Mais il le voulait. Malgré tous les efforts qu'il pourrait utiliser, il n'y arrivera jamais. Il n'arrivera pas à le cacher, c'était trop flagrant. Surtout devant moi.

    Alors, sans qu'il ne me dise quoi que ce soit. Sans qu'il ne fasse quoi que ce soit. Une douceur envahit son corps. J'avais couru. C'était comme s'il allait mourir si je ne l'avais pas fait. C'était drôle de dire ça de l'empereur du mal. L'homme qui ne mourait jamais. L'homme immortel. L'homme éternel. Mais il fallait que je le fasse. Je ne pouvais pas le supporter. Je n'en pouvais plus. J'avais couru vers lui. Je m'étais mise en face de lui d'une vitesse hallucinante. Ça le perturba. Il était encore en train de se retenir. Je n'en pouvais plus.

    Je le pris dans mes bras. Mes bras frêles, fragiles et faibles. Ceux d'une douce femme. Alors pourquoi avais-je les bras ainsi ? Même mon corps tout entier. Gentille, douce, adorable, belle, attentionnée, souriante... Tout ceci n'était qu'une facette de moi. Je n'avais pas envie d'arriver à ma perte. Pas comme ma mère. Étais-je égoïste ? Certainement.

    Mais je ne pouvais pas le laisser là à se retenir. Ca lui faisait mal. Très mal. Et ça me faisait mal aussi. A cause de ce maudit don... Je n'avais pas pitié de lui, au contraire. Je n'aurais jamais pensé l'homme le plus sombre du monde aussi faible. Faible ? Non, il n'était pas faible. Il était même très fort. La preuve était devant moi. Il se retenait.

    Je le serais très fort dans mes bras. Il était assis sur ses genoux, alors j'étais accroupie. Et je le prenais dans mes bras, mon odeur dut l'envahir. Je me demandais à quoi il pensais en ce moment. Je ne pus voir son visage, alors je ne savais pas. Ma tête était sur son épaule étrangement chaleureuse. Tendue peut-être.

    Ne vous retenez pas... ! Zeref, ne vous retenez plus...

    Je ne saurais dire quelle expression exactement s'était emparée de son visage. Tout ce que je savais, c'est qu'il semblait choqué, étonné. Son corps se crispa. J'étais certaine qu'il ne pouvait plus se retenir. C'en était de trop. Pendant combien de temps cela avait-il duré ? Avait-il souffert toute sa vie ? Mais alors, quelles étaient toutes ces rumeurs à son sujet ? Des bobards ? Ou bien est-ce à cause de cela qu'il souffrait en ce moment ?

    Il souffrait, et souffrira encore longtemps sûrement. Mais pour le moment, je pensais que j'allais tout simplement lui servir d'appui. Lorsqu'il se sentira faible, il n'aura qu'à venir vers moi. J'absorberai sa peine, et je souffrirai à sa place. C'était tout ce dont je méritais. Une égoïste comme moi ne devrait pas s'en plaindre.

    Le corps de Zeref tremblait. Je soupirai, et souris faiblement, très faiblement. Je sentis une goutte sur mon épaule. Puis deux, trois...

    Il avait évacué sa peine. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas fait ?

    Il pleurait.

    * * *

    Je ne savais pas combien de temps nous étions restés ainsi, mais il en avait réellement besoin. Besoin d'un soutien. On ne pouvait pas resté mort toute sa vie ? Il avait versé beaucoup de larmes. J'aimerais aussi pleurer avec lui, mais je n'avais pas envie d'être faible, je ne serai plus faible. Je ne montrerai aucune faiblesse. Alors je ne pleurerai pas. Je ne pleurerai plus.

    Il décida enfin de se séparer de moi. C'était comme un poids qui s'était soulevé. Mais j'y avais vu de la lumière.

    La petite chose bleue qui nous regardait depuis tout à l'heure, n'osant pas trop s'interposer, s'approcha. Je pouvais mieux le voir à présent. Il s'agissait d'une sorte de mi-chat, mi-dragon avec ailes blanches qu'il venait de redéployer juste après cette étreinte.

    Tu... Tu as... pleuré ? Zeref ?

    Maintenant, les animaux pouvaient parler ? Apparemment. Mais bon, il existait bien des dragons, des démons, des fées parlant. Alors pourquoi pas un chat ? Il était vraiment tout bleu. Sauf sur son ventre où c'était blanc. Ses yeux étaient ronds. Tout ronds, et noirs. Il avait une très longue queue. Il semblait étonné, très étonné. Sa voix était féminine, comme celle d'un petit enfant.

    Comment réagirait "tu sais qui" si je le lui racontais ?

    "Tu sais qui" ? De qui parlait-il ? Une autre personne ? Mais combien de monde abritait cette gigantesque maison ? Je ferais mieux de demander. Comme ça je ne serai plus surprise de rencontrer de nouvelles personnes. Mais je pensais que je les dérangerais plus qu'autre chose en leur demandant quelque chose, quoi que ce soit. Alors j'allais me taire. Pour le moment.

    Zeref lança un regard voulant dire tant et peu de choses à la bête bleue. Il se ré-intéressa à moi, me regardant, bouche entrouverte, et les yeux légèrement plissés et compréhensifs.

    Encore cette question.

    Tout ce qui était dit sur lui dans les livres étaient en fait de fausses informations ? Vraisemblablement.

    J'avais tant de questions à lui poser, mais rien ne voulut sortir. J'avais beau essayé de parler, prononcer une phrase, un mot, une syllabe, une lettre. Rien. Même pas un son. C'était comme lutter contre soi-même. Mais d'une manière horrifiante.

    Princesse Lucy... Vous... Vous... il semblait réfléchir, ne sachant pas quoi dire ou même, ne sachant pas par où commencer. Merci.

    Merci. Un simple merci. Mais ce simple merci... resta gravé dans ma tête. Il résonna, et ne voulait plus partir. Comment dire... Qui aurait cru qu'il pouvait remercier ? Ou même, connaître ce genre de mot. Et puis... les personnes qui me disaient merci aussi sincèrement... étaient si rares. Je ne pus m'empêcher de sourire en guise de réponse. Ça me remplissait de joie. Peut-être même, était-ce la personne la plus sincère de toute cette maison ? Mais quelle relation entretenait-il avec la fée ? Et avec le démon ? D'ailleurs, où était le fameux démon d'hier ? Je ne l'avais pas vu depuis mon arrivée. Était-il sorti ? Me jouerait-il tour ? Me ferait-il une sorte de surprise comme faisaient les gamins pour surprendre quelqu'un à son anniversaire et lui offrir la plus belle des surprises ? Mais à quoi est-ce que je pensais ? Tout cela était impossible, mise à part la première proposition que je m'étais faite.

    De rien, Zeref. Mais vous savez, vous pouvez me tutoyer.

    J'avais dit cela simplement. Comme si c'était la chose la plus simple à dire. Mais pourtant... Une fille de mon rang ne devrait pas dire ce genre de chose. Je ne le connaissais pas, et je lui proposais de me tutoyer. Si Père était là, alors je pense que je serais bonne à une série d'explications sur le royaume et le peuple qu'il consitituait. Cette simple pensée me fit sourire.

    Père n'était pas ici.

    Il était vrai qu'il n'y avait pas que des inconvénients en ce lieu. Peut-être même m'y plairai-je ? Qui sait.

    Au début, il contestait mon idée, mais, j'avais tant insisté, qu'il ne pouvait qu'accepter. Je ne savais pas pourquoi, mais... 'étais bien ici. Cette maison paraissait de plus en plus accueillante.

    Alors... il déglutit. Toi aussi, tu peux me tutoyer.

    Ce que j'attendais arriva. Je pouvais le tutoyer. Je pouvais enfin tutoyer quelqu'un. Mon Père, le Prince Sting, les servants, les domestiques, les cuisiniers, les habitants du royaume, même ma Mère... Je les avais tous vouvoyés. J'étais une Princesse, et mon devoir est d'être polie comme toute fille qui se respectait. La première personne que je tutoyais, et sûrement pas la dernière. Je comptais bien tous les tutoyer dans cette maison, et ce sera de même pour eux. Je l'espérais. J'espérais vraiment qu'ici, ce ne sera pas comme chez moi.

    Après une bref discussion avec Zeref, même si je n'avais eu aucune autre information utile, je décidai de descendre. Zeref ne me dira rien de toute façon. Mais il me sembla qu'il connaissait bien la fée. Tout ce que j'appris était en fait une confirmation à mes suppositions. Zeref n'était pas du tout comme ce que les contes racontaient. Il était plutôt sympathique en fait. Même si je pensais que ça ne durera pas assez longtemps. C'était simplement parce qu'il avait pleuré. Mais j'étais certaine que dans quelques jours ou peut-être même demain, il allait redevenir comme avant, oubliant le court passé que l'on avait conçu. Le détruisant, s'en moquant, l'arrachant. Mais peut-être qu'avec moi, tout cela réapparaitrait ? Ce passé de nous deux, lui, faisant déborder ses sentiments, et moi, le consolant. Peut-être qu'il s'en souviendrait juste en me regardant ?

    Je me demandais quel était le pire. Penser que cela soit possible, ou voir à quel point j'étais égoïste.

    Je descendis vers l'étage principal. J'étais dans les escaliers, je les descendais d'une lenteur étouffante. Autre personne me voyant en ce moment aurait perdu patience. Mais moi, je voulais profiter de chaque minute, chaque seconde, chaque marche de la vie. Même s'il y avait énormément de marches, je les descendrais une par une, profitant de chacune d'entre elles. Chaque marche représentait un moment de ma vie. Chaque marche représentait l'un de mes sentiments. Chaque marche représentait plusieurs de mes mensonges. Chaque marche représentait plusieurs de mes souhaits et prières. Chaque marche me représentait. Chaque marche représentait mon temps. Alors j'aimerais vivre mon avenir.

    Mais mon présent se brisa lorsque la porte s'ouvrit en grand, me faisant sursauter.

    Ma tête se tourna en direction de celle-ci. J'étais quasiment arrivée en bas. Une tête blanche que je ne connaissais pas avait passée la barrière invisible que produisait une porte. Elle ressemblait étrangement à l'ancienne tête blanche que j'avais vue il n'y avait pas si longtemps dans la journée. Lisanna, je crois. Mais c'était une étrange ressemblance. Elles se ressemblaient, mais elles ne ressemblaient pas. C'était un étrange sentiment, et une étrange sensation.

    Elle avait une longue robe noire aux bordures blanches et accessoires en forme de nœud. Ses cheveux étaient longs et blancs, lâchés, lui allant jusqu'au bas du dos. Ses pointes étaient ondulées, ce qui lui donnait un air encore plus angélique qu'il ne l'était déjà. Deux de ses mèches étaient mises en avant. Elle avait également une partie de ses cheveux sur son front. Sa peau était plutôt pâle, mais lui allait vraiment bien. Ses yeux étaient bleus océan. Son corps était parfaitement formé, et elle était plutôt grande de taille. Elle devait avoir dans la vingtaine.

    Jamais je n'aurais pu voir femme plus belle.

    Son visage semblait toujours souriant. On aurait dit un ange. Mais ses yeux qui pétillaient montraient bien le contraire. Après tout, il y avait bien un démon, une fée, un mage noir... Alors pourquoi pas autre chose ? Un elfe ? Non. Peut-être. Mais sûrement pas.

    Ils sont de retour ! se mit-elle à crier.

    Sa voix, même en criant, était magnifique. Elle était très féminine et s'accordait avec son apparence. Mais ce qu'elle avait dit m'interpella. Après tout, pas seulement l'extérieur ne comptait, mais l'intérieur. Si l'on ne se méfiait pas, notre vie pourrait y rester. Cette fille pourrait bien cacher quelque chose qu'elle ne montrait pas de l'extérieur.

    Je revins à ses mots. De retour ? Qui était de retour ? Le démon ? Mais pourquoi "ils sont" ? Y avait-il quelqu'un d'autre avec lui ? Cela devait être également un monstre. Un monstre aussi horrible et terrifiant que lui. Sinon, qui le pourrait ? Un autre démon avec d'horribles cornes et d'horribles ailes. Un monstre sans pitié qui n'éprouverait aucun sentiment. Je ne le savais pas. Mais c'en était certain. Néanmoins, je n'en étais pas vraiment très sûre. Une part de moi me disait de ne pas être aussi horrifiée par ce démon. Il m'avait tout de même sauvé la vie, ainsi qu'une bonne partie des habitants près du château et du village à proximité de celui-ci. Mais ceci était-ce la bonne chose ? Aurais-je préféré mourir ?

    La jeune femme s'avança vers la pièce en face de l'entrée. Elle fit tourner sa tête de droite à gauche. Elle semblait chercher quelqu'un. Ou plutôt, elle semblait chercher une présence. Elle pencha sa tête vers le haut, je me baissai automatiquement pour qu'elle ne m'aperçoive pas. Mais il était trop tard, elle m'avait vue. Je pensais qu'elle voulut monter, mais la porte de la pièce d'à côté en décida autrement en laissant passer une jeune femme aux cheveux bleus, suivie d'une aux cheveux blancs, ainsi qu'un jeune homme aux cheveux ébènes. Les trois personnes de tout à l'heure. Juvia, Lisanna et Grey.

    Ils sont de retour ? Ça ne fait pourtant que depuis hier, dit la jeune fille aux cheveux océan.

    Hier ? Sûrement juste après être parti de chez moi. Un démon avait des ailes. Il avait dû s'en servir pour revenir rapidement chez lui et repartir.

    Oui, mais tu sais, ils sont rapides, répondit Lisanna.

    Personne n'eut le temps de parler, que la porte qui venait d'être ouverte par la magnifique jeune femme se rouvrit en grand par un coup de pied. Je m'attendais à voir deux monstres. Le rose et son compagnon. Malgré tout, je ne savais pas trop comment expliquer mon ressenti, lorsque la porte s'était ouverte en y laissant entrer deux personnes. Un homme accompagné d'une fille entrèrent. Le démon était avec une fille ? Je plissai les yeux pour mieux voir.

    C'était comme un regret. Une sorte d'humeur qui nuisait à la perte et qui baissait. Pourquoi ? Je ne savais pas. J'étais même triste. Mais je ne savais pas si j'avais déjà connu ce sentiment de tristesse. Mais était-ce réellement de la tristesse ? Je ne savais pas. Je savais que ce n'était pas un bon sentiment, quelque chose contraire au bien, à la bonne humeur. Je le savais, mais je ne voulais pas me l'avouer. Pourquoi ? Je ne savais pas non plus. C'était un sentiment de tristesse que je ne voulais plus ressentir. C'était un sentiment de tristesse que je ne pensais plus ressentir. Pourquoi ? Je ne savais pas, toujours cette réponse. Je n'en savais rien. Je me posais des questions, mais je ne savais pas. Je ne pouvais pas savoir, je n'y arrivais pas. Je ne savais tout simplement pas.

    Mais c'était faux. Je savais. Je le savais. Peut-être même un peu trop.

    J'étais déçue.

    Déçue de voir ce que j'ai vu. Je ne savais même pas pourquoi je l'étais. Pourquoi étais-je déçue ? Je devrais plutôt être réjouie, non ? Ce n'était pas le démon qui avait franchi la porte.

    C'était un homme grand et très musclé à la longue chevelure noire, comme une crinière. Il avait quelques piercings et un bandeau noir et blanc sur la tête. Ses vêtements étaient noirs et gris. Le métal était la texture de ses accessoires. Ses yeux étaient rouges. Il devait avoir dans la vingtaine. Sa carrure était vraiment impressionnante. Mais ce qui me choqua le plus était la personne qui l'accompagnait.

    C'était une jeune fille frêle et fragile, un peu comme moi. Une humaine, je me le demandais. Elle était plutôt petite ; elle devait faire environ une tête de moins que moi. Ses cheveux bleus ondulés devaient lui arriver jusqu'au haut du dos, mais ils étaient retenus par un bandeau orange accompagné d'une fleur. Elle portait une robe orange plus foncée que son bandeau, et très courte. Un nœud blanc autour du cou ainsi que d'autres accessoires du même genre l'accompagnaient. Elle avait également des manches toujours oranges avec bordures en ruban, qui partaient du bas de ses épaules. Ses yeux marron étaient ravissants. Elle devait être plus jeune que moi.

    C'était une adorable jeune fille. Elle était très mignonne et innocente. Complètement à l'opposé de son partenaire : lui était imposant, et semblait n'avoir peur de rien, au contraire d'elle. Ça devait être lui qui effrayait les autres.

    Je m'approchai petit à petit. Je descendis les marches une à une, un peu plus vite que tout à l'heure. J'étais curieuse. Cette fille me ressemblait. Elle me ressemblait, mais je ne savais pas en quoi. Je ne le savais pas encore, mais si je descendais les marches, je le saurais peut-être. Si je descendais ces marches, alors le futur se présentera à moi.

    Ils souriaient. Ils étaient comme heureux de se voir. Ils parlaient de tout et de rien. Ils parlaient comme si plus rien n'existait. Étais-je invisible ? Ils parlaient tranquillement devant la porte d'entrée. Étaient-ils fous ? Personne ne faisait cela, voyons. Pourquoi n'entraient-ils pas ? Question idiote demandait réponse idiote. Je crus comprendre que l'homme s'appelait Gajeel.

    La jeune fille bleue leva la tête. Elle m'avait vue. Elle cessa de sourire et se dirigea vers moi.

    Je le savais. Cette fille avait quelque chose que les autres n'avaient pas. Elle me ressemblait. Mais en quoi ? Pourquoi est-ce que je ne le trouvais pas ? Était-ce moi qui serais folle ? Peut-être.

    Mais non, cette fille me ressemblait plus que les deux filles à la chevelure blanche ne se ressemblaient. Ce n'était pas en apparence. Mais on était similaires.

    Elle afficha un sourire beaucoup trop adorable, mais sincère. Cette fille était réellement mignonne. Mais pourtant, il y avait quelque chose. Une chose. Je ne savais pas quoi, mais il y avait une chose. Une chose qui l'attristait. J'avais peut-être envie de l'aider. Peut-être bien.

     Bonsoir. Tu dois être la princesse Lucy ? Enchantée, je suis Levy McGarden. Mais surtout, ne me vouvoie pas ! J'espère que tu te plairas ici.

    Ses quelques paroles m'avaient choquée. Jamais, au grand jamais l'on ne m'avait parlé ainsi ! Cette fille, j'allais bien m'entendre avec elle. Elle m'avait tutoyée dès ses premières paroles, et m'avait parlé très familièrement. J'aimais beaucoup les gens comme elle. Ouverte à tout le monde. Elle devait s'entendre avec toutes les personnes qu'elle avait dû rencontrer. Elle souriait vraiment beaucoup. Son sourire était éclatant et toujours adorable. Dommage que ses yeux ne soient fermés durant son sourire, j'aurais pu deviner si ses paroles étaient sincères elles aussi.

    Enchantée Levy. J'espère aussi.

    J'avais répondu très simplement. Mais ça me plaisait. J'espérais que je pourrais parler d'une manière plus libre, comme elle. M'entendre avec tout le monde. Aimer tout le monde. Même les monstres.

    Elle rouvrit ses yeux, ce qui lui donna un air joyeux.

    En le temps d'une seconde, je crus voir qu'elle me souriait tristement. Mais la seconde d'après, elle reprit son sourire énergisant. Peut-être avais-je rêvé ?

    Tu sais, toi et moi on se ressemble énormément.

    Elle le pensait aussi ? Elle me l'avait dit si simplement, alors que moi, je n'arrêtais pas de me poser la question. Ce qui me tourmenta.

    Mais en quoi nous nous ressemblions ? Je me le demandais encore.

    On aime toutes les deux la littérature à ce que j'ai entendu ! On aime les mêmes activités et passions. On a même le même âge.

    C'était donc cela. Apparemment, on aimait les même choses. On avait le même âge ? Jamais je ne l'aurais cru si elle ne me l'avait pas dit. Elle semblait si jeune. Elle avait donc 17 ans. Étrange.

    Mais le plus étrange, ce n'était pas cela. Je me demandais s'il n'y avait que ça. Seulement ça. L'âge et les hobbies. Néanmoins, je finis par penser que je ne devais pas trop m'éterniser là-dessus.

    Je lui souris en guise de réponse. Je m'attendais également à un sourire comme elle l'avait si bien fait avant. Mais ce n'était pas ce qu'elle fit. Son regard se baladait entre l'espace et le temps. Elle songeait, et affichait un sourire des plus tristes.

    Nous sommes toutes les deux humaines.

    Je me figeai.

    Comment ça ? Que voulait-elle dire ? Qu'il n'y avait que nous comme humaines ici ? Pourquoi cela ? Grey, Juvia, Lisanna, "Gajeel" et l'autre fille blanche semblaient humains aussi. Alors pourquoi ? Pourquoi me disait-elle cela tout d'un coup ? Nous étions humaines, et ? Je ne comprenais pas.

    Tout le monde parlait. Mises à part moi et Levy. Le vent entrant par la fenêtre faisait voler mes longs cheveux blonds attachés sur le côté par un ruban rose et ses cheveux bleus retenus par un bandeau orange avec fleur rose comme accessoire dessus. Tout le monde chahutait. Mais un blanc vide se plaça entre elle et moi. C'était comme si les cris, les paroles, les rires n'existaient plus. Ils s'en allaient avec le vent et sortaient par la fenêtre pour ne jamais revenir.

    Taisez-vous !

    Une femme, descendant des escaliers, réclama le silence. Tout le monde se tut, comme effrayé. Ils avaient peur. La bleue devant moi faisait exception : elle n'affichait toujours rien, comme blasée.

    La personne qui avait ordonné de se taire était une surprenante jeune femme. Ses cheveux étaient longs, lisses, et de couleur rouge écarlate, lui allant jusqu'au bas du dos. Ses yeux étaient marron. Son visage semblait ferme et autoritaire. Elle était vraiment belle et possédait une très jolie apparence comme sa carrure. Mais ce qui me choqua le plus devait être l'armure qu'elle portait. Son accoutrement était gris avec symboles dorés et noirs. Elle portait également une jupe et de très longues bottes. Elle devait avoir plus ou moins la vingtaine.

