• OS 5 : Sais-tu où vivent les fées ?

    > Spoilers <

    O.S 5 :

     

    L'air, aujourd'hui, était doux. Il était étrangement doux, relaxant. A son habitude, dans un tel moment, il pouvait être violent. Violent, comme une haine qui se déchainait, voulant blesser un maximum. Violent, comme une triste vérité qui était venue à nous comme une flèche transperçant notre cœur, notre âme tout entière. Notre croyance s'en allant, comme si elle n'avait jamais existé. Un endroit où nous pourrions nous sentir libre, joyeux. Un endroit où nous pourrions rester seul, juste avec soi. Là où nous serions même capable de voler. Voler vers un futur lointain, prochain. Voler vers une liberté n'existant que dans nos cœurs. Une infinie liberté. La liberté, pour moi, était infinie, mais seulement si nous y croyions. Si nous y croyions, le destin pourrait sans un doute se modifier. Seulement, fallait-il se bouger. C'était à nous de faire bouger les choses. C'était à nous de changer le destin. Mais était-ce une bonne chose, de modifier le destin, le cours du temps ? Le monde changerait entièrement, quelle que soit la personne.

    Je me sentais m'évaporer, avec l'air, le vent. Un souffle pourrait m'emporter loin, très loin. Le plus loin possible de cet endroit. Un lieu où personne ne pouvait accéder. Un lieu où je serais en sécurité. Personne ne pourrait plus jamais me voir, m'entendre, m'écouter, me parler. Je ne m'amuserais plus avec personne. Non. Je m'amuserais de là où je serais, tout en gardant en mémoire mes souvenirs, douloureux, joyeux. Peu importait. Le peu de personnes que je connaissais m'oublieraient. Je disparaitrais de leurs souvenirs. Je m'effacerais, petit à petit, comme si je n'avais jamais existé. Mais avais-je un jour réellement existé ?

     Mon cœur commença à battre plus rapidement, tellement rapidement que ça me faisait mal, très mal. J'avais mal, mal au cœur. J'étais brisée, perdue, évacuée. J'avais horriblement mal. Malheureusement, je ne serais pas capable d'enlever, arracher cette douleur. C'était éternellement impossible. Jamais, plus jamais je ne ressentirai de joie, plus rien. Je ne ressentais rien, et pourtant... Pourtant, les battements au niveau de ma poitrine prouvaient le contraire. On aurait pu croire un séisme, un tremblement de terre. Il battait si vite. Je ne pouvais plus l'arrêter. Je ne l'arrêterai plus. Plus jamais. Mon cœur m'était indispensable, les battements devaient également l'être. Je souffrirai donc. Je continuerai de souffrir, pour prouver que j'étais bien en vie. Mon cœur et la souffrance me prouvaient que j'étais en vie. J'étais bien en vie. Mon cœur me le prouvait. Avoir mal, de l'intérieur ou de l'extérieur me le prouvait.

    Je n'avais pourtant pas de cœur.

    J'avais oublié. Quelle pauvre idiote j'étais. J'étais bien trop naïve. Naïve de penser que j'étais comme les autres. Je n'étais pas comme les autres, loin de là. Je n'étais qu'une petite imbécile qui ne réussira à rien dans sa misérable vie qu'elle ne pouvait même pas qualifier comme telle. Je ne vivais pas. Je ne vivais plus. Mon cœur avait arrêté de battre, alors pourquoi ressentais-je cette sensation au niveau de ma poitrine. Qu'était-ce ? Je ne saurais le dire. Mon cerveau ne fonctionnait plus, les mécanismes avaient lâché depuis bien longtemps. Pourtant, je réfléchissais encore. J'étais capable de penser, d'imaginer, de réfléchir. Tous mes autres organes fonctionnaient également. Mais si nous regardions bien ou approfondissions ce point de vue, mes organes ne fonctionnaient pas de la même manière qu'avant. C'était différent, comme la sensation que j'éprouvais en ce moment. En réalité, ils ne fonctionnaient plus. Je n'en avais même plus. Ce n'était qu'une simple illusion. Oui, tout ça n'était qu'illusion.

    Je n'étais qu'une illusion.

