• OS 4 : Life is not a Fairy Tale [Concours de ◊ Lolei]

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    Du sang. Des cris. Des larmes. Un assassinat. Une mort. Tels étaient les mots qui permettaient le mieux de décrire l'incident du royaume de Fiore le 7 juillet 777, il y a dix ans. Elle avait été assassinée par un démon. Démon qui était actuellement décédé, personne ne sachant la raison. Mais tout ce que l'on savait, c'est qu'il voulait se venger. Se venger des humains auquels il éprouvait une haine destructrice. Il l'avait tuée. Il avait tué la femme la plus douce, la plus belle, la plus gentille, la plus attentionnée, la plus souriante, la plus compréhensible, la plus intelligente de tout le royaume. Il avait tué Layla Heartfilia, reine de Fiore, sous les regards horrifiés de sa fille, Lucy Heartfilia. Celle-ci n'avait que 7 ans. Et depuis ce jour, s'est jurée de se venger de cette race, faisant naitre une haine meurtrière envers eux. Elle les détestait, et se vengerait. Le démon avait tué sa précieuse mère juste devant elle, avec son abominable magie.

    La princesse Lucy Heartfilia avait actuellement 17 ans, et n'avait toujours pas revu de démon. Elle était en état de se marier et, son père, le roi Jude Heartfilia, était justement en train de rechercher celui qui aura la chance d'épouser sa fille. En effet, en plus d'être d'une légendaire grâce, elle était d'une raffine beauté et d'une extrême gentillesse. Elle avait irrité de toutes les qualités de sa mère, lui ressemblant d'ailleurs en apparence, trait pour trait. Mais il y avait une chose, une chose qui gâchait toute sa splendeur, tout. Elle détestait les démons, elle les détestait du plus profond d'elle, elle les haïssait. Ils étaient ce qu'elle souhaitait voir disparaître le plus. Elle les détestait. Mais pas autant qu'elle ne se détestait elle-même. Chaque servante, ami de la famille royale, ou même le roi affichaient un air triste lorsqu'ils regardaient la jeune blonde semblable à Layla Heartfilia. Même Lucy. Elle qui détestait sa vie, en plus de cela, elle ressemblait à sa mère comme deux gouttes d'eau dont l'une s'était glacée à jamais.

    * * *

    Je me levai, me préparai, fis ma toilette, m'habillai et m'en allai prendre un encas du matin. J'étais vêtue d'une longue robe en soie rose avec accessoires, mes longs cheveux blonds mis en chignon. Cette journée risquait d'être longue... Il paraissait que Père m'avait trouvé un époux, le futur roi. Il ne respectait pas mes sentiments. J'aimerais me marier avec un homme que j'aimais, pas un de ces prétendants que mon cher père avait choisi. Je détestais ma vie, je la haïssais. Jamais je ne trouverais quelqu'un qui m'aime pour ce que j'étais. Ils voulaient tous le trône de ce royaume, et je ne pouvais le tolérer. J'aimerais tant trouver l'âme sœur... Ce qui n'arrivera jamais. Ils ne m'aimeront que pour mon apparence. Jamais je ne trouverais l'amour sincère.

    J'arrivai à la salle où l'on prenait le repas du matin. Je m'assis sur l'une des nombreuses places que contenait la table. Pourtant, seuls moi et mon père y déjeunaient. Personne d'autre. Je n'avais jamais su pourquoi, sûrement à cause de ce qu'il s'était passé il y a 10 ans... Rien que d'y penser me donnait une envie de pleurer. Elle me manquait terriblement, encore aujourd'hui.

    Je saluai respectueusement mon père et m'installai assez loin de lui. Les servants nous apportèrent de la nourriture et nous commençâmes à manger. Le déjeuner à l'aube était vraiment délicieux. Dommage que personne d'autre ne puisse y goûter. Mon père mangea d'une tranquillité et d'un silence inhabituels et terrifiants. Il me regarda, et prit la parole :

    Ma fille, tu dois être émue. Je t'ai trouvé un conjoint parfait pour toi, le prince d'un royaume voisin. C'est un prince digne de ce nom, le prince Sting Eucliff d'Harthleed, mais tu le-

    Je me levai d'un bond, ce qui fit sursauter mon père et le coupai dans ses paroles qui avaient un effet de brûlure sur moi. Mon action le mit en colère, mais je devais protester.

    Non, je ne peux pas ! Le prince Sting a toujours été comme un frère pour moi ! Je ne peux simplement pas me marier avec lui, Père ! m'exclamai-je.

    Il semblait énervé, très énervé. Je savais ce qu'il allait dire... « Qu'importe ! Il est prince, oui ou non ? Il deviendra ton époux, et tu le considéreras comme tel ! En plus, tu le connais depuis longtemps, je t'ai fait cadeau. » C'était exactement ce qu'il dit. Mon père était horrible... Il ne me comprenait pas. Personne ne me comprenait.

    De toute manière, il est déjà ici.

    Je sursautai. Comment ça, il était déjà là ?! Non, je ne pouvais pas le croire... Avait-il été trainé de force ? Ou bien... Etait-il comme tous les autres en fin de compte ? Je... ne pouvais tout simplement... pas le croire. Après le repas, on alla dans la salle où celui-ci se trouvait. Une fois entrée, je vis qu'il était accompagné d'un garde du corps sans doute. Je m'approchai de plus en plus de lui, et ce que je vis me choquai. Il affichait... Son visage semblait... triste ? Oui, il était triste. Tout d'un coup, mon esprit s'illumina, et je compris immédiatement. On lui avait sans doute dit que sa chère "sœur" allait se marier avec un parfait inconnu et souffrirait horriblement si ce n'était pas lui qui le faisait... Et ils avaint dû pimenter la dose. J'en étais certaine en vue du visage qu'il affichait.

    Je m'approchai de lui pour le saluer. Mais... C'était en cet instant que ma vie changea. C'était en cet instant que le destin m'avait joué un sal tour irréparable.

    * * *

    Un dragon avait débarqué dans le royaume qu'était Fiore. Il avait surgit si soudainement. Il était en train de ravager les maisons, les champs... tout. Il ravageait tout ce qui avait le malheur d'être dans son chemin. Son malheureux passage était en train de périr. C'était un gigantesque dragon noir, ses ailes étaient impressionnantes, ainsi que toutes ses marques, ses motifs, ses griffes, ses dents pointues. Il ravageait tout. Le roi s'approcha d'une des fenêtres du château pour comprendre ce qu'il se passait. Ne s'attendant pas à voir ce qu'il vit, le roi fut tellement surpris et effrayé en même temps, qu'il en fit presque une crise. Ses yeux étaient écarquillés. Ce qui attira l'attention de la princesse Lucy et du prince Sting. Ils furent choqués également. Lucy paniqua intérieurement, ne voulant pas montrer de faiblesse. Le dragon noir se trouvait devant le palais, il donna un coup violent dans l'une des tours du château et celle-ci tomba, il en fit de même pour une autre. Il détruisait tout. Il allait s'apprêter à détruire la partie du château où il y avait le plus de personnes. Là où se trouvait la famille royale. Lucy ferma les yeux, et Sting la prit dans ses bras, comme pour la protéger. Le dragon prépara son attaque ; un hurlement. Il gonflait les poumons qu'il devait avoir sans doute et hurla d'une force phénoménale. Lucy ferma les yeux et cria, s'arrachant presque les cordes vocales. Elle ne pouvait plus cacher ça. Elle était quand même devant un dragon tel que... Tel que le diable. Une seconde, deux secondes, trois, puis quatre, puis cinq, puis six, sept, huit, neuf... Rien. Rien ne s'était passé. Ce qui était impossible en vue de la puissance du monstre. Lucy ouvrit un œil, puis deux. Elle se leva, se détachant de l'emprise de Sting. Et malgré les protestations de celui-ci, elle s'approcha de la fenêtre. Sting hurla pour qu'elle arrête ses pas et revienne vers eux. Elle savait que c'était dangereux mais une étrange force l'attira vers cette fenêtre. Elle était devant celle-ci. Elle s'y pencha, touchant un rebord à moitié détruit, le bois tombant au sol. Elle regarda dehors et écarquilla les yeux.

    * * *

    Ce que je vis m'étonna, me choqua, même plus. Le dragon était au sol et était mis K.-O. Il y avait quelqu'un. Quelqu'un devant celui-ci. Un homme avec cape... Non, c'était lui qui avait fait ça ? Il avait tué un tel dragon mesurant sans doute vers les 100 mètres ? Cet "homme" se retourna, regardant vers le haut. Nos yeux se croisèrent et je vis l'éclat de tristesse dans ses prunelles. Il devait souffrir horriblement. Nos yeux ne voulurent plus se lâcher. J'étais comme figée par son regard. Je plongeais à l'intérieur de lui. Ses yeux verts onyx me semblaient si beaux.

    Cet homme décida d'arrêter notre échange et se rapprocha du château. Il prit les escaliers et monta. Je reculai immédiatement de la fenêtre. Mais il était bien trop rapide pour moi. Il était déjà arrivé. Il était devant nous. Mon père avait également vu ce qu'il avait fait. Il le regarda, apeuré, terrifié. Cet "homme"... Qu'allait-il nous faire ? Pourquoi nous avait-il sauvés ? Qu'était son but ? Qui était-il ?

    Il enleva sa cape, laissant apparaître son visage, ainsi que tout son corps mal vêtu. Je pense que mon cœur s'était arrêté de battre en cet instant. Il avait d'étranges cheveux roses étrangement coiffés. Mais ce n'était pas ce que j'avais aperçu en premier. Il avait des cornes. Ses cornes... Ses marques sur son corps... Ses ailes... Tout de lui... Tout le prouvait. C'était un démon. Un démon. Cette race que je détestais par dessus tout. La rage revint en moi, oubliant qu'il venait de nous sauver. Il s'approcha de nous. Ses yeux exprimaient une tristesse hallucinante. Son visage semblait ferme.

    Bon... Je vois que je suis arrivé à temps... J'ai au moins pu sauver la famille royale, dit-il dans un sourire et un soupir de soulagement.

    Je sursautai. Ce changement me laissa perplexe. Mon père s'approcha de lui, tout en prenant ses distances bien sûr.

    – ...Qu-que veux-tu ?... Comme récompense pour nous avoir tous sauvés, demanda mon père.

    Je pense que c'était une grave erreur de dire cela. Que pouvait bien nous demander un démon tel que lui ? J'en eus des frissons.

    Il me regarda. Ses yeux me transpercèrent, je déglutis. Je frissonnai encore ; je tremblais de peur. Mais je ne pouvais m'y échapper. Je ne pouvais échapper mon regard du sien. Mes yeux marron et ses yeux onyx semblaient ne faire qu'un. J'avais peur, mais j'avais l'impression d'être en sécurité. Je tremblais jusqu'à suer, mais mon cœur était reposé. C'était un étrange sentiment. Je contemplai le reste de son corps. Il était terriblement musclé. Il avait une écharpe avec des écailles de dragons comme motif. Sa tenue était plutôt pauvre, mais pas si horrible que ça. On pourrait même dire que ça avait son charme. Il avait quelques blessures sur son corps, mais rien de bien grave. C'était seulement ça, les blessures de son combat... ? Il était terrifiant. Je ne m'attardai pas plus sur ça pour retourner observer ses yeux. Ses yeux me semblaient familiers. Ils avaient une impression de tristesse. Encore. Il me regarda avec tant d'assurance. Lisait-il dans mes pensés ?

    Il me pointa du doigt pour je ne sais quelle raison. Mais... Attendez ! Il me pointait en réponse à mon père ?

    – J'aimerais épouser votre fille, déclara-t-il, son expression devenant neutre.

    Mon père écarquilla les yeux, moi de même. Sting voulut protester mais n'en fit rien. Le démon avait vraiment l'air terrifiant, et semblait plus que ferme. Je pense qu'il n'allait pas changer d'avis. Mon cœur battait d'une vitesse folle, tellement j'étais effrayée. Et, après de longues minutes, mon père finit par accepter. Il n'avait pas d'autres choix de toute façon... Mais même s'il y en avait un, mon père ne s'y attarderait pas éternellement pour me sauver.

    J'avais peur, c'était vrai. Surtout que c'était un démon. Je haïssais les démons du plus profond de moi. Mais celui-ci... ne semblait pas comme celui qui avait assassiné ma chère mère. Alors, finalement, malgré la peur, malgré la haine, malgré la tristesse, malgré le passé, malgré l'amour, malgré moi, j'acceptai également. Mais mon visage ne semblait pas du même avis en vue de l'expression qu'il affichait. Il fallait donc que je m'en aille le lendemain. Je devais d'abord vivre avec lui... J'étais terriblement dégoutée, mais à la fois soulagée. Soulagée de quitter ce lieu. Cet endroit où tout le monde me méprisait. Je ne savais même pas pourquoi il voulait m'épouser.

    Ma vie est, et restera un éternel cauchemar.

    Après tout, la vie n'était pas un conte de fée.

    * * *

     Je me levai et me préparai, j'enfilai la même robe lavée que je portais le jour précédant. Ma vie était horrible. Mais je pense que j'étais à moitié heureuse de quitter ce château où tant de tristesse y était rassemblé. Mais quelque chose me disait que ça devait être un peu pareil chez ce fameux démon. Je pris donc mes valises et sortis du château. Mon père était dehors et m'attendait, il me salua et me fit un au revoir comme si je ne reviendrai plus jamais. Ce qui eut l'occasion de me donner des frissons. Je me dirigeai vers un autre lieu. Là où se trouvait Sting et son garde du corps, je lui dis au revoir et il me prit dans ses bras en versant une larme. Depuis la mort de ma mère, il était la personne en qui j'avais le plus confiance. Il était comme le frère que je n'avais jamais eu. Mais on allait devoir se séparer. Encore.

    Un véhicule se précipita vers nous. C'était un carrosse. Deux cheveux le tiraient. Un homme en sortit, accompagné d'une femme. Ces deux-là semblaient parfaitement normaux. Ils semblaient humains. Peut-être même étaient-ils humains. L'homme devait avoir un peu moins de la vingtaine ; à peu près mon âge, juste un peu plus je dirais. Il avait de courts cheveux ébène légèrement ébouriffés, moins que le monstre que l'on avait vu hier. Il était même plutôt élégant et beau. Il avait des yeux sombres. Cette personne était musclée et portait un joli costume noir et blanc. La jeune femme avec lui devait avoir mon âge. Elle avait de longs cheveux bleus lisses et légèrement ondulés, allant jusqu'à son imposante poitrine. Ses yeux étaient d'un bleu sombre et profond. Elle portait une ravissante robe de la même couleur que ses cheveux et ses yeux, ayant également quelques accessoires. Elle était également belle. Elle se rapprocha du jeune homme comme pour signifier qu'il lui appartenait. Mais ce n'était pas par signe de défie ou de jalousie qu'elle le fit. Elle me sourit même d'un sourire angélique sincère.

    Ils me choquèrent. Je ne pensais pas que ce serait des gens normaux, d'un ennui humain, qui viendraient me chercher. Étaient-ce des gens vivant avec le démon ? Comment faisaient-ils ? C'était impensable pour ma petite personne. L'homme fit une révérence en mon honneur et m'invita à prendre place dans le carrosse. Je pris donc place et ils montèrent également. Le jeune homme qui était le cocher, rejoignit la place qui était sienne et nous partîmes. Mais étais-je naïve de croire qu'ils faisaient partie de ma race ? De mon humanité ?

    Je jetai un dernier bref coup d'œil au château avant que nous ne soyons assez loin pour que le gigantesque bâtiment ne soit plus qu'une minuscule miette de pain.

    * * *

    Nous arrivâmes après quelques heures de routes. Nous nous sommes arrêtés devant une maison plutôt grande, en bois solide, je n'en doutais pas. Elle avait une allure magnifique, elle était chaleureuse aussi. Je sortis du véhicule. Le cocher et la jeune femme en firent de même. Une jeune femme sortit de la maison, se dirigeant vers nous. Elle avait de courts cheveux blancs et des yeux bleus océans. Elle possédait de simples formes moins imposantes que la bleue mais avait un visage adorable. Cette fille avait hérité d'une beauté pure comme parfaite. Elle était ravissante, comme la longue robe bleue clair qu'elle portait. Elle affichait un magnifique sourire et s'approchait de plus en plus de nous.

    Grey, Juvia, commença la jolie jeune fille avec un sourire. Bon retour. Vous avez fait bon voyage ?

    Alors voici les noms des deux compagnons. Durant le voyage, pas un mot n'a été dit entre eux et moi. J'aurais pu croire qu'ils étaient muets s'ils ne s'étaient pas échangés quelques paroles. La jeune fille à la mystérieuse chevelure bleue se dirigea vers la blanche, pour la prendre dans ses bras. Elles étaient heureuses de se revoir. Le fameux Grey s'approcha également de la fille qui devait être son amie. Il sourit en les voyant si heureuses. Je pensais que c'était seulement le fait de s'être retrouvées après ce long voyage. Malgré cette possibilité, je sentis autre chose. Ils devaient vivre une vie heureuse, et ça devait le réjouir. Ça devait tous les réjouir. Après tout, ils avaient des amis, ils étaient ensemble. Je ne connaissais ça que par Sting. Peut-être cela m'est déjà arrivé autre part... ?

    Lisanna, je suis tellement heureuse de te revoir ! s'exclama Juvia, sans doute.

     Elles semblaient si heureuses. Leur regard en disait tant... Elles s'aimaient. L'amitié était réellement une bonne chose. Cependant, elle ne gâtait pas tout le monde. Deux amies qui se retrouvaient, même après un court instant était toujours quelque chose de magnifique. Je me demandais si elles voudront d'une fille comme moi. J'étais si... normale, banale. J'étais même inintéressante. Personne ne voulait de moi. On me rejetait car je n'étais pas comme les autres. Même Sting ne m'avait jamais réellement comprise. On était tous humains, mais on était tous différents, il fallait accepter les autres, et les autres t'accepteront. Malheureusement, il y avait une exception.

    Moi. Lucy Heartfilia, la princesse de pacotille du royaume de Fiore. Celle qui rejetait le monde. Celle où le monde la rejette.

    Et ces filles... Elles ne me ressemblaient en rien. Rien. Elles avaient l'air aimables, gentilles, attentionnées, et j'en passe. Elles étaient si humaines. Elles ne me ressemblaient pas du tout. Alors jamais je ne pourrai vraiment m'entendre avec elles. Elles ne me dégoutaient pas. Mais peut-être que je les dégoutais. Elles ne m'énervaient pas. Mais peut-être que je les énervais.

    Moi aussi Juvia.

    La fameuse Lisanna avait répondu un peu trop rapidement à la bleue à mon goût. Mais je remarquai pourquoi. Peut-être que ça m'avait dégoutée, je ne savais pas. Ça m'avait peut-être attristée. Je ne savais pas. Ça m'avait mise en colère ? Peut-être bien. Je pense que ça m'avait un peu interpellée, mais je ne pensais que pas que ça m'ait demandé plus d'attention que ça.

    Elle avait remarqué ma présence.