    Elle se retourna vers moi et me regarda. Je ne savais pas pourquoi, mais d'un œil, je ne pouvais pas lire en elle. Avait-elle un œil artificiel ? Sans doute, mais de l'autre, je pus voir d'énormes sentiments flagrants, et une autre envie, comme de mystère ou de résolution.

    Levy a raison, Princesse Lucy. Je me présente, je me nomme Erza Scarlett, enchantée de faire votre connaissance. Je suis une nymphe.

    Au début, je trouvais sa présentation bien plus que banale. Mais quelle personne banale dirait qu'elle était une nymphe ? D'ailleurs, elle ne ressemblait pas du tout à une nymphe ! Pourquoi une nymphe porterait-elle une armure ? Ça ne voulait rien dire !

    Et lui, elle me montra Grey. Il s'appelle Grey Fullbuster, et c'est un homme de glace.

    Jamais je ne l'aurais deviné. Jamais je ne l'aurais su. Il paraissait si normale. Alors pourquoi n'était-il pas humain? Pourquoi n'était-il pas comme moi ?

    Elle, elle me montra Juvia. Elle se nomme Juvia Lockser, et c'est une sirène.

    Elle non plus, jamais je ne l'aurais cru. Comment était-ce possible ? Une sirène ? Les apparences devaient être plus qu'aveuglantes !

    Elles, elle me montra la paire de têtes argentées. Ce sont les sœurs Strauss. Lisanna, la cadette, celle avec les cheveux courts est un ange. Et Mirajane, l'ainée, celle avec les cheveux longs est un démon. Mais pas réellement. Elles utilisent une magie de Take Over. Une magie qui peut prendre le contrôle d'un être. Lisanna d'un ange et Mirajane d'un démon, justement. C'est dans leur nature.

    Ça de même. Surtout ça. Je ne l'aurais jamais cru. Cette fille, Lisanna, était en fait un ange ? Et l'autre, Mirajane, un démon ? Et elles étaient sœurs ? Mais pourquoi prendrait-elle le contrôle d'un démon ? Pourquoi utiliserait-elle une magie de démon ? Peut-être n'était-ce pas voulu.

    Et lui, elle me montra le brun musclé. Il s'appelle Gajeel Redfox, c'est un dragon. Un dragon d'acier.

    Dragon.

    Ce mot résonna dans ma tête. Comment pouvait-il être un dragon ? Sa forme actuelle était bel et bien celle d'un humain. Et il était un dragon ? D'acier ? Était-il comme l'autre ? Celui qui avait ravagé mon entourage, le château. Celui qui était la cause de ma présence ici. Je ne le pensais pas, puisqu'il était accompagné d'une humaine, apparemment.

    Donc, seule cette fille était humaine ici. Et maintenant, moi aussi. J'allais dire quelque chose, mais la porte d'entrée se rouvrit pour la septième fois de la journée, sans réellement compter.

    Tout le monde se retourna vers celle-ci. Le démon entra. Je le savais, c'était le démon d'hier. Il portait une grande cape noir qu'il venait de baisser. Ses cheveux roses et ses yeux verts émeraude étaient également là. Maintenant que je le voyais de plus près, je pouvais voir qu'il était plutôt beau. En dépit qu'il était un démon, bien sûr.

    Une petite fille l'accompagnait. Elle avait de très longs cheveux bleus foncés attachés en deux couettes hautes. Ils devaient sans doute lui arriver jusqu'aux genoux. Ses yeux étaient bruns. Elles portait une courte robe verte, le haut étant légèrement jaune. Le haut du dos était nu. Elle portait des sandales rouges. Elle avait comme une sorte de bracelet en or en dessous de son épaule droite. Elle devait avoir la douzaine. Ce qui me choqua le plus était de voir à quel point cette petite fille était mignonne.

    Elle... C'est Wendy Marvell, une dragonne céleste, me présenta Erza.

    Je déglutis. Très étonnant. Beaucoup trop étonnant. Comment une aussi adorable petite fille pouvait être une dragonne ? Un dragon. Encore un autre.

    La petite fille me sourit, et se dirigea vers Mirajane, le sourire ne lâchant pas ses lèvres. Elle était enthousiaste. Mirajane la regarda en lui souriant également de son beau visage.

    Alors Wendy, ça s'est bien passé ? demanda justement celle-ci.

    La petite Wendy afficha un gigantesque sourire et rougit.

    - Oh oui ! On a tué les monstres parce qu'ils ne voulaient pas arrêter de faire du mal, ils ne voulaient rien entendre ! J'en ai eu trente-deux. C'était super ! En plus, j'ai pu rendre visite à Roméo !

    Mes yeux s'écarquillèrent. De la sueur sortit de ma peau. Cette petite fille... avait tué. Certes, c'était des monstres. Mais elle avait quand même tué. Elle avait sali ses jolies petites mains toutes douces. Elle m'effrayait maintenant. Elle était également un monstre. Alors, pourquoi ?

    Oh ? Je vois. De toute manière, ces monstres n'auraient jamais dû exister... répondit Mirajane dans un sourire triste.

     Cette lueur d'amertume ne voulait étrangement pas la quitter. La fille devant elle pencha sa tête sur le côté, l'air interrogateur. Juste adorable. Elle se reprit par la suite.

    – Roméo ? Vraiment ? C'est bien d'être amoureux. Il devait être content de te voir, et toi aussi.

    Je me rembobinai ses précédentes paroles. Comment ça, ils n'auraient jamais dû exister ? Je ne comprenais vraiment rien. Et cette petite fille était allée voir son amoureux ? A ce que j'avais compris, ils s'aimaient tous les deux. Elle continuait de sourire et de parler de tout ce qui s'était passé comme si elle racontait ses vacances au bord de mer.

    Je remarquai que le démon avait disparu. Je ne savais pas trop quoi penser. Devrais-je être heureuse ? Ou au contraire, triste ? Je ne savais vraiment pas quoi penser, et je décidai de m'en aller aussi. Je pris un chemin que je n'avais jamais emprunt. Je montai tout en haut, dans la partie la plus haute de l'étage. Je montai ensuite dans ce qui devait être un grenier. Non, j'avais tort.

    Ce n'était pas un grenier. C'était une pièce large et accueillante. Il y avait un lit et plusieurs matelas. Des affiches et beaucoup de meubles. Le motif de la décoration était le feu.

    J'entrai dans cette pièce, et l'explorai un peu. Le vent entrait paisiblement à l'intérieur, et je pouvais respirer un air frais et doux. Mes fins cheveux se baladaient avec cette atmosphère. Ils se promenaient, se rencontraient, chantaient, dansaient.

    C'était une agréable sensation.

    Quelque chose interpella mon attention. Il y avait une photo posé sur une petite table. Je m'avançai vers celle-ci, et pris la photographie dans mes petites mains fragiles. Je pouvais y voir deux petits garçons. L'un devait avoir la dizaine, l'autre devait être plus jeune, mais dépassant les cinq ans. Le petit garçon le plus grand avait des cheveux noirs corbeau et des yeux de la même couleur. L'autre avait des cheveux roses saumons et des yeux verts brillants. Ils semblaient heureux et étaient adorables et mignons.

    Que faites-vous ici ?

    Je me retournai, reconnaissant faiblement la voix, toujours la photo en main.

    Le démon se tenait face à la porte et me regardait d'un air dont je ne saurais décrire. Je reposai la photo à sa place, chose qu'il remarqua. Comment cette pièce pouvait être la sienne ? Oui, maintenant j'en étais sûre. Cette pièce était la chambre du démon. Elle était pourtant si accueillante et charmante. Étais-je naïve à ce point ?

    Ne vous en faites pas, je vais m'en aller.

    J'étais apeurée. J'avais vraiment peur. Pas parce que j'étais devant un démon, mais parce que j'étais seule avec lui. Je me dirigeai vers la sortie, lui, se trouvant juste devant celle-ci. Je marchais d'un pas voulu vite. Mais je n'arrivais pas. Je n'y arrivais pas. J'étais comme bloquée, et mes pas furent lents. J'étais juste à côté de lui, je pouvais sentir son souffle. Je frissonnai et arrivai enfin dans le seuil de la porte. J'étais rassurée et je soupirai de soulagement. Enfin, j'étais libérée.

    C'était moi sur la photo.

    Il prononça cette phrase juste au moment où j'allais franchir la porte. Et bien sûr, je m'arrêtai net. Cela m'intrigua, et je me retournai vers lui, une once de curiosité dans les yeux. Défaut qui pouvait m'être fatal. La curiosité était un vilain défaut, je le savais, mais ça ne m'empêchait pas de contredire cette règle.

    Il y a plus de 100 ans, moi et Zeref avions pris cette photo.

    Il... y avait plus de 100 ans ? C'était impossible. Avec Zeref ? Mais pourquoi donc ? Malgré la peur, la terreur, la tristesse, l'angoisse et l'incertitude, la curiosité remporta. Je m'avançai vers lui, à pas lents, mais pressés. Je me retrouvai près de lui. Je n'avais jamais été aussi proche de cette personne. Mais je ne comprenais pas le rapport avec Zeref. C'était lui sur cette photo avec l'homme maudit, il y a de cela plus de 100 ans.

    Il y a plus de 100 ans, moi et mon grand frère Zeref étions vraiment très proche.

    La phrase resta gravée dans ma tête. Zeref était son frère. Son grand frère. Comment n'avais-je pas pu faire la liaison ? Tout se mettait en place dans ma tête. Je comprenais à présent. Mais il y avait une chose que je ne compris pas. Pourquoi avait-elle été prise il y avait plus de 100 ans ?

    Le jour où nous avions pris cette photo fut le jour du décès de mes parents, causé par un dragon. Ce jour-là, je n'y avais pas échappé non plus. La mort m'avait emporté.

    Comment. Comment ? C'était impossible. Était-il en train de se moquer de moi ? Il ne pouvait pas être mort puisqu'il était là, devant moi, en ce moment même. Alors il serait mort, mais vivant en même temps ? Tout cela était un peu contradictoire. C'était beaucoup trop compliqué pour moi.

    Je suis mort il y a plus de 100 ans. Mon frère ne voulait pas y croire, et a tout fait pour me faire revivre, gardant mon corps d'enfant avec lui. Mais malgré tous ses efforts, il n'y parvint pas. Sept ans plus tard, il décida d'utiliser une magie plus puissante. Il alla voir Mavis, la fée qu'il avait aidée quelques temps plus tôt et la personne dont il était amoureux. Malgré plusieurs protestations de celle-ci et insistance de l'autre, elle finit par lui dire comment s'emparer de la magie la plus puissante. Un an après, il réussit à s'en emparer. Mais avec ses idées et sa conscience qui le poussait à faire revivre un mort ainsi que la quantité de magie obscure, il devint maudit, et éternel. Pourtant, il ne le savait pas. Il alla rejoindre la fée Mavis, et, sans le vouloir, lui transmit le surplus de magie noire qu'il avait, et elle devint également maudite et immortelle. C'est à ce moment là qu'il s'en rendit compte. Au début, elle n'éprouvait que de la haine envers lui, mais ne pouvait se résoudre à le détester toute l'éternité. Elle l'aimait elle aussi. Mais ils ne se le sont jamais avoués. Zeref créa sans le vouloir, des monstres meurtriers et démons dû à sa magie. Mais 100 ans plus tard, le 7 juillet 777, il réussit à me faire revenir à la vie, mais en tant que démon. Finalement, je me dis qu'il aurait dû me laisser mort, sa vie serait bien meilleure. Zeref et Mavis m'ont chacun raconté leur version de l'histoire, c'est pour cela que je suis au courant de leurs sentiments.

    J'étais choquée. Jamais je n'aurais cru cela possible. J'ai pensé que... J'ai pensé tant d'horribles choses sur eux. Sur lui. Ce démon était en fait humain. Il était humain, il avait été humain. Il pensait donc, comme tel. Mais pourquoi vouloir m'épouser ? Que gagnerait-t-il ? Il n'était pas le monstre que je pensais qu'il était. En plus de cela, son cauchemar avait commencé le 7 juillet 777. Comme moi. Nous n'étions pas si différents en fin de compte. Peut-être apprendrais-je à l'apprécier malgré son apparence ?

    Et puis, cette fée, Mavis. Je comprenais maintenant sa tristesse. Comme Zeref. Zeref, l'homme sans vie, l'homme sans visage, l'homme maudit, l'homme qui n'avait pas su tourner la page.

    Vous savez Princesse, je vous ai toujours observée.

    Mon esprit qui s'était mis à divaguer et à penser, s'arrêta. Je le regardai, l'air incompréhensible et étonné sur le visage. Que voulait-il dire par là ? Il m'avait toujours observée ?

    Lorsque je suis devenu démon, ma première réaction a été de m'enfuir en volant. Je volais si vite. Je suis arrivé devant votre château. Et j'ai vu le démon qui avait tué votre mère, j'ai vu qu'il l'avait tuée. Et je vous ai vue, vous, petite fille pleurant aux bras de sa mère morte. Malgré mes 7 ans, j'ai tué ce démon qui voulait vous tuer vous aussi, à la suite de votre mère, en entrant par la fenêtre. Depuis ce jour, je vous observais, je voyais à quel point vous étiez triste et sans vie. A quel point vous vous forciez de sourire et de faire la princesse parfaite comme le voudrait votre père. J'ai commencé à m'attacher à vous malgré que l'on ne se connaissait pas, malgré que l'on ne se soit jamais adressé la parole. Votre sourire était si éclatant, mais pourtant, dans vos yeux, on pouvait y lire de la solitude et de la haine. Je savais que vous détestiez les démons. Et je comprenais. Mais ce n'était pas ce sont j'avais envie de vous voir dire. Ce n'était pas la chose... qu'une personne dans ma situation aurait envie d'entendre. Nous sommes tous des êtres vivants. C'était comme si... nous ne formions qu'une seule race. Et vous ne devriez pas vous haïr pour cela non plus. Alors, lorsque ce dragon vous a attaquée... cela m'a rappelé ma mort. Et comme je ne pouvais me résoudre à vous voir mourir, j'ai essayé de vous sauver. Mais je sais que jamais vous ne pourriez aimer un démon.

    Alors, tout s'expliquait. Tout. Dans ma tête, les rangements firent place. C'était donc lui qui avait tué ce démon. Je ne me souvenais pas des détails. Mais tout ce que je savais maintenant, c'était qu'il m'avait sauvé la vie, deux fois. Je n'aurais jamais cru, ni même pensé qu'un démon pourrait en tuer un autre. Moi qui les détestais. Je détestais les démons. Mais jamais je n'aurais cru que... qu'un être de cette race pourrait changer ma vie. Je me sentais idiote à présent. Idiote d'avoir haï cette race, alors que ce n'était qu'un parmi les autres qui avait commis ce crime. C'était comme si, un humain en tuait un autre. Je ne pourrais pas haïr les humains. Malgré le fait que je me haïssais. J'en viendrais par haïr tout le monde.

    Mais qui étais-je, moi, pour haïr quelqu'un ? Qui étais-je pour le faire ?

    Je compris mon égoïsme. Il ne fallait pas juger quelqu'un pour son apparence. On ne pouvait pas savoir ce qu'il pouvait bien être à l'intérieur. Nous étions tous des êtes vivants. Il était peut-être un démon, mais avant ça, il était un être vivant. Il était donc comme moi. Il faisait partie de ma race, ma famille. Et je l'avais haï, sans le connaître. Juste parce qu'il était démon. Mais les démons ne se ressemblaient pas forcément. Tout comme nous, humains, ne nous ressemblions pas. Et puis, lui aussi, aurait pu me détester, me haïr. Puisque je n'étais pas démone ou autre. Puisque que j'étais humaine. Il aurait également pu penser que j'étais horrible, la pire des créatures. Il aurait pu dire du mal de moi. Il aurait pu, mais il ne l'avait pas fait.

    Jamais, jamais personne n'avait jamais dit de telles choses sur moi. Jamais personne ne me connaissait réellement. Mais lui, lui, me connaissait. Il avait su. Il le savait. Il connaissait sans doute tout de moi. Il me laissa perplexe. Jamais personne... n'avait autant dit de véritables informations sur moi. En plus de ça, il avait remarqué que tous mes sourires et mes actes étaient faux. Toute ma gentillesse était fausse. Et il l'avait remarqué. Il savait que je détestais sa race. Mais il était venu me sauver une seconde fois.

    Pourquoi est-ce que je me haïssais déjà ? Parce que la vie ne m'avait jamais gâtée ? Le contraire était devant moi. J'avais pu rencontrer ce démon. J'avais eu cette chance. La chance de rencontrer quelqu'un qui me connaissait, quelqu'un qui me comprenait. Finalement, même si la vie n'était pas un conte de fée, elle n'était pas totalement contre moi.

    Je commençais à m'attacher à lui, je commençais à l'aimer. Je n'aurais jamais cru ça, mais je commençais réellement à aimer un démon. Déjà, le fait d'aimer quelqu'un. Serait-il un ami ?

    Mais... Il y a toujours un début à tout, non ? dis-je en guise de réponse tout en souriant sincèrement.

    Rare était le sourire que je venais de lui faire. C'était un vrai sourire, un sourire sincère. J'avais également quelques rougeurs sur les joues. Elles étaient roses, comme si j'étais heureuse.

    Il écarquilla les yeux. Il semblait surpris. Ses joues devinrent quelque peu plus roses. Il semblait surpris de voir un tel sourire de ma part. Ou peut-être était-ce les mots ? Il me sourit lui aussi. C'était un magnifique sourire. Comme lui.

    Il baissa les yeux, soupira faiblement et me regarda.

    Mon souhait est de redevenir humain. Je ne veux plus que, où que j'aille, les gens m'haïssent, me rejettent, se moquent de moi. Je ne veux plus être traité comme un monstre. Certains même, me frappent, m'insultent. Je ne veux plus de ça. Je ne veux pas leur faire de mal, alors je ne veux pas qu'ils me fassent du mal. Je sais qu'un jour, je ne pourrais plus retenir ma rage, ma colère envers eux. Mais je n'en ai pas envie. J'aimerais redevenir humain.

    A cet instant là, je fus attristée par les paroles d'un démon. Il m'attrista.

    Je ne savais pas comment réagir. J'étais triste pour lui, vraiment. Moi qui le traitais ainsi. Je regrettai tous mes dits et paroles, je regrettai tout. Je regrettai le jour où ma haine envers la démons naquit. Je me détestai d'avoir détesté les démons.

    Mais il y avait cette lueur. Une lueur dans mes yeux. Mes yeux scintillants et brillants après qu'il eut terminé ses paroles. Une lueur que je n'aurais jamais dû montrer. Confondre ou coïncidence ? Était-ce réellement ce que je pensais ? Non, j'en étais certaine. Jamais je ne penserais telle chose. Car je ne voulais pas que les gens pensaient cela de moi. Je l'avais déjà dit. On pouvait y voir une horrible lueur.

    Au début, il affichait une mine neutre, mais après avoir vu ma lueur, la lueur dans mes grands yeux marron, son visage se crispa et il semblait légèrement énervé.

    Je ne veux pas de ta pitié.

    Il m'avait dit ça d'un ton sec, en me tutoyant, ce qui me choqua. Jusqu'à maintenant, il ne faisait que me vouvoyer. Mais je comprenais qu'il pensais ça. Moi même, si quelqu'un m'aurait affiché ce visage, j'aurais cru cela. Mais non. Je n'avais pas pitié, je ne voulais pas avoir pitié. Pourquoi aurais-je pitié ? Je détestais la pitié.

    Je pense qu'il ne semblait pas comprendre. Si je ne le lui disais pas, il continuerait d'y croire. Croire à un mensonge, c'était ce qu'il y avait de pire.

    Ce n'était pas de la pitié... Je suis seulement inquiète.

    C'était une phrase sincère. Très sincère. Mon expression, mon visage le prouvait. J'étais sérieuse.

    Je me rapprochai de lui et me mis en face de ce démon. J'étais en face de lui et je le regardais droit dans les yeux, pour prouver mes paroles. Mes yeux brillaient de milles feux. Je veux lui montrer que j'étais sincère, que ce n'est que la stricte vérité. Mais je ne sais pas comment le lui prouver.

    Il semblait perplexe, un peu perdu. Il me regarda, ouvrant légèrement sa bouche. Il me regarda, l'air interrogateur, mais finit par me sourire.

    Moi aussi, je peux lire dans les yeux des autres. Leurs sentiments, tout ce qu'ils ne partagent pas aux autres dans leurs paroles.

    Je ne pris pas conscience immédiatement de ce qu'il venait de dire. Mais petit à petit, les informations me montèrent au cerveau. Un mot. Puis deux. Suivis de trois. Pour enfin arriver d'un quatrième.

    Il était comme moi.

    C'était tout ce que je compris. Il était tout à fait comme moi. Serait-ce comme une âme sœur ? L'âme sœur qui nous cachait bien des surprises. Il pouvait également lire les sentiments des autres juste en regardant quelqu'un dans les yeux. Je n'étais pas la seule à avoir ce genre de don, apparemment. Jamais je n'aurais cru que ce serait un démon.

    Il partit s'asseoir sur l'un des fauteuils de sa chambre. Je le rejoignis presque immédiatement. Il se mit à penser.

    J'aimerais savoir à quoi il pensait en ce moment. Ça devait être quelque chose de paisible en vue de son humeur. Il sourit, et se retourna vers moi. Je pus voir à quel point sa beauté dépassait toute humanité qui lui restait. Mais peut-être cela n'était-il pas une mauvaise chose. Les bonnes étaient souvent les mauvaises choses.

    Je m'appelle Natsu. Natsu Dragneel.

    Natsu. Quel joli prénom. Je n'aurais jamais cru qu'un démon pouvait avoir ce genre de nom. Peut-être si ce dit démon avait été humain auparavant ? Qui sait.