    Je n'avais jamais existé. Même avant, je n'existais pas. Mon horrible vie ne devait qu'être une bonne blague. Comment avais-je pu naitre ? Je n'étais qu'une pauvre fille de maître de guilde, un horrible maitre de guilde. Non, une horrible guilde. Aucun d'entre eux n'était aimable, et encore moins le maître. Ils maltraitaient les autres, c'était un petit peu mon point de vue, mais mon père avait toujours été très gentil envers moi, je l'adorais. Tous les mages également l'étaient. Ils étaient également forts et fiers, un peu trop même, que ça en devenait très énervant et pathétique. Mais dans toutes ces personnes, il y avait une fille. Une fille qui avait mon âge. Elle devait me ressembler, sans doute. Ses parents étaient mages de la guilde, mais étaient morts dans une mission. Malheureusement pour elle, ils avaient des dettes, beaucoup de dettes. Et cette fille dut travailler pour la guilde pour tout rembourser.

    Mais elle était maltraitée. Elle avait beau un foyer où dormir, j'étais certaine qu'elle n'était pas heureuse. Le foyer que mon père lui avait attribué n'était qu'une misérable étable, où d'étranges animaux y vivaient. Tout était sal, cette fille l'était également. A la guilde, beaucoup de personnes la frappaient, la battaient, se moquaient d'elle. Elle paraissait stupide et insignifiante. Personne, d'après mes souvenirs, n'était aimable envers elle. Les gens vomissaient en parlant de cet insecte. Ils étaient tous horribles avec cette fille.

    Même moi.

    Je n'en étais pas fière, pas du tout. Cette fille voulait simplement être gentille avec moi, mais je ne l'avais que rejetée. Je n'étais qu'une pauvre peste, fille de bourgeoise, même si mon père ne frôlaient pas la fortune, étant maître de guilde. Mais cette petite fille aux cheveux si courts, j'avais été désagréable avec elle, bien pire que détestable. Je me moquais d'elle, et lorsque j'en avais l'occasion, je la frappais. Pour moi, elle était répugnante, insignifiante. Elle n'était qu'un misérable insecte pauvre et malsain. Mais ce que je ne savais pas, c'était que tous les défauts me revenaient, à moi et seulement à moi. J'allais à l'école, j'étais sans doute la meilleure, mais je m'en vantais. J'étais prétentieuse.

    Mais malgré tous ces défauts, cette fille n'avait jamais été désagréable envers moi, alors que je le méritais amplement. Mais elle ne m'avait jamais insultée, elle m'avait toujours souri. Mais ce n'était pas ces sourires donnés, gratuits, pour le plaisir, qu'on offrait lorsque l'on s'ennuyait, ou ces faux sourires, qui cachaient en fait un fond détestable. Non, tous ces sourires, tous étaient sincères. Elle en faisait très souvent, tout le temps même. Elle souriait tout le temps, lorsqu'elle n'était pas effrayée. La frayeur était également quelque chose qui n'était pas rare pour elle, mais son sourire l'était encore moins. Je ne savais pas si elle avait déjà été en colère, je ne l'avais jamais su durant l'enfance. Mais dans tous les cas, j'étais sûre et certaine d'une chose.

    Étant enfant, elle n'avait jamais pleuré. Je ne l'avais jamais vu faire preuve de ce genre de faiblesse dans tous les cas.

    C'était une fille forte, très forte. Comment quelqu'un pouvait-il retenir ses larmes ? Il fallait être bien plus que fort pour cela. Cette fille n'était sans doute pas humaine, ou bien était-elle spéciale. Je ne pensais pas, mais les miracles avaient toujours existé. Un simple miracle changerait mon monde, son monde, notre monde. Notre monde était en commun, elle et moi étions sûrement marquées par le destin. Malheureusement, je ne croyais pas au destin. Je ne croyais pas en cette fille. Je ne voulais pas l'aimer. Je voulais rester dans ma guilde, rester telle que j'étais. Je ne voulais que rien ne change pour moi. Que cette fille qui avait toujours souri au lieu de pleurer, restait ce qu'elle était et ne me dérangeait jamais. C'était ce que je voulais. Je le souhaitais.

    Bien sûr, mon souhait n'avait pas été exaucé.

    Je n'avais que six ans. Six misérables années pour moi, et la vie devant. C'était pourtant un jour comme les autres. Parfaitement comme les autres. Alors pourquoi avait-il fallu que Blue Skull, attaque Red Lizard ? Pourquoi avait-il fallu, en ce jour si banal, qu'une guilde puissante attaque la notre ? Pourquoi ? Je n'en savais rien. Je ne le savais pas. Moi, j'étais tout simplement dans la bataille, emportée par les mages qui se battaient. Je ne savais pas pratiquer la magie. Tout le monde se battait, et moi, je ne servais à rien. Peut-être était-ce moi l'insecte, après tout ? Je ne servais à rien, je ne faisais que gêner. J'avais toujours été une gêne.