    Elle leva la tête et se détacha des bras réconfortants de son amie. Elle avança à pas lents, comme si elle hésitait d'avancer, de peur, de crainte, ou de timidité. Elle se mit devant moi. Elle me détailla de la tête au pied. Ses jolis yeux se baladaient, ils cherchaient peut-être quelque chose. Je me demandais quoi. Je me demandais ce qu'elle faisait. Pourquoi m'observait-t-elle de la sorte. N'étais-je pas assez bien à son goût. Avais-je l'air trop horrible pour elle ? Cette fille aurait elle construite une facette d'elle. Une fille souriante, heureuse, gentille et belle, cachant la pire des créatures. Elle me regardait encore. Me détaillant, voulant peut-être entrer en moi pour y découvrir tous les secrets que je renfermais ? Mais je savais que malgré tous les efforts du monde, personne ne pourrait y parvenir. Même pas cette étrange créature devant moi. Elle fronça les sourcils, comme pour réfléchir, puis, elle me fit une petite courbette et me tendit sa main tout en me souriant chaleureusement. Une partie de moi s'apaisa.

    Bonjour, vous devez être la princesse Lucy ? Enchantée, je suis Lisanna.

    Sa main était toujours tendue vers moi. J'hésitai à la saisir. Pourquoi ? Je n'en savais rien moi même, alors comment pouvais-je y répondre ? Cette fille avait l'air gentille après tout, alors pourquoi hésiter ? Pourquoi étais-je ainsi ? Pourquoi ne saisissais-je pas sa main normalement, comme une personne normale ? Peut-être étais-je anormale malgré tout. Après courte réflexion, je saisis sa main et la serrai légèrement contre la mienne.

    Sa main était douce, tendre, accueillante. C'était comme un doux échange. Un échange de nos pensés. La mienne était plus tendue, hésitante, tremblante. Tout le contraire d'elle. C'était normal en y réfléchissant un peu. Elle, avait tant d'assurance alors que moi, faible âme détruite juste à cause d'un malheureux démon.

    Démon...

    Je me demandais comment allais-je m'en sortir. Comme pouvais-je échapper à ce démon destructeur qui me donnait une étrange chair de poule. Cet homme qui m'effrayait. Je ne savais plus quoi penser. Devais-je apprendre à aimer un monstre ? Je ne pense pas que j'y arriverai, même si je restais avec lui toute ma vie.

    C'était impossible que je tombe amoureuse de lui, c'était impossible. Je n'aimerai jamais un démon. Cette créature était horrible, abominable, assoiffée de sang et de vengeance. Je ne savais même pas s'ils avait besoin d'amour. Même s'ils savaient ce que c'était. Je ne m'y étais jamais posée la question. Rien que de penser à cette race me donnait une forte envie de vomir. Il y a tant de questions qui trottent dans ma tête à présent. J'aimerai les poser à la fille devant moi, mais je n'y arrive pas. Je ne peux pas. Aurais-je l'air trop curieuse ? Horrible ?

    Les démons pouvaient-ils avoir forme humaine ?

     Suis-je bête. Pourquoi me posais-je cette question. J'étais idiote de me demander ça, c'était évident. Mais... Je disais ça, sauf que... Je ne savais guère si je le disais parce que c'était trop évident que ce ne soit pas le cas... ou le contraire ? Non. En réalité, je me demandais seulement pourquoi prendre la peine de me poser ce genre de question. Un démon restait démon, quelle que soit l'apparence qu'il portait.

    Je suis également enchantée.

    Heureusement, elle ne l'avait pas remarquée. Elle n'avait pas regardé mes yeux. Elle n'avait juste fait que de sourire comme une enfant ayant un nouvel ami. Si elle les avait regardés, ou même, juste pendant une demie seconde... Elle l'aurait vue. Elle aurait vu cette lueur dans mes yeux. Cette lueur que chaque être espère ne jamais voir. Cette lueur que chaque être espère ne jamais revoir. Une lueur aveugle. Une lueur amère. Une lueur de dégout, d'incertitude, de malhonnêteté, d'égoïsme. Cette lueur qui apparaissait si rarement et si souvent dans mes yeux. Cette lueur qui me permettait de m'échapper, de me sauver au loin, sans que personne ne puisse m'y contraindre. Une lueur que j'espérais jamais ne revoir. Ou plutôt... Jamais ne laisser réapparaître dans mes yeux chocolat. Car... c'était quelque chose d'horrible, d'amer. Une chose que ma mère m'interdisait de faire. Mais ma mère n'était plus... Elle n'était plus de ce monde. Alors pourquoi devrais-je écouter les paroles d'une décédée ? J'avais le droit de faire apparaître cette lueur noir comme le mal. Après tout, Lisanna ne l'avait pas remarquée, et j'espèrais qu'elle ne le remarquera jamais. Car cette lueur apparaitra de nombreuses fois dans ces yeux qui ressemblaient tant à ceux de Layla Heartfilia.

    Un mensonge.

    * * *

    Après avoir rencontré cette Lisanna, on entra dans la maison qui devait être celle du démon et de ses amis. D'ailleurs... Je ne connaissais toujours pas le nom de ce démon. Il devait être horrible, comme son propriétaire. Ou du moins un ancien nom. Un nom de démon, peut-être n'en avait-t-il pas ? C'était probable. Mais même s'il n'en avait pas, ses amis lui en auraient donné un. Mais je pensais tout de même qu'il avait une identité.

    On entra donc dans la gigantesque maison. Je me demandais combien de personnes abritait-elle ? Cette bâtisse était faite en bois. Elle avait quatre parties, dont un étage, même s'il était une sorte de triple étage, et un étage avec trois parties. Il y avait également un rez-de-chaussée et un toit qui devait contenir une cave. Vu de l'extérieur, mais chaque pièce était étrangement grande. Les décorations de l'extérieur étaient superbes. De l'intérieur, la première partie semblait immense. Il y avait plusieurs meubles, tables, chaises etc. Mais tout était en bois. Il y avait aussi d'autres matières par ci, par là... Mais ça ne se remarquait qu'à peine. Les décorations d'intérieur étaient juste magnifiques. Les dessins sur les murs, les tableaux, la matière des murs, les petits objets et accessoires qu'ils avaient fabriqués eux-même...

    Cette maison était juste incroyable à en couper le souffle.

    Oh, vous êtes de retour ?

    Une voix s'interposa entre moi et ma contemplation de ce "palace". Cette voix était sombre, mais enjouée en même temps. Je voulus connaître la personne qui avait une telle manière d'utiliser les mots. Elle m'intrigua, elle me disait tant et peu de choses en même temps. Il fallait que je connaisse le visage de la personne avec une voix si particulière. Je me tournai en direction de la voix.

    Je pense que je regretterai ce geste pour toujours.

    Dès que j'aperçus cette fameuse personne, mon cœur se figea. Je ne remarquai même pas la petite créature bleue à ses côtés. Ma tête se mit à tourner, j'en eus des frissons dans tout le corps. Je pense que je regrettais la vue du démon en cet instant. Mes lèvres tremblaient, elles tremblaient de peur et de tristesse. Mes yeux ne supportant plus cette abominable vue, se refermèrent. Mon cœur ne voulant toujours pas rebattre, ma bouche ne voulant toujours pas respirer, mes poumons ne me permettant plus de faire cela, je m'évanouis. La peur, la tristesse et la crainte. La crainte n'étant pas absente. L'absence de vie dans un corps. Un corps sans visage. Un visage manquant. Un manque sans cœur. Un cœur sans vie. Une vie envolée. Un vol volant l'âme. Une âme sans joie. Une joie de peur.

    Je venais de voir l'homme sans visage.

    * * *

    Lorsque je me réveillai, mon premier reflexe était de me relever immédiatement sans prendre la peine de reprendre des forces. Ce que j'avais vu était resté gravé dans ma tête. Je ne remarquai même pas que j'étais allongée dans un lit. Cet endroit devait sans doute être ma chambre, mais je ne m'en rendis pas compte tout de suite. Je ne remarquai pas non plus la jeune fille assise à mes côtés. Enfin, je ne la remarquai pas jusqu'à ce qu'elle m'appela. Elle avait prononcé mon nom avec une telle douceur que mon cœur se calma. Il s'apaisa en moi. Je me rassis sur le lit et contempla la beauté de la créature à mes côtés, me demandant si son apparence était aussi apaisante que sa magnifique voix d'ange.

    Ses cheveux, ils étaient si longs. Ils l'étaient encore plus que les miens, et il fallait dire que j'avais de très longs cheveux blonds. Mais elle... Elle avait une chevelure blonde ayant presque la même taille qu'elle-même, et avaient énormément de volume. Ils étaient également ondulés, plus clairs, plus brillants. Ils scintillaient presque. L'air semblait les porter en vue du volume. Elle portait aussi des accessoires en forme d'ailes au dessus de ses oreilles. Sa robe était longue et sa couleur était d'un rose si clair que c'en était presque blanc. Il y avait également une partie plus rose et du bleu sur sa robe. Elle avait aussi un nœud plus rose accroché autour du cou, allant avec la robe. Elle portait de jolies boucles d'oreilles or. Ses yeux étaient verts comme des émeraudes étant plus beaux et scintillants. On pouvait même y lire une lueur d'espoir et de vie en eux. Ils scintillaient réellement, brillaient de mille feux. Il y avait de la joie, mais au plus fin fond d'elle, je pus y voir de la tristesse profonde et pure.

    Princesse Lucy, pourquoi vous êtes-vous évanouie ?

    Elle me demanda cela comme si elle ne connaissait pas la réponse, toujours avec sa belle voix enchantée tout droit sortie d'un compte de fée. Mais j'étais certaine qu'elle n'était pas sûre de sa question. Elle avait même hésité avant de la poser. Elle me regarda d'un air innocent et adorable. Je me demandais qui était-elle. Pourquoi ne se présentait-elle pas à moi ? Quelque chose me disait qu'il y avait quelque chose que j'aimerais lui demander, mais je n'arrivais pas à mettre la main dessus. Ça semblait plutôt être une choses importante, mais malgré tous mes efforts, je n'arrivais pas à m'en souvenir, c'était bien plus fort que moi.

    Elle me regarda d'un air amusé, et décida de répondre à sa question par elle-même. Ce qui n'était pas de refus, je ne pouvais pas en parler. Elle sourit et ferma les yeux, comme pour se rappeler d'un souvenir heureux.

    Mon nom est Mavis Vermillon.

    Mavis... Quel joli nom. Il lui convenait plutôt bien. Il me faisait penser aux oiseaux... Je supposais que c'était ce que cela signifiait. "Petit oiseau". Ou bien, me tromperais-je... ? Après tout, qu'est-ce que j'en savais. Je trouvais simplement que c'était un joli prénom pour une jolie jeune fille. C'était vrai, elle était petite, je venais de le remarquer. Elle devait avoir un peu moins de la quinzaine en apparence. Mais qu'en était-il pour l'âge ? Si elle n'était pas humaine, alors elle... Tout d'un coup, la question de tout à l'heure me revint à l'esprit. Peut-être était-ce une chose inutile, peut-être que non. L'aura qu'elle dégageait était... magique. Elle scintillait d'une manière étrange... Elle brillait vraiment.

    Était-elle réellement humaine ?

    C'était une étrange question. Mais il y avait bien un démon ici, non ? Alors pourquoi pas une autre sorte de créature ? Mais celle-ci avait l'air bienveillante.

    – Je suis une fée.

    Une fée... Avait-elle lu dans mes pensées ?  Ou bien était-ce la fin de sa présentation ? Le lui demander serait peut-être impoli ? En tout cas, elle avait dit être une fée. Elle était l'une de ses petites créatures magiques. Mais sa taille était semblable à celle d'une humaine de treize ans. Elle était définitivement adorable et mignonne. Elle avait de la magie en elle. Je pense que si j'étais capable d'utiliser la magie, je remonterais le temps et empêcherais ce démon de tuer ma chère mère que j'aimais tant, bien plus que mon royaume.

    Mais pourquoi ne parlait-elle pas de cet homme ? De ce jeune homme sans vie n'ayant pas de visage. Elle sourit et regarda dans une autre direction. Elle semblait être en plein songe. Un songe merveilleux. J'aimerais le connaître. Elle me regarda à présent dans les yeux. Ses yeux éprouvèrent alors une tristesse infinie malgré le sourire qu'elle affichait. Elle ouvrit la bouche pour commencer à parler, inspira légèrement pour se préparer à un long monologue, mais, après réflexion, s'arrêta et referma doucement sa bouche quelques secondes plus tard en expirant très légèrement. Elle se leva et se dirigea vers une petite commode et y prit un livre. Je ne pus voir ni le titre ni la carrure du livre car elle le serrait légèrement contre elle. Elle se rapprocha de moi et se rassit à sa place d'origine. Elle me sourit, les yeux fermés.

    "Zeref" est le titre du livre que je tiens entre mes mains.

    Zeref. Je me souvenais de ce nom. Il était l'homme le plus cruel, le plus abominable et le plus puissant du monde, se servant d'une magie noire et dévastatrice. Ma mère me lisait souvent des livres à son sujet et me consolait à chaque fin de lecture, m'expliquant diverses choses. Mais pourquoi me parlait-elle de cela ? Pourquoi me parlait-elle de lui ? Et, surtout, pourquoi avait-elle un tel livre ?

    L'homme que vous avez vu tout à l'heure, c'était lui.

    L'homme que j'avais aperçu tout à l'heure était Zeref ? C'était idiot, elle venait de me le dire, alors pourquoi est-ce que j'hésitais ? Pourquoi n'en étais-je pas certaine ? Sûrement parce qu'il n'avait pas de visage. Bien sûr qu'en réalité, il en avait un, évidement. Mais son visage... n'avait pas de vie, il n'éprouvait rien. Il n'affichait aucune expression. Rien. Comme s'il était mort. Peut-être était-ce le cas. Peut-être était-il mort mais son corps continuerait de fonctionner. Cette pensée me donna des frissons et la peur qui s'était évadée de moi grâce à cette fée revint de plus belle. Ma peur augmenta. Rien que de penser qu'un tel homme existait... me peinait. Peut-être était-ce de la pitié ? Non... J'en étais profondément touchée. Comme si... la même chose m'arrivait. Comme s'il avait causé des problèmes et qu'il ne s'en remettait toujours pas. Je ne pouvais pas la croire. Mais le ton dont elle l'avait dit, et l'assurance dans ses yeux... Je ne pouvais que la croire.

    Une fée ne mentait jamais, tout comme il ne fallait jamais dire jamais. Il y avait un début à tout. Même à la fin.

    Il ne faut pas croire ce que disent les livres, il n'est pas méchant. Il a tout simplement commis une erreur, mais c'était pour le bien d'une vie.

    Je ne compris pas ce qu'elle me dit. Commettre une erreur pour le bien d'une vie ? Comment cela était-il possible ? Malheureusement, ce n'était pas moi qui pourrait y répondre. Un être tel que moi n'était rien comparé à tous ceux qui m'entouraient, ils avaient l'air bien plus confiants et forts que moi. Dans tous les cas, elle me disait que ce Zeref n'était pas méchant. Elle devait dire vrai puisqu'elle savait de quoi elle parlait. Elle ne me dirait pas cela sinon. Je commençais peu à peu à la connaître.

    Une fée. Mais ses yeux n'avaient rien de féérique. Ni tous ses faux sourires. Elle était mélancolique, peinée. Tout simplement. Pourquoi donc ? Pourquoi une fée serait-elle triste ? Pourquoi une créature qui répondait le bonheur était atteinte de malheur ? Tout cela était contradictoire.

    Il est tout simplement maudit, elle marqua une pause en me souriant tristement. Tout comme moi.

    Ses paroles m'atteignirent. C'était comme si la personne que j'avais aimée toute ma vie m'insultait. C'était un peu la même impression, je supposais. Mon cœur s'était attristé. Je venais de comprendre une partie de l'histoire. Était-elle maudite... à cause de lui ? Ou bien...

    Je ne comprenais pas réellement tout.

    Après une courte discussion avec cette fée de son fameux livre et tous les mensonges qu'il renfermait, je me levai pour découvrir un peu cet endroit. La fée en fit de même et s'envola. Je venais de voir à quoi ressemblait ses ailes, et elles étaient magnifiques, magiques. Elles étaient grandes mais pas grosses. Elles étaient fines, transparentes, brillantes, étincelantes, pointues. Elle prit son envole et s'en alla. Moi je marchai simplement, ne sachant pas faire de magie ou quoi que ce soit d'autre. Je partis contempler cette fabuleuse maison...

    * * *

    Cette maison était juste réellement fabuleuse ! Tous les étages étaient intéressants, la décoration, l'aménagement, les meubles... tout. J'avais particulièrement aimé la bibliothèque où j'y étais restée plutôt longtemps. Les livres qui s'y trouvaient parlaient de fantastiques et de merveilleuses histoires et réalités. Je m'emportais à chaque lecture. Chaque livre, chaque dialogue, chaque phrase, chaque mot et chaque lettre m'emportaient dans l'histoire. Que ce soit vrai ou faux. Que ce soit une fiction ou une réalité. J'aimais lire depuis toute petite, je lisais souvent avec Mère. Et c'était toujours de bonnes histoires mises à part celles de Zeref.

    En parlant de Zeref, je me demandais comment allais-je faire pour vivre sous le même toit que lui. Mais si tout ce que cette Mavis m'avait dit était vrai, alors je ne devrais plus avoir peur de cet empereur du démon. Même les démons auraient trop peur devant lui. Tous les démon, sauf celui qui habitait ici. La preuve, il habitait justement avec Zeref.

    Je me promenai encore un petit peu. Mais alors que je traversais le couloir du deuxième étage pour emprunter le chemin qui me menait à ma chambre, une petite créature bleue avec ailes me barra la route en passant par le même chemin, sans le vouloir. C'était un petit animal ailé. Un chien ? Un oiseau ? Un chat ? Un félin ? Un dragonnet ? Qui sait. Peut-être même était-ce un être encore inconnu pour la race humaine.

    Mais il y avait quelque chose. Quelque chose de pire. D'atroces frissons parcoururent mon fin corps. Je me mis à trembler. Je commençais à avoir peur.

    J'avais déjà aperçu cet animal bleu auparavant.

    Je l'avais déjà croisé. En réalité, je n'y avais pas prêté attention et je ne l'avais pas remarqué au début, mais... Ce "chat", si je puis dire, était en compagnie de l'homme maudit. L'homme qui s'en était sans doute pris à la fée. L'homme qui répondait le malheur. L'homme dont je venais juste à peine de penser.

    Je voulais bien sûr parler de Zeref.

    Je priai pour que Zeref n'était pas avec la bête bleue. Qu'il n'était pas derrière lui, qu'il ne le suivait pas, qu'il ne le poursuivait pas. Qu'il ne passait tout simplement pas par là.

    Mais je suppose qu'une personne comme moi ne pourra jamais voir ses prières exaucées. Pourtant, c'était mon seul souhait. Le souhait dont j'ai toujours prié. C'était étrange. Je priais un souhait. Et ce souhait demandait de m'accorder une prière. Juste une. C'était étrange, mais c'était tout ce dont je désirais. J'aimerais que la vie ne soit pas tout le temps contre moi.

    Mais j'avais tort. Tort de penser que peut-être, un jour, une fois, ma prière serait entendue par Dieu. Mais Dieu existait-il vraiment ? L'on ne m'apprenait pas ce genre de chose lorsque j'étais enfant. Mais ma mère me disait que Dieu existait. Elle y croyait, alors j'y croyais. Mais je n'y croyais plus.

    Zeref suivait bel et bien l'animal.