    Il y avait de cela quelques minutes auparavant, j'aurais imaginé son prénom tel que Lur ou Pyn ou même Thor.

    Natsu serait la dernière chose auquel j'aurais imaginé. Natsu signifiait été, et l'été était une magnifique saison où la plupart des gens pouvaient se baigner en y déposant délicatement leurs pieds un à un. Un prénom totalement à l'opposé d'un démon, mais pas à l'opposé de lui. J'aimais beaucoup son prénom. Ça le rendait encore plus humain qu'il ne paraissait pas être.

    Tu savais que ton prénom vient de Lux, qui signifie Lumière en Latin ? Tu es donc, comme la lumière qui éclairera ce monde sombre et remplit de ténèbres, Lucy.

    Alors maintenant il me tutoyait ? Pourquoi pas. J'aimais bien ça même.

    Cela dit, ce qu'il me dit me réchauffa le cœur. C'était si gentil et adorable. Personne ne pourrait résister à l'envie de sourire après tel compliment. Je ne savais pas que mon nom venait du latin, et encore moins qu'il signifiait lumière. Alors peut-être que de l'espoir pouvait naitre.

    Finalement, j'allais bien m'entendre avec lui.

    Je m'assoupis sur son épaule après une longue discussion avec lui. Il s'endormit également, l'air paisible et l'âme en paix, le vent caressant notre peau.

    * * *

    Ce n'était que le jour suivant que je me réveillai. Je m'étais endormie toute la nuit avec lui. Dès mon réveil, mon cœur battait d'une allure folle, et je rougissais légèrement.

    Je n'avais jamais dormi avec un garçon.

    Je me levai, et me précipitai vers ma chambre, pour me changer, et faire ma toilette. Je mis une robe verte avec bandeau vert et rubans. Cette journée sera peut-être amusante, qui sait ?

    Après un bon petit plat du matin, je partis à la bibliothèque où je retrouvai Levy. Je discutai beaucoup avec elle. Elle était ouverte à tout le monde. Ensuite, je rencontrai Juvia et Grey dans les couloirs, je leur parlai un bon moment de tout et de rien. Malgré qu'ils soient sirène et homme de glace. Je leur demandai si ce n'était pas trop compliqué, ils me répondirent que non. Ils m'avaient même annoncé qu'ils étaient mariés. Je comprenais mieux pourquoi Juvia tenait tant à Grey. Et vice-versa. Ensuite, après le déjeuner,  je rencontrai la petite Wendy accompagnée de Gajeel. Ils m'expliquèrent qu'ils n'étaient pas comme les autres dragons. Et je comprenais. Ils me dirent également qu'ils étaient frère et sœur, mais qu'ils avaient dû changer leur nom de famille. Wendy m'annonça qu'elle était actuellement avec un garçon nommé Roméo, du village voisin. Ensuite, je partis dans ma chambre pour me reposer un peu.

    Lorsque je sortis de celle-ci, je ne m'attendais pas à croiser Mirajane et Lisanna. La jeune femme aux longs cheveux blancs était toujours aussi belle. Elles me parlèrent de tout et de rien, comme quoi, elles connaissaient Natsu depuis qu'il avait onze ans. Ces filles me racontaient qu'Erza et Grey l'avaient connu lorsqu'il avait dix ans. Levy l'avait connu lorsqu'il avait un peu plus de dix ans mais pas tout-à-fait onze. Juvia l'avait connu vers ses quatorze ans. Gajeel et Wendy l'avaient connu à ses quinze ans. Il avait actuellement 18 ans, sans compter les années auxquels il ne pouvait plus bouger. Ses années de vide. Ensuite, je rencontrai Erza en empruntant les escaliers. Elle m'expliqua que la vie de nymphe n'était pas de tout repos, et également qu'elle devait protéger sa "famille". C'était pour cela qu'elle portait sans cesse une armure. Elle voulait protéger tous les habitants de cette maison. C'est-à-dire Grey, Juvia, Lisanna, Mirajane, Levy, Gajeel, Wendy, Mavis, Zeref, le mi-chat mi-dragon bleu, Natsu, et peut-être moi aussi. Il y avait treize personnes ici. Treize personnes vivant sous le même toit. La majorité étant des femmes. Ensuite, je dinai.

    J'allais me diriger vers ma chambre, mais je rencontrai  Natsu, ainsi que le petit être bleu. Natsu me présenta à lui, il s'appelait Happy, et c'était un Exceed. Une race qui m'était encore inconnue. Et ce Happy lui avait raconté le moment où Zeref avait laissé libre cours à ses sentiments débordants. C'était le moins que je pouvais faire. En plus, maintenant, je connaissais son passé. Parler avec Natsu me détendait réellement. Malgré l'apparence dur, il était bon. Il était vraiment plaisant et amusant. Avec lui, le mot rire était affiché sur tous les murs. Il était un garçon bien. Il avait d'abord été étonné, mais sourit aussitôt. Happy aussi était sympathique. En le regardant de plus près, on pouvait voir qu'il était mignon. Après discussion, je retournai me coucher. J'allais me plaire ici, en fin de compte.

    * * *

    Les jours passèrent. J'appréciais de plus en plus la compagnie de tous ces nouveaux amis. Oui, maintenant, je pouvais les qualifier comme amis. Je les aimais tous. Je m'entendais très bien avec Levy, comme je l'avais prédis. Elle était formidable. Elle aimait les livres énormément, tout comme moi, et nous partagions les même goûts. Elle était également très gentille. Mais je m'entendais très bien également avec Mirajane, Erza et Lisanna. Elles avaient toutes trois, leurs qualités spéciales. Mirajane, la plus douce et souriante. Erza, la plus attentionnée et forte. Lisanna, la plus gentille et ouverte. Je considérais Wendy comme la petite sœur que je n'avais jamais eue. Malgré le fait qu'elle ait un grand pouvoir tout comme son frère, elle était adorable. Son frère d'ailleurs, avait également un bon fond malgré les airs durs qu'il montrait. C'était d'ailleurs Levy et Wendy qui me l'avaient d'abord dit. Mavis et Zeref restaient à l'écart, mais je m'entendais bien avec eux également. Happy était devenu comme mon meilleur ami, je l'aimais profondément. Je n'aurais jamais cru qu'il était ainsi, aussi "heureux", déterminé, plaisant, franc, et plein de vie. J'appréciais beaucoup Grey, il était comme un frère pour moi, malgré son étrange habitude de se dénuder. Juvia, elle, était toujours souriante, mais elle montrait bien son amour pour Grey. Je l'aimais bien aussi. Elle savait ce qu'elle voulait, ce qui n'était pas mon cas.

    Je ne comprenais toujours pas mes sentiments envers Natsu.

    J'avais beau me le demander, redemander... Je ne comprenais toujours pas. Qu'est-ce que j'éprouvais à son égard ?

    Mon cœur palpitait à chaque fois que je l'apercevais. Mes joues s'enflammaient et mon intérieur était tout chaud. Ma respiration se saccageait. C'était comme si je ne pouvais pas respirer le même air que lui. C'était idiot, mais je ne pouvais pas nier cette émotion, comme une crainte, une peur, mais également un désir.

    Je ne savais définir cette sensation. Jamais je n'avais ressenti cela. C'était depuis notre première discussion. Depuis qu'il avait prononcé les mots qui avaient su me faire comprendre. Me faire comprendre que nous étions tous les mêmes. Depuis qu'il m'avait comprise, depuis qu'il me l'avait avoué. Depuis qu'il m'avait dit... Depuis qu'il avait prononcé mon nom avec une telle... liberté. Depuis ce jour, un nouveau sentiment naquit en moi. Un sentiment qui grandissait petit à petit. Un sentiment qui n'avait pas besoin de connaître l'apparence de l'un pour s'accroitre. Un sentiment d'envie. Un bon ? Un mauvais ?

    Je ne savais pas. Mais je ne l'avais remarqué qu'une semaine après mon arrivée. J'avais remarqué que j'éprouvais quelque chose pour ce démon. Durant la semaine, lui et moi n'avions fait que parler. Mais il était si gentil avec moi. Je pensais que je serais encore en train de l'éviter si je ne lui avais pas parlé pour la première fois, seul à seule. Mais ce sentiment augmentait chaque jour un peu plus. J'en avais même mal au ventre. Comme un malaise, ou quelque chose qui me gênerait ou me rendrait nerveuse. Quelque chose qui ne s'en irait jamais, peu importait ce qu'il se passerait à l'avenir. Il fallait simplement croire au présent et sourire.

    Aucune autre personne ne me parlait plus ouvertement et tranquillement que lui. C'était comme si, il me faisait entièrement confiance alors que l'on ne se connaissait à peine. Même si dire ça n'était pas vraiment très vrai. Lui, me connaissait. Peut-être même un peu trop.

    Une semaine après mon arrivée, je l'avais remarqué. J'avais remarqué qu'une toute nouvelle ère allait débarquer, commençant petit à petit à se développer, puis à s'évoluer.

    Comme si... Il pouvait changer le monde. Non, comme si nous pouvions changer le monde. Ensemble. Chaque habitant de cette maison.

    Néanmoins, il fallait d'abord que je comprenne ce que mon cœur me dictait. Mais j'avais beau chercher toutes les possibilités existantes, même complètement imaginées, je ne comprenais pas mes sentiments envers Natsu.

    Pour moi, Natsu était un être parmi les autres. Il était humain. Peut-être pas son apparence, mais son cœur l'était. Il l'était même plus que moi. Pour être franche, il était l'être le plus humain que je connaissais. Son visage lorsqu'il était triste, son visage lorsqu'il souriait, son visage lorsqu'il rougissait, son visage lorsqu'il parlait, son visage lorsqu'il était heureux, son visage lorsqu'il soupirait, son visage lorsqu'il riait, son visage lorsqu'il était gêné, son visage lorsqu'il s'énervait, même lorsqu'il mangeait et dormait. Son visage lorsqu'il était avec moi. Son visage était bel et bien celui d'un être humain. Mais je me demandais... Quel visage ferait-il si je lui disais que j'éprouvais un sentiment dont je pouvais qualifier la chose à son égard ? Quel visage ferait-il ? Quel serait son expression ?

    Mais je me demandais. Était-il possible de ressentir ce genre de sentiments en seulement cinq semaines ?

    Finalement, je pensai que je me posais beaucoup de trop de questions, je le saurais en temps voulu.

    Aujourd'hui, moi et tous les autres, allions dans un lieu pour y détruire un nombre incomparable de monstres. Ils faisaient ça souvent, mais ils refusaient à chaque reprises que je les accompagnais. Levy restait avec moi, même si celle-ci savait se battre.

    Sauf qu'aujourd'hui, j'avais plutôt insisté, et je leur avais promis que je ne ferais que regarder. J'aimerais bien voir combien se battaient-ils. J'étais certaine qu'ils les battront d'un trait, rien de plus facile pour eux. Je pensais qu'Erza était la plus forte, sans compter Natsu. Grey était également très puissant. Et il paraissait que, Mirajane était plutôt terrifiante sur un terrain de combat. Et je ne doutais pas que Gajeel et Wendy soient très forts aussi, peut-être même presque autant que Natsu ? Ils étaient dragons après tout.

    Je mis une robe bleue avec bordures dorées et divers motifs, moulante et très courte au devant, faisant comme une fleur à l'arrière, un accessoire en forme de papillon noir au dessus. Je portais également de longues manches partant du dessous de mes épaules, de même couleur que la robe, et de très longues bottes noires à bordures dorées. Mes longs cheveux blonds étaient lâchés avec un autre accessoire noir avec une jolie forme dessus.

    Cette robe m'avait été offerte par la cadette Strauss. Je l'aimais bien, même si c'était surtout le fait que Lisanna m'offrait quelque chose qui me faisait plaisir. Elle m'avait dit que c'était elle et sa sœur qui l'avait faite. D'abord, c'était Levy qui devait la porter il y avait bien longtemps avant mon arrivée. Mais il était un peu trop large pour elle. Je ne comprenais pas, il m'était plutôt serré. Elle m'avait dit qu'elles avaient juste changé le tissu, l'ancien étant un peu vieux. Mais les mensurations étaient les mêmes.

    * * *

    Nous prîmes un carrosse et plusieurs chevaux. Gajeel, Natsu, Grey et Erza montèrent à cheval. Mirajane était assise derrière Erza, prenant le même destrier qu'elle. Juvia monta sur celui de Grey, et Wendy sur celui de son frère. Happy volait aux côtés de Natsu. Moi, Lisanna et Levy, étions dans la calèche.

    Nous parlâmes de divers sujets, de tout et de rien. Une discussion entre filles.

    Mais nous arrivâmes plutôt vite, alors nous n'eûmes pas le temps de discuter assez longtemps.

    Nous descendîmes, je me mis à côté de Levy. Elle me sourit, je lui souris en retour. Nous étions dans une gigantesque forêt, près d'un village. Nous marchâmes tout doucement. Il fallait dire que de trouver un monstre était assez compliqué. Il devait y en avoir à peu près 700 d'après les informations. C'était vraiment énorme, jamais autant de monstres ne s'étaient rassemblés.

    Grey en vit un, et se jeta sur lui en le tuant avec une seule attaque de glace. Il était vraiment fort. Le plus impressionnant, c'est qu'il n'en montrait aucune fierté, il n'était donc pas prétentieux.

    Nous avançâmes toujours tous à même allure, jusqu'à ce que Lisanna ne tombe à la renverse. Un démon l'avait envoyée valser par l'arrière par surprise. Cela me fit sursauter. Elle se releva avec quelques blessures. Je me retournai. Je sentis une sorte... d'aura maléfique. Alors ce démon était aussi effrayant ?

    C'était ce que je pensais au début, mais mon regard se pencha automatiquement vers Mirajane. Elle qui, il y avait dix secondes, était un parfait ange. En cet instant, elle était... effrayante. Elle releva la tête et fit un simple "Oh ?". A présent, elle me faisait peur, très peur même. Je comprenais maintenant les rumeurs à propos d'elle.

    "Ne jamais se fier aux apparences", n'est-ce pas ?

    Le démon lança une attaque. Du poison, j'en étais certaine, vu la texture. Mirajane se mit en face de nous. Mais que faisait-elle ? Voulait-elle mourir ? Il s'agissait de poison ! Ne pouvions-nous pas simplement éviter cette attaque ? Même s'il y aurait une bien trop grande complexité...

    En l'espace d'une seconde, Mirajane changea. De la fumée se trouvait à présent autour d'elle, avec une once d'aura démoniaque. Elle se transformait.

    Le poison se dirigea vers elle, mes yeux s'écarquillèrent et j'avais à présent peur pour mon amie. J'hurlai son nom, mais Juvia mit son bras devant moi, souriante. Comment pouvait-elle sourire alors que son amie risquait la mort ?

    C'était à ce moment là que je compris qu'il y avait quelque chose. MIrajane serait-elle capable de contrer l'attaque ? Sans aucuns doute. Mes yeux se fermèrent, dû au vent qui venait de se déclencher, étrangement. Je ne pus qu'à peine entrouvrir mes yeux, et ce que je vis me choqua.

     Mirajane aspirait le poison. Elle l'aspirait et elle souriait. Elle était devenue un démon, et pas qu'un peu. Même si elle ne ressemblait pas à Natsu, non, pas du tout. C'était bien un Take Over.

    Elle relança l'attaque au démon, celui-ci y laissa sa vie. Lisanna remercia sa sœur, mais le prochain monstre, c'était elle qui l'avait tué.

    Chacun donnait le meilleur de lui-même. Plus de 200 monstres avaient été tués, c'était juste impressionnant. Wendy et Gajeel s'étaient même transformés en dragons. Wendy était une dragonne blanche aux yeux bleus impressionnante. Gajeel, lui, était un dragon entièrement recouvert d'acier et de métal.

    Les autres aussi étaient impressionnants. Je n'avais jamais vu ça, mais je ne regrettais pas, au contraire.

    Il ne leur restait plus que moins de cent monstres à présent. Cela ne faisait pourtant que quelques temps, à peu près. Ou bien, je n'avais pas vu le temps passer.

    Au début, j'étais sur mes gardes, ne sachant pas trop quand quelque chose pourrait me tomber dessus. Mais petit à petit, je compris qu'ils ne laisseraient pas un seul monstre m'approcher. Je leur faisais confiance. Et j'avais raison. La façon dont ils pouvaient tuer des monstres à une telle vitesse me laissait sans voix. J'étais admirative alors qu'au début, au premier jour, j'en étais terrorisée.

    Je pensais que maintenant, ils avaient presque terminé. Il devait en rester quinze ou plus. Nous avançâmes dans les bois à pas de loup. J'étais si excitée et si anxieuse. J'avais peur mais j'étais impatiente. Impatiente de les voir triomphant. De les voir heureux, souriant, rigolant ensemble. J'en avais envie.

    Mais peut-être que j'avais tort. Tort d'avoir confiance en eux. Une confiance aveugle signifiait souvent la perte de quelqu'un.

    L'un des monstres, je ne connaissais pas son espèce, mais c'était l'un des monstres restant. L'un des monstres, me prit par l'arrière alors que je me séparais quelque peu du groupe vers une partie du bois. Je n'avais pas crié, pas hurlé, je n'avais pas peur. Non, j'avais peur, mais je n'avais pas peur.

    Je ne comprenais pas.

     J'avais le sentiment d'avoir peur, mais mon cœur ne battait pas la chamade, je ne transpirais pas, je n'avais pas chaud, ni froid. Décidément, je ne comprenais pas. En plus de ça, le monstre avait mis une main sur ma bouche pour m'empêcher de crier ou d'appeler à l'aide. Même sans ça, je n'arrivais à dire un mot.

    Il voulait me tuer, en vengeance de ceux qui avaient tué les autres monstres. La plus faible était sa prise. Me tuer, puis un par un, n'y laisser que flaques de sangs et cadavres.

    Je n'aurais pas dû leur faire confiance. Pourquoi faire confiance à des gens si insignifiants qu'eux ? Qui ne pensaient qu'à leur propre espèce ? Pourquoi leur avais-je fait confiance ? Ils n'étaient que monstres et détritus accompagnés d'une humaine bien trop naïve. Ce n'étaient que de pauvres gens.

    Tout cela. Tout ça. C'était ce que j'aurais pensé, s'ils n'étaient pas devenus mes camarades. Ils étaient mes amis, jamais je ne pourrais dire du mal d'eux. Je ne voulais pas être plus égoïste que je ne l'étais déjà. Je les aimais. Ce n'était pas de leur faute si j'avais confiance en eux. Ni de la mienne. C'était ça l'amitié. Comme un conte de fée, même si je savais que tout cela n'était guère possible dans la réalité.

    Je fermais les yeux, me préparant à mourir. Je n'étais pas forte, je ne pouvais pas m'y échapper, je le savais. Je le savais définitivement. Mais pourtant, pourtant... Il y avait une once d'espoir qui gonflait en ma poitrine. Après tout, je leur faisais confiance. Même si je savais bien que la vie n'était pas un conte de fée, j'espérais.

    LUCY !

    Je rouvris les yeux. En l'espace d'un instant, je vis ma vie défiler sous mes yeux. Toute ma vie, et je compris, je compris l'important. L'importance d'une vie.

    L'espoir.

    Chaque être, tous autant qu'ils étaient, vivait pour une seule chose, une seule. L'espoir. L'espoir était ce qui permettait aux gens d'avancer, de vivre. Sans l'espoir, nous n'étions plus rien. Toute ma vie, j'avais vécu pour l'espoir, et je venais de le comprendre. L'espoir de voir ma vie changer. Sans ça, je ne serais sans doute plus ici. J'aurais sûrement disparu avec ma tristesse, ce qui enlèverait un poids dans l'espace du temps. J'avais espéré une vie meilleure, souhaitant un vœux. Mais mon vœux s'était à présent réalisé. J'avais des amis sur qui compter.

    A peine avais-je ouvert les yeux, que le monstre qui me retenait quitta ce monde, y laissant simplement son horrible corps. Je retombai au sol. Du moins, ce que je pensais au début, mais deux bras m'en empêchèrent.

    Natsu m'avait sauvée. J'étais actuellement dans ses bras doux et chauds, mais également réconfortants.

    Son regard avait l'air sérieux, mais il finit par me regarder et me sourire. Son beau sourire que j'aimais tant. Un humain ne serait pas capable de faire une plus belle expression.

    Et puis... Je compris ce que je ressentais pour lui maintenant. Mon cœur battait à une vitesse folle, mon rythme cardiaque avait augmenté d'une telle allure que ça en ferait presque peur. J'avais chaud, malgré la fraicheur matinale, j'avais chaud. Mes joues devaient être plus que rouges. Mes lèvres tremblaient.

    J'étais amoureuse.

    C'était ce que me disait mon cœur et mon cerveau. C'était ce que me soufflait mon corps entier. Je l'aimais. Je n'y aurais cru. Au début, je l'évitais comme la peste, mais à présent, j'en étais tombée amoureuse. Je ne comprenais pas trop, tout ce que je savais, c'était que je l'aimais, et pas qu'un peu. Je l'aimais vraiment.

    J'aimais tout de lui. Son caractère, ses émotions, son apparence, tout. J'étais réellement tombée amoureuse. Avec tout le temps que je passais avec lui, j'avais appris à l'aimer, me moquant de son espèce. Après tout, il était comme moi, n'est-ce pas ? Je me moquais de ses origines, de son apparence démoniaque... Je l'aimais, et c'était tout ce qui comptait à présent. J'avais enfin découvert ce sentiment que je ne pensais jamais possible. Je n'y avais jamais vraiment cru, à l'amour. Ne pensant pas cela possible avec une fille telle que moi. Je ne savais même pas ce qu'était que l'amour, et ce que l'on ressentait lorsqu'on l'était. Mais j'étais certaine que j'étais amoureuse de lui. Durant tout ce temps, tous ces instants passés avec lui... je l'aimais.

    J'étais heureuse.