    Les restes de la guilde détruite m'écrasaient. Les ruines m'étouffaient. J'allais mourir, c'était inévitable. Mais quand est-ce que je mourrai ? C'était cela, ma question. Allais-je mourir immédiatement, ou encore dans quelques minutes ? Je ne le savais pas. J'avais peur, peur de ma mort, mais je l'attendais. J'attendais ma mort. Je voulais mourir, et arrêter de souffrir encore plus. Ce spectacle devant moi me faisait souffrir. Mais malheureusement, ou heureusement, tout cela n'arriva pas. Une lumière m'avait sauvée. Non. Une fée m'avait sauvée. La fille que je méprisais m'avait sauvée.

    Après tout ce que je lui avais fait, elle était venue vers moi, criant mon nom, me prenant par la main et courant au loin. Je ne la comprenais définitivement pas. Mais j'avais commencé à l'apprécier. Je lui avais pourtant dit que je voulais rester ici et mourir, car tout ce que j'aimais était là. Mon père, la guilde, mes beaux vêtements... J'avais tout perdu, mais je n'étais qu'une égoïste de penser cela. C'était alors que cette petite fille, qui avait pourtant mon âge, m'avait dit que tout ce qu'elle avait, ses vêtements, ses souvenirs, ses parents décédés, tout... Elle gardait toutes ces choses dans son cœur.

    Et puis, je lui avais proposé une chose. Une chose que je n'aurais jamais cru dire. Si elle me l'avait dit elle, je pense que ça ne m'aurait pas surprise, mais peut-être fait plaisir. Je lui avais proposé de devenir amies. Ou plutôt, je lui avais dit qu'après toutes ses choses, on aurait bien pu devenir amies. Et elle avait accepté, en souriant. Malgré tout ce que je lui avais fait, elle avait accepté le fait que l'on pouvait devenir amie, et elle l'avait affirmé qu'on l'était actuellement par la suite. Ce qu'elle avait dit m'avait fait plaisir. Oui, nous étions amie. Nous courrions loin, très loin de ce lieu où plus aucune vie n'était présente.

    Mais nous avions tellement couru, et j'étais tellement fatiguée que je m'étais laissée tomber. Je m'étais écroulée au sol dur et chaud. Chaud, dû aux flammes de l'incendie qui brûlait la guilde et tout ce qu'il y restait. J'avais froid, mais la présence de cette fille m'avait réchauffée. Elle me tenait chaud. J'allais mourir, c'était certain. Je sentais mon cœur s'arrêter petit à petit, je n'arrivais plus à respirer. Ma tête me faisait mal, vraiment très mal. Je souffrais, et alors que j'étais à peine devenue l'amie de cette fille, j'allais mourir. Mourir dans les bras d'un ami n'était pas vraiment très courageux. Mais je n'arrivais plus à être forte. Mon corps m'avait lâchée, et les miracles n'existaient pas.

    C'était la première fois que je l'avais vue pleurer. Elle avait pleuré, sans doute pour la première fois de sa vie, à cause de moi. Je me souvenais qu'elle avait beaucoup pleuré. Vraiment, beaucoup. Parce que j'étais morte. Mais l'étais-je réellement ? Je ne savais par quel moyen, mais elle m'avait sauvée. Cette fille miraculeuse m'avait sauvée, et je ne savais toujours pas comment. Non, c'était faux, je ne voulais plus mentir, je ne savais que trop comment avait-elle fait. Mais cela me rendait triste. Ça la rendrait triste, alors, je pensais que jamais je ne lui dirais.

    Mais le destin en avait voulu autrement.

    Sept ans étaient passés. Cela faisait sept ans. Sept ans que nous vivions seules sur cette île, sur l'île Tenro. Nous étions les seules survivantes. Nous arrivions très bien à survivre ensemble, et nous étions devenues de très grandes amies. Nous aimions bien la tranquillité de l'île. C'était si paisible. L'air était toujours frais. Nous étions toujours ensemble, même dans les pires moments. Nous savions nous soutenir. Nous nous baignions ensemble, nous jouions ensemble, nous mangions ensemble, nous dormions ensemble, nous étudions ensemble, nous cuisinions ensemble, nous pensions ensemble. Nous faisions tout ensemble. Nous nous aimions sincèrement, comme deux amies très proches, même si je la grondais pour diverses choses, très souvent. Je me sentais encore coupable de ma méchanceté du passé. Mais elle disait que tout cela était oublié.