    La vie n'était pas un conte de fée, alors pourquoi espérer ?

    Mon cœur se figea. Ma respiration fut plus saccagée. Je transpirais d'une anormalité particulière. Son corps sans visage se trouvait encore près de moi. Je tremblais. Son visage n'affichait toujours aucune trace de vie. On pourrait le croire mort si son corps ne se déplaçait pas normalement. Telle une personne bien en vie. Il était vêtu d'un étrange accoutrement sombre, noir. C'était une sorte de longue robe noire avec bordures dorées. Une toge blanche qu'il attachait en nœud et le bout lui allant comme un cape au dessus de son épaule gauche enroulait la "robe" noire.

    Des vêtements d'une autre époque.

    Ses cheveux et ses yeux étaient sombres, très sombres. Sûrement les plus noirs de ma connaissance, et peut-être même plus... ? Quoi qu'il en soit, il était là.

    Il prit l'être bleu et le porta jusqu'à son épaule. Les ailes blanches de la "chose" disparurent. Il sourit. Zeref le regardait et lui souriait également. C'était un sourire... Il n'y avait pas vraiment de mot pour le dire. Il y avait un bon fond. De l'amour, de la joie, de la tendresse, de l'amitié. Mais il y avait également une expression de vide.

    Était-il réellement humain ?

    Je détestais le don que ma mère m'avait donné, laissé, fourni. Une sorte d'héritage. J'avais hérité d'un don tout particulier. Celui de connaître toutes les émotions d'une personne. Du plus certain, banal, au plus profond et inimaginable. Juste en un regard, je pouvais percer les yeux d'un autre. Toutes ses émotions ne pouvaient plus avoir de secret pour moi. Même une personne bel et bien heureuse. Une personne s'amusant avec ses amis. Rigolant, jouant avec eux.

    Même ce genre de personne pouvait être triste.

    Il était vrai que leurs yeux éprouvaient une joie aveuglante, mais une personne comme moi ne le voyait pas de la même façon. On pouvait y lire de la tristesse. Même une faible trace, une faible lumière. Mais chaque être humain contenait de la tristesse, même un minimum. Même avec une faible parole, je pouvais comprendre

    Était-ce un don du ciel ? Ou des enfers ?

    Quelqu'un était-il comme moi ? Une autre personne pouvait-elle lire toute émotion dans les yeux d'autrui ? Il fallait dire que j'en aurais presque pitié. J'aurais pitié de la personne qui pouvait me ressembler. Son monde serait bien triste et horrible.

    La pitié était une chose que personne n'avait envie de voir dans les yeux d'un autre.

    Je n'avais pas envie que quelqu'un ait pitié de moi, ça me dégouterait. Alors je pensais que je ne devrais pas avoir pitié moi non plus. Non. Je n'aurai pitié de personne. Je n'avais pas envie que quelqu'un ait pitié de moi. Mais, réussirais-je ? Réussirais-je ces deux affirmations ? Je n'en savais rien moi-même.

    Zeref arrêta l'échange qu'il offrait à sa bête. Il arrêta de sourire. Son visage parut étonné. Depuis tout à l'heure il était de côté à moi. Et je le regardais. Il déglutit.

    Son visage se pencha vers ma direction. Lentement, doucement. Les quelques secondes me parurent une éternité. Mais qu'avait ce garçon ? Sa vie était-elle si frustrante ? Je ne le comprenais pas vraiment.

    Mais il me regardait. Non, il me contemplait. Il parut interloqué. Il devait sans doute se demander pourquoi une princesse telle que moi restait-elle près d'un homme maudit par le destin. Qui savait.

    – Princesse... Lucy...

    Il avait prononcé ces mots avec une douceur dont je n'aurais jamais pu croire de la part de l'empereur du mal. Ses yeux avaient changé. Sa bouche, son corps, tout également. Son expression aussi.

    Il y avait de la vie.

    Mais étrangement, ce n'était pas celle que j'appréhendais. Pas celle que je voulais apercevoir. Non. Il y avait de la culpabilité. Son visage semblait soudainement attristé. Ses lèvres tremblaient. Ses joues devinrent rouges. Il frissonnait. Son cœur était comme brisé. Ou peut-être réparé ? Ses yeux étaient grands ouverts. Des frissons parcoururent son corps.

    Il le voulait. J'en étais certaine. Il voulait comme se le cacher devant moi. Mais il le voulait. Malgré tous les efforts qu'il pourrait utiliser, il n'y arrivera jamais. Il n'arrivera pas à le cacher, c'était trop flagrant. Surtout devant moi.

    Alors, sans qu'il ne me dise quoi que ce soit. Sans qu'il ne fasse quoi que ce soit. Une douceur envahit son corps. J'avais couru. C'était comme s'il allait mourir si je ne l'avais pas fait. C'était drôle de dire ça de l'empereur du mal. L'homme qui ne mourait jamais. L'homme immortel. L'homme éternel. Mais il fallait que je le fasse. Je ne pouvais pas le supporter. Je n'en pouvais plus. J'avais couru vers lui. Je m'étais mise en face de lui d'une vitesse hallucinante. Ça le perturba. Il était encore en train de se retenir. Je n'en pouvais plus.

    Je le pris dans mes bras. Mes bras frêles, fragiles et faibles. Ceux d'une douce femme. Alors pourquoi avais-je les bras ainsi ? Même mon corps tout entier. Gentille, douce, adorable, belle, attentionnée, souriante... Tout ceci n'était qu'une facette de moi. Je n'avais pas envie d'arriver à ma perte. Pas comme ma mère. Étais-je égoïste ? Certainement.

    Mais je ne pouvais pas le laisser là à se retenir. Ca lui faisait mal. Très mal. Et ça me faisait mal aussi. A cause de ce maudit don... Je n'avais pas pitié de lui, au contraire. Je n'aurais jamais pensé l'homme le plus sombre du monde aussi faible. Faible ? Non, il n'était pas faible. Il était même très fort. La preuve était devant moi. Il se retenait.

    Je le serais très fort dans mes bras. Il était assis sur ses genoux, alors j'étais accroupie. Et je le prenais dans mes bras, mon odeur dut l'envahir. Je me demandais à quoi il pensais en ce moment. Je ne pus voir son visage, alors je ne savais pas. Ma tête était sur son épaule étrangement chaleureuse. Tendue peut-être.

    Ne vous retenez pas... ! Zeref, ne vous retenez plus...

    Je ne saurais dire quelle expression exactement s'était emparée de son visage. Tout ce que je savais, c'est qu'il semblait choqué, étonné. Son corps se crispa. J'étais certaine qu'il ne pouvait plus se retenir. C'en était de trop. Pendant combien de temps cela avait-il duré ? Avait-il souffert toute sa vie ? Mais alors, quelles étaient toutes ces rumeurs à son sujet ? Des bobards ? Ou bien est-ce à cause de cela qu'il souffrait en ce moment ?

    Il souffrait, et souffrira encore longtemps sûrement. Mais pour le moment, je pensais que j'allais tout simplement lui servir d'appui. Lorsqu'il se sentira faible, il n'aura qu'à venir vers moi. J'absorberai sa peine, et je souffrirai à sa place. C'était tout ce dont je méritais. Une égoïste comme moi ne devrait pas s'en plaindre.

    Le corps de Zeref tremblait. Je soupirai, et souris faiblement, très faiblement. Je sentis une goutte sur mon épaule. Puis deux, trois...

    Il avait évacué sa peine. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas fait ?

    Il pleurait.

    * * *

    Je ne savais pas combien de temps nous étions restés ainsi, mais il en avait réellement besoin. Besoin d'un soutien. On ne pouvait pas resté mort toute sa vie ? Il avait versé beaucoup de larmes. J'aimerais aussi pleurer avec lui, mais je n'avais pas envie d'être faible, je ne serai plus faible. Je ne montrerai aucune faiblesse. Alors je ne pleurerai pas. Je ne pleurerai plus.

    Il décida enfin de se séparer de moi. C'était comme un poids qui s'était soulevé. Mais j'y avais vu de la lumière.

    La petite chose bleue qui nous regardait depuis tout à l'heure, n'osant pas trop s'interposer, s'approcha. Je pouvais mieux le voir à présent. Il s'agissait d'une sorte de mi-chat, mi-dragon avec ailes blanches qu'il venait de redéployer juste après cette étreinte.

    Tu... Tu as... pleuré ? Zeref ?

    Maintenant, les animaux pouvaient parler ? Apparemment. Mais bon, il existait bien des dragons, des démons, des fées parlant. Alors pourquoi pas un chat ? Il était vraiment tout bleu. Sauf sur son ventre où c'était blanc. Ses yeux étaient ronds. Tout ronds, et noirs. Il avait une très longue queue. Il semblait étonné, très étonné. Sa voix était féminine, comme celle d'un petit enfant.

    Comment réagirait "tu sais qui" si je le lui racontais ?

    "Tu sais qui" ? De qui parlait-il ? Une autre personne ? Mais combien de monde abritait cette gigantesque maison ? Je ferais mieux de demander. Comme ça je ne serai plus surprise de rencontrer de nouvelles personnes. Mais je pensais que je les dérangerais plus qu'autre chose en leur demandant quelque chose, quoi que ce soit. Alors j'allais me taire. Pour le moment.

    Zeref lança un regard voulant dire tant et peu de choses à la bête bleue. Il se ré-intéressa à moi, me regardant, bouche entrouverte, et les yeux légèrement plissés et compréhensifs.

    Encore cette question.

    Tout ce qui était dit sur lui dans les livres étaient en fait de fausses informations ? Vraisemblablement.

    J'avais tant de questions à lui poser, mais rien ne voulut sortir. J'avais beau essayé de parler, prononcer une phrase, un mot, une syllabe, une lettre. Rien. Même pas un son. C'était comme lutter contre soi-même. Mais d'une manière horrifiante.

    Princesse Lucy... Vous... Vous... il semblait réfléchir, ne sachant pas quoi dire ou même, ne sachant pas par où commencer. Merci.

    Merci. Un simple merci. Mais ce simple merci... resta gravé dans ma tête. Il résonna, et ne voulait plus partir. Comment dire... Qui aurait cru qu'il pouvait remercier ? Ou même, connaître ce genre de mot. Et puis... les personnes qui me disaient merci aussi sincèrement... étaient si rares. Je ne pus m'empêcher de sourire en guise de réponse. Ça me remplissait de joie. Peut-être même, était-ce la personne la plus sincère de toute cette maison ? Mais quelle relation entretenait-il avec la fée ? Et avec le démon ? D'ailleurs, où était le fameux démon d'hier ? Je ne l'avais pas vu depuis mon arrivée. Était-il sorti ? Me jouerait-il tour ? Me ferait-il une sorte de surprise comme faisaient les gamins pour surprendre quelqu'un à son anniversaire et lui offrir la plus belle des surprises ? Mais à quoi est-ce que je pensais ? Tout cela était impossible, mise à part la première proposition que je m'étais faite.

    De rien, Zeref. Mais vous savez, vous pouvez me tutoyer.

    J'avais dit cela simplement. Comme si c'était la chose la plus simple à dire. Mais pourtant... Une fille de mon rang ne devrait pas dire ce genre de chose. Je ne le connaissais pas, et je lui proposais de me tutoyer. Si Père était là, alors je pense que je serais bonne à une série d'explications sur le royaume et le peuple qu'il consitituait. Cette simple pensée me fit sourire.

    Père n'était pas ici.

    Il était vrai qu'il n'y avait pas que des inconvénients en ce lieu. Peut-être même m'y plairai-je ? Qui sait.

    Au début, il contestait mon idée, mais, j'avais tant insisté, qu'il ne pouvait qu'accepter. Je ne savais pas pourquoi, mais... 'étais bien ici. Cette maison paraissait de plus en plus accueillante.

    Alors... il déglutit. Toi aussi, tu peux me tutoyer.

    Ce que j'attendais arriva. Je pouvais le tutoyer. Je pouvais enfin tutoyer quelqu'un. Mon Père, le Prince Sting, les servants, les domestiques, les cuisiniers, les habitants du royaume, même ma Mère... Je les avais tous vouvoyés. J'étais une Princesse, et mon devoir est d'être polie comme toute fille qui se respectait. La première personne que je tutoyais, et sûrement pas la dernière. Je comptais bien tous les tutoyer dans cette maison, et ce sera de même pour eux. Je l'espérais. J'espérais vraiment qu'ici, ce ne sera pas comme chez moi.

    Après une bref discussion avec Zeref, même si je n'avais eu aucune autre information utile, je décidai de descendre. Zeref ne me dira rien de toute façon. Mais il me sembla qu'il connaissait bien la fée. Tout ce que j'appris était en fait une confirmation à mes suppositions. Zeref n'était pas du tout comme ce que les contes racontaient. Il était plutôt sympathique en fait. Même si je pensais que ça ne durera pas assez longtemps. C'était simplement parce qu'il avait pleuré. Mais j'étais certaine que dans quelques jours ou peut-être même demain, il allait redevenir comme avant, oubliant le court passé que l'on avait conçu. Le détruisant, s'en moquant, l'arrachant. Mais peut-être qu'avec moi, tout cela réapparaitrait ? Ce passé de nous deux, lui, faisant déborder ses sentiments, et moi, le consolant. Peut-être qu'il s'en souviendrait juste en me regardant ?

    Je me demandais quel était le pire. Penser que cela soit possible, ou voir à quel point j'étais égoïste.

    Je descendis vers l'étage principal. J'étais dans les escaliers, je les descendais d'une lenteur étouffante. Autre personne me voyant en ce moment aurait perdu patience. Mais moi, je voulais profiter de chaque minute, chaque seconde, chaque marche de la vie. Même s'il y avait énormément de marches, je les descendrais une par une, profitant de chacune d'entre elles. Chaque marche représentait un moment de ma vie. Chaque marche représentait l'un de mes sentiments. Chaque marche représentait plusieurs de mes mensonges. Chaque marche représentait plusieurs de mes souhaits et prières. Chaque marche me représentait. Chaque marche représentait mon temps. Alors j'aimerais vivre mon avenir.

    Mais mon présent se brisa lorsque la porte s'ouvrit en grand, me faisant sursauter.

    Ma tête se tourna en direction de celle-ci. J'étais quasiment arrivée en bas. Une tête blanche que je ne connaissais pas avait passée la barrière invisible que produisait une porte. Elle ressemblait étrangement à l'ancienne tête blanche que j'avais vue il n'y avait pas si longtemps dans la journée. Lisanna, je crois. Mais c'était une étrange ressemblance. Elles se ressemblaient, mais elles ne ressemblaient pas. C'était un étrange sentiment, et une étrange sensation.

    Elle avait une longue robe noire aux bordures blanches et accessoires en forme de nœud. Ses cheveux étaient longs et blancs, lâchés, lui allant jusqu'au bas du dos. Ses pointes étaient ondulées, ce qui lui donnait un air encore plus angélique qu'il ne l'était déjà. Deux de ses mèches étaient mises en avant. Elle avait également une partie de ses cheveux sur son front. Sa peau était plutôt pâle, mais lui allait vraiment bien. Ses yeux étaient bleus océan. Son corps était parfaitement formé, et elle était plutôt grande de taille. Elle devait avoir dans la vingtaine.

    Jamais je n'aurais pu voir femme plus belle.

    Son visage semblait toujours souriant. On aurait dit un ange. Mais ses yeux qui pétillaient montraient bien le contraire. Après tout, il y avait bien un démon, une fée, un mage noir... Alors pourquoi pas autre chose ? Un elfe ? Non. Peut-être. Mais sûrement pas.

    Ils sont de retour ! se mit-elle à crier.

    Sa voix, même en criant, était magnifique. Elle était très féminine et s'accordait avec son apparence. Mais ce qu'elle avait dit m'interpella. Après tout, pas seulement l'extérieur ne comptait, mais l'intérieur. Si l'on ne se méfiait pas, notre vie pourrait y rester. Cette fille pourrait bien cacher quelque chose qu'elle ne montrait pas de l'extérieur.

    Je revins à ses mots. De retour ? Qui était de retour ? Le démon ? Mais pourquoi "ils sont" ? Y avait-il quelqu'un d'autre avec lui ? Cela devait être également un monstre. Un monstre aussi horrible et terrifiant que lui. Sinon, qui le pourrait ? Un autre démon avec d'horribles cornes et d'horribles ailes. Un monstre sans pitié qui n'éprouverait aucun sentiment. Je ne le savais pas. Mais c'en était certain. Néanmoins, je n'en étais pas vraiment très sûre. Une part de moi me disait de ne pas être aussi horrifiée par ce démon. Il m'avait tout de même sauvé la vie, ainsi qu'une bonne partie des habitants près du château et du village à proximité de celui-ci. Mais ceci était-ce la bonne chose ? Aurais-je préféré mourir ?

    La jeune femme s'avança vers la pièce en face de l'entrée. Elle fit tourner sa tête de droite à gauche. Elle semblait chercher quelqu'un. Ou plutôt, elle semblait chercher une présence. Elle pencha sa tête vers le haut, je me baissai automatiquement pour qu'elle ne m'aperçoive pas. Mais il était trop tard, elle m'avait vue. Je pensais qu'elle voulut monter, mais la porte de la pièce d'à côté en décida autrement en laissant passer une jeune femme aux cheveux bleus, suivie d'une aux cheveux blancs, ainsi qu'un jeune homme aux cheveux ébènes. Les trois personnes de tout à l'heure. Juvia, Lisanna et Grey.

    Ils sont de retour ? Ça ne fait pourtant que depuis hier, dit la jeune fille aux cheveux océan.

    Hier ? Sûrement juste après être parti de chez moi. Un démon avait des ailes. Il avait dû s'en servir pour revenir rapidement chez lui et repartir.

    Oui, mais tu sais, ils sont rapides, répondit Lisanna.

    Personne n'eut le temps de parler, que la porte qui venait d'être ouverte par la magnifique jeune femme se rouvrit en grand par un coup de pied. Je m'attendais à voir deux monstres. Le rose et son compagnon. Malgré tout, je ne savais pas trop comment expliquer mon ressenti, lorsque la porte s'était ouverte en y laissant entrer deux personnes. Un homme accompagné d'une fille entrèrent. Le démon était avec une fille ? Je plissai les yeux pour mieux voir.

    C'était comme un regret. Une sorte d'humeur qui nuisait à la perte et qui baissait. Pourquoi ? Je ne savais pas. J'étais même triste. Mais je ne savais pas si j'avais déjà connu ce sentiment de tristesse. Mais était-ce réellement de la tristesse ? Je ne savais pas. Je savais que ce n'était pas un bon sentiment, quelque chose contraire au bien, à la bonne humeur. Je le savais, mais je ne voulais pas me l'avouer. Pourquoi ? Je ne savais pas non plus. C'était un sentiment de tristesse que je ne voulais plus ressentir. C'était un sentiment de tristesse que je ne pensais plus ressentir. Pourquoi ? Je ne savais pas, toujours cette réponse. Je n'en savais rien. Je me posais des questions, mais je ne savais pas. Je ne pouvais pas savoir, je n'y arrivais pas. Je ne savais tout simplement pas.

    Mais c'était faux. Je savais. Je le savais. Peut-être même un peu trop.

    J'étais déçue.

    Déçue de voir ce que j'ai vu. Je ne savais même pas pourquoi je l'étais. Pourquoi étais-je déçue ? Je devrais plutôt être réjouie, non ? Ce n'était pas le démon qui avait franchi la porte.