    * * *

    Après m'avoir sauvée, Natsu et moi retournâmes auprès des autres. Ils étaient en train d'achever le dernier monstre, un peu plus solide que les autres. Mais enfin... Ils l'avaient eu. Je souris, et nous levâmes un bras en criant. C'était le cri de la victoire. Tout le monde était joyeux et souriait à pleines dents. Mais avant de pouvoir rigoler, parler ensemble, la voix de Mirajane et de Lisanna qui s'étaient mises un peu à l'écart pendant que nous célébrions cette victoire durement gagné, retentit. Je n'avais rien fait, mais j'étais heureuse pour eux.

    Erza !

    Je me demandais pourquoi l'appelaient-elles. Et d'une façon plutôt joyeuse. Nous regardions tous en direction de leur voix. Elles souriaient de toutes leurs dents. Elles étaient magnifiques à cause, ou peut-être grâce aux rayons de soleil qui les éblouissaient. Elle n'étaient pas si loin de nous. Nous étions proches du village à présent. Et elles, étaient justement devant celui-ci. Mais ce n'était pas ce qui m'avait interpellée.

    Il y avait un beau jeune homme à côté d'elles. Ses cheveux étaient bleus tandis que ses yeux étaient bruns. Il avait une étrange marque rouge vers son œil droit. Un symbole ? Il était vêtu d'une cape bleu.

    Mon regard se tourna vers l'interpellée des Strauss. J'étais certaine que ce que je vis à cet instant me choquerait pour toujours.

    Erza rougissait. Son visage était aussi écarlate que ses cheveux flamboyants.

    J-Jellal ? réussit-elle à prononcer.

     Elle connaissait ce beau garçon mystérieux apparemment. Il lui faisait de l'effet, et pas qu'un peu. Je décidai de me décaler avec le reste du groupe, les laissant seuls tous les deux. Mirajane et Lisanna s'étaient également faufilées discrètement. Ils étaient à présent seuls. Nous les espionnions par un buisson proche.

    Ils parlèrent de divers sujets inutiles et complètement délirants. A cause de qui ? De Titania bien sûr. Tout le monde l'appelait ainsi, car elle était très puissante et fière. Alors comment une simple personne pouvait tant la rabaisser ? Elles perdait tous ses moyens avec lui, et c'était plutôt bien visible.

    Grey me raconta qu'Erza et Jellal se connaissait depuis l'enfance. Le garçon n'était pas banal comme je le pensais. Il était un Héro. Les Héros étaient une sorte de race de personnes possédant une magie de lumière. Leur pouvoir était très souvent surpuissant, et le bleu à l'étrange marque n'en faisait pas exception. Il était sûrement l'un des plus doués de son espèce, m'avait dit Grey. Mais il n'en montrait aucune fierté et ne s'en vantait pas. Lorsqu'il était encore enfant, il avait sauvé Erza d'un loup garou, aussi étonnant soit-il. Elle n'était à l'époque qu'une jeune nymphe encore inoffensive. Mais depuis sa rencontre avec son sauveur, elle voulut devenir plus forte. Et, apparemment, ses efforts avaient fini par apporter leurs fruits.

    La belle nymphe commença à rabâcher des mots incompréhensibles. Jellal, lui, la regardait en souriant. Il était plus grand que la nymphe malgré que celle-ci soit de grande taille. Il baissa légèrement sa tête en direction de celle de la rousse tout doucement. C'était comme si cette situation lui plaisait. S'amusait-il à la voir ainsi ? Je ne savais pas, mais mon visage prit une teinte rosée.

    Comme pour la faire taire, il avait plaqué ses lèvres contre les siennes. Erza s'arrêta automatiquement de parler, tout d'abord surprise par ce contact. Elle devint alors rouge pivoine. Mais petit à petit, se calma et se laissa faire, comme si elle consentait cet échange. Mais le manque d'oxygène mit fin à ce tendre baiser.

    Je t'aime Erza.

    Révélation pas très surprenante après ce qu'il venait de faire. Erza le regardait droit dans les yeux, toujours emportée par son précédent baiser. Et puis, la réalité lui fit surface, et ses joues devinrent rouges. Elle semblait bégayer, mais reprit son souffle ainsi que son esprit.

    Moi aussi Jellal, elle marqua une pause avant de poursuivre. Je t'aime depuis le jour où l'on s'est rencontrés.

    Et c'était sur ces belles paroles qu'ils s'embrassèrent à nouveau.

    De notre côté, Mirajane et Lisanna sautillèrent de joie avec Juvia qui devait avoir la tête qui tourne. Grey souriait, tandis que Natsu et Gajeel étaient pensifs. Levy, elle également, était pensive, mais souriait. Happy criait des "Aye Sir !" que je ne compris pas. Wendy rougissait et devait sûrement penser à son amoureux. Roméo, je crois.

    Je ne savais pas ce qu'ils avaient. Certains souriaient, alors que d'autre pensaient ? Et moi alors, qu'est-ce que je ressentais ? Certes, j'étais heureuse pour mon amie, mais... Il y avait autre chose. Un sentiment dont je ne compris pas les symptômes. Je ne comprenais pas ce que je ressentais, je n'arrivais même pas à le décrire. Je n'avais jamais ressenti cela.

    Hey, crevette.

    La voix dure et rauque du dragon attira mon attention quelque peu troublée. Lorsque je me retournai, Levy allait pour la énième fois gronder Gajeel en lui rabachant de ne plus l'appeler ainsi. Mais une chose, une simple chose, arrêta son élan.

    J'écarquillai les yeux, encore sous le choque. A présent, tout le monde regardait en direction des principaux concernés. C'est-à-dire Gajeel et Levy. Tous étaient surpris, mais pas totalement pour autant. Il était vrai qu'ils étaient souvent ensemble et que je me posais très souvent cette question. Mais je ne pensais pas mes déductions possibles. Je ne les voyais au début seulement comme partenaires, mais je compris qu'il y avait plus. Une aussi grande confiance pour l'autre était sans doute impossible. Même l'amitié ne permettait pas cela. La confiance était bien trop lumineuse, tellement qu'elle en était pire qu'aveuglante.  J'y avais songé. J'avais remarqué l'étrange comportement de ma camarade humaine envers le dit dragon d'acier.

    Même avec une si faible lueur de croyance. Même si ce n'était que pendant une seconde, un minuscule parcours du temps. J'y avais songé, j'y avais pensé, je l'avais même imaginé.

    Ils étaient amoureux l'un de l'autre.

    Et bien sûr, la chose que Gajeel avait faite pour bloquer les paroles de la Crevette, comme il le disait, était de l'embrasser. Mais ce n'était pas un baiser timide, loin de là cette idée. C'était un baiser sûr, courageux. Comme s'il n'avait pas peur de le faire, il l'aimait.

    Au début, Levy était perdue et perturbée. Mais petit à petit, elle prit conscience du présent et rougit instantanément. Mais elle ne le rejeta pas, au contraire ; elle approfondit leur baiser. A la vue de leur échange, j'étais très heureuse pour mon amie, et pour Gajeel également. Mais j'avais envie de sauter sur la jeune bleutée et de la torturer pour m'avoir caché les sentiments qu'elle éprouvait pour le grand brun de métal.

    Mais je me dis qu'elle n'était pas obligée de tout me raconter. Alors, à la fin de leur échange, mon envie de meurtre s'en alla comme elle était venue. Et les deux concernés se regardèrent droit dans le fin fond mystère de leurs yeux.

    Je t'aime, ma crevette.

    Ça, on l'avait tous deviné, il ne fallait pas faire comme dans les livres à l'eau de rose Pourquoi n'approfondissaient-ils pas leurs paroles ? Était-ce tout ce qu'ils avaient à dire ?

    Moi aussi mon petit dragon. Je t'aime vraiment.

    Ces phrases, il était vrai qu'ils étaient simples, mais pourtant... Les sentiments et l'émotion n'y manquaient pas. On pouvait parfaitement le ressentir. "Je t'aime" était une chose difficile à dire.

    L'émotion que je ressentais, je la compris. Gajeel devait sans doute ressentir la même chose. C'était comme si... On se sentait lâche. Lâche car nous aussi nous aimions une personne, mais nous n'avions pas le courage de le lui avouer. Lâche de penser qu'une autre le faisait si naturellement. Tout simplement lâche.

    Jamais je n'oserais avouer que j'aimais Natsu. Je devais me marier avec lui, alors je lui dirais lors de la cérémonie. C'était ce que ma tête me disait, mais mon cœur me soufflait de ne pas l'écouter. Je ne savais plus quoi faire.

    Mais tout cela fut le début d'un commencement. Ce qui se passa par la suite avait sans aucun doute, une fois de plus changé ma vie, ainsi que celle de Natsu, et de tous les autres.

    * * *

    Je ne savais pas combien de temps s'était écoulé. Les nouveaux aimants ainsi que Grey et Juvia, parlaient ensemble, en amoureux. Mirajane était avec sa sœur. Et les autres... Les autres je ne savais pas ce qu'ils faisaient. Wendy était encore rouge malgré le temps, et Happy mangeait du poisson. Natsu... Lui, songeait. Je ne savais pas ce qu'il pensait, mais j'aimerais le découvrir, transgresser la loi de l'esprit.

    Je me surpris moi-même à l'observer pendant un bon moment. Mes joues devinrent alors roses et je me giflai mentalement. Je ne devais pas continuer à le fixer ainsi, il me trouverait étrange.

    Tout le monde semblait heureux, je souriais à cette pensée. Je pensais que tout finirait par bien se terminer, mais... Il avait fallu que quelque chose ne gâche ce plaisir. Une chose... bien pire qu'une simple mort.

    On entendit des cris, des hurlements. Des enfants criaient et pleuraient dans le village tout proche de nous. Au début intriguée, je regardai en leur direction, mais je ne compris pas. Il n'y avait rien, ils pleuraient simplement. Les animaux présents hurlaient également. Ils étaient affolés, tous. Je ne compris pas jusqu'à ce qu'un garçon pointa le ciel du doigt. Intéressée, je levai la tête.

    Mes yeux s'écarquillèrent dû au choque, des gouttes de sueurs prenant place sur mon visage pâli. Je dus être assez forte pour ne pas m'évanouir. Mais c'était bien trop compliqué. D'innombrables frissons parcoururent mon léger corps. Mon cœur battait à tout rompre. J'avais peur, très peur. Je déglutis malgré moi.

    Un dragon, un simple dragon réussit à semer le chaos.

    Non, ce n'était pas qu'un simple dragon. On pouvait bien ressentir la grande quantité de magie noire qu'il possédait. C'en était pire que terrifiant. Je ne trouvais pas les mots, je n'y arrivais pas. Je pouvais simplement dire qu'il était terriblement grand. Non... Il l'était bien plus, encore plus que le premier dragon qui avait changé ma vie. Pourtant, l'autre était gigantesque. Mais ce dragon... Il devait atteindre bien plus que plusieurs de l'autre. Il était noir, bleu et gris. Impressionnant, mais pas dans le bon sens.

    Tous les autres avaient eu une même réaction que la mienne, ce qui me parut normale. Mis à part Natsu qui était un peu moins choqué et apeuré. Pourquoi ? L'avait-il prédit ? Je ne compris pas, mais tous les autres avaient peur, même les deux dragons. Ils devaient être bien moins puissants.

    Mais pourquoi est-ce que ce dragon débarquait-t-il ici ? Qu'avait-on, nous ?

    Acnologia.

    Je me retournai vers la voix qui avait prononcé ce mot que je ne comprenais pas. C'est-à-dire, Happy.

    Acnologia est l'être le plus puissant sur Terre. Après que Natsu ne soit devenu un démon malgré lui, il dut apprendre à bien manipuler sa magie. Pendant dix ans, dix ans d'entrainement, son but était de vaincre Acnologia puisqu'il ne pouvait plus redevenir humain. Acnologia est le dragon ici même, le dragon de l'apocalypse. Celui qui veut diriger ce monde.

    A présent, je compris, et je me souvins d'une chose. Ma mère m'avait une fois parlé de lui mais avait immédiatement changé de sujet, préférant parler de meilleurs choses. Je comprenais tout. Même pourquoi Natsu était si fort.

    Mais la vérité me fit un creux en moi. Il en voulait à Natsu. A Natsu, et seulement à Natsu.

    Devrais-je être soulagée ? Si c'était le cas, je serais un monstre sans cœur et rancune. Bien sûr que ce n'était pas ce que je pensais. Je voulais le protéger, le cacher. Mais je ne pouvais pas, j'étais bien trop inutile. Faible était le mot qui me qualifiait le mieux.

    Mes amis s'approchèrent du dragon avec crainte. Il assena un coup qui dut détruire la moitié du village et qui me projeta quelques mètres en arrière. Son aura était beaucoup trop puissante. Il avait dû tuer une grande quantité d'habitants !

    Mais mes partenaires, sauf Natsu, s'avancèrent vers lui. Et puis, ils commencèrent à se battre, ils se battaient, chacun leur tour, ou ensemble. Décrire ce que je vis m'étais impensable. Je déglutis, j'étais si inutile. Le dragon rugissait d'une telle rage. Redéployant ses ailes et ses griffes, il se dirigea vers eux, une lueur meurtrière parcourant ses yeux.

    * * *

    Levy, Lisanna et Juvia furent plus facilement mises à terre. Elles n'étaient pas mortes, juste inconscientes. Je me dirigeai vers elles et les mis en lieu sûr. Même si un lieu sûr était impensable en cette situation. Mais j'avais trouvé un endroit isolé où je les déposai. C'était une sorte de grotte assez grande pour y faire rentrer un bon nombre d'humains, mais assez petite pour le dragon ne les voie pas. Elle était à plusieurs mètres des autres. Une cachette parfaite. Je déposai quelques feuilles et branches pour cacher l'entrée. Ensuite, je retournai observer ce combat, et priai pour que rien ne puisse leur arriver de grave

    Heureusement, il n'y eut pas trop de massacre. Mais Wendy commençait à faiblir. Même elle était impuissante. Le maudit dragon la projeta loin derrière le combat. Je réussis à la rattraper de peu, et l'emmenai avec les autres, me rappelant de l'emplacement.

    Puis, petit à petit, je dus emmener chacun d'entre eux là-bas. Ils faiblissaient si vite, mais je les comprenais. Après Wendy, ce fut le tour de Mirajane, puis de Gajeel, suivi d'Erza. Même Titania n'y avait pas échappé.

    Il ne restait plus que Grey et Jellal. Happy étant à mes côtés, à m'aider. Jellal faiblissait, et venait d'être mis au tapis. Alors, Happy l'emmena en sûreté. Il ne restait plus que seulement Grey. Juste lui.

    Je venais d'apprendre qu'il était également un demon slayer surpuissant. Alors Natsu vivait avec ce genre de personne ? Mais il le savait, c'était certain. Ils étaient amis, et je le savais. Mais même Grey ne pouvait rien faire contre un si grand dragon... Il en faillit mourir mais Happy et moi le ramenionsèrent vers notre cachette à temps. Happy resta près d'eux tandis que moi, je retournai voir le dragon.

     La tignasse rose de mon compagnon s'y trouvait également. Il se battait avec le dragon, qui lui, était un peu plus affaibli que son arrivé dû aux batailles qu'il avait engagées précédemment. Natsu se déchainait, je ne l'avais jamais vu ainsi. Il était fou de rage. Pourquoi donc ? Je comprenais qu'il fallait le tuer, mais la façon dont il se battait... prouvait qu'il évoquait une haine bien plus lointaine envers ce dragon.

    Dragneel... Je t'ai déjà tué une fois, et je n'hésiterai pas à le refaire, maudit démon de Zeref !

    Ces paroles énervèrent de plus belle Natsu et le poussa à donner des coups bien plus puissants envers le dragon. Ils étaient si puissants que le dragon en question devait se débattre sérieusement.

    Alors c'était lui le dragon qui les avait tués, lui et ses parents ? Je comprenais sa haine, mais je ne savais pas comment l'aider. Les puissants coups qu'il donnait dégageaient une aura destructrice et créèrent du vent, telle une tempête.

    Mes vêtements étaient à moitié déchirés, couvrant le nécessaire. J'espérais que tout allait bien se passer pour lui, je le pensais sincèrement.

    Ils continuaient à se battre. J'étais la seule spectatrice, les habitants de ce lieu qui avaient été plus chanceux que les autres ayant préféré fuir. Fuir le danger. Et le danger était Acnologia.

    Natsu essayait en vain d'arriver à trouver le point faible de son adversaire, le sang coulant de ses blessures. Moi, je regardais, écarquillant les yeux, mon cœur me serrait. J'avais mal, très mal, j'avais si mal. Il était vrai que Natsu était très fort et qu'il avait été entrainé toute sa vie pour ce moment, mais j'avais tout de même mal. Je voulais avoir confiance en Natsu. J'avais confiance en lui. Mais cette confiance me disait de réagir, de ne pas rester ainsi à le regarder mourir.

    « Tu n'as qu'à libérer ton pouvoir, Heartfilia... »

    Mon pouvoir... Comme si j'en avais un. De temps en temps, une voix dans ma tête me parlait, comme si c'était une véritable personne. C'était étrange, je le savais. Mais cela me détendait réellement. Même si des fois, cette voix me disaient des choses invraisemblables.

    Mais j'eus le déclic. Un déclic qui m'avait valu du temps. Comment n'avais-je pas remarqué ? Étais-je à ce point idiote ? Sans doute, oui. Mais cette voix que je venais d'entendre, ce n'était pas ma conscience.

    C'était la voix de Zeref.

    « Lucy, tu peux aider Natsu. Tu dois simplement croire en ton pouvoir. Le pouvoir que les Heartfilia lèguent de génération en génération. Il devait un jour servir. Je veux parler de l'Aetherion. »

    Je ne comprenais pas. Je ne savais pas d'où venait sa voix. Mais je ne le vis nul part. Alors seul moi pouvait l'entendre. De la télépathie ? Apparemment.

    Mais que me disait-il ? L'Aetherion ? Ma mère m'avait toujours raconté que c'était la plus recherchée et la plus puissante forme de magie. Un grand pouvoir. Encore plus grand que celui de Zeref ou même d'Acnologia. Elle avait été conçue par une certaine Resha Valentine*, pour vaincre le néant. Alors ce serait ma famille qui la conserverait ? Je décidai de le croire, malgré les doutes encore présents.

    Il fallait que je crois en moi, que je croyais en moi... Chose que j'avais rarement faite. Mais tout avait un commencement, non ?

    Alors, je réunis tout le peu de courage que je possédais, et courus en direction de la gigantesque bête. Cette dernière ne remarqua pas ma présence, trop occupé à se battre avec Natsu. Oui, il fallait que j'intervienne, sinon ce combat ne se terminerait jamais.

    NATSUU !! m'écriai-je à m'en arracher la voix.

    Maintenant, le dragon s'intéressa quelque peu à moi, sûrement curieux. Natsu, lui, tourna sa tête vers moi. Il me regarda en écarquillant les yeux, surpris.

    J'avais oublié. J'étais à moitié dénudée et gravement blessée. En plus de ça, je fonçais vers la principale menace. Natsu cria, hurla, m'ordonna de m'arrêter. Mais je ne lui obéis pas. Il risquerait de mourir. Le dragon eut un malin plaisir là-dessus.

    Il prit l'occasion, et balança Natsu d'un coup de patte. Il l'envoya vers ma direction, sur moi. Le voyant arrivé, je m'arrêtai net. Je me mis comme en position de combat. Je m'apprêtais à l'arrêter. Je mis mes deux mains devant moi, et Natsu arriva.

    Il me fit reculer en arrière de quelques mètres, mais rien de bien grave. J'étais par terre, Natsu m'écrasant. L'élan était tout de même surprenante, il était normal que je n'eus pas réussi à le stopper correctement.

    Je me relevai légèrement, j'étais plus ou moins blessée de ce beau lancé. Ensuite, je pris Natsu par les épaules, il se réveillait de son choque. Je commençai à lui expliquer la situation. Je lui demandai si je pouvais l'aider. Il refusa automatiquement. Mais j'insistai. Je le regardai droit dans les yeux. J'étais sincère, je voulais vraiment l'aider. Mais il ne voulait pas, il me disait que je serais en danger.

    Fais-moi confiance Natsu, lui dis-je en le regardant droit dans les yeux. S'il te plait.

    Natsu était figé. Il ne parlait plus. Il se leva et échappa un soupir. Avais-je gagné ? Il était de dos à moi. Il retourna sa tête en ma direction et me sourit en me disant : « Alors allons-y. » Un grand sourire s'empara de moi, et j'acquiesçai. Je me releva et le rejoins en train de repartir.

    Le dragon semblait énervé et dérangé. Sûrement car ni Natsu, ni moi n'étions morts. Cela devait le mettre en colère de plus belle.

    Natsu se mit en position de combat, j'essayai de faire comme lui, sans trop m'imposer. Nous nous battions, enfin plutôt Nasu, pendant un certain temps. Natsu devait souvent me sauver et j'étais plus un poids qu'une aide. Je ne savais pas comment l'aider. Mais j'essayais du mieux que je pouvais en repensant aux paroles de Zeref. Croire en mon pouvoir, croire en mon pouvoir. D'accord, mais comment ? Je me concentrai du mieux que je pouvais mais je n'y arrivais pas, je ne savais pas comment m'y prendre.