    Je me souvenais encore du jour où notre destin à elle et moi avait basculé. Rien que d'y penser me donnait mal au cœur. Si seulement ces chasseurs de trésors n'étaient pas venus chercher le Jade de Tenrô. Si seulement cette fille avait été plus prudente, et de ne pas décider de partir à l'aventure pour le récupérer, sachant impertinemment que c'était Blue Skull, les fautifs. Nous étions en plein rangement de la bibliothèque, alors pourquoi avions nous mis notre vie de nouveau en danger ? J'avais peur, mais je ne voulais pas qu'elle y aille toute seule. Elle avait insisté, et je suis partie avec elle et les chasseurs. En réalité, ces chasseurs de trésors pouvaient s'admettre bien plus aimable que je ne l'aurais cru.

    Beaucoup de choses étaient arrivées. Nous avions d'abord voyagé en bateau, puis, enfin arrivés à la ville de Magnolia, nous avions cherché la guilde. Malheureusement, notre première tentative n'avait été qu'une misérable échec. Nous avions perdu. Cette fille dont les cheveux avaient étrangement poussé d'une longueur juste impressionnante, avait pourtant utilisé sa magie des illusions qu'elle avait pratiquée durant sept ans. Cela l'avait beaucoup marquée. Deux d'entre nous étaient blessés, nous nous enfuyions ensuite vers une forêt proche. La fille alla chercher de l'eau, alors que nous étions réunis, une personne encore inconsciente et un autre bandé.

    Lorsqu'elle était revenue, il y avait quelqu'un avec elle. Une personne que je ne connaissais pas encore, mais qui avait sans aucun doute fait partie de ceux qui avaient changé le destin qui ne devait être que banal. Un mage, un mage pratiquant la magie noire. Mon partenaire nous avait dit qu'il n'avait pourtant qu'une malédiction, mais je me cachais tout de même à cet époque. Il portait des vêtements sombres, ses yeux et ses cheveux l'étaient également. Il nous avait appris la magie, je lui en étais reconnaissante. J'avais appris la magie de feu.

    Mais il avait vite disparu, et nous étions partis nous battre. Mon amie blonde s'était habillée de sorte à ce qu'elle ressemble à un mage noir. C'était une étrange fille, mais elle était sincère. Elle voulait sincèrement récupérer le bijou sacré de notre île, mais pas seulement. Elle et moi voulions également délivrer Magnolia de Blue Skull, la guilde qui ne leur portait que du désespoir, la guilde qui tuait leurs habitants juste pour s'entrainer à la magie. C'en était dégoutant. C'était horrible, indigne d'une guilde de mage. Ils devaient pourtant protéger leurs habitants.

    Notre plan avait fonctionné, nous avions battu Blue Skull, grâce à l'aide des habitants. Le maître de guilde avait été fait prisonnier. Mais il nous avait dit quelque chose qui nous avait fait réagir. Moi et cette fameuse fille à la recherche de fées, partîmes dans leur guilde, leur base. Mais il était trop tard. Ce garçon était trop bête, trop naïf. Il n'avait pas écouté la fille qui était pourtant son amie. Tous ces instants passés ensemble avait fait de nous d'excellents amis. Mais il ne pensait qu'à lui et à son trésor. Il avait gardé le jade qui avait en fait une trop grande source magique pour qu'une personne puisse la prendre en main.

    Le squelette de dragon autour de la guilde avait pris possession de l'âme et du corps de ce garçon stupide. Mais cette fille avec qui j'avais partagé plus de sept ans de ma vie, paraissait également stupide. Elle était partie sauver ce garçon. Malgré les risques, elle était partie pour le sauver. Il était devenu ce gigantesque squelette de dragon, et n'avait plus conscience de son âme, ni de son corps. Il ne pouvait rien entendre, il n'entendait rien. Mais cette fille était partie pour le sauver. J'étais certaine qu'il n'y avait aucun moyen. Ce squelette était gigantesque, énorme, il détruisait les maisons, les bâtiments, il détruisait tout. Les habitants s'étaient enfuis, bien évidemment.

    Elle était accrochée sur lui, et je l'avais vite rejoint. Je lui avais crié de loin qu'il n'y avait plus aucun moyen, mais elle avait refusé, me rappelant tout ce que l'on avait vécu ensemble, et m'avait dit qu'il était son ami, et qu'elle ferait tout son possible pour le sauver. Elle m'avait ensuite dit ce qu'elle allait faire pour le sauver. Il s'agissait de "Law", dit Loi. Mais me rappelant des paroles du mage noir, je lui avais dit que cette magie devait être étudiée durant dix ans pour pouvoir la pratiquer, sinon, il y aurait de graves effets secondaires inconnus.