    C'était un homme grand et très musclé à la longue chevelure noire, comme une crinière. Il avait quelques piercings et un bandeau noir et blanc sur la tête. Ses vêtements étaient noirs et gris. Le métal était la texture de ses accessoires. Ses yeux étaient rouges. Il devait avoir dans la vingtaine. Sa carrure était vraiment impressionnante. Mais ce qui me choqua le plus était la personne qui l'accompagnait.

    C'était une jeune fille frêle et fragile, un peu comme moi. Une humaine, je me le demandais. Elle était plutôt petite ; elle devait faire environ une tête de moins que moi. Ses cheveux bleus ondulés devaient lui arriver jusqu'au haut du dos, mais ils étaient retenus par un bandeau orange accompagné d'une fleur. Elle portait une robe orange plus foncée que son bandeau, et très courte. Un nœud blanc autour du cou ainsi que d'autres accessoires du même genre l'accompagnaient. Elle avait également des manches toujours oranges avec bordures en ruban, qui partaient du bas de ses épaules. Ses yeux marron étaient ravissants. Elle devait être plus jeune que moi.

    C'était une adorable jeune fille. Elle était très mignonne et innocente. Complètement à l'opposé de son partenaire : lui était imposant, et semblait n'avoir peur de rien, au contraire d'elle. Ça devait être lui qui effrayait les autres.

    Je m'approchai petit à petit. Je descendis les marches une à une, un peu plus vite que tout à l'heure. J'étais curieuse. Cette fille me ressemblait. Elle me ressemblait, mais je ne savais pas en quoi. Je ne le savais pas encore, mais si je descendais les marches, je le saurais peut-être. Si je descendais ces marches, alors le futur se présentera à moi.

    Ils souriaient. Ils étaient comme heureux de se voir. Ils parlaient de tout et de rien. Ils parlaient comme si plus rien n'existait. Étais-je invisible ? Ils parlaient tranquillement devant la porte d'entrée. Étaient-ils fous ? Personne ne faisait cela, voyons. Pourquoi n'entraient-ils pas ? Question idiote demandait réponse idiote. Je crus comprendre que l'homme s'appelait Gajeel.

    La jeune fille bleue leva la tête. Elle m'avait vue. Elle cessa de sourire et se dirigea vers moi.

    Je le savais. Cette fille avait quelque chose que les autres n'avaient pas. Elle me ressemblait. Mais en quoi ? Pourquoi est-ce que je ne le trouvais pas ? Était-ce moi qui serais folle ? Peut-être.

    Mais non, cette fille me ressemblait plus que les deux filles à la chevelure blanche ne se ressemblaient. Ce n'était pas en apparence. Mais on était similaires.

    Elle afficha un sourire beaucoup trop adorable, mais sincère. Cette fille était réellement mignonne. Mais pourtant, il y avait quelque chose. Une chose. Je ne savais pas quoi, mais il y avait une chose. Une chose qui l'attristait. J'avais peut-être envie de l'aider. Peut-être bien.

     Bonsoir. Tu dois être la princesse Lucy ? Enchantée, je suis Levy McGarden. Mais surtout, ne me vouvoie pas ! J'espère que tu te plairas ici.

    Ses quelques paroles m'avaient choquée. Jamais, au grand jamais l'on ne m'avait parlé ainsi ! Cette fille, j'allais bien m'entendre avec elle. Elle m'avait tutoyée dès ses premières paroles, et m'avait parlé très familièrement. J'aimais beaucoup les gens comme elle. Ouverte à tout le monde. Elle devait s'entendre avec toutes les personnes qu'elle avait dû rencontrer. Elle souriait vraiment beaucoup. Son sourire était éclatant et toujours adorable. Dommage que ses yeux ne soient fermés durant son sourire, j'aurais pu deviner si ses paroles étaient sincères elles aussi.

    Enchantée Levy. J'espère aussi.

    J'avais répondu très simplement. Mais ça me plaisait. J'espérais que je pourrais parler d'une manière plus libre, comme elle. M'entendre avec tout le monde. Aimer tout le monde. Même les monstres.

    Elle rouvrit ses yeux, ce qui lui donna un air joyeux.

    En le temps d'une seconde, je crus voir qu'elle me souriait tristement. Mais la seconde d'après, elle reprit son sourire énergisant. Peut-être avais-je rêvé ?

    Tu sais, toi et moi on se ressemble énormément.

    Elle le pensait aussi ? Elle me l'avait dit si simplement, alors que moi, je n'arrêtais pas de me poser la question. Ce qui me tourmenta.

    Mais en quoi nous nous ressemblions ? Je me le demandais encore.

    On aime toutes les deux la littérature à ce que j'ai entendu ! On aime les mêmes activités et passions. On a même le même âge.

    C'était donc cela. Apparemment, on aimait les même choses. On avait le même âge ? Jamais je ne l'aurais cru si elle ne me l'avait pas dit. Elle semblait si jeune. Elle avait donc 17 ans. Étrange.

    Mais le plus étrange, ce n'était pas cela. Je me demandais s'il n'y avait que ça. Seulement ça. L'âge et les hobbies. Néanmoins, je finis par penser que je ne devais pas trop m'éterniser là-dessus.

    Je lui souris en guise de réponse. Je m'attendais également à un sourire comme elle l'avait si bien fait avant. Mais ce n'était pas ce qu'elle fit. Son regard se baladait entre l'espace et le temps. Elle songeait, et affichait un sourire des plus tristes.

    Nous sommes toutes les deux humaines.

    Je me figeai.

    Comment ça ? Que voulait-elle dire ? Qu'il n'y avait que nous comme humaines ici ? Pourquoi cela ? Grey, Juvia, Lisanna, "Gajeel" et l'autre fille blanche semblaient humains aussi. Alors pourquoi ? Pourquoi me disait-elle cela tout d'un coup ? Nous étions humaines, et ? Je ne comprenais pas.

    Tout le monde parlait. Mises à part moi et Levy. Le vent entrant par la fenêtre faisait voler mes longs cheveux blonds attachés sur le côté par un ruban rose et ses cheveux bleus retenus par un bandeau orange avec fleur rose comme accessoire dessus. Tout le monde chahutait. Mais un blanc vide se plaça entre elle et moi. C'était comme si les cris, les paroles, les rires n'existaient plus. Ils s'en allaient avec le vent et sortaient par la fenêtre pour ne jamais revenir.

    Taisez-vous !

    Une femme, descendant des escaliers, réclama le silence. Tout le monde se tut, comme effrayé. Ils avaient peur. La bleue devant moi faisait exception : elle n'affichait toujours rien, comme blasée.

    La personne qui avait ordonné de se taire était une surprenante jeune femme. Ses cheveux étaient longs, lisses, et de couleur rouge écarlate, lui allant jusqu'au bas du dos. Ses yeux étaient marron. Son visage semblait ferme et autoritaire. Elle était vraiment belle et possédait une très jolie apparence comme sa carrure. Mais ce qui me choqua le plus devait être l'armure qu'elle portait. Son accoutrement était gris avec symboles dorés et noirs. Elle portait également une jupe et de très longues bottes. Elle devait avoir plus ou moins la vingtaine.

    Elle se retourna vers moi et me regarda. Je ne savais pas pourquoi, mais d'un œil, je ne pouvais pas lire en elle. Avait-elle un œil artificiel ? Sans doute, mais de l'autre, je pus voir d'énormes sentiments flagrants, et une autre envie, comme de mystère ou de résolution.

    Levy a raison, Princesse Lucy. Je me présente, je me nomme Erza Scarlett, enchantée de faire votre connaissance. Je suis une nymphe.

    Au début, je trouvais sa présentation bien plus que banale. Mais quelle personne banale dirait qu'elle était une nymphe ? D'ailleurs, elle ne ressemblait pas du tout à une nymphe ! Pourquoi une nymphe porterait-elle une armure ? Ça ne voulait rien dire !

    Et lui, elle me montra Grey. Il s'appelle Grey Fullbuster, et c'est un homme de glace.

    Jamais je ne l'aurais deviné. Jamais je ne l'aurais su. Il paraissait si normale. Alors pourquoi n'était-il pas humain? Pourquoi n'était-il pas comme moi ?

    Elle, elle me montra Juvia. Elle se nomme Juvia Lockser, et c'est une sirène.

    Elle non plus, jamais je ne l'aurais cru. Comment était-ce possible ? Une sirène ? Les apparences devaient être plus qu'aveuglantes !

    Elles, elle me montra la paire de têtes argentées. Ce sont les sœurs Strauss. Lisanna, la cadette, celle avec les cheveux courts est un ange. Et Mirajane, l'ainée, celle avec les cheveux longs est un démon. Mais pas réellement. Elles utilisent une magie de Take Over. Une magie qui peut prendre le contrôle d'un être. Lisanna d'un ange et Mirajane d'un démon, justement. C'est dans leur nature.

    Ça de même. Surtout ça. Je ne l'aurais jamais cru. Cette fille, Lisanna, était en fait un ange ? Et l'autre, Mirajane, un démon ? Et elles étaient sœurs ? Mais pourquoi prendrait-elle le contrôle d'un démon ? Pourquoi utiliserait-elle une magie de démon ? Peut-être n'était-ce pas voulu.

    Et lui, elle me montra le brun musclé. Il s'appelle Gajeel Redfox, c'est un dragon. Un dragon d'acier.

    Dragon.

    Ce mot résonna dans ma tête. Comment pouvait-il être un dragon ? Sa forme actuelle était bel et bien celle d'un humain. Et il était un dragon ? D'acier ? Était-il comme l'autre ? Celui qui avait ravagé mon entourage, le château. Celui qui était la cause de ma présence ici. Je ne le pensais pas, puisqu'il était accompagné d'une humaine, apparemment.

    Donc, seule cette fille était humaine ici. Et maintenant, moi aussi. J'allais dire quelque chose, mais la porte d'entrée se rouvrit pour la septième fois de la journée, sans réellement compter.

    Tout le monde se retourna vers celle-ci. Le démon entra. Je le savais, c'était le démon d'hier. Il portait une grande cape noir qu'il venait de baisser. Ses cheveux roses et ses yeux verts émeraude étaient également là. Maintenant que je le voyais de plus près, je pouvais voir qu'il était plutôt beau. En dépit qu'il était un démon, bien sûr.

    Une petite fille l'accompagnait. Elle avait de très longs cheveux bleus foncés attachés en deux couettes hautes. Ils devaient sans doute lui arriver jusqu'aux genoux. Ses yeux étaient bruns. Elles portait une courte robe verte, le haut étant légèrement jaune. Le haut du dos était nu. Elle portait des sandales rouges. Elle avait comme une sorte de bracelet en or en dessous de son épaule droite. Elle devait avoir la douzaine. Ce qui me choqua le plus était de voir à quel point cette petite fille était mignonne.

    Elle... C'est Wendy Marvell, une dragonne céleste, me présenta Erza.

    Je déglutis. Très étonnant. Beaucoup trop étonnant. Comment une aussi adorable petite fille pouvait être une dragonne ? Un dragon. Encore un autre.

    La petite fille me sourit, et se dirigea vers Mirajane, le sourire ne lâchant pas ses lèvres. Elle était enthousiaste. Mirajane la regarda en lui souriant également de son beau visage.

    Alors Wendy, ça s'est bien passé ? demanda justement celle-ci.

    La petite Wendy afficha un gigantesque sourire et rougit.

    - Oh oui ! On a tué les monstres parce qu'ils ne voulaient pas arrêter de faire du mal, ils ne voulaient rien entendre ! J'en ai eu trente-deux. C'était super ! En plus, j'ai pu rendre visite à Roméo !

    Mes yeux s'écarquillèrent. De la sueur sortit de ma peau. Cette petite fille... avait tué. Certes, c'était des monstres. Mais elle avait quand même tué. Elle avait sali ses jolies petites mains toutes douces. Elle m'effrayait maintenant. Elle était également un monstre. Alors, pourquoi ?

    Oh ? Je vois. De toute manière, ces monstres n'auraient jamais dû exister... répondit Mirajane dans un sourire triste.

     Cette lueur d'amertume ne voulait étrangement pas la quitter. La fille devant elle pencha sa tête sur le côté, l'air interrogateur. Juste adorable. Elle se reprit par la suite.

    – Roméo ? Vraiment ? C'est bien d'être amoureux. Il devait être content de te voir, et toi aussi.

    Je me rembobinai ses précédentes paroles. Comment ça, ils n'auraient jamais dû exister ? Je ne comprenais vraiment rien. Et cette petite fille était allée voir son amoureux ? A ce que j'avais compris, ils s'aimaient tous les deux. Elle continuait de sourire et de parler de tout ce qui s'était passé comme si elle racontait ses vacances au bord de mer.

    Je remarquai que le démon avait disparu. Je ne savais pas trop quoi penser. Devrais-je être heureuse ? Ou au contraire, triste ? Je ne savais vraiment pas quoi penser, et je décidai de m'en aller aussi. Je pris un chemin que je n'avais jamais emprunt. Je montai tout en haut, dans la partie la plus haute de l'étage. Je montai ensuite dans ce qui devait être un grenier. Non, j'avais tort.

    Ce n'était pas un grenier. C'était une pièce large et accueillante. Il y avait un lit et plusieurs matelas. Des affiches et beaucoup de meubles. Le motif de la décoration était le feu.

    J'entrai dans cette pièce, et l'explorai un peu. Le vent entrait paisiblement à l'intérieur, et je pouvais respirer un air frais et doux. Mes fins cheveux se baladaient avec cette atmosphère. Ils se promenaient, se rencontraient, chantaient, dansaient.

    C'était une agréable sensation.

    Quelque chose interpella mon attention. Il y avait une photo posé sur une petite table. Je m'avançai vers celle-ci, et pris la photographie dans mes petites mains fragiles. Je pouvais y voir deux petits garçons. L'un devait avoir la dizaine, l'autre devait être plus jeune, mais dépassant les cinq ans. Le petit garçon le plus grand avait des cheveux noirs corbeau et des yeux de la même couleur. L'autre avait des cheveux roses saumons et des yeux verts brillants. Ils semblaient heureux et étaient adorables et mignons.

    Que faites-vous ici ?

    Je me retournai, reconnaissant faiblement la voix, toujours la photo en main.

    Le démon se tenait face à la porte et me regardait d'un air dont je ne saurais décrire. Je reposai la photo à sa place, chose qu'il remarqua. Comment cette pièce pouvait être la sienne ? Oui, maintenant j'en étais sûre. Cette pièce était la chambre du démon. Elle était pourtant si accueillante et charmante. Étais-je naïve à ce point ?

    Ne vous en faites pas, je vais m'en aller.

    J'étais apeurée. J'avais vraiment peur. Pas parce que j'étais devant un démon, mais parce que j'étais seule avec lui. Je me dirigeai vers la sortie, lui, se trouvant juste devant celle-ci. Je marchais d'un pas voulu vite. Mais je n'arrivais pas. Je n'y arrivais pas. J'étais comme bloquée, et mes pas furent lents. J'étais juste à côté de lui, je pouvais sentir son souffle. Je frissonnai et arrivai enfin dans le seuil de la porte. J'étais rassurée et je soupirai de soulagement. Enfin, j'étais libérée.

    C'était moi sur la photo.

    Il prononça cette phrase juste au moment où j'allais franchir la porte. Et bien sûr, je m'arrêtai net. Cela m'intrigua, et je me retournai vers lui, une once de curiosité dans les yeux. Défaut qui pouvait m'être fatal. La curiosité était un vilain défaut, je le savais, mais ça ne m'empêchait pas de contredire cette règle.

    Il y a plus de 100 ans, moi et Zeref avions pris cette photo.

    Il... y avait plus de 100 ans ? C'était impossible. Avec Zeref ? Mais pourquoi donc ? Malgré la peur, la terreur, la tristesse, l'angoisse et l'incertitude, la curiosité remporta. Je m'avançai vers lui, à pas lents, mais pressés. Je me retrouvai près de lui. Je n'avais jamais été aussi proche de cette personne. Mais je ne comprenais pas le rapport avec Zeref. C'était lui sur cette photo avec l'homme maudit, il y a de cela plus de 100 ans.

    Il y a plus de 100 ans, moi et mon grand frère Zeref étions vraiment très proche.

    La phrase resta gravée dans ma tête. Zeref était son frère. Son grand frère. Comment n'avais-je pas pu faire la liaison ? Tout se mettait en place dans ma tête. Je comprenais à présent. Mais il y avait une chose que je ne compris pas. Pourquoi avait-elle été prise il y avait plus de 100 ans ?

    Le jour où nous avions pris cette photo fut le jour du décès de mes parents, causé par un dragon. Ce jour-là, je n'y avais pas échappé non plus. La mort m'avait emporté.

    Comment. Comment ? C'était impossible. Était-il en train de se moquer de moi ? Il ne pouvait pas être mort puisqu'il était là, devant moi, en ce moment même. Alors il serait mort, mais vivant en même temps ? Tout cela était un peu contradictoire. C'était beaucoup trop compliqué pour moi.

    Je suis mort il y a plus de 100 ans. Mon frère ne voulait pas y croire, et a tout fait pour me faire revivre, gardant mon corps d'enfant avec lui. Mais malgré tous ses efforts, il n'y parvint pas. Sept ans plus tard, il décida d'utiliser une magie plus puissante. Il alla voir Mavis, la fée qu'il avait aidée quelques temps plus tôt et la personne dont il était amoureux. Malgré plusieurs protestations de celle-ci et insistance de l'autre, elle finit par lui dire comment s'emparer de la magie la plus puissante. Un an après, il réussit à s'en emparer. Mais avec ses idées et sa conscience qui le poussait à faire revivre un mort ainsi que la quantité de magie obscure, il devint maudit, et éternel. Pourtant, il ne le savait pas. Il alla rejoindre la fée Mavis, et, sans le vouloir, lui transmit le surplus de magie noire qu'il avait, et elle devint également maudite et immortelle. C'est à ce moment là qu'il s'en rendit compte. Au début, elle n'éprouvait que de la haine envers lui, mais ne pouvait se résoudre à le détester toute l'éternité. Elle l'aimait elle aussi. Mais ils ne se le sont jamais avoués. Zeref créa sans le vouloir, des monstres meurtriers et démons dû à sa magie. Mais 100 ans plus tard, le 7 juillet 777, il réussit à me faire revenir à la vie, mais en tant que démon. Finalement, je me dis qu'il aurait dû me laisser mort, sa vie serait bien meilleure. Zeref et Mavis m'ont chacun raconté leur version de l'histoire, c'est pour cela que je suis au courant de leurs sentiments.

    J'étais choquée. Jamais je n'aurais cru cela possible. J'ai pensé que... J'ai pensé tant d'horribles choses sur eux. Sur lui. Ce démon était en fait humain. Il était humain, il avait été humain. Il pensait donc, comme tel. Mais pourquoi vouloir m'épouser ? Que gagnerait-t-il ? Il n'était pas le monstre que je pensais qu'il était. En plus de cela, son cauchemar avait commencé le 7 juillet 777. Comme moi. Nous n'étions pas si différents en fin de compte. Peut-être apprendrais-je à l'apprécier malgré son apparence ?

    Et puis, cette fée, Mavis. Je comprenais maintenant sa tristesse. Comme Zeref. Zeref, l'homme sans vie, l'homme sans visage, l'homme maudit, l'homme qui n'avait pas su tourner la page.