    D'un coup d'ailes, sans que je ne m'aperçoive, le dragon m'envoya valser vers les terres détruites au loin. Natsu hurla mon nom. J'étais gravement blessée. J'avais mal. Je n'arrivais pas à me relever. Je n'en pouvais plus. Je pensais que s'en était fini avec moi. J'essayai d'ouvrir les yeux, avec tous les efforts possibles qu'il me restait. Et je vis Natsu se battre, il se battait de toutes ses forces et de toute son énergie. Il se battait en y croyant. Il ne croyait pas en la défaite, et c'était pour cela qu'il était encore en train de se battre. Ses attaques de feu, ses poings, ses coups, ses sorts... Il se battait avec son âme. Mais il ne se battait pas pour lui, pas seulement pour venger ses parents et lui-même. Car en y réfléchissant, tout était de la faute de ce dragon. Toute cette histoire était de sa faute. Le monde serait totalement différent s'il n'avait pas tué Natsu et ses parents. Complètement différent. Je n'aurais jamais rencontré aucun d'entre eux. Peut-être même que ma mère serait encore vivante. Beaucoup de chose aurait changé. Non, elles avaient changé. Et tout ça à cause de ce dragon. Natsu se battait pour ça. Il se battait pour venger chacun d'entre nous. Il n'avait jamais pensé qu'à lui. Il pensait au bien de tous ses amis. Il pense au bien de toute l'humanité. De tous les êtres vivants. Et c'est pour cela qu'il était fort. Même ce dragon ne pouvait rien contre lui. Mais le vaincre prendrait l'éternité tout entier.

    Je surpris même Natsu à regarder en ma direction. Lorsqu'il vit que j'allais bien, il soupira. Il soupira, oui. Mais... Mon cœur s'apaisa. Ce n'était pas un soupir de dégout, de peur, de haine, d'agacement, ou de regret. Non, c'était un soupir de soulagement. Il était soulagé que j'aille bien. Je souris malgré la situation.

    J'essayai de me relever. Je me relevai. Une force m'y poussa. Je sentis comme une once s'attirer vers moi. Comme une puissante force. Comme si j'étais devenue plus forte. Je ne comprenais pas. Mais je décidai d'écouter cette force. Quelque chose qui s'était emparé de mon âme. Je m'avançai sans trop m'en rendre compte, vers le combat acharné. C'était presque comme si j'étais manipulée, mais j'étais plus ou moins consciente. Lorsque Natsu me vit, il me criait de m'en aller, mais mon corps ne l'écoutait pas. Je continuais de m'avancer, les yeux regardant le vide, mon visage sans expression. J'avais fait le vide. Je respirai légèrement et soufflai comme si je m'apprêtais à faire quelque chose. Je ne savais pas quoi mais je le sentais. Pourtant, la vie n'était pas un conte de fée et ne le sera jamais, c'était ce que je me répétais sans cesse.

    Natsu se décala du dragon pour venir vers moi, me demandant ce que j'avais ou si j'allais bien. Je voulais lui répondre, mais je ne pouvais pas, je n'y arrivais pas. Je ne savais pas pourquoi. D'une main, je le décalai délicatement, sans trop le brutaliser, derrière moi. Il ne comprit pas mais, étrangement, il se laissa faire. Je m'avançai légèrement plus vers le dragon. Celui-ci me regarda et pouffa, se moquant de moi. Il me lança un hurlement. Je voulais courir, fuir, emporter Natsu avec moi au loin, mais rien. Je ne bougeai pas et mis simplement ma main devant moi, les yeux toujours brouillés et le visage divagant. Devenais-je folle ?

    Mais ce qui se passa par la suite me choqua moi, Natsu et le dragon. J'avais transpercé et arrêté son hurlement d'une main sans même le moindre effort, l'air toujours blasé. Il réessaya alors, toutes les attaques dont il était capable mais rien. Je les avais toutes arrêtées. Il s'énerva de plus belle, et décida de se battre au corps à corps. Mais malheureusement pour lui, je le repoussai d'un coup de bras, une grande quantité de magie m'échappant. Il se fit projeter plusieurs mètres en arrière.

     Je ne comprenais pas moi-même ce qui m'arrivait. Mais ma conscience me souffla que j'avais réussi. Réussi ? Mais réussi quoi ? Puis, je compris. Zeref m'avait dit de croire en moi, croire en mon pouvoir. Et c'était ce que je faisais. Je croyais en moi. Alors c'était ça, l'Aetherion. C'était bien plus monstrueux que ce que je n'imaginais. Était-ce moi le monstre en ce moment ? Sûrement. Pour une fois, je ne m'effrayais pas alors que j'étais tout ce qu'il y avait de plus anormale. J'avais de la magie.

    Acnologia revint et commença à m'affronter. Mais il ne pouvait rien contre l'Aetherion. Il fallait que je lance une attaque finale qui pourrait arrêter ce massacre. Mais quoi ? Je cherchai sans réponse et me résignai à lancer n'importe quelle attaque. Bien sûr, il ne fallait pas qu'il y ait trop de magie. L'Aetherion pourrait causer une explosion qui détruirait la Terre. On me l'avait appris.

    Acnologia lança une attaque, sûrement l'une de ses plus puissantes. J'allais la contrer, lorsque je me rendis compte que ce n'était pas moi qu'il visait mais la personne proche de moi. Il visait Natsu. Lui, n'ayant pas calculé cette attaque, se fit toucher er s'écroula au sol. Il était terriblement blessé et ne pouvait plus bouger. J'hurlai son nom, il ne me répondit pas, il ne disait plus rien. Sa respiration se faisait de moins en moins forte. Il faiblissait.

    Je me retournai vers le dragon, la rage montant en moi. Mon visage le montrait bien. Il avait commis une grande erreur. Je joignis mes mains et préparai une puissante attaque, mais pas trop pour ne pas anéantir la vie des autres. J'étais bien trop énervée contre lui, mais il restait tout de même de la raison en moi. Cette attaque était puissante et avait une quantité de magie assez pour le tuer.

    Je la lui lançai. Malgré ses efforts et ses débats, il n'était rien contre l'Aetherion. Il essayait pourtant de se débattre, mais il y avait beaucoup trop de haine dans ce sort. Personne ne pourrait y résister. Je l'avais tué. Il était enfin mort. Il était à terre, il n'y avait plus aucune vie en lui. Et puis... Petit à petit, son corps et son âme s'en allèrent et il disparut étrangement. Mais je savais qu'il était mort, il ne reviendra pas. Il ne reviendra plus jamais. J'avais chassé le cauchemar de Natsu. J'avais chassé le cauchemar de tout être vivant sur cette planète. Je l'avais tué. Même si cela me surprenait moi-même. J'étais essoufflée, j'essayais de reprendre ma respiration saccagée par l'effort et la quantité de magie utilisée.

    Je me retournai vers Natsu brusquement. Je courus à ses côtés, m'asseyant près de lui. Je le regardai, une mine de désespoir couvrant mon visage.

    Natsu ! NATSU !

    Je respirais saccagement, ce qui m'obligea à faire une pause mais je m'en moquais.

    – S'il te plait, ouvre les yeux ! Parle moi ! Natsu...

    Je mis ma tête du côté de mon oreille droit sur sa poitrine. Non. Non, je ne pouvais pas le croire, je ne le pouvais pas ! Son cœur... Il ne battait plus. Rien, il n'y avait rien. Juste un corps mort. Je ne pus empêcher mes larmes. C'en était trop, je ne pouvais plus les cacher. « Natsu ! Réveille toi, je t'en pris... Je t'aime trop pour te laisser mourir... ! » Cette phrase, j'aurais tant aimé la lui dire mais je n'y arrivais pas. Je ne pouvais plus parler. J'aimerais tant faire quelque chose pour le sauver, c'était ce que je souhaitais le plus en cet instant. Le voir revivre avec toute sa joie de vivre. Je ne pouvais pas supporter de le voir ainsi. Quel serait l'intérêt de vivre s'il mourrait ? Non, non. Je ne pouvais pas le laisser mourir, j'en mourrais aussi. Il fallait que je fasse quelque chose, mais qu'est-ce que je pouvais bien faire ? Ma magie n'était pas faite pour faire revenir un mort à la vie.

    Embrasse-le.

    Comment ça, l'embrasser ? Qu'est-ce que ça pourrait bien changer ? Nous n'étions pas dans un conte fée, mais... Cette voix. Encore une autre. Tout à l'heure, c'était Zeref, mais maintenant, il s'agissait de Mavis. Que faisait-elle ici ? Je relevai la tête et je vis une image d'elle, accompagnée de Zeref. Ils souriaient. Je les regardais, surprise. J'étais comme stupéfaite. Je retournai mon attention sur Natsu.

    Alors je devais vraiment l'embrasser ? Après tout, qu'est-ce que je pouvais y perdre ? Rien du tout, pas à ce que je sache, mais peut-être y gagnerais-je quelque chose. Mavis ne dirait jamais une chose dans le vent.

    Je me rapprochai petit à petit de son visage endormi par la mort. De l'espoir s'emparait de moi. Je déposai délicatement mes lèvres sur les siennes tout en pleurant. Mes larmes se versèrent sur son visage égratigné. Je pleurais en l'embrassant tout en fermant les yeux. Je ne voulais pas le perdre. Il était la personne en qui je tenais le plus en ce monde. Je ne pouvais pas le perdre.

    * * *

    Je commençais à perdre espoir et à être en manque de souffle. Je me retirai délicatement de ses lèvres toujours en pleurant et les yeux fermés. Les larmes se versaient encore sur lui. Alors que je me retirai de lui, je sentis une main essuyer mes larmes, les balançant sur le côté. Lorsque j'ouvris les yeux. Mon cœur ne fit qu'un bon. Natsu balayait mes larmes sur mon visage, délicatement. Une once de vie s'accumula en moi. Ses yeux étaient entrouverts. Il respirait de plus en plus, son cœur battant également de plus en plus. Je souris, ouvrant en grand ma bouche. J'étais tellement heureuse. Je me rabaissai à son niveau, l'appelant par son nom et lui demandant s'il allait bien. Mon inquiétude dura quelques instants, le temps qu'il reprenne conscience. Lorsqu'il ouvrit la bouche, je crus qu'il me dirait qu'il allait bien, mais ce ne fut pas du tout cela. Je lui pris la main.

    Je t'aime... Lucy.

    Je m'arrêtai aussitôt. Qu'avait-il dit ? Lorsque je regardai son visage, ses yeux étaient ouverts, et il me regardait droit dans les yeux, l'air sérieux et remplit de sincérité. Trois mots... Non, quatre mots. Pourquoi avait-il dit ça d'un coup ? Pourquoi ? Je me le demandais, mais... J'étais heureuse. Je savais qu'il ne me mentait pas. C'était beaucoup trop sincère. Mon cœur battait de plus en plus vite et de plus en plus fort en ma poitrine. J'étais certaine qu'il pouvait l'entendre. Mon visage devint plus rouge que la normale, et je me mis à sourire. J'avais peut-être toujours attendu cet instant ? J'étais tout simplement heureuse. Les perles de larmes encore présentes sur mon visage volèrent tout autour de moi. Je l'aimais vraiment. Mes sentiments étaient partagés. C'était réciproque.

    Une lumière illumina et entoura le corps de Natsu, sans que je ne m'y attende. La lumière était éblouissante, je n'arrivais pas vraiment à bien la voir. Je dus plisser mes yeux. Je voulais voir ce qu'il se passait, prête à protéger Natsu s'il s'agissait d'une menace, mais seulement, de la lumière m'éblouissait. Que lui arrivait-il ?

    Petit à petit, la lumière disparut. Elle s'en alla. Qu'était donc cette lumière ? Je rouvris en grand mes yeux, les dirigeant vers le seul homme des alentours. Mais dès que le vis, je m'aperçus immédiatement que quelque chose en lui avait changé. Non, il avait changé, lui ! Ses cornes, ses marques sur son corps, ses ailes... tout. Tout avait disparu. Toute trace démoniaque en lui n'était plus. Il ne ressemblait qu'à un simple humain. Un simple humain inoffensif mais doté d'un grand cœur. Je ressentais tout de même un grande puissance magique en lui. Je ne comprenais pas. Ses yeux étaient de nouveau fermés, et il était endormi. On aurait dit un petit enfant, il était mignon. Mais cela ne m'expliquait pas son état actuel.

    Il est redevenu humain. Le simple baiser d'une princesse au cœur délaissé par la haine, la joie, a su le détruire. Mais un simple baiser ne pourrait pas faire de miracle. Il y avait de l'amour. Il y en avait suffisamment pour rompre la malédiction. A présent, il n'y a plus ni monstre ni démon en cette terre. Acnologia et la menace ont toutes deux disparu. Merci. Lucy.

    C'était la voix de Mavis. Elle revenait me montrer la voix, m'indiquer. Et ces paroles m'avaient soulagée. Mon cœur était définitivement en paix. Mes joues prirent une teinte plus rose et je souris. Les menaces avaient quitté ce monde. La vie était de retour après ces longues années. Et Natsu. Natsu était redevenu humain. Tout s'expliquait. J'avais rompu son sort avec le baiser de tout à l'heure. Un baiser pouvait finalement tout changer ? Visiblement.

    Je retournai au près de celui que j'aimais. Il mit du temps à se réveiller. Mais une fois debout, je lui expliquai tout ce qui s'était passé. Tout ce qu'il avait raté. A la fin de mon récit, il me sourit. Ce qui me fit légèrement rougir et qui me donna envie de sourire de plus belle. Il pouvait me rendre tellement heureuse, ce n'était pas mon cœur qui me disait le contraire, à l'entendre battre.

    De longues minutes passèrent sans que personne ne touche un seul mot. Nous étions assis au sol dure qui reprenait de ses couleurs peu à peu. Le vent caressant notre peau, faisant voler nos cheveux. J'avais fermé les yeux, tandis que Natsu observait l'horizon dans un sourire. Nous étions si bien. Personne ne pouvait nous enlever ce moment. Je pensais que même un autre dragon ne pouvait rien y faire. J'avais détruis la peur de Natsu et des autres.

    Mais je me souvins d'une chose. Une chose qui affola mon frêle cœur. Je regardai mon partenaire. Je l'observais. Je n'étais pas vraiment très courageuse, mais pouvais-je faire une exception seulement pour cette fois ? Je m'approchai petit à petit du visage de mon ami. Arrivée toute proche, j'embrassai sa douce joue à présent humaine. Il se retourna immédiatement vers moi, le visage déstabilisé et les joues rougies. Il était adorable. Mais nos visages étaient très proches l'un de l'autre après qu'il se soit tourné vers moi. Je ne réfléchis pas une seconde, que je plaquai mes lèvres contre les siennes, une force m'ordonnant de le faire. Il ne comprit pas au début mais s'y laissa, abandonnant toute réflexion.

    Le baiser devenait de plus en plus passionné. Ce n'était plus qu'un simple baiser, mais plus. Un baiser beaucoup trop passionné pour de simples amoureux. Il allait peut-être un peu trop loin, mais je m'en moquais. Je l'aimais, et le reste passait en dernier. Mais le manque d'air se fit proche et nous dûmes arrêter à contre cœur.

    Je le regardai droit dans les yeux, l'air sérieux et envieux. Je devais y mettre toute ma sincérité dans ces paroles, dans mon regard. Même si je venais de le lui prouver juste avant, je me devais d'être sincère.

    Moi aussi Natsu.

     Il ne semblait pas comprendre, alors je poursuivis.

    – Je t'aime aussi ! dis-je en souriant et m'exclamant joyeusement.

    Il déglutit et rougit comme il ne l'avait jamais fait. Il cherchait à éviter mon regard, mais dut s'y résoudre. Il finit pas soupirer et me regarda en souriant. Il devait sûrement se rappeler de sa déclaration. Son sourire était si attachant. Je compris que les quelques mots lors d'une déclaration n'étaient pas déplaisants, au contraire. Il fallait simplement qu'il y ait des sentiments. Des sentiments débordants. L'amour.

    Il prit ma main, et nous restions ainsi pendant un très long moment. Tous deux, assis au sol, main dans la main, scrutant le paysage qui s'offrait à nous. Mais je me moquais du temps ou de l'endroit. Tant que j'étais avec lui, tout me semblait joyeux. Même la mort. C'était cela, l'amour.

    Je n'avais pourtant jamais cru aux contes de fée. Mais pourtant, l'un d'entre eux était sur le point de s'achever. Mais cet achèvement était également le commencement d'un nouveau conte. Une nouvelle vie.

    Au loin, dans le temps basculé, nous pouvions voir deux personnes. Le temps et l'air ne nous disaient plus rien. L'amour était partout. Ils paraissaient proches, mais étaient si loin. C'était sûrement une vision d'un autre lieu. Ou eux même venus ici pour nous aider, nous indiquer la porte du futur. Les étoiles étaient magnifiques en cet instant. Ces deux-là étaient l'une d'entre elles. Au début, ils n'étaient que deux étoiles côte à côte. Paraissant très proche l'une de l'autre, mais si nous nous avancions vers eux, approfondissions leur histoire, nous pûmes voir que ce n'était qu'une allusion, et qu'ils étaient en fait beaucoup trop éloignés l'un de l'autre. Mais maintenant, cela avait changé. Il ne formait plus qu'une seule et même étoile scintillante de mille feux. Elle était la plus brillante du ciel bleu nuit du soir. Jamais je n'avais pu voir plus beau ciel en ce jour. La plus belle nuit étoilée. Des étoiles filantes essayant de les séparer, mais, n'y arrivant pas, s'écrasèrent durement au sol lointain. Si loin que nous ne pouvions ni les voir, ni les entendre. Leur existence n'avait plus aucun rapport avec nous. Nous étions séparés sans même avoir pu nous rencontrer. Nous nous étions simplement vu. Mais une émotion malsaine menait souvent à une séparation.

    Les deux êtres étaient une fille et un homme. Non, une fée et un mage. Deux éternels humains. Mavis et Zeref. Ils étaient différents de la dernière fois que je les avais vu. Ils se tenaient la main, et leur visage montrait une expression de sérénité. Ils s'aimaient. Comme Natsu et moi.

    * * * *

    Je soupirai, repensant au passé, même si cela ne faisait qu'un seul mois. Le monde revint à la normale, la paix y régnant. Une célébration en mon honneur avait été faite ainsi que pour Natsu et tous les autres. Je soupirai. Un mince sourire se traça sur mon visage finement maquillé. Depuis quand étais-je devenue aussi nostalgique ? Mais rien qu'en pensant à tout cela, je soupirais. Le vent aujourd'hui était plutôt doux et agréable. Je plongeai au cœur de cette brise. Je voulais me libérer, de nouveau soupirer, mais bien plus fort. Je serrai ma longue robe blanche à rubans de mes mains fermes et timides, et tortillai mes cheveux qui venaient d'être coiffés et attachés en une jolie coiffure, couverts par un voile transparant. Je stressais, mon cœur devenu haletant.

    Avais-je fait le bon choix ?

    Après tout ce qui s'était passé, seule cette question me tracassait. J'avais pourtant le choix. Mais ma décision était ferme et sûre. Doucement, j'entendis des coups de cloche. Je marchai vers un lieu que je sentis bon, une petite fille tenant l'arrière de ma longue robe, et deux autres plus grandes jetant des fleurs à chaque pas que je faisais derrière moi. Ma tête étant baissée, je la relevai. Je vis un garçon bien habillé d'un costume blanc, avec d'étranges cheveux roses. Il était magnifique. Je m'approchai délicatement de lui, son sourire ne quittant pas une seconde son visage. Ce simple sourire m'apaisa. Comment avais-je pu douter ?

    J'avais fait le bon choix.

    A l'allure d'un jour, quatre jeunes filles avaient réalisé leurs rêves, accompagnées de quatre braves hommes. Leur compagnon. Celui qui resterait avec elles toute leur vie. Quatre mariages, dont l'un était éternel. Une vie éternelle égalait un amour éternel. Jellal et Erza, Gajeel et Levy, Zeref et Mavis, ainsi que Natsu et moi. Nous vivrons notre amour éternellement. Jusqu'à la mort. Je l'avais juré.

    Le bouquet. Celui qu'Erza avait lancé, c'était Mirajane qui l'avait rattrapé. Celui de Levy, c'était Lisanna qui l'avait eu. Celui que Mavis avait jeté, c'était Juvia qui l'avait reçu. Celle-ci s'évanouit en répétant qu'elle allait se remarier avec son "Grey d'amour" justement dans ses bras. Et puis, moi, mon bouquet. Celui que j'avais lancé avec toute ma volonté et ma joie, c'étaient Happy et Wendy qui l'avaient rattrapé. En même temps, sans le vouloir. Puisqu'Happy était dans les bras de la jeune fille, ce n'était pas très choquant. Wendy devint alors aussi rouge qu'une tomate bien mûre, pensant à son Roméo, pour sûr. Happy disant qu'il allait bientôt trouver une belle chatte Exceed blanche pour vivre une belle histoire d'amour, sautillait de partout. Le début d'une histoire allait commencer. Mais le début de la mienne s'arrêtait là.

    La vie n'était pas un conte de fée. Ça, il était clair que ce n'était que la pure vérité. Mais pourtant, pour moi, elle l'était vraiment. Je n'y avais jamais cru, mais pourtant, c'était vrai. Ma vie était un véritable conte de fée.

    ~~~~

    OS 4 : Life is not a Fairy Tale [Concours de Lolei]OS 4 : Life is not a Fairy Tale [Concours de Lolei]

     ~

    Hey hey, cet OS est finish ! J'ai bien cru ne jamais pouvoir le terminer. Bon, j'avoue qu'au d'un moment, ça part un peu en steak, mais bon 8D C'est le plus long que je n'ai jamais fait à ce jour x) [Même s'il peut-être court pour certaines personnes]

    Il a été fait pour le Concours de ◊ Lolei

    J'espère qu'il t'a plu, et que tu ne t'es pas trop ennuyée à le lire xD Il y avait du Natsu x Lucy, du Jellal x Erza, du Gajeel x Levy, du Zeref x Mavis, un peu de Roméo x Wendy et du Grey x Juvia qui étaient déjà ensemble. (Il y a également eu une allusion Happy x Sharuru à la fin xD). Il est vrai que je me répète beaucoup dans cet OS, mais c'est souvent fait exprès.

    A un moment, j'ai mis une petite étoile (*). Sur Resha Valentine. C'était pas pour faire jolie, hein. C'était juste pour dire qu'elle était celle qui possédait l'Aetherion dans Rave Master. Je n'ai pas inventé le nom.

    Voilà, je n'ai plus à dire je crois.

    [PS: Les images ne viennent pas de moi. Si je retrouve les auteurs, je rajouterai les liens. Mais ceux-ci peuvent se manifester également. Je me suis également inspirée d'une histoire dont je ne me souviens plus de titre pour cet One-Shot. Mais la ressemblance est loin. Seule peut-être l'histoire de la princesse et du monstre qui finissent ensemble est plus ou moins similaire. Par contre, le reste est de moi.]

    [Cet One-Shot a été relu et corrigé. Mais il peut encore y avoir des fautes et les phrases sont formulés d'une façon que je peux qualifier "d'ancienne".]


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  • > Spoilers <

    O.S 5 :

     

    L'air, aujourd'hui, était doux. Il était étrangement doux, relaxant. A son habitude, dans un tel moment, il pouvait être violent. Violent, comme une haine qui se déchainait, voulant blesser un maximum. Violent, comme une triste vérité qui était venue à nous comme une flèche transperçant notre cœur, notre âme tout entière. Notre croyance s'en allant, comme si elle n'avait jamais existé. Un endroit où nous pourrions nous sentir libre, joyeux. Un endroit où nous pourrions rester seul, juste avec soi. Là où nous serions même capable de voler. Voler vers un futur lointain, prochain. Voler vers une liberté n'existant que dans nos cœurs. Une infinie liberté. La liberté, pour moi, était infinie, mais seulement si nous y croyions. Si nous y croyions, le destin pourrait sans un doute se modifier. Seulement, fallait-il se bouger. C'était à nous de faire bouger les choses. C'était à nous de changer le destin. Mais était-ce une bonne chose, de modifier le destin, le cours du temps ? Le monde changerait entièrement, quelle que soit la personne.

    Je me sentais m'évaporer, avec l'air, le vent. Un souffle pourrait m'emporter loin, très loin. Le plus loin possible de cet endroit. Un lieu où personne ne pouvait accéder. Un lieu où je serais en sécurité. Personne ne pourrait plus jamais me voir, m'entendre, m'écouter, me parler. Je ne m'amuserais plus avec personne. Non. Je m'amuserais de là où je serais, tout en gardant en mémoire mes souvenirs, douloureux, joyeux. Peu importait. Le peu de personnes que je connaissais m'oublieraient. Je disparaitrais de leurs souvenirs. Je m'effacerais, petit à petit, comme si je n'avais jamais existé. Mais avais-je un jour réellement existé ?

     Mon cœur commença à battre plus rapidement, tellement rapidement que ça me faisait mal, très mal. J'avais mal, mal au cœur. J'étais brisée, perdue, évacuée. J'avais horriblement mal. Malheureusement, je ne serais pas capable d'enlever, arracher cette douleur. C'était éternellement impossible. Jamais, plus jamais je ne ressentirai de joie, plus rien. Je ne ressentais rien, et pourtant... Pourtant, les battements au niveau de ma poitrine prouvaient le contraire. On aurait pu croire un séisme, un tremblement de terre. Il battait si vite. Je ne pouvais plus l'arrêter. Je ne l'arrêterai plus. Plus jamais. Mon cœur m'était indispensable, les battements devaient également l'être. Je souffrirai donc. Je continuerai de souffrir, pour prouver que j'étais bien en vie. Mon cœur et la souffrance me prouvaient que j'étais en vie. J'étais bien en vie. Mon cœur me le prouvait. Avoir mal, de l'intérieur ou de l'extérieur me le prouvait.

    Je n'avais pourtant pas de cœur.

    J'avais oublié. Quelle pauvre idiote j'étais. J'étais bien trop naïve. Naïve de penser que j'étais comme les autres. Je n'étais pas comme les autres, loin de là. Je n'étais qu'une petite imbécile qui ne réussira à rien dans sa misérable vie qu'elle ne pouvait même pas qualifier comme telle. Je ne vivais pas. Je ne vivais plus. Mon cœur avait arrêté de battre, alors pourquoi ressentais-je cette sensation au niveau de ma poitrine. Qu'était-ce ? Je ne saurais le dire. Mon cerveau ne fonctionnait plus, les mécanismes avaient lâché depuis bien longtemps. Pourtant, je réfléchissais encore. J'étais capable de penser, d'imaginer, de réfléchir. Tous mes autres organes fonctionnaient également. Mais si nous regardions bien ou approfondissions ce point de vue, mes organes ne fonctionnaient pas de la même manière qu'avant. C'était différent, comme la sensation que j'éprouvais en ce moment. En réalité, ils ne fonctionnaient plus. Je n'en avais même plus. Ce n'était qu'une simple illusion. Oui, tout ça n'était qu'illusion.

    Je n'étais qu'une illusion.

    Je n'avais jamais existé. Même avant, je n'existais pas. Mon horrible vie ne devait qu'être une bonne blague. Comment avais-je pu naitre ? Je n'étais qu'une pauvre fille de maître de guilde, un horrible maitre de guilde. Non, une horrible guilde. Aucun d'entre eux n'était aimable, et encore moins le maître. Ils maltraitaient les autres, c'était un petit peu mon point de vue, mais mon père avait toujours été très gentil envers moi, je l'adorais. Tous les mages également l'étaient. Ils étaient également forts et fiers, un peu trop même, que ça en devenait très énervant et pathétique. Mais dans toutes ces personnes, il y avait une fille. Une fille qui avait mon âge. Elle devait me ressembler, sans doute. Ses parents étaient mages de la guilde, mais étaient morts dans une mission. Malheureusement pour elle, ils avaient des dettes, beaucoup de dettes. Et cette fille dut travailler pour la guilde pour tout rembourser.

    Mais elle était maltraitée. Elle avait beau un foyer où dormir, j'étais certaine qu'elle n'était pas heureuse. Le foyer que mon père lui avait attribué n'était qu'une misérable étable, où d'étranges animaux y vivaient. Tout était sal, cette fille l'était également. A la guilde, beaucoup de personnes la frappaient, la battaient, se moquaient d'elle. Elle paraissait stupide et insignifiante. Personne, d'après mes souvenirs, n'était aimable envers elle. Les gens vomissaient en parlant de cet insecte. Ils étaient tous horribles avec cette fille.

    Même moi.

    Je n'en étais pas fière, pas du tout. Cette fille voulait simplement être gentille avec moi, mais je ne l'avais que rejetée. Je n'étais qu'une pauvre peste, fille de bourgeoise, même si mon père ne frôlaient pas la fortune, étant maître de guilde. Mais cette petite fille aux cheveux si courts, j'avais été désagréable avec elle, bien pire que détestable. Je me moquais d'elle, et lorsque j'en avais l'occasion, je la frappais. Pour moi, elle était répugnante, insignifiante. Elle n'était qu'un misérable insecte pauvre et malsain. Mais ce que je ne savais pas, c'était que tous les défauts me revenaient, à moi et seulement à moi. J'allais à l'école, j'étais sans doute la meilleure, mais je m'en vantais. J'étais prétentieuse.

    Mais malgré tous ces défauts, cette fille n'avait jamais été désagréable envers moi, alors que je le méritais amplement. Mais elle ne m'avait jamais insultée, elle m'avait toujours souri. Mais ce n'était pas ces sourires donnés, gratuits, pour le plaisir, qu'on offrait lorsque l'on s'ennuyait, ou ces faux sourires, qui cachaient en fait un fond détestable. Non, tous ces sourires, tous étaient sincères. Elle en faisait très souvent, tout le temps même. Elle souriait tout le temps, lorsqu'elle n'était pas effrayée. La frayeur était également quelque chose qui n'était pas rare pour elle, mais son sourire l'était encore moins. Je ne savais pas si elle avait déjà été en colère, je ne l'avais jamais su durant l'enfance. Mais dans tous les cas, j'étais sûre et certaine d'une chose.

    Étant enfant, elle n'avait jamais pleuré. Je ne l'avais jamais vu faire preuve de ce genre de faiblesse dans tous les cas.

    C'était une fille forte, très forte. Comment quelqu'un pouvait-il retenir ses larmes ? Il fallait être bien plus que fort pour cela. Cette fille n'était sans doute pas humaine, ou bien était-elle spéciale. Je ne pensais pas, mais les miracles avaient toujours existé. Un simple miracle changerait mon monde, son monde, notre monde. Notre monde était en commun, elle et moi étions sûrement marquées par le destin. Malheureusement, je ne croyais pas au destin. Je ne croyais pas en cette fille. Je ne voulais pas l'aimer. Je voulais rester dans ma guilde, rester telle que j'étais. Je ne voulais que rien ne change pour moi. Que cette fille qui avait toujours souri au lieu de pleurer, restait ce qu'elle était et ne me dérangeait jamais. C'était ce que je voulais. Je le souhaitais.

    Bien sûr, mon souhait n'avait pas été exaucé.

    Je n'avais que six ans. Six misérables années pour moi, et la vie devant. C'était pourtant un jour comme les autres. Parfaitement comme les autres. Alors pourquoi avait-il fallu que Blue Skull, attaque Red Lizard ? Pourquoi avait-il fallu, en ce jour si banal, qu'une guilde puissante attaque la notre ? Pourquoi ? Je n'en savais rien. Je ne le savais pas. Moi, j'étais tout simplement dans la bataille, emportée par les mages qui se battaient. Je ne savais pas pratiquer la magie. Tout le monde se battait, et moi, je ne servais à rien. Peut-être était-ce moi l'insecte, après tout ? Je ne servais à rien, je ne faisais que gêner. J'avais toujours été une gêne.

    Les restes de la guilde détruite m'écrasaient. Les ruines m'étouffaient. J'allais mourir, c'était inévitable. Mais quand est-ce que je mourrai ? C'était cela, ma question. Allais-je mourir immédiatement, ou encore dans quelques minutes ? Je ne le savais pas. J'avais peur, peur de ma mort, mais je l'attendais. J'attendais ma mort. Je voulais mourir, et arrêter de souffrir encore plus. Ce spectacle devant moi me faisait souffrir. Mais malheureusement, ou heureusement, tout cela n'arriva pas. Une lumière m'avait sauvée. Non. Une fée m'avait sauvée. La fille que je méprisais m'avait sauvée.

    Après tout ce que je lui avais fait, elle était venue vers moi, criant mon nom, me prenant par la main et courant au loin. Je ne la comprenais définitivement pas. Mais j'avais commencé à l'apprécier. Je lui avais pourtant dit que je voulais rester ici et mourir, car tout ce que j'aimais était là. Mon père, la guilde, mes beaux vêtements... J'avais tout perdu, mais je n'étais qu'une égoïste de penser cela. C'était alors que cette petite fille, qui avait pourtant mon âge, m'avait dit que tout ce qu'elle avait, ses vêtements, ses souvenirs, ses parents décédés, tout... Elle gardait toutes ces choses dans son cœur.

    Et puis, je lui avais proposé une chose. Une chose que je n'aurais jamais cru dire. Si elle me l'avait dit elle, je pense que ça ne m'aurait pas surprise, mais peut-être fait plaisir. Je lui avais proposé de devenir amies. Ou plutôt, je lui avais dit qu'après toutes ses choses, on aurait bien pu devenir amies. Et elle avait accepté, en souriant. Malgré tout ce que je lui avais fait, elle avait accepté le fait que l'on pouvait devenir amie, et elle l'avait affirmé qu'on l'était actuellement par la suite. Ce qu'elle avait dit m'avait fait plaisir. Oui, nous étions amie. Nous courrions loin, très loin de ce lieu où plus aucune vie n'était présente.

    Mais nous avions tellement couru, et j'étais tellement fatiguée que je m'étais laissée tomber. Je m'étais écroulée au sol dur et chaud. Chaud, dû aux flammes de l'incendie qui brûlait la guilde et tout ce qu'il y restait. J'avais froid, mais la présence de cette fille m'avait réchauffée. Elle me tenait chaud. J'allais mourir, c'était certain. Je sentais mon cœur s'arrêter petit à petit, je n'arrivais plus à respirer. Ma tête me faisait mal, vraiment très mal. Je souffrais, et alors que j'étais à peine devenue l'amie de cette fille, j'allais mourir. Mourir dans les bras d'un ami n'était pas vraiment très courageux. Mais je n'arrivais plus à être forte. Mon corps m'avait lâchée, et les miracles n'existaient pas.

    C'était la première fois que je l'avais vue pleurer. Elle avait pleuré, sans doute pour la première fois de sa vie, à cause de moi. Je me souvenais qu'elle avait beaucoup pleuré. Vraiment, beaucoup. Parce que j'étais morte. Mais l'étais-je réellement ? Je ne savais par quel moyen, mais elle m'avait sauvée. Cette fille miraculeuse m'avait sauvée, et je ne savais toujours pas comment. Non, c'était faux, je ne voulais plus mentir, je ne savais que trop comment avait-elle fait. Mais cela me rendait triste. Ça la rendrait triste, alors, je pensais que jamais je ne lui dirais.

    Mais le destin en avait voulu autrement.

    Sept ans étaient passés. Cela faisait sept ans. Sept ans que nous vivions seules sur cette île, sur l'île Tenro. Nous étions les seules survivantes. Nous arrivions très bien à survivre ensemble, et nous étions devenues de très grandes amies. Nous aimions bien la tranquillité de l'île. C'était si paisible. L'air était toujours frais. Nous étions toujours ensemble, même dans les pires moments. Nous savions nous soutenir. Nous nous baignions ensemble, nous jouions ensemble, nous mangions ensemble, nous dormions ensemble, nous étudions ensemble, nous cuisinions ensemble, nous pensions ensemble. Nous faisions tout ensemble. Nous nous aimions sincèrement, comme deux amies très proches, même si je la grondais pour diverses choses, très souvent. Je me sentais encore coupable de ma méchanceté du passé. Mais elle disait que tout cela était oublié.

    Je me souvenais encore du jour où notre destin à elle et moi avait basculé. Rien que d'y penser me donnait mal au cœur. Si seulement ces chasseurs de trésors n'étaient pas venus chercher le Jade de Tenrô. Si seulement cette fille avait été plus prudente, et de ne pas décider de partir à l'aventure pour le récupérer, sachant impertinemment que c'était Blue Skull, les fautifs. Nous étions en plein rangement de la bibliothèque, alors pourquoi avions nous mis notre vie de nouveau en danger ? J'avais peur, mais je ne voulais pas qu'elle y aille toute seule. Elle avait insisté, et je suis partie avec elle et les chasseurs. En réalité, ces chasseurs de trésors pouvaient s'admettre bien plus aimable que je ne l'aurais cru.

    Beaucoup de choses étaient arrivées. Nous avions d'abord voyagé en bateau, puis, enfin arrivés à la ville de Magnolia, nous avions cherché la guilde. Malheureusement, notre première tentative n'avait été qu'une misérable échec. Nous avions perdu. Cette fille dont les cheveux avaient étrangement poussé d'une longueur juste impressionnante, avait pourtant utilisé sa magie des illusions qu'elle avait pratiquée durant sept ans. Cela l'avait beaucoup marquée. Deux d'entre nous étaient blessés, nous nous enfuyions ensuite vers une forêt proche. La fille alla chercher de l'eau, alors que nous étions réunis, une personne encore inconsciente et un autre bandé.

    Lorsqu'elle était revenue, il y avait quelqu'un avec elle. Une personne que je ne connaissais pas encore, mais qui avait sans aucun doute fait partie de ceux qui avaient changé le destin qui ne devait être que banal. Un mage, un mage pratiquant la magie noire. Mon partenaire nous avait dit qu'il n'avait pourtant qu'une malédiction, mais je me cachais tout de même à cet époque. Il portait des vêtements sombres, ses yeux et ses cheveux l'étaient également. Il nous avait appris la magie, je lui en étais reconnaissante. J'avais appris la magie de feu.

    Mais il avait vite disparu, et nous étions partis nous battre. Mon amie blonde s'était habillée de sorte à ce qu'elle ressemble à un mage noir. C'était une étrange fille, mais elle était sincère. Elle voulait sincèrement récupérer le bijou sacré de notre île, mais pas seulement. Elle et moi voulions également délivrer Magnolia de Blue Skull, la guilde qui ne leur portait que du désespoir, la guilde qui tuait leurs habitants juste pour s'entrainer à la magie. C'en était dégoutant. C'était horrible, indigne d'une guilde de mage. Ils devaient pourtant protéger leurs habitants.

    Notre plan avait fonctionné, nous avions battu Blue Skull, grâce à l'aide des habitants. Le maître de guilde avait été fait prisonnier. Mais il nous avait dit quelque chose qui nous avait fait réagir. Moi et cette fameuse fille à la recherche de fées, partîmes dans leur guilde, leur base. Mais il était trop tard. Ce garçon était trop bête, trop naïf. Il n'avait pas écouté la fille qui était pourtant son amie. Tous ces instants passés ensemble avait fait de nous d'excellents amis. Mais il ne pensait qu'à lui et à son trésor. Il avait gardé le jade qui avait en fait une trop grande source magique pour qu'une personne puisse la prendre en main.

    Le squelette de dragon autour de la guilde avait pris possession de l'âme et du corps de ce garçon stupide. Mais cette fille avec qui j'avais partagé plus de sept ans de ma vie, paraissait également stupide. Elle était partie sauver ce garçon. Malgré les risques, elle était partie pour le sauver. Il était devenu ce gigantesque squelette de dragon, et n'avait plus conscience de son âme, ni de son corps. Il ne pouvait rien entendre, il n'entendait rien. Mais cette fille était partie pour le sauver. J'étais certaine qu'il n'y avait aucun moyen. Ce squelette était gigantesque, énorme, il détruisait les maisons, les bâtiments, il détruisait tout. Les habitants s'étaient enfuis, bien évidemment.

    Elle était accrochée sur lui, et je l'avais vite rejoint. Je lui avais crié de loin qu'il n'y avait plus aucun moyen, mais elle avait refusé, me rappelant tout ce que l'on avait vécu ensemble, et m'avait dit qu'il était son ami, et qu'elle ferait tout son possible pour le sauver. Elle m'avait ensuite dit ce qu'elle allait faire pour le sauver. Il s'agissait de "Law", dit Loi. Mais me rappelant des paroles du mage noir, je lui avais dit que cette magie devait être étudiée durant dix ans pour pouvoir la pratiquer, sinon, il y aurait de graves effets secondaires inconnus.

    Mais elle ne voulait rien écouter, et avait tout de même utilisé cette magie. J'avais alors peur pour elle. C'était une fille qui aimait trop ses amis. Elle les protégeait, elle les conservait dans son cœur. Elle l'avait donc sauvé. Elle avait utilisé Law, cette dangereuse magie. Une fois utilisée, j'étais partie voir, le garçon était sauvé. Mais cette fille... Cette fille était bien trop blessée de l'intérieur. Elle était au sol, inconsciente, l'autre également, mais je supposais que c'était normal.

    Ce qui se passa ensuite s'était passé tellement vite. Une spécialiste de guilde de mages de la ville voisine était venue, car les médecins étaient incapables de dire ce que cette fille insouciante avait. L'autre garçon blond était également, toujours évanoui. Elle l'avait également examiné, mais ce qu'ils avaient, elle et lui, étaient deux choses bien différentes. Lui, était simplement évanoui et se réveillerait bientôt. Mais elle. Elle avait une chose bien plus grave qui me donnait encore des frissons. Je n'arrivais toujours pas à le croire.

    Son corps ne grandira plus, et ne murira plus. Elle aura pour toujours le corps d'une fille de treize ans.

    Au début, je n'y avais pas cru. Je ne pouvais pas le croire. Comment croire que sa meilleure amie ne pourra plus jamais ni grandir, ni murir, ni rien ? Comment réagira-elle ? Sera-t-elle troublée, triste, en colère ? Comment sera-t-elle à son réveil ? Je craignais cela. Je ne voulais pas voir sa réaction. Je ne voulais pas qu'elle l'apprenne. Mais elle y était obligée. Je ne pouvais pas le lui cacher. De toute manière, d'autres personnes le lui diront. Tout ce qu'il lui faudra, je pense, sera la compagnie d'un ami, un proche. J'espérais être cet ami. Mais maintenant, elle en avait plusieurs. Elle était bien entourée. Alors, elle aura plusieurs amis à son réveil.

    Mais à son fameux réveil, je n'aurais jamais cru qu'elle serait ainsi. On l'avait pourtant informée de ce qu'il lui arrivait. Mais elle avait tout simplement souri. Elle n'avait fait que sourire. Comment pouvait-elle être heureuse alors que quelque chose d'horrible lui arrivait ? A quel point était-elle spéciale ? Non, elle était bien plus que spéciale. C'était une fille qui pouvait changer le monde entier. Elle le changera. J'en étais certaine. Alors, après cela, elle était partie. J'avais décidé de la suivre.

    Elle était partie dans un endroit calme, paisible, à regarder l'air. Je m'étais cachée derrière les arbres et un rocher pour l'observer d'un air triste. Que ressentait-elle en ce moment ? Quels étaient ses sentiments ? Que pouvait-elle bien penser ? Elle resta un moment comme ça, à réfléchir. Pourquoi n'allais-je pas la voir ? Non, je devais attendre. Attendre, oui, mais quoi ? Que pouvais-je bien attendre ? Qu'un miracle se produise ? Je ne pensais pas. Je l'aimais bien trop. Je ne savais plus quoi faire. Mais j'avais décidé d'attendre.

    Avais-je raison ? C'était une question que je me posais encore maintenant. Ça ne faisait pas longtemps, alors c'était normal. Le garçon blond s'était réveillé, et, à présent, il était avec elle, en train de lui parler. Elle ne le détestait pas, au contraire, ses sentiments s"étaient développés, elle l'appréciait encore plus. Lui, il lui avait avoué des choses, des choses plutôt horribles. Il avouait enfin qu'il se servait d'elle pour retrouver le précieux Jade, et de tout le reste. Il lui avait tout avoué, alors il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi elle souriait. Mais elle lui avait répondu que tout cela n'était la faute de personne. Ils étaient tous responsables.

    Ils étaient amis, après tout. Il lui avait même proposé d'aller chercher des fées avec elle.