    Vous savez Princesse, je vous ai toujours observée.

    Mon esprit qui s'était mis à divaguer et à penser, s'arrêta. Je le regardai, l'air incompréhensible et étonné sur le visage. Que voulait-il dire par là ? Il m'avait toujours observée ?

    Lorsque je suis devenu démon, ma première réaction a été de m'enfuir en volant. Je volais si vite. Je suis arrivé devant votre château. Et j'ai vu le démon qui avait tué votre mère, j'ai vu qu'il l'avait tuée. Et je vous ai vue, vous, petite fille pleurant aux bras de sa mère morte. Malgré mes 7 ans, j'ai tué ce démon qui voulait vous tuer vous aussi, à la suite de votre mère, en entrant par la fenêtre. Depuis ce jour, je vous observais, je voyais à quel point vous étiez triste et sans vie. A quel point vous vous forciez de sourire et de faire la princesse parfaite comme le voudrait votre père. J'ai commencé à m'attacher à vous malgré que l'on ne se connaissait pas, malgré que l'on ne se soit jamais adressé la parole. Votre sourire était si éclatant, mais pourtant, dans vos yeux, on pouvait y lire de la solitude et de la haine. Je savais que vous détestiez les démons. Et je comprenais. Mais ce n'était pas ce sont j'avais envie de vous voir dire. Ce n'était pas la chose... qu'une personne dans ma situation aurait envie d'entendre. Nous sommes tous des êtres vivants. C'était comme si... nous ne formions qu'une seule race. Et vous ne devriez pas vous haïr pour cela non plus. Alors, lorsque ce dragon vous a attaquée... cela m'a rappelé ma mort. Et comme je ne pouvais me résoudre à vous voir mourir, j'ai essayé de vous sauver. Mais je sais que jamais vous ne pourriez aimer un démon.

    Alors, tout s'expliquait. Tout. Dans ma tête, les rangements firent place. C'était donc lui qui avait tué ce démon. Je ne me souvenais pas des détails. Mais tout ce que je savais maintenant, c'était qu'il m'avait sauvé la vie, deux fois. Je n'aurais jamais cru, ni même pensé qu'un démon pourrait en tuer un autre. Moi qui les détestais. Je détestais les démons. Mais jamais je n'aurais cru que... qu'un être de cette race pourrait changer ma vie. Je me sentais idiote à présent. Idiote d'avoir haï cette race, alors que ce n'était qu'un parmi les autres qui avait commis ce crime. C'était comme si, un humain en tuait un autre. Je ne pourrais pas haïr les humains. Malgré le fait que je me haïssais. J'en viendrais par haïr tout le monde.

    Mais qui étais-je, moi, pour haïr quelqu'un ? Qui étais-je pour le faire ?

    Je compris mon égoïsme. Il ne fallait pas juger quelqu'un pour son apparence. On ne pouvait pas savoir ce qu'il pouvait bien être à l'intérieur. Nous étions tous des êtes vivants. Il était peut-être un démon, mais avant ça, il était un être vivant. Il était donc comme moi. Il faisait partie de ma race, ma famille. Et je l'avais haï, sans le connaître. Juste parce qu'il était démon. Mais les démons ne se ressemblaient pas forcément. Tout comme nous, humains, ne nous ressemblions pas. Et puis, lui aussi, aurait pu me détester, me haïr. Puisque je n'étais pas démone ou autre. Puisque que j'étais humaine. Il aurait également pu penser que j'étais horrible, la pire des créatures. Il aurait pu dire du mal de moi. Il aurait pu, mais il ne l'avait pas fait.

    Jamais, jamais personne n'avait jamais dit de telles choses sur moi. Jamais personne ne me connaissait réellement. Mais lui, lui, me connaissait. Il avait su. Il le savait. Il connaissait sans doute tout de moi. Il me laissa perplexe. Jamais personne... n'avait autant dit de véritables informations sur moi. En plus de ça, il avait remarqué que tous mes sourires et mes actes étaient faux. Toute ma gentillesse était fausse. Et il l'avait remarqué. Il savait que je détestais sa race. Mais il était venu me sauver une seconde fois.

    Pourquoi est-ce que je me haïssais déjà ? Parce que la vie ne m'avait jamais gâtée ? Le contraire était devant moi. J'avais pu rencontrer ce démon. J'avais eu cette chance. La chance de rencontrer quelqu'un qui me connaissait, quelqu'un qui me comprenait. Finalement, même si la vie n'était pas un conte de fée, elle n'était pas totalement contre moi.

    Je commençais à m'attacher à lui, je commençais à l'aimer. Je n'aurais jamais cru ça, mais je commençais réellement à aimer un démon. Déjà, le fait d'aimer quelqu'un. Serait-il un ami ?

    Mais... Il y a toujours un début à tout, non ? dis-je en guise de réponse tout en souriant sincèrement.

    Rare était le sourire que je venais de lui faire. C'était un vrai sourire, un sourire sincère. J'avais également quelques rougeurs sur les joues. Elles étaient roses, comme si j'étais heureuse.

    Il écarquilla les yeux. Il semblait surpris. Ses joues devinrent quelque peu plus roses. Il semblait surpris de voir un tel sourire de ma part. Ou peut-être était-ce les mots ? Il me sourit lui aussi. C'était un magnifique sourire. Comme lui.

    Il baissa les yeux, soupira faiblement et me regarda.

    Mon souhait est de redevenir humain. Je ne veux plus que, où que j'aille, les gens m'haïssent, me rejettent, se moquent de moi. Je ne veux plus être traité comme un monstre. Certains même, me frappent, m'insultent. Je ne veux plus de ça. Je ne veux pas leur faire de mal, alors je ne veux pas qu'ils me fassent du mal. Je sais qu'un jour, je ne pourrais plus retenir ma rage, ma colère envers eux. Mais je n'en ai pas envie. J'aimerais redevenir humain.

    A cet instant là, je fus attristée par les paroles d'un démon. Il m'attrista.

    Je ne savais pas comment réagir. J'étais triste pour lui, vraiment. Moi qui le traitais ainsi. Je regrettai tous mes dits et paroles, je regrettai tout. Je regrettai le jour où ma haine envers la démons naquit. Je me détestai d'avoir détesté les démons.

    Mais il y avait cette lueur. Une lueur dans mes yeux. Mes yeux scintillants et brillants après qu'il eut terminé ses paroles. Une lueur que je n'aurais jamais dû montrer. Confondre ou coïncidence ? Était-ce réellement ce que je pensais ? Non, j'en étais certaine. Jamais je ne penserais telle chose. Car je ne voulais pas que les gens pensaient cela de moi. Je l'avais déjà dit. On pouvait y voir une horrible lueur.

    Au début, il affichait une mine neutre, mais après avoir vu ma lueur, la lueur dans mes grands yeux marron, son visage se crispa et il semblait légèrement énervé.

    Je ne veux pas de ta pitié.

    Il m'avait dit ça d'un ton sec, en me tutoyant, ce qui me choqua. Jusqu'à maintenant, il ne faisait que me vouvoyer. Mais je comprenais qu'il pensais ça. Moi même, si quelqu'un m'aurait affiché ce visage, j'aurais cru cela. Mais non. Je n'avais pas pitié, je ne voulais pas avoir pitié. Pourquoi aurais-je pitié ? Je détestais la pitié.

    Je pense qu'il ne semblait pas comprendre. Si je ne le lui disais pas, il continuerait d'y croire. Croire à un mensonge, c'était ce qu'il y avait de pire.

    Ce n'était pas de la pitié... Je suis seulement inquiète.

    C'était une phrase sincère. Très sincère. Mon expression, mon visage le prouvait. J'étais sérieuse.

    Je me rapprochai de lui et me mis en face de ce démon. J'étais en face de lui et je le regardais droit dans les yeux, pour prouver mes paroles. Mes yeux brillaient de milles feux. Je veux lui montrer que j'étais sincère, que ce n'est que la stricte vérité. Mais je ne sais pas comment le lui prouver.

    Il semblait perplexe, un peu perdu. Il me regarda, ouvrant légèrement sa bouche. Il me regarda, l'air interrogateur, mais finit par me sourire.

    Moi aussi, je peux lire dans les yeux des autres. Leurs sentiments, tout ce qu'ils ne partagent pas aux autres dans leurs paroles.

    Je ne pris pas conscience immédiatement de ce qu'il venait de dire. Mais petit à petit, les informations me montèrent au cerveau. Un mot. Puis deux. Suivis de trois. Pour enfin arriver d'un quatrième.

    Il était comme moi.

    C'était tout ce que je compris. Il était tout à fait comme moi. Serait-ce comme une âme sœur ? L'âme sœur qui nous cachait bien des surprises. Il pouvait également lire les sentiments des autres juste en regardant quelqu'un dans les yeux. Je n'étais pas la seule à avoir ce genre de don, apparemment. Jamais je n'aurais cru que ce serait un démon.

    Il partit s'asseoir sur l'un des fauteuils de sa chambre. Je le rejoignis presque immédiatement. Il se mit à penser.

    J'aimerais savoir à quoi il pensait en ce moment. Ça devait être quelque chose de paisible en vue de son humeur. Il sourit, et se retourna vers moi. Je pus voir à quel point sa beauté dépassait toute humanité qui lui restait. Mais peut-être cela n'était-il pas une mauvaise chose. Les bonnes étaient souvent les mauvaises choses.

    Je m'appelle Natsu. Natsu Dragneel.

    Natsu. Quel joli prénom. Je n'aurais jamais cru qu'un démon pouvait avoir ce genre de nom. Peut-être si ce dit démon avait été humain auparavant ? Qui sait.

    Il y avait de cela quelques minutes auparavant, j'aurais imaginé son prénom tel que Lur ou Pyn ou même Thor.

    Natsu serait la dernière chose auquel j'aurais imaginé. Natsu signifiait été, et l'été était une magnifique saison où la plupart des gens pouvaient se baigner en y déposant délicatement leurs pieds un à un. Un prénom totalement à l'opposé d'un démon, mais pas à l'opposé de lui. J'aimais beaucoup son prénom. Ça le rendait encore plus humain qu'il ne paraissait pas être.

    Tu savais que ton prénom vient de Lux, qui signifie Lumière en Latin ? Tu es donc, comme la lumière qui éclairera ce monde sombre et remplit de ténèbres, Lucy.

    Alors maintenant il me tutoyait ? Pourquoi pas. J'aimais bien ça même.

    Cela dit, ce qu'il me dit me réchauffa le cœur. C'était si gentil et adorable. Personne ne pourrait résister à l'envie de sourire après tel compliment. Je ne savais pas que mon nom venait du latin, et encore moins qu'il signifiait lumière. Alors peut-être que de l'espoir pouvait naitre.

    Finalement, j'allais bien m'entendre avec lui.

    Je m'assoupis sur son épaule après une longue discussion avec lui. Il s'endormit également, l'air paisible et l'âme en paix, le vent caressant notre peau.

    * * *

    Ce n'était que le jour suivant que je me réveillai. Je m'étais endormie toute la nuit avec lui. Dès mon réveil, mon cœur battait d'une allure folle, et je rougissais légèrement.

    Je n'avais jamais dormi avec un garçon.

    Je me levai, et me précipitai vers ma chambre, pour me changer, et faire ma toilette. Je mis une robe verte avec bandeau vert et rubans. Cette journée sera peut-être amusante, qui sait ?

    Après un bon petit plat du matin, je partis à la bibliothèque où je retrouvai Levy. Je discutai beaucoup avec elle. Elle était ouverte à tout le monde. Ensuite, je rencontrai Juvia et Grey dans les couloirs, je leur parlai un bon moment de tout et de rien. Malgré qu'ils soient sirène et homme de glace. Je leur demandai si ce n'était pas trop compliqué, ils me répondirent que non. Ils m'avaient même annoncé qu'ils étaient mariés. Je comprenais mieux pourquoi Juvia tenait tant à Grey. Et vice-versa. Ensuite, après le déjeuner,  je rencontrai la petite Wendy accompagnée de Gajeel. Ils m'expliquèrent qu'ils n'étaient pas comme les autres dragons. Et je comprenais. Ils me dirent également qu'ils étaient frère et sœur, mais qu'ils avaient dû changer leur nom de famille. Wendy m'annonça qu'elle était actuellement avec un garçon nommé Roméo, du village voisin. Ensuite, je partis dans ma chambre pour me reposer un peu.

    Lorsque je sortis de celle-ci, je ne m'attendais pas à croiser Mirajane et Lisanna. La jeune femme aux longs cheveux blancs était toujours aussi belle. Elles me parlèrent de tout et de rien, comme quoi, elles connaissaient Natsu depuis qu'il avait onze ans. Ces filles me racontaient qu'Erza et Grey l'avaient connu lorsqu'il avait dix ans. Levy l'avait connu lorsqu'il avait un peu plus de dix ans mais pas tout-à-fait onze. Juvia l'avait connu vers ses quatorze ans. Gajeel et Wendy l'avaient connu à ses quinze ans. Il avait actuellement 18 ans, sans compter les années auxquels il ne pouvait plus bouger. Ses années de vide. Ensuite, je rencontrai Erza en empruntant les escaliers. Elle m'expliqua que la vie de nymphe n'était pas de tout repos, et également qu'elle devait protéger sa "famille". C'était pour cela qu'elle portait sans cesse une armure. Elle voulait protéger tous les habitants de cette maison. C'est-à-dire Grey, Juvia, Lisanna, Mirajane, Levy, Gajeel, Wendy, Mavis, Zeref, le mi-chat mi-dragon bleu, Natsu, et peut-être moi aussi. Il y avait treize personnes ici. Treize personnes vivant sous le même toit. La majorité étant des femmes. Ensuite, je dinai.

    J'allais me diriger vers ma chambre, mais je rencontrai  Natsu, ainsi que le petit être bleu. Natsu me présenta à lui, il s'appelait Happy, et c'était un Exceed. Une race qui m'était encore inconnue. Et ce Happy lui avait raconté le moment où Zeref avait laissé libre cours à ses sentiments débordants. C'était le moins que je pouvais faire. En plus, maintenant, je connaissais son passé. Parler avec Natsu me détendait réellement. Malgré l'apparence dur, il était bon. Il était vraiment plaisant et amusant. Avec lui, le mot rire était affiché sur tous les murs. Il était un garçon bien. Il avait d'abord été étonné, mais sourit aussitôt. Happy aussi était sympathique. En le regardant de plus près, on pouvait voir qu'il était mignon. Après discussion, je retournai me coucher. J'allais me plaire ici, en fin de compte.

    * * *

    Les jours passèrent. J'appréciais de plus en plus la compagnie de tous ces nouveaux amis. Oui, maintenant, je pouvais les qualifier comme amis. Je les aimais tous. Je m'entendais très bien avec Levy, comme je l'avais prédis. Elle était formidable. Elle aimait les livres énormément, tout comme moi, et nous partagions les même goûts. Elle était également très gentille. Mais je m'entendais très bien également avec Mirajane, Erza et Lisanna. Elles avaient toutes trois, leurs qualités spéciales. Mirajane, la plus douce et souriante. Erza, la plus attentionnée et forte. Lisanna, la plus gentille et ouverte. Je considérais Wendy comme la petite sœur que je n'avais jamais eue. Malgré le fait qu'elle ait un grand pouvoir tout comme son frère, elle était adorable. Son frère d'ailleurs, avait également un bon fond malgré les airs durs qu'il montrait. C'était d'ailleurs Levy et Wendy qui me l'avaient d'abord dit. Mavis et Zeref restaient à l'écart, mais je m'entendais bien avec eux également. Happy était devenu comme mon meilleur ami, je l'aimais profondément. Je n'aurais jamais cru qu'il était ainsi, aussi "heureux", déterminé, plaisant, franc, et plein de vie. J'appréciais beaucoup Grey, il était comme un frère pour moi, malgré son étrange habitude de se dénuder. Juvia, elle, était toujours souriante, mais elle montrait bien son amour pour Grey. Je l'aimais bien aussi. Elle savait ce qu'elle voulait, ce qui n'était pas mon cas.

    Je ne comprenais toujours pas mes sentiments envers Natsu.

    J'avais beau me le demander, redemander... Je ne comprenais toujours pas. Qu'est-ce que j'éprouvais à son égard ?

    Mon cœur palpitait à chaque fois que je l'apercevais. Mes joues s'enflammaient et mon intérieur était tout chaud. Ma respiration se saccageait. C'était comme si je ne pouvais pas respirer le même air que lui. C'était idiot, mais je ne pouvais pas nier cette émotion, comme une crainte, une peur, mais également un désir.

    Je ne savais définir cette sensation. Jamais je n'avais ressenti cela. C'était depuis notre première discussion. Depuis qu'il avait prononcé les mots qui avaient su me faire comprendre. Me faire comprendre que nous étions tous les mêmes. Depuis qu'il m'avait comprise, depuis qu'il me l'avait avoué. Depuis qu'il m'avait dit... Depuis qu'il avait prononcé mon nom avec une telle... liberté. Depuis ce jour, un nouveau sentiment naquit en moi. Un sentiment qui grandissait petit à petit. Un sentiment qui n'avait pas besoin de connaître l'apparence de l'un pour s'accroitre. Un sentiment d'envie. Un bon ? Un mauvais ?

    Je ne savais pas. Mais je ne l'avais remarqué qu'une semaine après mon arrivée. J'avais remarqué que j'éprouvais quelque chose pour ce démon. Durant la semaine, lui et moi n'avions fait que parler. Mais il était si gentil avec moi. Je pensais que je serais encore en train de l'éviter si je ne lui avais pas parlé pour la première fois, seul à seule. Mais ce sentiment augmentait chaque jour un peu plus. J'en avais même mal au ventre. Comme un malaise, ou quelque chose qui me gênerait ou me rendrait nerveuse. Quelque chose qui ne s'en irait jamais, peu importait ce qu'il se passerait à l'avenir. Il fallait simplement croire au présent et sourire.

    Aucune autre personne ne me parlait plus ouvertement et tranquillement que lui. C'était comme si, il me faisait entièrement confiance alors que l'on ne se connaissait à peine. Même si dire ça n'était pas vraiment très vrai. Lui, me connaissait. Peut-être même un peu trop.

    Une semaine après mon arrivée, je l'avais remarqué. J'avais remarqué qu'une toute nouvelle ère allait débarquer, commençant petit à petit à se développer, puis à s'évoluer.

    Comme si... Il pouvait changer le monde. Non, comme si nous pouvions changer le monde. Ensemble. Chaque habitant de cette maison.

    Néanmoins, il fallait d'abord que je comprenne ce que mon cœur me dictait. Mais j'avais beau chercher toutes les possibilités existantes, même complètement imaginées, je ne comprenais pas mes sentiments envers Natsu.

    Pour moi, Natsu était un être parmi les autres. Il était humain. Peut-être pas son apparence, mais son cœur l'était. Il l'était même plus que moi. Pour être franche, il était l'être le plus humain que je connaissais. Son visage lorsqu'il était triste, son visage lorsqu'il souriait, son visage lorsqu'il rougissait, son visage lorsqu'il parlait, son visage lorsqu'il était heureux, son visage lorsqu'il soupirait, son visage lorsqu'il riait, son visage lorsqu'il était gêné, son visage lorsqu'il s'énervait, même lorsqu'il mangeait et dormait. Son visage lorsqu'il était avec moi. Son visage était bel et bien celui d'un être humain. Mais je me demandais... Quel visage ferait-il si je lui disais que j'éprouvais un sentiment dont je pouvais qualifier la chose à son égard ? Quel visage ferait-il ? Quel serait son expression ?