    Bien qu'elle ne comprenait pas, il avait insisté. Il lui avait dit qu'il vivrait à présent pour ses rêves. Elle lui avait ensuite dit qu'il ne devrait pas, et qu'il devait vivre pour ses propres rêves. Elle l'avait dit en étant un peu gênée. Qui ne le serait pas ? Et comme s'il avait réponse à tout, il lui avait dit, après qu'un vent frais lui avait caressé son fin visage, une chose qui m'avait fait chaud au cœur. J'étais contente pour elle. Il lui avait dit que son rêve à présent, était de la protéger et de croire en elle quoi qu'il arrivait, jusqu'à la fin.

    Même ce qu'il avait dit après, m'avait fait chaud au cœur et m'avait marqué un sourire. Peu importait leur âge ou leur sexe, ils étaient amis, et le seront pour toujours. Un ami n'en abandonnait pas un autre. Et cette jeune blonde, très maligne et avancée pour son âge aimait énormément l'amitié. C'était sûrement ce qu'elle aimait le plus en ce monde. Je la comprenais, moi aussi, j'aimais l'amitié. Je l'aimais beaucoup, et je m'étais attachée aux trois chasseurs de trésors. Elle chérissait ses proches, et disait tout ce qu'elle pensait avec une extrême sagesse, bien étrange pour une jeune fille mignonne comme elle.

    Je pensais que mon cœur inexistant allait arrêter de battre à la seconde d'après. Non, je savais que j'exagérais, mais, à l'instant d'après, je pensais que je pouvais déjà soupirer, soupirer comme je ne l'avais jamais fait. Un soupir qui m'emmènera loin, très loin. Il lui avait dit que, maintenant qu'ils étaient amis, il avait quelque chose d'important à lui dire à propos de moi. J'avais sursauté, mais par la suite, il m'avait appelée, sachant bien que j'étais là. Elle, avait l'air surprise de me voir et me disait que je devais m'habituer à ces chasseurs. Mais j'avançai droit devant moi, devant le blond, ce qui la laissa perplexe.

    C'était par la suite... Cette suite qui n'aurait jamais dû se passer ainsi si nous n'avions pas quitté l'île Tenrô. Ce garçon lui avait avoué. Il avait avoué la chose que je n'avais jamais résolu de faire. Je n'y arrivais pas, je ne le pouvais pas. C'était bien trop dur, et je m'étais dit que je pouvais le lui avouer lorsque nous serions trop âgée et que la mort serait proche. J'avais sincèrement cru que nous pouvions rester ensemble pour toujours. Je l'avais cru. Mais cela n'était plus possible, et je ne pouvais plus le lui cacher. Elle avait de nouveaux amis.

    J'étais une existence que seule elle, pouvait percevoir.

    Il lui avait dit qu'il ne pouvait ni me voir, ni m'entendre, et qu'il n'était pas le seul. Seule elle, pouvait le faire. Je n'étais qu'une illusion qu'elle avait créée. Elle m'avait créée. Elle avait créé mon illusion. Je me souvenais encore de ce jour. Ce jour où elle m'avait créée. Je me demandais si je lui en étais reconnaissante, ou bien était-ce le contraire ? Non, j'étais bien reconnaissante envers elle, et je ne pourrai jamais la détester. Elle était la personne que j'aimais le plus en ce monde. Je l'aimais bien trop, et je lui étais reconnaissante de m'avoir fait parcourir cette merveilleuse aventure.

    Au début elle ne le croyait pas. Non, elle ne voulait pas le croire. Mais c'était bien plus compliqué que ça. Elle n'y arrivait pas, elle avait bien trop mal pour se l'avouer. Le blond lui avait de nouveau dit, qu'il ne me voyait pas, observant son trouble et sa confusion. Je ne savais pas ce qu'elle pouvait penser, mais je savais ce qu'elle ressentait. Ses émotions, tout. Je la connaissais par cœur, encore plus que ma propre personne invisible. Son expression me faisait mal, j'avais mal en ma poitrine. J'avais mal au cœur.

    Elle me l'avait directement demandé, elle ne comprenait pas, et avait une pointe de peur dans la voix. Elle avait peur de ma réponse. Je le voyais, elle tremblait légèrement, le souffle court, de la sueur couvrant son joli visage. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire. Je devais tout simplement lui dire la vérité. Toute la vérité, tout ce qu'elle ne savait pas. Je ne devais plus avoir peur de sa réponse. Je me devais d'être forte pour elle. Je serai forte pour elle. Je me demandais juste si elle, le sera. Mais je le pensais. Elle sera forte.

    Je sentais l'air me caresser la peau. Qu'il était doux... Je n'aurais jamais cru cela possible dans un tel moment. Mon cœur commençait à battre plus rapidement, tellement rapidement que ça me faisait mal, très mal. J'avais mal, mal au cœur. J'étais presque brisée, perdue, évacuée. Pourrai-je un jour enlever cette éternelle douleur ? J'avais mal au cœur, très mal même. Mais pourtant, je n'en avais pas. Je n'avais plus de cœur. Mon cœur faisait partie de celui de la fille devant moi. Ou peut-être effacé dans un monde lointain, là où personne ne pourrait me voir, gardant mes précieux souvenirs avec moi.

    J'étais revenue à moi, comme si je me réveillais d'un long rêve. On pouvait dire que j'étais revenue au présent, même si cela paraissait très étrange. Mais je supposais que c'était le cas. J'avais comme voyagé dans le passé, mais à présent, aujourd'hui me tendait les bras. J'étais revenue au moment de départ, au moment où mon cœur me faisait mal, où je m'avouais mon égoïsme et mon inexistence sur Terre. Où j'avouais que j'étais une illusion de ma créatrice, de mon amie de toujours. Elle était devant moi, comme paralysée.

    Je m'étais remémorée tout cela. Je m'étais rappelée toute ma vie, mon aventure. Mon aventure avec cette fille, et même les trois chasseurs de trésors, et en comptant bien évidemment le mage noir qui avait changé notre vie. Notre vie était en commun. La vie d'une personne n'était en fait qu'une grande aventure, où des centaines y laissaient libre cours à l'intérieur de celle-ci, avec ses amis. J'avais de véritables amis sur qui compter. Même s'ils ne l'étaient pas vraiment. Pour moi, la jolie blonde avec qui j'avais partagé mon aventure, non, notre aventure en commun, était ma seule amie sur qui je pouvais réellement compter.

    Les autres, je ne savais pas vraiment quoi en penser. Je n'étais plus sûre de rien. Je ne savais pas si je pouvais les qualifier comme amis. Ils ne me connaissaient même pas. Peut-être que c'était le cas pour moi, mais ce ne serait pas de l'amitié, s'ils ne pouvaient ni me voir, ni me parler, ni m'entendre. Ce serait stupide. Mais il y avait bien une chose dont j'étais certaine, c'était que je les appréciais vraiment, et que je les considérais comme de véritables amis.

     Mon cœur se calma petit à petit, malgré la douleur encore présente, je me sentais bien. Mon âme était en paix. Je le lui avais avoué. Mais la suite sera encore plus complexe. Ce qu'il allait se passer... me brisera sans doute. Je ne voulais pas la voir triste, non. Je ne voulais pas qu'elle soit brisée, détruite. Je voulais qu'elle soit comme elle avait toujours été. Je voulais qu'elle soit elle. J'espérais que ce soit son choix. J'espérais vraiment l'entendre dire ces mots.

    Mais je ne pouvais que m'excuser. Je m'étais excusée. Je lui avais dit que je ne savais pas comment le lui dire, je n'en savais rien. Pourquoi n'arrivais-je pas à réfléchir correctement ? Étais-je à ce point stupide et inutile ? Je ne le savais pas, mais je ne le pensais plus. Il ne fallait pas s'insulter pour si peu. Si peu, je disais... C'était quelque chose de bien plus grand, alors pourquoi avais-je pensé "si peu" ? Peut-être à cause de mon égoïsme. Mon égoïsme à ne jamais faire les choses de la bonne manière.

    « Je suis morte il y a sept ans sur l'île Tenrô. »

    Je lui avais dit cela, franche. Fallait-il être ferme ? Je le pensais. J'étais il y avait déjà sept ans, sur l'île. Il y a sept ans... je fus morte. J'essayais de me le répéter de différentes manières, mais je ne savais plus trop quoi penser. Je ne savais plus quoi dire. Je me demandais pourquoi devrais-je me contredire dans mes pensées, alors que c'étaient justement des pensées personnelles, personne ne les entendraient, déjà qu'une seule personne pouvait m'entendre et me voir.

    Sa magie des illusions s'était éveillée ce jour, et, inconsciemment, elle avait créé l'illusion, connue sous mon nom. Je me rappelais bien comment est-ce qu'elle m'avait sauvée, je ne m'en souvenais que trop. Je ne voulais tout simplement pas le lui dire. Le lui avouer serait comme un manque en moi. Comme si j'aurais bien pu mourir si elle n'avait pas eu de pouvoir magique. Qu'aurait-elle pensé ? Que pensait-elle ? Tout cela était actuellement avoué.

    C'était pour cela. C'était parce qu'elle m'avait créée inconsciemment, c'était pour cela qu'elle-même n'avait pas remarqué que je n'étais qu'une illusion qu'elle avait créée, et que je n'existais pas. C'était vrai, après tout, je n'existais pas. Je n'existais plus. Une illusion créée de la sorte ne pouvait être vue que par son créateur. Je le lui avais également avoué.

    Le simple fait qu'elle commençait à se rendre compte que je n'étais qu'une illusion me faisait disparaître. Je le lui avais dit, regardant actuellement mon bras dans un sourire en train de disparaître, étant transparent, et basculant entre le monde réel, et l'autre monde qu'était l'âme. L'âme de mon créateur, celle du ciel. Le ciel m'aidera aussi à m'en aller. Je commençais à m'en aller, mais je ne pouvais pas la laisser ainsi.

    Malheureusement, c'était bien plus compliqué. Elle avait hurlé qu'elle ne se rendait compte de rien, qu'elle ne pensait pas une seconde que j'étais une illusion. Un mensonge. Ce n'en était pas réellement un. On ne pouvait pas appeler ça un mensonge. Mais ce n'était pas la vérité. Elle n'avait pas menti, mais elle n'avait pas dit la vérité. C'était quelque chose de complexe, mais de vrai, je pouvais en être certaine. Elle me croyait, elle croyait son ami, elle nous avait toujours crus. Alors cela lui faisait peur. Je savais qu'elle en avait conscience.

    Je la pris dans mes bras. Je ne voulais pas qu'elle soit triste, je ne le souhaitais pas, je rêverais du contraire. Tout ce dont j'avais envie, c'était qu'elle soit heureuse à jamais. Je voulais la voir sourire, je ne voulais plus la voir pleurer, même si cela était trop tard à présent. Je sentis que quelques gouttes allaient perler. Je ne voulais pas la voir ainsi, ou j'allais également pleurer. Je la serrai fort contre moi, mes mains autour d'elle.

    Yuri veut que tu ailles de l'avant.

    Je marquai une courte pose, des larmes commençant à couler du coin de ses beaux yeux verts émeraude.

    – Et je le veux aussi.

    Je ne savais pas comment le lui dire. Les mots venaient par eux-même. Je ne savais pas comment. Je ne savais vraiment pas comment. Je n'arrêtais pas de repenser cette phrase. Elle venait à chaque fois me hanter. Je savais bien que je ne le savais pas. Et je pense que ce ne sera pas la dernière fois que je me le disais. Cela m'arrivait tant de fois, je ne pouvais pas tout simplement me le nier comme une idiote et poursuivre.

    Mais pour qu'elle puisse aller de l'avant, je lui avais dit que je devais disparaître. Je devais disparaître. Je souriais, durant tout ce que je lui avais dit, j'avais souri. Ce n'était pourtant pas mon genre, je n'étais pas très souriante, et plutôt ronchonneuse et je contredisais un bon nombre de personnes dans l'ombre, car bien sûr, ils ne pouvaient ni m'entendre, ni me vor, ni me parler.

    Elle avait aussitôt refusé, se relevant quelque peu et me prenant les mains, tout en pleurant chaudement, les yeux fermés, tremblant de son corps si fragile. Mais je lui avait ensuite expliqué que ma présence permanente l'épuisait physiquement, créant une forte pression sur son corps. Il n'y avait pas que Law qui ralentissait sa croissance. Je ne voulais pas la blesser plus que cela. Je ne voulais plus la voir ainsi. Si je m'en allais, elle irait bien mieux.

    Elle me répondit encore qu'elle se moquait de tout cela, que ça lui était égal. Illusion ou pas, j'étais moi. C'était ce qu'elle venait de me dire. Il fallait dire qu'elle n'avait pas entièrement tort, mais tout de même. Je ne devais pas rester. Je la regardai en souriant, répétant une énième fois son prénom. Je la voyais trembler. Elle pleurait encore plus que tout à l'heure, et ses tremblements avaient augmenté.

    Je ne veux pas que tu partes !

    Son sanglot redoubla encore une fois. Elle pleurait beaucoup. Elle ne voulait pas me perdre, m'avait-elle dit. Mais je le savais, ça. Cette chose, je le savais déjà. C'était également mon souhait, mais le destin en avait voulu autrement. Cela me rendit tout à coup nostalgique. Elle avait mis ses deux fines mains sur son visage en larmes. Moi, devant elle, avais pris un sourire très réconfortant, un joli sourire qu'elle aimait. Je le savais. Je savais que ce sourire lui plaisait et qu'elle sourirait à son tour. Mais maintenant, j'étais plutôt nostalgique.

    On a toujours été ensemble, ça fait un bout de temps, n'est-ce pas ?

    Je me rappelai de tous nos moments, de tout ce que l'on avait vécu ensemble. Cela m'avait fait sourire. Je me souvenais particulièrement du jour où elle m'avait demandé où pouvait bien se trouver les fées, il y avait quelques temps. Je lui avais d'abord demandé ce que ses parents lui avaient dit. "Si tu y crois vraiment et que tu les cherches, tu finiras par les rencontrer." Je lui avais dit qu'elle en rencontrera une un jour, quelque part, et elle m'avait dit que ce jour là, nous serions ensemble. Mais peut-être que les fées étaient déjà dans son cœur. Je le lui avais dit. Nous avions souri chaleureusement, main dans la main. Elle me regarda, lâchant quelque peu ma main, et me dit étrangement que mes cheveux ressemblaient à une queue. Je l'avais à moitié mal pris, mais lorsqu'elle s'était mise à rire, je l'avais vite rejoint. Les fées avaient-elles une queue ? C'était la question que nous nous posions ce jour.

    Elle pleura comme elle avait pleuré sur l'île il y avait sept ans. Elle me dit à nouveau une chose plutôt intelligente, mais qui ne servirait à rien. Elle voulait me recréer avec ses pouvoirs d'illusions si je disparaissais. Comme ça, nous resterions toujours ensemble. Toujours en souriant, je lui avais dit que c'était impossible, je n'existais seulement car elle m'avait créée inconsciemment. Maintenant qu'elle le savait, je ne réapparaitrais plus jamais. C'était cela, ça ne pouvait pas être autrement. Mes derniers instants avec elle étaient proches.

    Elle pleura encore plus, tremblant bien plus, le visage de désespoir, je le devinai. Elle dit qu'elle s'en moquait, et me pria, me supplia de rester avec elle. Elle voulait que je reste avec elle. C'était également ce que je voulais. Elle ne voulait pas être seule. Elle l'avait dit, désespérant. Elle m'avait dit qu'elle ne voulait pas être seule. Cela m'avait fait sourire, celui-ci m'ayant échappé. Un sourire toujours aussi réconfortant.

    Tu n'es pas seule, la contredis-je, le vent soufflant un peu plus fort à cet instant. A présent, tu seras avec tes amis qui existent vraiment.

    Noon ! hurla-t-elle, ses larmes surgissant de plus belle. Je veux être avec toi pour toujours !

    Elle pleura, pleura. Elle avait tellement pleuré. Je fus attendrie, je ne pus que sourire avec attention, les sentiments débordants. Elle avait hurlé sa dernière phrase, criant à s'en arracher la voix. C'était comme pour me faire comprendre, ou pour se faire comprendre elle-même. Ses sentiments étaient très forts, je pouvais les ressentir. Ce fut la deuxième fois de ma vie, ou plutôt de mon existence à ses côtés, que je la vis ainsi. Ce fut la deuxième fois. Mais la première fois s'était plutôt bien terminée.

    Elle se laissa tomber au sol, l'âme abattue. Elle était comme détruite. Ses genoux la retenaient de tomber, elle s'y appuyait pour ne pas totalement s'écrouler. Elle était assise au sol dur sur ses jambes, la tête relevée, les larmes débordantes et tombantes, s'écrasaient durement au sol. Elle hurlait durant ses pleures. Je m'avançai vers elle et la repris dans mes bras, la faisant retomber légèrement au sol, s'asseyant sur ses jambes pliées à terre. Je la serrai fort contre moi.

    Je pouvais entendre ses battements. Je pouvais entendre son cœur. Il battait bien plus vite que la normale. Sa respiration était toujours aussi saccagée et forte. Elle respirait ainsi à cause des larmes. Les larmes qu'elle laissait couler dû au triste choque qu'elle venait d'avoir étaient chaudes. Elles étaient étrangement chaudes, douces, brulant d'une puissante flamme. Il faisait pourtant froid. Je la serrais encore plus contre moi, mes bras l'enroulant de nouveau, ma tête derrière elle par dessus son épaule. Chacune ne pouvait pas voir l'expression de l'autre, mais pouvait le deviner.

    Sais-tu où vivent les fées ?

    Mes yeux brillaient. Ils brillaient de tristesse et d'espoir, alors que je la serrais encore plus fort contre moi, comme si je ne voulais pas qu'elle s'en aille. C'était stupide, c'était à moi de m'en aller. Je voulais savoir si elle s'en souvenait. S'en souvenait-elle ? Elle avait toujours voulu voir une fée, c'était son rêve le plus précieux depuis qu'elle était toute petite. Ses parents le lui avaient dit. Les fées existaient. J'étais certaine que c'était le cas. Il ne fallait pas chercher à les trouver. Je savais bien où elles étaient, et je le lui avais dit, le jour où je lui avais avoué devenir plus forte pour la protéger.

    Elle paraissait plus ou moins surprise de la question. C'était vrai, pourquoi lui disais-je cela maintenant ? C'était sans doute ce qu'elle se disait. J'en étais certaine. Elle avait mis du temps avant de réagir. Les larmes que je n'avais pas senties depuis quelques secondes se redéposèrent sur mon épaule. Elle tremblait encore plus. Ses yeux brillèrent, humides. Je pouvais le sentir. Elle respira encore légèrement.

    Dans mon cœur...

    Elle s'en souvenait. Je souris. Je me souvenais également de ce jour. Non, pas seulement, je me souvenais également de lorsque l'on était enfants. Même si nous l'étions encore, je me souvenais d'il y avait quelques temps. Elle le savait. Elle l'avait gravé en elle. Les fées étaient dans nos cœurs, et elles l'avaient toujours été. Je savais donc que ce que je lui dirais ici, maintenant, elle s'en souviendra. Je le savais bien. Mon cœur était détendu, il s'était apaisé. Un sourire se dessina sur mes fraiches lèvres.

    Et moi, alors ?

    Elle écarquilla les yeux, je le savais. Elle les avait écarquillés et elle avait rougi. Elle rougissait toujours, c'était vrai. Non, pas toujours, mais depuis que l'on avait parlé, ses joues avaient pris une teinte rosée. Moi aussi, en ce moment, je rougissais. Je rougissais depuis tout à l'heure. La situation m'avait submergée. J'étais certaine que c'était également le cas pour elle. C'était parce que l'on était amies. Nous étions amies. Elle était mon amie, et je l'étais également. Se dire au revoir, évidemment que l'émotion ferait surface.

    Un adieu serait trop compliqué pour des amis. C'était bien trop dur. Je n'y arriverai pas. Lui dire au revoir me ferait mal. Je ne pensais pas cela. Je pensais plutôt que ça lui ferait mal à elle. Et penser cela me faisait mal à moi. Quoi qu'il arrivait, cela nous ferait mal à toutes les deux, et ce n'était pas du tout ce que je voulais. Je voulais qu'elle soit heureuse. C'était la seule chose que je voulais. Je voulais qu'elle soit heureuse avec ses amis pour toujours, je ne voulais plus la voir souffrir.

    Je la voyais, je la voyais par le cœur. Par le cœur, par les sentiments. Je savais très bien ce qu'elle ressentait, je le savais vraiment bien. Elle savait également ce que je ressentais. Elle savait pourquoi je souriais. Elle le savait vraiment. Je ne voulais que son bien, et elle le savait. Néanmoins, cette situation était bien trop dure, elle ne savait sans doute plus quoi penser, ni dire. Elle ne savait plus quoi faire. Je le savais. Mais ce n'était pas définitif, cet au revoir, il ne l'était même pas maintenant.

    Ce n'est pas un adieu, je rentre simplement chez moi, en toi.

    C'était vrai. Je rentrais à la maison. Je rentrais simplement de là où je venais, à l'intérieur d'elle. Ce n'était donc pas un adieu, j'allais encore plus la revoir, j'allais être avec elle jusqu'à la fin du monde. Pour l'éternité. Je la suivrai partout, je l'aiderai, je pourrai peut-être même la guider. Mais les véritables décisions viendront d'elle, et seulement d'elle. Je ne pourrai pas la contrôler, je venais de son cœur. Et de tout manière, jamais je ne le voudrai. Elle devait faire son chemin par elle-même, et je savais qu'elle pourra y arriver. Je le savais.

    Quelques minuscules secondes avaient passé, elle me serra contre elle également, joignant ses mains autour de mon corps. Elle avait fermé ses beaux yeux verts ensorcelants, des perles encore présentes du coin de ceux-ci. Sa respiration avait comme baissé. Elle était bruyante, mais elle s'était légèrement calmée, je pouvais le savoir, son cœur battait moins fort. Nous étions dans les bras l'une de l'autre, chacune serrant l'autre avec force et espoir, la tristesse ne nous quittant pas. Je fermai les yeux.

    Maintenant, sois forte. Et fais-moi disparaître.

    Elle n'avait pas bougé. Elle me serrait encore dans ses bras, pleurant. Je savais que ça allait être très dur pour elle, ça l'était pour moi. C'était très dur de dire cela à son ami. Un ami proche ne pourrait pas accepter. Mais il le fallait bien, il fallait qu'elle me fasse disparaître. Je savais qu'elle pouvait le faire, malheureusement, elle n'y arriverait pas sans qu'on le lui demande sérieusement. Elle tenait trop à ses compagnons. Jamais elle ne ferait une chose pareil sans que je ne le lui demandais vraiment, mais j'étais certaine qu'elle pouvait ressentir ma tristesse.

    Je me détachai légèrement d'elle, le cœur battant, si je pouvais dire. Je la regardai pleurer, quelque chose s'installa en moi. J'étais triste. Je ne savais pas comment avais-je fait. Tout ce temps, je le savais. Je savais bien qu'un moment pareil allait arriver. Depuis que nous étions parties, je l'avais su. Je savais que j'aurais été obligée de le lui dire. Mais, après qu'elle m'ait sauvée grâce à sa magie, je n'avais pas pu me résoudre à le lui dire. Mais pourtant, je m'étais amusée. Je ne savais pas comment cela avait bien pu arriver.

    Je la regardai, et je m'excusai. Je m'excusai d'avoir toujours été méchante, d'avoir toujours été une fille agaçante. Je souris. J'avais souri en disant cela. Elle avait secoué de la tête en signe de négation. Je trouvais que j'étais une gamine agaçante, collante et qui ne savait que raller. Je m'en excusais pour cela. Mais elle savait que je n'étais pas seulement ça, et que j'avais ce caractère juste parce que je l'aimais. C'était pour cela qu'elle avait secoué de la tête pour montrer qu'elle n'était pas d'accord.

    Je la remerciai ensuite. Je la remerciai pour tous les moments passés avec elle. C'était amusant, je m'étais bien amusée. Je le lui avais avoué. C'était vrai. Si je ne le lui disais pas maintenant, je ne pourrai sans doute jamais le lui dire alors qu'il le fallait bien, pourtant. Elle releva enfin la tête, pour me dire que c'était amusant pour elle aussi. Elle avait enfin souri. C'était un léger sourire de quelques secondes, mais c'était un sourire, un sourire qui m'en arqua un.

    Elle avait relevé la tête, encore une fois, dans ma direction. Elle m'avait dit, non, elle m'avait demandé, non, elle m'avait fait promettre de toujours être son amie, et de continuer à l'être, pour toujours. Elle pleurait encore, et les larmes coulèrent sur ses mains qu'elle avait fermées sur ses genoux, sur ses fines jambes. Je l'avais regardée, moi vers le haut. Je lui avais confirmé, et je le lui avais promis. C'était une promesse, et je comptais bien la tenir. Je serai son amie pour l'éternité.

    Pour la première fois, depuis le début de cette malheureuse annonce... Pour la première fois, depuis bien longtemps... Pour la première fois depuis je ne savais même plus quand, j'avais pleuré. Dans mon sourire, je n'avais pas pu empêcher les larmes de se verser, de sortir, de surgir de moi. Ce n'était même pas de réelles larmes, alors comment existaient-elles ? Était-ce cela, la magie ? La magie pouvait accomplir des miracles, mais elle pouvait également être une mauvaise chose.

    Une lumière nous entoura toutes deux, devant les regards du blond. Cette lumière était toute blanche, elle était éblouissante et brillante. Elle nous entourait bel et bien. Cette lumière était signe qu'elle s'était décidée, qu'elle l'avait accepté. Elle avait accepté le fait que je sois morte, et que mon illusion allait retourner en elle. Cette lumière avait étonné le garçon qui sursauta et s'éloigna légèrement par réflexe, ce que je compris à l'entendre.

    Ma créatrice, mon amie sauta de là où elle était et m'entoura une nouvelle fois de ses bras, toujours sous les regards du garçon, alors que je commençais à m'en aller. Cette lumière devait se relier au ciel, elle était haute, personne ne pourrait la franchir en cet instant, personne n'oserait de toute manière, et personne n'était ici. Alors penser à cela ne servait strictement à rien, je ne pouvais que sourire, sourire comme je l'avais toujours fait. Un sourire de retour à la maison.

    Alors que je commençais à m'en aller, à disparaître, mon corps devenait visible. Il devenait visible, pour ensuite disparaître définitivement, une bonne fois pour toute. Je devenais visible, et ce garçon pouvait à présent me voir. Il était le seul présent, c'était normal, mais d'autre le pourrait également, je suppose. Mais il me voyait, je me retournai, pour lui faire face, il pouvait voir mon visage, pour que je lui dise. Que je lui dise directement à lui, mais également à ses amis. Aux amis de mon amie.

    Merci pour tout. Je compte sur toi pour prendre soin d'elle.

    Je l'avais vu d'abord surpris, toujours sous le choque sans doute. Mais un sourire convaincant s'empara ensuite de son visage. Je pouvais lui faire confiance, rien que de voir ce sourire me rassurait. Je savais qu'il tiendrait cette promesse. Je le savais puisqu'il l'avait acceptée. C'était une autre promesse, mais c'était à une autre personne de me la faire. J'en avais faite une avec mon amie, et maintenant avec lui. Je savais que tout se passerait bien par la suite, j'en étais certaine.

    C'était par la suite que je disparus. J'avais enfin disparu, me transformant en une jolie lumière, qui se balada dans la ville, passant par le lieu où se trouvait les deux autres amis de mon amie. Je les avais également remerciés, ma voix ayant fait écho jusqu'à eux. Ils m'avaient entendue, puisqu'ils en avaient conclu que mon amie avait définitivement pris conscience que je n'étais qu'une illusion, mais bien réelle en elle. C'était pour cela qu'ils avaient pu entendre ma voix, et même la reconnaître.

    J'entendis sa voix. La voix de la fille avec qui j'avais passé toute ma vie. Elle avait dit que j'étais allée dans son cœur, que j'étais actuellement dans son cœur. Et c'était pourquoi, c'était pour cela, qu'elle avancera pour toujours, et qu'elle pourra aller de l'avant. Je pouvais l'entendre, et de là où j'étais, j'avais souri. Je pouvais bien l'entendre, je l'entendais très bien. Une part d'elle était revenue. J'étais revenue chez moi, à l'intérieur d'elle. Je l'entendais encore pleurer, mais je l'entendais encore sourire. Ses yeux brillaient.

    J'avais toujours aimé ses yeux. D'un simple point de vue, ses yeux n'éprouvaient pas d'émotions, puisqu'ils ne contenaient pas de pupilles. Mais si on les regardait du bon angle, en connaissant la personne à qui ils appartenaient, on pouvait les voir briller de mille feux, avec leur pupille. Ils étaient d'un vert ensorcelant émeraude. Ils pouvaient avoir tant d'expressions. Sérieux, heureux, tristes, excités, curieux, étranges, désespérés, déterminés. Je me demandais si je les avais déjà vu en colère, réellement en colère.

    Je pense qu'elle ne s'était jamais énervée. Elle avait eu tant d'expressions, mais jamais je ne l'avais vue en colère. Peut-être légèrement, mais je savais que ce n'était pas du tout sincère, et elle me le montrait. Je la connaissais très bien. Je faisais partie d'elle après tout, désormais. J'étais si bien ici. C'était chaud et doux. C'était très agréable. Je pouvais voir à quel point son cœur était sincère et bon. Il était lumineux, magique. Je pouvais voir en lui un merveilleux avenir.

    Elle allait passer de zéro à A, de rien à l'avenir.

    « Merci pour tout, Zera. »

    * * * *

    Le nom de la guilde sera... Fairy Tail !

    Cette petite fille de treize ans aux longs cheveux blonds ondulés avait annoncé quelques minutes auparavant à ses amis, vouloir fonder une guilde avec eux dans la ville de Magnolia. Les habitants de celle-ci avait besoin d'une guilde, maintenant que Blue Skull était éliminé. Bien évidemment qu'ils étaient heureux que cette guilde soit partie, mais une ville sans guilde restait tout de même en danger. Quel serait leur avenir ? Il leur fallait une guilde, elle avait eu cette idée, mais encore fallait-il l'accord de ses amis et des habitants.

    Elle leur avait dit divers choses. Elle voulait bien sûr, aller chercher des fées, mais elle avait expliqué qu'ils avaient besoin d'un endroit où revenir, quelque part où il pourrait rentrer chez eux, leur maison. C'était pourquoi elle voulait fonder une guilde, dans la ville où elle et ses amis étaient : Magnolia. Elle avait tout d'abord pensé à l'île Tenrô, mais cette ville avait été dirigée par Blue Skull depuis longtemps, néanmoins cette guilde leur promettait un avenir encore potable. Elle leur permettait d'avoir leur économie, même de bas niveau. Sans elle, la ville tomberait en ruine, malgré leur méchanceté.

    Elle avait également dit que Zera souhaitait sauver cette ville, et ce n'était pas seulement la sauver de Blue Skull. Ils devaient marcher ensemble, vers un futur prospère, sauver le cœur et l'âme des habitants marchant dans la rue. Ils devaient progresser ensemble. Elle était certaine que s'ils étaient ensemble, ils pourraient réussir à faire de cette ville, une ville bien plus grande et riche. Cette ville ne tombera pas, elle ne mourra pas. Elle continuera d'avancer, et son futur sera meilleur, heureux.

    Ils pourraient déclarer que l'île Tenrô était leur terre sacrée. Elle s'était légèrement retournée et avait demandé leur avis. Ils avaient tous été d'accord. L'un d'entre eux, le plus ouvert, avait trouvé cela marrant, amusant. Les autres avaient également trouvé cela intéressant. C'était une bonne idée. Mais encore, fallait-il trouver le nom de la guilde. C'était quelque chose de compliqué, car il fallait bien y réfléchir et ne jamais le regretter. Une fois choisi, il sera définitif, il fallait donc bien le choisir pour ne pas le regretter.

    Il y eut une étrange proposition d'un des anciens chasseurs de trésors. Bien évidemment, les autres avaient cru que c'était une blague, et qu'il avait juste oublié de sourire, et d'enlever sa tête sérieuse. Mais apparemment, ce n'était pas du tout une plaisanterie, ce qui les avait drôlement étonnés. C'était à cet instant que la jeune fille avait proposé le nom. Qu'elle avait proposé "Fairy Tail". C'était un nom qu'elle avait dit avec un sourire franc, sincère, les yeux scintillants.

    Les autres n'avaient pas compris cet étrange nom. Il signifiait "Queue de Fée". Pourquoi choisir quelque chose qui représentait une queue ? Non, plus directement, pourquoi des fées ? Ils le lui avaient demandé, bien sûr, ne comprenant vraiment pas. Ressemblaient-ils à des fées ? Quelle partie d'eux lui faisait penser à ces étranges créatures mythiques ? C'était un peu décalé pour eux. C'était ce qu'ils se disaient. C'était ce qu'ils disaient à la fille plus jeune qu'eux.

    Les fées avaient-elles une queue ? Seulement, les fées existaient-elles vraiment ? C'était un éternel mystère, une éternelle aventure. C'étaient les sentiments qu'elle avait éprouvés avec ce nom. Il provoquait ces questions. Fairy Tail. Ce nom restera gravé éternellement, jamais personne ne le salira. Mais si un jour cela arrivait, les membres n'hésiteront pas à anéantir les responsables, où plutôt à leur faire comprendre. Leur faire comprendre le nom de cette guilde, pour qu'ils prennent conscience de son histoire.

    Cette jeune fille pleine d'espoir et ses amis approchèrent le Conseil de la Magie, et avaient rempli les papiers  nécessaires pour fonder la guilde, pour qu'ils ne deviennent pas une guilde clandestine contre toute loi, ce qui serait contradictoire. Il existait pourtant un bon nombre de mages qui étaient de ce côté là. Mais d'autres mages, du bon côté, les neutralisaient souvent. Malheureusement, ces mages là étaient nombreux, mais les bons mages faisaient du mieux qu'ils pouvaient tout de même.

    Les quatre amis avaient même demandé l'admission dans la communauté des guildes voisines, faisant partie de leur alliance. Ils avaient aussi, bien évidemment, mis au courant les habitants de la ville de Magnolia de ce qu'ils faisaient, leur grand projet. C'était quelque chose de tout de même vital. Et dans le but d'avancer haut et loin, ils devaient créer une amitié avec eux. C'était quelque chose de très important. Vivre main dans la main, la tête haute, malgré le passé.

    Les chasseurs de trésors avaient quitté leur poste. Sylph Labyrinth était le nom de leur guilde. Mais pour créer, et construire Fairy Tail avec la jeune fille, ils avaient dû la quitter, ce qui ne leur déplaisait pas réellement. Ils allaient enfin pouvoir faire quelque chose qu'ils aimaient profondément, même si c'était déjà le cas. Mais faire une chose avec ses amis, et s'en faire d'autres, était une chose bien plus intéressante, constructive, captivante et entrainante. L'amitié, c'était un sentiment qu'il ne fallait jamais oublier.

    Les mois avaient passé. Ils avaient passé vraiment, d'une vitesse folle. Fairy Tail avait enfin vu le jour naitre. Elle avait enfin été terminée. Les quatre compagnons en étaient fiers. Ils avaient pris une photo pour ce jour. C'était une chose qui les avaient submergés. Une chose merveilleuse, comme voir un enfant naitre. Non. Cette guilde allait faire naitre plus d'une centaine de personnes, beaucoup de gens s'y installeront, et créeront une grande famille. Cette famille sera solitaire, aimable, et tous auront un grand cœur.

    La jeune blonde, toujours âgée de treize ans, avait été nommée maitre de guilde. Elle fut le premier maitre, mais également le principal fondateur. La personne qui avait eu cette idée au départ. La personne qui avait le plus grand cœur, et la plus grande confiance. Une petite fille qui croyait aux fées. Une petite fille qui était elle-même devenue une fée. Elle était une créature avec une grande histoire. Malheureusement, son histoire n'était pas un conte de fées. Il était tragique. Si seulement à cet instant, ce jour-là, elle avait su ce que le futur lui réserverait. Si seulement.

    « Zera. Je vois un futur où beaucoup de personnes pourront appeler ce lieu, cette guilde leur maison. Ils iront toujours à l'aventure, mais auront à chaque fois un lieu où revenir. C'est comme ça dont j'ai envie que soit Fairy Tail.»

    Je soupirai, fermant les yeux. Zera. Elle avait tant de fois répété ce nom. Mon nom. J'étais bien Zera, une petite fille menteuse et agaçante, sincère et aimable. D'où j'étais, je pouvais la voir, je pouvais l'entendre. Elle voulait qu'un avenir s'offre à cette guilde, qu'elle devienne une chaleureuse maison, accueillant sa famille. Les véritables amis faisaient partie de votre famille, il ne fallait jamais en douter. L'amitié était la force qui nous permettra de vaincre n'importe quel ennemi. J'étais certaine que c'était ce qu'elle pensait, en ce moment.

    Elle s'était mise à courir, courir vers l'aventure, suivie de près par ses amis. Warrod, un homme digne de confiance, sa magie était la végétation. Precht, un homme assez inquiétant, mais vraiment très ouvert au fond de lui. Sa magie provenait des ténèbres, et malencontreusement, il se tournera vers le mal, contre toute attente du premier maitre et de tous les autres. Yuri, la personne qui pouvait avoir le titre de bon compagnon. C'était lui qui avait été le plus aux côtés de la blonde et dont j'avais déjà mentionné le nom. Sa magie était la foudre, un élément qu'il voulait avoir. Au départ, on pouvait le traiter de traitre, mais il s'avoua être le meilleur des amis possible.

    Je souris. Elle ne pouvait pas avoir meilleur avenir que ça. Être avec ses amis, sourire malgré le passé, la difficulté. S'amuser, pleine de vie et de joie... Son avenir allait bel et bien être merveilleux. Moi, du haut de l'arbre de son être, je pouvais l'entendre, je pouvais la voir. J'étais auprès des fées. J'étais dans son cœur, dans son âme. De là où j'étais, je pouvais être à ses côtés. C'était comme si nous étions côte à côte, mais à présent, j'étais également invisible pour elle. Mais rien que de savoir qu'elle se sentait bien, je souriais, les fées volant autour de moi.

    Alors pourquoi avait-t-il fallu que le destin change ? Pourquoi n'était-elle pas heureuse ? Pourquoi était-elle tombée amoureuse d'une personne telle que... lui ? Celui qui l'avait malencontreusement tuée. Celui qui avait changé nos vies. Celui qui était également tombé amoureux. Amoureux d'elle. Celui qui était signe de mort. Celui qui était maudit. Elle l'était également, mais elle ne pouvait rien face à sa malédiction qui était bien trop puissante. Alors pourquoi avait-il fallu qu'ils s'embrassent ?

    Heureusement que Precht était là. Heureusement qu'il avait essayé toute sa vie avant de se tourner vers le mal, de trouver une solution, lui, le second maitre de la guilde. Mais Warrod avait pris sa retraire, et Yuri était mort, il ne restait que son fils. Son fils qui était devenu le troisième maitre, car Precht était parti, malheureusement parti vers le mal, le noir. Mais il avait trouvé une solution. Même si elle n'était pas totalement vivante, elle était encore là. Il lui restait de la magie, elle était encore en vie, malgré que son cœur ne battait plus. Sa magie le prouvait, le peu qu'il lui restait.

    Elle avait pourtant mené tant de batailles à la victoire, grâce à son intelligence extraordinaire. La grande stratège des fées. Elle était celle qui avait sauvé Magnolia avec ses amis, mais eux, tout ce qu'ils pouvaient faire était de lui construire une tombe sur l'île Tenrô, la croyant tous morte mis à part Precht. Elle avait, sans le vouloir, sans que personne ne le sache, tué la femme de Yuri alors que son enfant était né, rien qu'en lui tenant la main. Precht l'avait découvert plus tard, en même temps que sa malédiction lorsqu'elle était mi-endormie, mi-morte, dans une lacrima au sous-sol de la guilde. Elle avait pourtant choisi le nom de son fils, Makarof. Mais elle était prise d'une malédiction depuis Law.

    Law, la magie noire incomplète. C'était ce qui l'avait anéantie, mais elle ne regrettait toujours pas son geste. Elle n'avait plus la joie de vivre. Plus rien. Mais le mal était arrivé. Zeref était arrivé. Ils s'aimaient. Ils le savaient. Pourquoi se l'avaient-ils montré alors ? Une simple déclaration aurait suffi. Alors pourquoi s'étaient-ils embrassés ? La tristesse et l'espoir les avaient sans doute emportés. Ils ne savaient sans doute plus comment vivre, comment faire. L'amour avait pris le dessus. Une fois commencé, ils n'avaient pas pu l'arrêter.

    Mais malgré cela, elle avait pris l'apparence d'un fantôme et était venue de nombreuses fois aider la guilde. Sans son aide, ils seraient sûrement plus ce qu'ils étaient aujourd'hui. Beaucoup d'entre eux ne seraient plus vivants. Le monde n'existerait peut-être plus. Ce maitre avait donc beaucoup trop d'importance pour que tout espoir s'en aille. Cette génération lui avait plu, elle avait retrouvé le sourire. Elle était bien trop heureuse pour qu'elle le soit réellement. De là où j'étais, je pouvais le sentir. Je ne savais plus si j'étais en elle, dans son véritable corps, ou celui qui n'existait pas.

    J'étais tout simplement à ses côtés, marchant avec elle, les yeux pétillant, et le sourire étincelant. Je me demandais comment tout cela allait se terminer. Si tout cela aurait une fin heureuse, ou, au contraire, une fin tragique. Je ne savais pas, et je ne pouvais rien faire. Je ne servais à rien, de là où j'étais. Mais peut-être que si j'y réfléchissais un peu plus, je pourrais voir que je pouvais peut-être aider. Mais ce n'était pas vraiment de l'aide. En fin de compte tout ce que je pouvais faire ou dire n'étaient que quelques mots. Je pouvais seulement penser à cinq mots, simples à comprendre.

    Je crois en toi Mavis.

    ~

    OS 5 : Une fée dans ton coeur

    « Regarde Mavis, des fées !

    – Où ça ?!

    – Dans nos cœurs.

    – Oui. »

    ~~~~

    Terminé !

    Corrigé ! L'image en haut vient de moi.

    Ce genre d'one-shot, j'avais envie de le faire depuis longtemps. Mais quand j'ai vu l'épisode "Law" ou "Loi", en français (non, en suédois ._. :sors:), je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir envie de le faire sur Fairy Tail Zerø. Plus particulièrement, avec comme point de vue, Zera. C'est la première fois qu'il n'y a pas vraiment de romance (le Zeref x Mavis ne compte pas spécialement), dans ce que j'écris. Mais comme j'ai vraiment aimé ce personnage, et que, voilà, tout le monde le sait, elle s'est "éteinte" de l'humanité, mais pas du monde de cet anime, j'ai comme eu un petit mal au cœur tout de même (désolée d'être trop émotive, hein). Mais l'avoir choisie au lieu de Mavis, je n'en suis pas certaine, mais je préfère. Ce serait étrange si c'était Zeref, le narrateur (en fait non, je dis des choses bizarres).

    Bon, y a pas vraiment de dialogues, mais je raconte un point l'histoire, avec juste Zera comme point de vue. C'était comme pour enfoncer les choses, ou plus les marquer je dirais. Mais je suis certaine de m'être répétée avec des mots, des phrases, ou des expressions, même si des fois, c'est fait exprès. Pourquoi ce titre ? Parce que c'est un peu une question de base dans Fairy Tail Zerø, non ? (Ce serait hilarant de dire le contraire... Comme la question : Les fées ont-elles une queue ?)

    Si j'ai quelque chose d'autre à dire, je le dirai plus tard, je pense.


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