    Mais je me demandais. Était-il possible de ressentir ce genre de sentiments en seulement cinq semaines ?

    Finalement, je pensai que je me posais beaucoup de trop de questions, je le saurais en temps voulu.

    Aujourd'hui, moi et tous les autres, allions dans un lieu pour y détruire un nombre incomparable de monstres. Ils faisaient ça souvent, mais ils refusaient à chaque reprises que je les accompagnais. Levy restait avec moi, même si celle-ci savait se battre.

    Sauf qu'aujourd'hui, j'avais plutôt insisté, et je leur avais promis que je ne ferais que regarder. J'aimerais bien voir combien se battaient-ils. J'étais certaine qu'ils les battront d'un trait, rien de plus facile pour eux. Je pensais qu'Erza était la plus forte, sans compter Natsu. Grey était également très puissant. Et il paraissait que, Mirajane était plutôt terrifiante sur un terrain de combat. Et je ne doutais pas que Gajeel et Wendy soient très forts aussi, peut-être même presque autant que Natsu ? Ils étaient dragons après tout.

    Je mis une robe bleue avec bordures dorées et divers motifs, moulante et très courte au devant, faisant comme une fleur à l'arrière, un accessoire en forme de papillon noir au dessus. Je portais également de longues manches partant du dessous de mes épaules, de même couleur que la robe, et de très longues bottes noires à bordures dorées. Mes longs cheveux blonds étaient lâchés avec un autre accessoire noir avec une jolie forme dessus.

    Cette robe m'avait été offerte par la cadette Strauss. Je l'aimais bien, même si c'était surtout le fait que Lisanna m'offrait quelque chose qui me faisait plaisir. Elle m'avait dit que c'était elle et sa sœur qui l'avait faite. D'abord, c'était Levy qui devait la porter il y avait bien longtemps avant mon arrivée. Mais il était un peu trop large pour elle. Je ne comprenais pas, il m'était plutôt serré. Elle m'avait dit qu'elles avaient juste changé le tissu, l'ancien étant un peu vieux. Mais les mensurations étaient les mêmes.

    * * *

    Nous prîmes un carrosse et plusieurs chevaux. Gajeel, Natsu, Grey et Erza montèrent à cheval. Mirajane était assise derrière Erza, prenant le même destrier qu'elle. Juvia monta sur celui de Grey, et Wendy sur celui de son frère. Happy volait aux côtés de Natsu. Moi, Lisanna et Levy, étions dans la calèche.

    Nous parlâmes de divers sujets, de tout et de rien. Une discussion entre filles.

    Mais nous arrivâmes plutôt vite, alors nous n'eûmes pas le temps de discuter assez longtemps.

    Nous descendîmes, je me mis à côté de Levy. Elle me sourit, je lui souris en retour. Nous étions dans une gigantesque forêt, près d'un village. Nous marchâmes tout doucement. Il fallait dire que de trouver un monstre était assez compliqué. Il devait y en avoir à peu près 700 d'après les informations. C'était vraiment énorme, jamais autant de monstres ne s'étaient rassemblés.

    Grey en vit un, et se jeta sur lui en le tuant avec une seule attaque de glace. Il était vraiment fort. Le plus impressionnant, c'est qu'il n'en montrait aucune fierté, il n'était donc pas prétentieux.

    Nous avançâmes toujours tous à même allure, jusqu'à ce que Lisanna ne tombe à la renverse. Un démon l'avait envoyée valser par l'arrière par surprise. Cela me fit sursauter. Elle se releva avec quelques blessures. Je me retournai. Je sentis une sorte... d'aura maléfique. Alors ce démon était aussi effrayant ?

    C'était ce que je pensais au début, mais mon regard se pencha automatiquement vers Mirajane. Elle qui, il y avait dix secondes, était un parfait ange. En cet instant, elle était... effrayante. Elle releva la tête et fit un simple "Oh ?". A présent, elle me faisait peur, très peur même. Je comprenais maintenant les rumeurs à propos d'elle.

    "Ne jamais se fier aux apparences", n'est-ce pas ?

    Le démon lança une attaque. Du poison, j'en étais certaine, vu la texture. Mirajane se mit en face de nous. Mais que faisait-elle ? Voulait-elle mourir ? Il s'agissait de poison ! Ne pouvions-nous pas simplement éviter cette attaque ? Même s'il y aurait une bien trop grande complexité...

    En l'espace d'une seconde, Mirajane changea. De la fumée se trouvait à présent autour d'elle, avec une once d'aura démoniaque. Elle se transformait.

    Le poison se dirigea vers elle, mes yeux s'écarquillèrent et j'avais à présent peur pour mon amie. J'hurlai son nom, mais Juvia mit son bras devant moi, souriante. Comment pouvait-elle sourire alors que son amie risquait la mort ?

    C'était à ce moment là que je compris qu'il y avait quelque chose. MIrajane serait-elle capable de contrer l'attaque ? Sans aucuns doute. Mes yeux se fermèrent, dû au vent qui venait de se déclencher, étrangement. Je ne pus qu'à peine entrouvrir mes yeux, et ce que je vis me choqua.

     Mirajane aspirait le poison. Elle l'aspirait et elle souriait. Elle était devenue un démon, et pas qu'un peu. Même si elle ne ressemblait pas à Natsu, non, pas du tout. C'était bien un Take Over.

    Elle relança l'attaque au démon, celui-ci y laissa sa vie. Lisanna remercia sa sœur, mais le prochain monstre, c'était elle qui l'avait tué.

    Chacun donnait le meilleur de lui-même. Plus de 200 monstres avaient été tués, c'était juste impressionnant. Wendy et Gajeel s'étaient même transformés en dragons. Wendy était une dragonne blanche aux yeux bleus impressionnante. Gajeel, lui, était un dragon entièrement recouvert d'acier et de métal.

    Les autres aussi étaient impressionnants. Je n'avais jamais vu ça, mais je ne regrettais pas, au contraire.

    Il ne leur restait plus que moins de cent monstres à présent. Cela ne faisait pourtant que quelques temps, à peu près. Ou bien, je n'avais pas vu le temps passer.

    Au début, j'étais sur mes gardes, ne sachant pas trop quand quelque chose pourrait me tomber dessus. Mais petit à petit, je compris qu'ils ne laisseraient pas un seul monstre m'approcher. Je leur faisais confiance. Et j'avais raison. La façon dont ils pouvaient tuer des monstres à une telle vitesse me laissait sans voix. J'étais admirative alors qu'au début, au premier jour, j'en étais terrorisée.

    Je pensais que maintenant, ils avaient presque terminé. Il devait en rester quinze ou plus. Nous avançâmes dans les bois à pas de loup. J'étais si excitée et si anxieuse. J'avais peur mais j'étais impatiente. Impatiente de les voir triomphant. De les voir heureux, souriant, rigolant ensemble. J'en avais envie.

    Mais peut-être que j'avais tort. Tort d'avoir confiance en eux. Une confiance aveugle signifiait souvent la perte de quelqu'un.

    L'un des monstres, je ne connaissais pas son espèce, mais c'était l'un des monstres restant. L'un des monstres, me prit par l'arrière alors que je me séparais quelque peu du groupe vers une partie du bois. Je n'avais pas crié, pas hurlé, je n'avais pas peur. Non, j'avais peur, mais je n'avais pas peur.

    Je ne comprenais pas.

     J'avais le sentiment d'avoir peur, mais mon cœur ne battait pas la chamade, je ne transpirais pas, je n'avais pas chaud, ni froid. Décidément, je ne comprenais pas. En plus de ça, le monstre avait mis une main sur ma bouche pour m'empêcher de crier ou d'appeler à l'aide. Même sans ça, je n'arrivais à dire un mot.

    Il voulait me tuer, en vengeance de ceux qui avaient tué les autres monstres. La plus faible était sa prise. Me tuer, puis un par un, n'y laisser que flaques de sangs et cadavres.

    Je n'aurais pas dû leur faire confiance. Pourquoi faire confiance à des gens si insignifiants qu'eux ? Qui ne pensaient qu'à leur propre espèce ? Pourquoi leur avais-je fait confiance ? Ils n'étaient que monstres et détritus accompagnés d'une humaine bien trop naïve. Ce n'étaient que de pauvres gens.

    Tout cela. Tout ça. C'était ce que j'aurais pensé, s'ils n'étaient pas devenus mes camarades. Ils étaient mes amis, jamais je ne pourrais dire du mal d'eux. Je ne voulais pas être plus égoïste que je ne l'étais déjà. Je les aimais. Ce n'était pas de leur faute si j'avais confiance en eux. Ni de la mienne. C'était ça l'amitié. Comme un conte de fée, même si je savais que tout cela n'était guère possible dans la réalité.

    Je fermais les yeux, me préparant à mourir. Je n'étais pas forte, je ne pouvais pas m'y échapper, je le savais. Je le savais définitivement. Mais pourtant, pourtant... Il y avait une once d'espoir qui gonflait en ma poitrine. Après tout, je leur faisais confiance. Même si je savais bien que la vie n'était pas un conte de fée, j'espérais.

    LUCY !

    Je rouvris les yeux. En l'espace d'un instant, je vis ma vie défiler sous mes yeux. Toute ma vie, et je compris, je compris l'important. L'importance d'une vie.

    L'espoir.

    Chaque être, tous autant qu'ils étaient, vivait pour une seule chose, une seule. L'espoir. L'espoir était ce qui permettait aux gens d'avancer, de vivre. Sans l'espoir, nous n'étions plus rien. Toute ma vie, j'avais vécu pour l'espoir, et je venais de le comprendre. L'espoir de voir ma vie changer. Sans ça, je ne serais sans doute plus ici. J'aurais sûrement disparu avec ma tristesse, ce qui enlèverait un poids dans l'espace du temps. J'avais espéré une vie meilleure, souhaitant un vœux. Mais mon vœux s'était à présent réalisé. J'avais des amis sur qui compter.

    A peine avais-je ouvert les yeux, que le monstre qui me retenait quitta ce monde, y laissant simplement son horrible corps. Je retombai au sol. Du moins, ce que je pensais au début, mais deux bras m'en empêchèrent.

    Natsu m'avait sauvée. J'étais actuellement dans ses bras doux et chauds, mais également réconfortants.

    Son regard avait l'air sérieux, mais il finit par me regarder et me sourire. Son beau sourire que j'aimais tant. Un humain ne serait pas capable de faire une plus belle expression.

    Et puis... Je compris ce que je ressentais pour lui maintenant. Mon cœur battait à une vitesse folle, mon rythme cardiaque avait augmenté d'une telle allure que ça en ferait presque peur. J'avais chaud, malgré la fraicheur matinale, j'avais chaud. Mes joues devaient être plus que rouges. Mes lèvres tremblaient.

    J'étais amoureuse.

    C'était ce que me disait mon cœur et mon cerveau. C'était ce que me soufflait mon corps entier. Je l'aimais. Je n'y aurais cru. Au début, je l'évitais comme la peste, mais à présent, j'en étais tombée amoureuse. Je ne comprenais pas trop, tout ce que je savais, c'était que je l'aimais, et pas qu'un peu. Je l'aimais vraiment.

    J'aimais tout de lui. Son caractère, ses émotions, son apparence, tout. J'étais réellement tombée amoureuse. Avec tout le temps que je passais avec lui, j'avais appris à l'aimer, me moquant de son espèce. Après tout, il était comme moi, n'est-ce pas ? Je me moquais de ses origines, de son apparence démoniaque... Je l'aimais, et c'était tout ce qui comptait à présent. J'avais enfin découvert ce sentiment que je ne pensais jamais possible. Je n'y avais jamais vraiment cru, à l'amour. Ne pensant pas cela possible avec une fille telle que moi. Je ne savais même pas ce qu'était que l'amour, et ce que l'on ressentait lorsqu'on l'était. Mais j'étais certaine que j'étais amoureuse de lui. Durant tout ce temps, tous ces instants passés avec lui... je l'aimais.

    J'étais heureuse.

    * * *

    Après m'avoir sauvée, Natsu et moi retournâmes auprès des autres. Ils étaient en train d'achever le dernier monstre, un peu plus solide que les autres. Mais enfin... Ils l'avaient eu. Je souris, et nous levâmes un bras en criant. C'était le cri de la victoire. Tout le monde était joyeux et souriait à pleines dents. Mais avant de pouvoir rigoler, parler ensemble, la voix de Mirajane et de Lisanna qui s'étaient mises un peu à l'écart pendant que nous célébrions cette victoire durement gagné, retentit. Je n'avais rien fait, mais j'étais heureuse pour eux.

    Erza !

    Je me demandais pourquoi l'appelaient-elles. Et d'une façon plutôt joyeuse. Nous regardions tous en direction de leur voix. Elles souriaient de toutes leurs dents. Elles étaient magnifiques à cause, ou peut-être grâce aux rayons de soleil qui les éblouissaient. Elle n'étaient pas si loin de nous. Nous étions proches du village à présent. Et elles, étaient justement devant celui-ci. Mais ce n'était pas ce qui m'avait interpellée.

    Il y avait un beau jeune homme à côté d'elles. Ses cheveux étaient bleus tandis que ses yeux étaient bruns. Il avait une étrange marque rouge vers son œil droit. Un symbole ? Il était vêtu d'une cape bleu.

    Mon regard se tourna vers l'interpellée des Strauss. J'étais certaine que ce que je vis à cet instant me choquerait pour toujours.

    Erza rougissait. Son visage était aussi écarlate que ses cheveux flamboyants.

    J-Jellal ? réussit-elle à prononcer.

     Elle connaissait ce beau garçon mystérieux apparemment. Il lui faisait de l'effet, et pas qu'un peu. Je décidai de me décaler avec le reste du groupe, les laissant seuls tous les deux. Mirajane et Lisanna s'étaient également faufilées discrètement. Ils étaient à présent seuls. Nous les espionnions par un buisson proche.

    Ils parlèrent de divers sujets inutiles et complètement délirants. A cause de qui ? De Titania bien sûr. Tout le monde l'appelait ainsi, car elle était très puissante et fière. Alors comment une simple personne pouvait tant la rabaisser ? Elles perdait tous ses moyens avec lui, et c'était plutôt bien visible.

    Grey me raconta qu'Erza et Jellal se connaissait depuis l'enfance. Le garçon n'était pas banal comme je le pensais. Il était un Héro. Les Héros étaient une sorte de race de personnes possédant une magie de lumière. Leur pouvoir était très souvent surpuissant, et le bleu à l'étrange marque n'en faisait pas exception. Il était sûrement l'un des plus doués de son espèce, m'avait dit Grey. Mais il n'en montrait aucune fierté et ne s'en vantait pas. Lorsqu'il était encore enfant, il avait sauvé Erza d'un loup garou, aussi étonnant soit-il. Elle n'était à l'époque qu'une jeune nymphe encore inoffensive. Mais depuis sa rencontre avec son sauveur, elle voulut devenir plus forte. Et, apparemment, ses efforts avaient fini par apporter leurs fruits.

    La belle nymphe commença à rabâcher des mots incompréhensibles. Jellal, lui, la regardait en souriant. Il était plus grand que la nymphe malgré que celle-ci soit de grande taille. Il baissa légèrement sa tête en direction de celle de la rousse tout doucement. C'était comme si cette situation lui plaisait. S'amusait-il à la voir ainsi ? Je ne savais pas, mais mon visage prit une teinte rosée.

    Comme pour la faire taire, il avait plaqué ses lèvres contre les siennes. Erza s'arrêta automatiquement de parler, tout d'abord surprise par ce contact. Elle devint alors rouge pivoine. Mais petit à petit, se calma et se laissa faire, comme si elle consentait cet échange. Mais le manque d'oxygène mit fin à ce tendre baiser.

    Je t'aime Erza.

    Révélation pas très surprenante après ce qu'il venait de faire. Erza le regardait droit dans les yeux, toujours emportée par son précédent baiser. Et puis, la réalité lui fit surface, et ses joues devinrent rouges. Elle semblait bégayer, mais reprit son souffle ainsi que son esprit.

    Moi aussi Jellal, elle marqua une pause avant de poursuivre. Je t'aime depuis le jour où l'on s'est rencontrés.

    Et c'était sur ces belles paroles qu'ils s'embrassèrent à nouveau.

    De notre côté, Mirajane et Lisanna sautillèrent de joie avec Juvia qui devait avoir la tête qui tourne. Grey souriait, tandis que Natsu et Gajeel étaient pensifs. Levy, elle également, était pensive, mais souriait. Happy criait des "Aye Sir !" que je ne compris pas. Wendy rougissait et devait sûrement penser à son amoureux. Roméo, je crois.

    Je ne savais pas ce qu'ils avaient. Certains souriaient, alors que d'autre pensaient ? Et moi alors, qu'est-ce que je ressentais ? Certes, j'étais heureuse pour mon amie, mais... Il y avait autre chose. Un sentiment dont je ne compris pas les symptômes. Je ne comprenais pas ce que je ressentais, je n'arrivais même pas à le décrire. Je n'avais jamais ressenti cela.

    Hey, crevette.

    La voix dure et rauque du dragon attira mon attention quelque peu troublée. Lorsque je me retournai, Levy allait pour la énième fois gronder Gajeel en lui rabachant de ne plus l'appeler ainsi. Mais une chose, une simple chose, arrêta son élan.

    J'écarquillai les yeux, encore sous le choque. A présent, tout le monde regardait en direction des principaux concernés. C'est-à-dire Gajeel et Levy. Tous étaient surpris, mais pas totalement pour autant. Il était vrai qu'ils étaient souvent ensemble et que je me posais très souvent cette question. Mais je ne pensais pas mes déductions possibles. Je ne les voyais au début seulement comme partenaires, mais je compris qu'il y avait plus. Une aussi grande confiance pour l'autre était sans doute impossible. Même l'amitié ne permettait pas cela. La confiance était bien trop lumineuse, tellement qu'elle en était pire qu'aveuglante.  J'y avais songé. J'avais remarqué l'étrange comportement de ma camarade humaine envers le dit dragon d'acier.

    Même avec une si faible lueur de croyance. Même si ce n'était que pendant une seconde, un minuscule parcours du temps. J'y avais songé, j'y avais pensé, je l'avais même imaginé.

    Ils étaient amoureux l'un de l'autre.

    Et bien sûr, la chose que Gajeel avait faite pour bloquer les paroles de la Crevette, comme il le disait, était de l'embrasser. Mais ce n'était pas un baiser timide, loin de là cette idée. C'était un baiser sûr, courageux. Comme s'il n'avait pas peur de le faire, il l'aimait.

    Au début, Levy était perdue et perturbée. Mais petit à petit, elle prit conscience du présent et rougit instantanément. Mais elle ne le rejeta pas, au contraire ; elle approfondit leur baiser. A la vue de leur échange, j'étais très heureuse pour mon amie, et pour Gajeel également. Mais j'avais envie de sauter sur la jeune bleutée et de la torturer pour m'avoir caché les sentiments qu'elle éprouvait pour le grand brun de métal.

    Mais je me dis qu'elle n'était pas obligée de tout me raconter. Alors, à la fin de leur échange, mon envie de meurtre s'en alla comme elle était venue. Et les deux concernés se regardèrent droit dans le fin fond mystère de leurs yeux.

    Je t'aime, ma crevette.

    Ça, on l'avait tous deviné, il ne fallait pas faire comme dans les livres à l'eau de rose Pourquoi n'approfondissaient-ils pas leurs paroles ? Était-ce tout ce qu'ils avaient à dire ?

    Moi aussi mon petit dragon. Je t'aime vraiment.

    Ces phrases, il était vrai qu'ils étaient simples, mais pourtant... Les sentiments et l'émotion n'y manquaient pas. On pouvait parfaitement le ressentir. "Je t'aime" était une chose difficile à dire.

    L'émotion que je ressentais, je la compris. Gajeel devait sans doute ressentir la même chose. C'était comme si... On se sentait lâche. Lâche car nous aussi nous aimions une personne, mais nous n'avions pas le courage de le lui avouer. Lâche de penser qu'une autre le faisait si naturellement. Tout simplement lâche.

    Jamais je n'oserais avouer que j'aimais Natsu. Je devais me marier avec lui, alors je lui dirais lors de la cérémonie. C'était ce que ma tête me disait, mais mon cœur me soufflait de ne pas l'écouter. Je ne savais plus quoi faire.

    Mais tout cela fut le début d'un commencement. Ce qui se passa par la suite avait sans aucun doute, une fois de plus changé ma vie, ainsi que celle de Natsu, et de tous les autres.

    * * *

    Je ne savais pas combien de temps s'était écoulé. Les nouveaux aimants ainsi que Grey et Juvia, parlaient ensemble, en amoureux. Mirajane était avec sa sœur. Et les autres... Les autres je ne savais pas ce qu'ils faisaient. Wendy était encore rouge malgré le temps, et Happy mangeait du poisson. Natsu... Lui, songeait. Je ne savais pas ce qu'il pensait, mais j'aimerais le découvrir, transgresser la loi de l'esprit.

    Je me surpris moi-même à l'observer pendant un bon moment. Mes joues devinrent alors roses et je me giflai mentalement. Je ne devais pas continuer à le fixer ainsi, il me trouverait étrange.

    Tout le monde semblait heureux, je souriais à cette pensée. Je pensais que tout finirait par bien se terminer, mais... Il avait fallu que quelque chose ne gâche ce plaisir. Une chose... bien pire qu'une simple mort.

    On entendit des cris, des hurlements. Des enfants criaient et pleuraient dans le village tout proche de nous. Au début intriguée, je regardai en leur direction, mais je ne compris pas. Il n'y avait rien, ils pleuraient simplement. Les animaux présents hurlaient également. Ils étaient affolés, tous. Je ne compris pas jusqu'à ce qu'un garçon pointa le ciel du doigt. Intéressée, je levai la tête.

    Mes yeux s'écarquillèrent dû au choque, des gouttes de sueurs prenant place sur mon visage pâli. Je dus être assez forte pour ne pas m'évanouir. Mais c'était bien trop compliqué. D'innombrables frissons parcoururent mon léger corps. Mon cœur battait à tout rompre. J'avais peur, très peur. Je déglutis malgré moi.

    Un dragon, un simple dragon réussit à semer le chaos.

    Non, ce n'était pas qu'un simple dragon. On pouvait bien ressentir la grande quantité de magie noire qu'il possédait. C'en était pire que terrifiant. Je ne trouvais pas les mots, je n'y arrivais pas. Je pouvais simplement dire qu'il était terriblement grand. Non... Il l'était bien plus, encore plus que le premier dragon qui avait changé ma vie. Pourtant, l'autre était gigantesque. Mais ce dragon... Il devait atteindre bien plus que plusieurs de l'autre. Il était noir, bleu et gris. Impressionnant, mais pas dans le bon sens.

    Tous les autres avaient eu une même réaction que la mienne, ce qui me parut normale. Mis à part Natsu qui était un peu moins choqué et apeuré. Pourquoi ? L'avait-il prédit ? Je ne compris pas, mais tous les autres avaient peur, même les deux dragons. Ils devaient être bien moins puissants.

    Mais pourquoi est-ce que ce dragon débarquait-t-il ici ? Qu'avait-on, nous ?

    Acnologia.

    Je me retournai vers la voix qui avait prononcé ce mot que je ne comprenais pas. C'est-à-dire, Happy.

    Acnologia est l'être le plus puissant sur Terre. Après que Natsu ne soit devenu un démon malgré lui, il dut apprendre à bien manipuler sa magie. Pendant dix ans, dix ans d'entrainement, son but était de vaincre Acnologia puisqu'il ne pouvait plus redevenir humain. Acnologia est le dragon ici même, le dragon de l'apocalypse. Celui qui veut diriger ce monde.

    A présent, je compris, et je me souvins d'une chose. Ma mère m'avait une fois parlé de lui mais avait immédiatement changé de sujet, préférant parler de meilleurs choses. Je comprenais tout. Même pourquoi Natsu était si fort.

    Mais la vérité me fit un creux en moi. Il en voulait à Natsu. A Natsu, et seulement à Natsu.

    Devrais-je être soulagée ? Si c'était le cas, je serais un monstre sans cœur et rancune. Bien sûr que ce n'était pas ce que je pensais. Je voulais le protéger, le cacher. Mais je ne pouvais pas, j'étais bien trop inutile. Faible était le mot qui me qualifiait le mieux.

    Mes amis s'approchèrent du dragon avec crainte. Il assena un coup qui dut détruire la moitié du village et qui me projeta quelques mètres en arrière. Son aura était beaucoup trop puissante. Il avait dû tuer une grande quantité d'habitants !

    Mais mes partenaires, sauf Natsu, s'avancèrent vers lui. Et puis, ils commencèrent à se battre, ils se battaient, chacun leur tour, ou ensemble. Décrire ce que je vis m'étais impensable. Je déglutis, j'étais si inutile. Le dragon rugissait d'une telle rage. Redéployant ses ailes et ses griffes, il se dirigea vers eux, une lueur meurtrière parcourant ses yeux.

    * * *

    Levy, Lisanna et Juvia furent plus facilement mises à terre. Elles n'étaient pas mortes, juste inconscientes. Je me dirigeai vers elles et les mis en lieu sûr. Même si un lieu sûr était impensable en cette situation. Mais j'avais trouvé un endroit isolé où je les déposai. C'était une sorte de grotte assez grande pour y faire rentrer un bon nombre d'humains, mais assez petite pour le dragon ne les voie pas. Elle était à plusieurs mètres des autres. Une cachette parfaite. Je déposai quelques feuilles et branches pour cacher l'entrée. Ensuite, je retournai observer ce combat, et priai pour que rien ne puisse leur arriver de grave

    Heureusement, il n'y eut pas trop de massacre. Mais Wendy commençait à faiblir. Même elle était impuissante. Le maudit dragon la projeta loin derrière le combat. Je réussis à la rattraper de peu, et l'emmenai avec les autres, me rappelant de l'emplacement.

    Puis, petit à petit, je dus emmener chacun d'entre eux là-bas. Ils faiblissaient si vite, mais je les comprenais. Après Wendy, ce fut le tour de Mirajane, puis de Gajeel, suivi d'Erza. Même Titania n'y avait pas échappé.

    Il ne restait plus que Grey et Jellal. Happy étant à mes côtés, à m'aider. Jellal faiblissait, et venait d'être mis au tapis. Alors, Happy l'emmena en sûreté. Il ne restait plus que seulement Grey. Juste lui.

    Je venais d'apprendre qu'il était également un demon slayer surpuissant. Alors Natsu vivait avec ce genre de personne ? Mais il le savait, c'était certain. Ils étaient amis, et je le savais. Mais même Grey ne pouvait rien faire contre un si grand dragon... Il en faillit mourir mais Happy et moi le ramenionsèrent vers notre cachette à temps. Happy resta près d'eux tandis que moi, je retournai voir le dragon.

     La tignasse rose de mon compagnon s'y trouvait également. Il se battait avec le dragon, qui lui, était un peu plus affaibli que son arrivé dû aux batailles qu'il avait engagées précédemment. Natsu se déchainait, je ne l'avais jamais vu ainsi. Il était fou de rage. Pourquoi donc ? Je comprenais qu'il fallait le tuer, mais la façon dont il se battait... prouvait qu'il évoquait une haine bien plus lointaine envers ce dragon.

    Dragneel... Je t'ai déjà tué une fois, et je n'hésiterai pas à le refaire, maudit démon de Zeref !

    Ces paroles énervèrent de plus belle Natsu et le poussa à donner des coups bien plus puissants envers le dragon. Ils étaient si puissants que le dragon en question devait se débattre sérieusement.

    Alors c'était lui le dragon qui les avait tués, lui et ses parents ? Je comprenais sa haine, mais je ne savais pas comment l'aider. Les puissants coups qu'il donnait dégageaient une aura destructrice et créèrent du vent, telle une tempête.

    Mes vêtements étaient à moitié déchirés, couvrant le nécessaire. J'espérais que tout allait bien se passer pour lui, je le pensais sincèrement.

    Ils continuaient à se battre. J'étais la seule spectatrice, les habitants de ce lieu qui avaient été plus chanceux que les autres ayant préféré fuir. Fuir le danger. Et le danger était Acnologia.

    Natsu essayait en vain d'arriver à trouver le point faible de son adversaire, le sang coulant de ses blessures. Moi, je regardais, écarquillant les yeux, mon cœur me serrait. J'avais mal, très mal, j'avais si mal. Il était vrai que Natsu était très fort et qu'il avait été entrainé toute sa vie pour ce moment, mais j'avais tout de même mal. Je voulais avoir confiance en Natsu. J'avais confiance en lui. Mais cette confiance me disait de réagir, de ne pas rester ainsi à le regarder mourir.

    « Tu n'as qu'à libérer ton pouvoir, Heartfilia... »

    Mon pouvoir... Comme si j'en avais un. De temps en temps, une voix dans ma tête me parlait, comme si c'était une véritable personne. C'était étrange, je le savais. Mais cela me détendait réellement. Même si des fois, cette voix me disaient des choses invraisemblables.

    Mais j'eus le déclic. Un déclic qui m'avait valu du temps. Comment n'avais-je pas remarqué ? Étais-je à ce point idiote ? Sans doute, oui. Mais cette voix que je venais d'entendre, ce n'était pas ma conscience.

    C'était la voix de Zeref.

    « Lucy, tu peux aider Natsu. Tu dois simplement croire en ton pouvoir. Le pouvoir que les Heartfilia lèguent de génération en génération. Il devait un jour servir. Je veux parler de l'Aetherion. »

    Je ne comprenais pas. Je ne savais pas d'où venait sa voix. Mais je ne le vis nul part. Alors seul moi pouvait l'entendre. De la télépathie ? Apparemment.

    Mais que me disait-il ? L'Aetherion ? Ma mère m'avait toujours raconté que c'était la plus recherchée et la plus puissante forme de magie. Un grand pouvoir. Encore plus grand que celui de Zeref ou même d'Acnologia. Elle avait été conçue par une certaine Resha Valentine*, pour vaincre le néant. Alors ce serait ma famille qui la conserverait ? Je décidai de le croire, malgré les doutes encore présents.

    Il fallait que je crois en moi, que je croyais en moi... Chose que j'avais rarement faite. Mais tout avait un commencement, non ?

    Alors, je réunis tout le peu de courage que je possédais, et courus en direction de la gigantesque bête. Cette dernière ne remarqua pas ma présence, trop occupé à se battre avec Natsu. Oui, il fallait que j'intervienne, sinon ce combat ne se terminerait jamais.

    NATSUU !! m'écriai-je à m'en arracher la voix.

    Maintenant, le dragon s'intéressa quelque peu à moi, sûrement curieux. Natsu, lui, tourna sa tête vers moi. Il me regarda en écarquillant les yeux, surpris.

    J'avais oublié. J'étais à moitié dénudée et gravement blessée. En plus de ça, je fonçais vers la principale menace. Natsu cria, hurla, m'ordonna de m'arrêter. Mais je ne lui obéis pas. Il risquerait de mourir. Le dragon eut un malin plaisir là-dessus.

    Il prit l'occasion, et balança Natsu d'un coup de patte. Il l'envoya vers ma direction, sur moi. Le voyant arrivé, je m'arrêtai net. Je me mis comme en position de combat. Je m'apprêtais à l'arrêter. Je mis mes deux mains devant moi, et Natsu arriva.

    Il me fit reculer en arrière de quelques mètres, mais rien de bien grave. J'étais par terre, Natsu m'écrasant. L'élan était tout de même surprenante, il était normal que je n'eus pas réussi à le stopper correctement.

    Je me relevai légèrement, j'étais plus ou moins blessée de ce beau lancé. Ensuite, je pris Natsu par les épaules, il se réveillait de son choque. Je commençai à lui expliquer la situation. Je lui demandai si je pouvais l'aider. Il refusa automatiquement. Mais j'insistai. Je le regardai droit dans les yeux. J'étais sincère, je voulais vraiment l'aider. Mais il ne voulait pas, il me disait que je serais en danger.

    Fais-moi confiance Natsu, lui dis-je en le regardant droit dans les yeux. S'il te plait.

    Natsu était figé. Il ne parlait plus. Il se leva et échappa un soupir. Avais-je gagné ? Il était de dos à moi. Il retourna sa tête en ma direction et me sourit en me disant : « Alors allons-y. » Un grand sourire s'empara de moi, et j'acquiesçai. Je me releva et le rejoins en train de repartir.

    Le dragon semblait énervé et dérangé. Sûrement car ni Natsu, ni moi n'étions morts. Cela devait le mettre en colère de plus belle.

    Natsu se mit en position de combat, j'essayai de faire comme lui, sans trop m'imposer. Nous nous battions, enfin plutôt Nasu, pendant un certain temps. Natsu devait souvent me sauver et j'étais plus un poids qu'une aide. Je ne savais pas comment l'aider. Mais j'essayais du mieux que je pouvais en repensant aux paroles de Zeref. Croire en mon pouvoir, croire en mon pouvoir. D'accord, mais comment ? Je me concentrai du mieux que je pouvais mais je n'y arrivais pas, je ne savais pas comment m'y prendre.

    D'un coup d'ailes, sans que je ne m'aperçoive, le dragon m'envoya valser vers les terres détruites au loin. Natsu hurla mon nom. J'étais gravement blessée. J'avais mal. Je n'arrivais pas à me relever. Je n'en pouvais plus. Je pensais que s'en était fini avec moi. J'essayai d'ouvrir les yeux, avec tous les efforts possibles qu'il me restait. Et je vis Natsu se battre, il se battait de toutes ses forces et de toute son énergie. Il se battait en y croyant. Il ne croyait pas en la défaite, et c'était pour cela qu'il était encore en train de se battre. Ses attaques de feu, ses poings, ses coups, ses sorts... Il se battait avec son âme. Mais il ne se battait pas pour lui, pas seulement pour venger ses parents et lui-même. Car en y réfléchissant, tout était de la faute de ce dragon. Toute cette histoire était de sa faute. Le monde serait totalement différent s'il n'avait pas tué Natsu et ses parents. Complètement différent. Je n'aurais jamais rencontré aucun d'entre eux. Peut-être même que ma mère serait encore vivante. Beaucoup de chose aurait changé. Non, elles avaient changé. Et tout ça à cause de ce dragon. Natsu se battait pour ça. Il se battait pour venger chacun d'entre nous. Il n'avait jamais pensé qu'à lui. Il pensait au bien de tous ses amis. Il pense au bien de toute l'humanité. De tous les êtres vivants. Et c'est pour cela qu'il était fort. Même ce dragon ne pouvait rien contre lui. Mais le vaincre prendrait l'éternité tout entier.

    Je surpris même Natsu à regarder en ma direction. Lorsqu'il vit que j'allais bien, il soupira. Il soupira, oui. Mais... Mon cœur s'apaisa. Ce n'était pas un soupir de dégout, de peur, de haine, d'agacement, ou de regret. Non, c'était un soupir de soulagement. Il était soulagé que j'aille bien. Je souris malgré la situation.

    J'essayai de me relever. Je me relevai. Une force m'y poussa. Je sentis comme une once s'attirer vers moi. Comme une puissante force. Comme si j'étais devenue plus forte. Je ne comprenais pas. Mais je décidai d'écouter cette force. Quelque chose qui s'était emparé de mon âme. Je m'avançai sans trop m'en rendre compte, vers le combat acharné. C'était presque comme si j'étais manipulée, mais j'étais plus ou moins consciente. Lorsque Natsu me vit, il me criait de m'en aller, mais mon corps ne l'écoutait pas. Je continuais de m'avancer, les yeux regardant le vide, mon visage sans expression. J'avais fait le vide. Je respirai légèrement et soufflai comme si je m'apprêtais à faire quelque chose. Je ne savais pas quoi mais je le sentais. Pourtant, la vie n'était pas un conte de fée et ne le sera jamais, c'était ce que je me répétais sans cesse.

    Natsu se décala du dragon pour venir vers moi, me demandant ce que j'avais ou si j'allais bien. Je voulais lui répondre, mais je ne pouvais pas, je n'y arrivais pas. Je ne savais pas pourquoi. D'une main, je le décalai délicatement, sans trop le brutaliser, derrière moi. Il ne comprit pas mais, étrangement, il se laissa faire. Je m'avançai légèrement plus vers le dragon. Celui-ci me regarda et pouffa, se moquant de moi. Il me lança un hurlement. Je voulais courir, fuir, emporter Natsu avec moi au loin, mais rien. Je ne bougeai pas et mis simplement ma main devant moi, les yeux toujours brouillés et le visage divagant. Devenais-je folle ?

    Mais ce qui se passa par la suite me choqua moi, Natsu et le dragon. J'avais transpercé et arrêté son hurlement d'une main sans même le moindre effort, l'air toujours blasé. Il réessaya alors, toutes les attaques dont il était capable mais rien. Je les avais toutes arrêtées. Il s'énerva de plus belle, et décida de se battre au corps à corps. Mais malheureusement pour lui, je le repoussai d'un coup de bras, une grande quantité de magie m'échappant. Il se fit projeter plusieurs mètres en arrière.

     Je ne comprenais pas moi-même ce qui m'arrivait. Mais ma conscience me souffla que j'avais réussi. Réussi ? Mais réussi quoi ? Puis, je compris. Zeref m'avait dit de croire en moi, croire en mon pouvoir. Et c'était ce que je faisais. Je croyais en moi. Alors c'était ça, l'Aetherion. C'était bien plus monstrueux que ce que je n'imaginais. Était-ce moi le monstre en ce moment ? Sûrement. Pour une fois, je ne m'effrayais pas alors que j'étais tout ce qu'il y avait de plus anormale. J'avais de la magie.

    Acnologia revint et commença à m'affronter. Mais il ne pouvait rien contre l'Aetherion. Il fallait que je lance une attaque finale qui pourrait arrêter ce massacre. Mais quoi ? Je cherchai sans réponse et me résignai à lancer n'importe quelle attaque. Bien sûr, il ne fallait pas qu'il y ait trop de magie. L'Aetherion pourrait causer une explosion qui détruirait la Terre. On me l'avait appris.

    Acnologia lança une attaque, sûrement l'une de ses plus puissantes. J'allais la contrer, lorsque je me rendis compte que ce n'était pas moi qu'il visait mais la personne proche de moi. Il visait Natsu. Lui, n'ayant pas calculé cette attaque, se fit toucher er s'écroula au sol. Il était terriblement blessé et ne pouvait plus bouger. J'hurlai son nom, il ne me répondit pas, il ne disait plus rien. Sa respiration se faisait de moins en moins forte. Il faiblissait.

    Je me retournai vers le dragon, la rage montant en moi. Mon visage le montrait bien. Il avait commis une grande erreur. Je joignis mes mains et préparai une puissante attaque, mais pas trop pour ne pas anéantir la vie des autres. J'étais bien trop énervée contre lui, mais il restait tout de même de la raison en moi. Cette attaque était puissante et avait une quantité de magie assez pour le tuer.

    Je la lui lançai. Malgré ses efforts et ses débats, il n'était rien contre l'Aetherion. Il essayait pourtant de se débattre, mais il y avait beaucoup trop de haine dans ce sort. Personne ne pourrait y résister. Je l'avais tué. Il était enfin mort. Il était à terre, il n'y avait plus aucune vie en lui. Et puis... Petit à petit, son corps et son âme s'en allèrent et il disparut étrangement. Mais je savais qu'il était mort, il ne reviendra pas. Il ne reviendra plus jamais. J'avais chassé le cauchemar de Natsu. J'avais chassé le cauchemar de tout être vivant sur cette planète. Je l'avais tué. Même si cela me surprenait moi-même. J'étais essoufflée, j'essayais de reprendre ma respiration saccagée par l'effort et la quantité de magie utilisée.

    Je me retournai vers Natsu brusquement. Je courus à ses côtés, m'asseyant près de lui. Je le regardai, une mine de désespoir couvrant mon visage.

    Natsu ! NATSU !

    Je respirais saccagement, ce qui m'obligea à faire une pause mais je m'en moquais.

    – S'il te plait, ouvre les yeux ! Parle moi ! Natsu...

    Je mis ma tête du côté de mon oreille droit sur sa poitrine. Non. Non, je ne pouvais pas le croire, je ne le pouvais pas ! Son cœur... Il ne battait plus. Rien, il n'y avait rien. Juste un corps mort. Je ne pus empêcher mes larmes. C'en était trop, je ne pouvais plus les cacher. « Natsu ! Réveille toi, je t'en pris... Je t'aime trop pour te laisser mourir... ! » Cette phrase, j'aurais tant aimé la lui dire mais je n'y arrivais pas. Je ne pouvais plus parler. J'aimerais tant faire quelque chose pour le sauver, c'était ce que je souhaitais le plus en cet instant. Le voir revivre avec toute sa joie de vivre. Je ne pouvais pas supporter de le voir ainsi. Quel serait l'intérêt de vivre s'il mourrait ? Non, non. Je ne pouvais pas le laisser mourir, j'en mourrais aussi. Il fallait que je fasse quelque chose, mais qu'est-ce que je pouvais bien faire ? Ma magie n'était pas faite pour faire revenir un mort à la vie.

    Embrasse-le.

    Comment ça, l'embrasser ? Qu'est-ce que ça pourrait bien changer ? Nous n'étions pas dans un conte fée, mais... Cette voix. Encore une autre. Tout à l'heure, c'était Zeref, mais maintenant, il s'agissait de Mavis. Que faisait-elle ici ? Je relevai la tête et je vis une image d'elle, accompagnée de Zeref. Ils souriaient. Je les regardais, surprise. J'étais comme stupéfaite. Je retournai mon attention sur Natsu.

    Alors je devais vraiment l'embrasser ? Après tout, qu'est-ce que je pouvais y perdre ? Rien du tout, pas à ce que je sache, mais peut-être y gagnerais-je quelque chose. Mavis ne dirait jamais une chose dans le vent.

    Je me rapprochai petit à petit de son visage endormi par la mort. De l'espoir s'emparait de moi. Je déposai délicatement mes lèvres sur les siennes tout en pleurant. Mes larmes se versèrent sur son visage égratigné. Je pleurais en l'embrassant tout en fermant les yeux. Je ne voulais pas le perdre. Il était la personne en qui je tenais le plus en ce monde. Je ne pouvais pas le perdre.

    * * *

    Je commençais à perdre espoir et à être en manque de souffle. Je me retirai délicatement de ses lèvres toujours en pleurant et les yeux fermés. Les larmes se versaient encore sur lui. Alors que je me retirai de lui, je sentis une main essuyer mes larmes, les balançant sur le côté. Lorsque j'ouvris les yeux. Mon cœur ne fit qu'un bon. Natsu balayait mes larmes sur mon visage, délicatement. Une once de vie s'accumula en moi. Ses yeux étaient entrouverts. Il respirait de plus en plus, son cœur battant également de plus en plus. Je souris, ouvrant en grand ma bouche. J'étais tellement heureuse. Je me rabaissai à son niveau, l'appelant par son nom et lui demandant s'il allait bien. Mon inquiétude dura quelques instants, le temps qu'il reprenne conscience. Lorsqu'il ouvrit la bouche, je crus qu'il me dirait qu'il allait bien, mais ce ne fut pas du tout cela. Je lui pris la main.

    Je t'aime... Lucy.

    Je m'arrêtai aussitôt. Qu'avait-il dit ? Lorsque je regardai son visage, ses yeux étaient ouverts, et il me regardait droit dans les yeux, l'air sérieux et remplit de sincérité. Trois mots... Non, quatre mots. Pourquoi avait-il dit ça d'un coup ? Pourquoi ? Je me le demandais, mais... J'étais heureuse. Je savais qu'il ne me mentait pas. C'était beaucoup trop sincère. Mon cœur battait de plus en plus vite et de plus en plus fort en ma poitrine. J'étais certaine qu'il pouvait l'entendre. Mon visage devint plus rouge que la normale, et je me mis à sourire. J'avais peut-être toujours attendu cet instant ? J'étais tout simplement heureuse. Les perles de larmes encore présentes sur mon visage volèrent tout autour de moi. Je l'aimais vraiment. Mes sentiments étaient partagés. C'était réciproque.

    Une lumière illumina et entoura le corps de Natsu, sans que je ne m'y attende. La lumière était éblouissante, je n'arrivais pas vraiment à bien la voir. Je dus plisser mes yeux. Je voulais voir ce qu'il se passait, prête à protéger Natsu s'il s'agissait d'une menace, mais seulement, de la lumière m'éblouissait. Que lui arrivait-il ?

    Petit à petit, la lumière disparut. Elle s'en alla. Qu'était donc cette lumière ? Je rouvris en grand mes yeux, les dirigeant vers le seul homme des alentours. Mais dès que le vis, je m'aperçus immédiatement que quelque chose en lui avait changé. Non, il avait changé, lui ! Ses cornes, ses marques sur son corps, ses ailes... tout. Tout avait disparu. Toute trace démoniaque en lui n'était plus. Il ne ressemblait qu'à un simple humain. Un simple humain inoffensif mais doté d'un grand cœur. Je ressentais tout de même un grande puissance magique en lui. Je ne comprenais pas. Ses yeux étaient de nouveau fermés, et il était endormi. On aurait dit un petit enfant, il était mignon. Mais cela ne m'expliquait pas son état actuel.

    Il est redevenu humain. Le simple baiser d'une princesse au cœur délaissé par la haine, la joie, a su le détruire. Mais un simple baiser ne pourrait pas faire de miracle. Il y avait de l'amour. Il y en avait suffisamment pour rompre la malédiction. A présent, il n'y a plus ni monstre ni démon en cette terre. Acnologia et la menace ont toutes deux disparu. Merci. Lucy.

    C'était la voix de Mavis. Elle revenait me montrer la voix, m'indiquer. Et ces paroles m'avaient soulagée. Mon cœur était définitivement en paix. Mes joues prirent une teinte plus rose et je souris. Les menaces avaient quitté ce monde. La vie était de retour après ces longues années. Et Natsu. Natsu était redevenu humain. Tout s'expliquait. J'avais rompu son sort avec le baiser de tout à l'heure. Un baiser pouvait finalement tout changer ? Visiblement.

    Je retournai au près de celui que j'aimais. Il mit du temps à se réveiller. Mais une fois debout, je lui expliquai tout ce qui s'était passé. Tout ce qu'il avait raté. A la fin de mon récit, il me sourit. Ce qui me fit légèrement rougir et qui me donna envie de sourire de plus belle. Il pouvait me rendre tellement heureuse, ce n'était pas mon cœur qui me disait le contraire, à l'entendre battre.

    De longues minutes passèrent sans que personne ne touche un seul mot. Nous étions assis au sol dure qui reprenait de ses couleurs peu à peu. Le vent caressant notre peau, faisant voler nos cheveux. J'avais fermé les yeux, tandis que Natsu observait l'horizon dans un sourire. Nous étions si bien. Personne ne pouvait nous enlever ce moment. Je pensais que même un autre dragon ne pouvait rien y faire. J'avais détruis la peur de Natsu et des autres.

    Mais je me souvins d'une chose. Une chose qui affola mon frêle cœur. Je regardai mon partenaire. Je l'observais. Je n'étais pas vraiment très courageuse, mais pouvais-je faire une exception seulement pour cette fois ? Je m'approchai petit à petit du visage de mon ami. Arrivée toute proche, j'embrassai sa douce joue à présent humaine. Il se retourna immédiatement vers moi, le visage déstabilisé et les joues rougies. Il était adorable. Mais nos visages étaient très proches l'un de l'autre après qu'il se soit tourné vers moi. Je ne réfléchis pas une seconde, que je plaquai mes lèvres contre les siennes, une force m'ordonnant de le faire. Il ne comprit pas au début mais s'y laissa, abandonnant toute réflexion.

    Le baiser devenait de plus en plus passionné. Ce n'était plus qu'un simple baiser, mais plus. Un baiser beaucoup trop passionné pour de simples amoureux. Il allait peut-être un peu trop loin, mais je m'en moquais. Je l'aimais, et le reste passait en dernier. Mais le manque d'air se fit proche et nous dûmes arrêter à contre cœur.

    Je le regardai droit dans les yeux, l'air sérieux et envieux. Je devais y mettre toute ma sincérité dans ces paroles, dans mon regard. Même si je venais de le lui prouver juste avant, je me devais d'être sincère.

    Moi aussi Natsu.

     Il ne semblait pas comprendre, alors je poursuivis.

    – Je t'aime aussi ! dis-je en souriant et m'exclamant joyeusement.

    Il déglutit et rougit comme il ne l'avait jamais fait. Il cherchait à éviter mon regard, mais dut s'y résoudre. Il finit pas soupirer et me regarda en souriant. Il devait sûrement se rappeler de sa déclaration. Son sourire était si attachant. Je compris que les quelques mots lors d'une déclaration n'étaient pas déplaisants, au contraire. Il fallait simplement qu'il y ait des sentiments. Des sentiments débordants. L'amour.

    Il prit ma main, et nous restions ainsi pendant un très long moment. Tous deux, assis au sol, main dans la main, scrutant le paysage qui s'offrait à nous. Mais je me moquais du temps ou de l'endroit. Tant que j'étais avec lui, tout me semblait joyeux. Même la mort. C'était cela, l'amour.

    Je n'avais pourtant jamais cru aux contes de fée. Mais pourtant, l'un d'entre eux était sur le point de s'achever. Mais cet achèvement était également le commencement d'un nouveau conte. Une nouvelle vie.

    Au loin, dans le temps basculé, nous pouvions voir deux personnes. Le temps et l'air ne nous disaient plus rien. L'amour était partout. Ils paraissaient proches, mais étaient si loin. C'était sûrement une vision d'un autre lieu. Ou eux même venus ici pour nous aider, nous indiquer la porte du futur. Les étoiles étaient magnifiques en cet instant. Ces deux-là étaient l'une d'entre elles. Au début, ils n'étaient que deux étoiles côte à côte. Paraissant très proche l'une de l'autre, mais si nous nous avancions vers eux, approfondissions leur histoire, nous pûmes voir que ce n'était qu'une allusion, et qu'ils étaient en fait beaucoup trop éloignés l'un de l'autre. Mais maintenant, cela avait changé. Il ne formait plus qu'une seule et même étoile scintillante de mille feux. Elle était la plus brillante du ciel bleu nuit du soir. Jamais je n'avais pu voir plus beau ciel en ce jour. La plus belle nuit étoilée. Des étoiles filantes essayant de les séparer, mais, n'y arrivant pas, s'écrasèrent durement au sol lointain. Si loin que nous ne pouvions ni les voir, ni les entendre. Leur existence n'avait plus aucun rapport avec nous. Nous étions séparés sans même avoir pu nous rencontrer. Nous nous étions simplement vu. Mais une émotion malsaine menait souvent à une séparation.

    Les deux êtres étaient une fille et un homme. Non, une fée et un mage. Deux éternels humains. Mavis et Zeref. Ils étaient différents de la dernière fois que je les avais vu. Ils se tenaient la main, et leur visage montrait une expression de sérénité. Ils s'aimaient. Comme Natsu et moi.

    * * * *

    Je soupirai, repensant au passé, même si cela ne faisait qu'un seul mois. Le monde revint à la normale, la paix y régnant. Une célébration en mon honneur avait été faite ainsi que pour Natsu et tous les autres. Je soupirai. Un mince sourire se traça sur mon visage finement maquillé. Depuis quand étais-je devenue aussi nostalgique ? Mais rien qu'en pensant à tout cela, je soupirais. Le vent aujourd'hui était plutôt doux et agréable. Je plongeai au cœur de cette brise. Je voulais me libérer, de nouveau soupirer, mais bien plus fort. Je serrai ma longue robe blanche à rubans de mes mains fermes et timides, et tortillai mes cheveux qui venaient d'être coiffés et attachés en une jolie coiffure, couverts par un voile transparant. Je stressais, mon cœur devenu haletant.

    Avais-je fait le bon choix ?

    Après tout ce qui s'était passé, seule cette question me tracassait. J'avais pourtant le choix. Mais ma décision était ferme et sûre. Doucement, j'entendis des coups de cloche. Je marchai vers un lieu que je sentis bon, une petite fille tenant l'arrière de ma longue robe, et deux autres plus grandes jetant des fleurs à chaque pas que je faisais derrière moi. Ma tête étant baissée, je la relevai. Je vis un garçon bien habillé d'un costume blanc, avec d'étranges cheveux roses. Il était magnifique. Je m'approchai délicatement de lui, son sourire ne quittant pas une seconde son visage. Ce simple sourire m'apaisa. Comment avais-je pu douter ?

    J'avais fait le bon choix.

    A l'allure d'un jour, quatre jeunes filles avaient réalisé leurs rêves, accompagnées de quatre braves hommes. Leur compagnon. Celui qui resterait avec elles toute leur vie. Quatre mariages, dont l'un était éternel. Une vie éternelle égalait un amour éternel. Jellal et Erza, Gajeel et Levy, Zeref et Mavis, ainsi que Natsu et moi. Nous vivrons notre amour éternellement. Jusqu'à la mort. Je l'avais juré.

    Le bouquet. Celui qu'Erza avait lancé, c'était Mirajane qui l'avait rattrapé. Celui de Levy, c'était Lisanna qui l'avait eu. Celui que Mavis avait jeté, c'était Juvia qui l'avait reçu. Celle-ci s'évanouit en répétant qu'elle allait se remarier avec son "Grey d'amour" justement dans ses bras. Et puis, moi, mon bouquet. Celui que j'avais lancé avec toute ma volonté et ma joie, c'étaient Happy et Wendy qui l'avaient rattrapé. En même temps, sans le vouloir. Puisqu'Happy était dans les bras de la jeune fille, ce n'était pas très choquant. Wendy devint alors aussi rouge qu'une tomate bien mûre, pensant à son Roméo, pour sûr. Happy disant qu'il allait bientôt trouver une belle chatte Exceed blanche pour vivre une belle histoire d'amour, sautillait de partout. Le début d'une histoire allait commencer. Mais le début de la mienne s'arrêtait là.

    La vie n'était pas un conte de fée. Ça, il était clair que ce n'était que la pure vérité. Mais pourtant, pour moi, elle l'était vraiment. Je n'y avais jamais cru, mais pourtant, c'était vrai. Ma vie était un véritable conte de fée.

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    OS 4 : Life is not a Fairy Tale [Concours de Lolei]OS 4 : Life is not a Fairy Tale [Concours de Lolei]

     ~

    Hey hey, cet OS est finish ! J'ai bien cru ne jamais pouvoir le terminer. Bon, j'avoue qu'au d'un moment, ça part un peu en steak, mais bon 8D C'est le plus long que je n'ai jamais fait à ce jour x) [Même s'il peut-être court pour certaines personnes]

    Il a été fait pour le Concours de ◊ Lolei

    J'espère qu'il t'a plu, et que tu ne t'es pas trop ennuyée à le lire xD Il y avait du Natsu x Lucy, du Jellal x Erza, du Gajeel x Levy, du Zeref x Mavis, un peu de Roméo x Wendy et du Grey x Juvia qui étaient déjà ensemble. (Il y a également eu une allusion Happy x Sharuru à la fin xD). Il est vrai que je me répète beaucoup dans cet OS, mais c'est souvent fait exprès.

    A un moment, j'ai mis une petite étoile (*). Sur Resha Valentine. C'était pas pour faire jolie, hein. C'était juste pour dire qu'elle était celle qui possédait l'Aetherion dans Rave Master. Je n'ai pas inventé le nom.

    Voilà, je n'ai plus à dire je crois.

    [PS: Les images ne viennent pas de moi. Si je retrouve les auteurs, je rajouterai les liens. Mais ceux-ci peuvent se manifester également. Je me suis également inspirée d'une histoire dont je ne me souviens plus de titre pour cet One-Shot. Mais la ressemblance est loin. Seule peut-être l'histoire de la princesse et du monstre qui finissent ensemble est plus ou moins similaire. Par contre, le reste est de moi.]

    [Cet One-Shot a été relu et corrigé. Mais il peut encore y avoir des fautes et les phrases sont formulés d'une façon que je peux qualifier "d'ancienne".]

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  • Commentaires

    1
    Lundi 15 Février 2016 à 16:13

    Wah mais c'est ultra long 8D

    Mais j'ai trop adoré, franchement whaw j'e n'ai pas de mot pour exprimer *w*

     

    2
    Lundi 15 Février 2016 à 16:21

    Désolée 8D

    Merci beaucoup ! >w<

    3
    Lundi 15 Février 2016 à 16:29

    Comme je lis lentement j'ai passé au moins une heure dessus xD

    De rien >w<

     

    4
    Lundi 15 Février 2016 à 16:51

    Ah ? 8D Toi et moi on est pareil, mais encore désolée x3

    >w<

    5
    Lundi 15 Février 2016 à 17:00

    Nan c'est pas grave, c'était bien et en plus je ne manque pas de temps x)

    6
    Lundi 15 Février 2016 à 17:23

    Ah d'accord, ça me rassure 8D J'aime pas faire gaspiller le temps, et merci xD

    7
    Lundi 15 Février 2016 à 18:22

    De rien x)

    8
    Lundi 15 Février 2016 à 18:35
    9
    Vendredi 19 Février 2016 à 13:51
    C'était long à lire mais super bien écrit !! Super !
    10
    Vendredi 19 Février 2016 à 13:54

    Merci ! >w<

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