    Mais elle ne voulait rien écouter, et avait tout de même utilisé cette magie. J'avais alors peur pour elle. C'était une fille qui aimait trop ses amis. Elle les protégeait, elle les conservait dans son cœur. Elle l'avait donc sauvé. Elle avait utilisé Law, cette dangereuse magie. Une fois utilisée, j'étais partie voir, le garçon était sauvé. Mais cette fille... Cette fille était bien trop blessée de l'intérieur. Elle était au sol, inconsciente, l'autre également, mais je supposais que c'était normal.

    Ce qui se passa ensuite s'était passé tellement vite. Une spécialiste de guilde de mages de la ville voisine était venue, car les médecins étaient incapables de dire ce que cette fille insouciante avait. L'autre garçon blond était également, toujours évanoui. Elle l'avait également examiné, mais ce qu'ils avaient, elle et lui, étaient deux choses bien différentes. Lui, était simplement évanoui et se réveillerait bientôt. Mais elle. Elle avait une chose bien plus grave qui me donnait encore des frissons. Je n'arrivais toujours pas à le croire.

    Son corps ne grandira plus, et ne murira plus. Elle aura pour toujours le corps d'une fille de treize ans.

    Au début, je n'y avais pas cru. Je ne pouvais pas le croire. Comment croire que sa meilleure amie ne pourra plus jamais ni grandir, ni murir, ni rien ? Comment réagira-elle ? Sera-t-elle troublée, triste, en colère ? Comment sera-t-elle à son réveil ? Je craignais cela. Je ne voulais pas voir sa réaction. Je ne voulais pas qu'elle l'apprenne. Mais elle y était obligée. Je ne pouvais pas le lui cacher. De toute manière, d'autres personnes le lui diront. Tout ce qu'il lui faudra, je pense, sera la compagnie d'un ami, un proche. J'espérais être cet ami. Mais maintenant, elle en avait plusieurs. Elle était bien entourée. Alors, elle aura plusieurs amis à son réveil.

    Mais à son fameux réveil, je n'aurais jamais cru qu'elle serait ainsi. On l'avait pourtant informée de ce qu'il lui arrivait. Mais elle avait tout simplement souri. Elle n'avait fait que sourire. Comment pouvait-elle être heureuse alors que quelque chose d'horrible lui arrivait ? A quel point était-elle spéciale ? Non, elle était bien plus que spéciale. C'était une fille qui pouvait changer le monde entier. Elle le changera. J'en étais certaine. Alors, après cela, elle était partie. J'avais décidé de la suivre.

    Elle était partie dans un endroit calme, paisible, à regarder l'air. Je m'étais cachée derrière les arbres et un rocher pour l'observer d'un air triste. Que ressentait-elle en ce moment ? Quels étaient ses sentiments ? Que pouvait-elle bien penser ? Elle resta un moment comme ça, à réfléchir. Pourquoi n'allais-je pas la voir ? Non, je devais attendre. Attendre, oui, mais quoi ? Que pouvais-je bien attendre ? Qu'un miracle se produise ? Je ne pensais pas. Je l'aimais bien trop. Je ne savais plus quoi faire. Mais j'avais décidé d'attendre.

    Avais-je raison ? C'était une question que je me posais encore maintenant. Ça ne faisait pas longtemps, alors c'était normal. Le garçon blond s'était réveillé, et, à présent, il était avec elle, en train de lui parler. Elle ne le détestait pas, au contraire, ses sentiments s"étaient développés, elle l'appréciait encore plus. Lui, il lui avait avoué des choses, des choses plutôt horribles. Il avouait enfin qu'il se servait d'elle pour retrouver le précieux Jade, et de tout le reste. Il lui avait tout avoué, alors il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi elle souriait. Mais elle lui avait répondu que tout cela n'était la faute de personne. Ils étaient tous responsables.

    Ils étaient amis, après tout. Il lui avait même proposé d'aller chercher des fées avec elle.

    Bien qu'elle ne comprenait pas, il avait insisté. Il lui avait dit qu'il vivrait à présent pour ses rêves. Elle lui avait ensuite dit qu'il ne devrait pas, et qu'il devait vivre pour ses propres rêves. Elle l'avait dit en étant un peu gênée. Qui ne le serait pas ? Et comme s'il avait réponse à tout, il lui avait dit, après qu'un vent frais lui avait caressé son fin visage, une chose qui m'avait fait chaud au cœur. J'étais contente pour elle. Il lui avait dit que son rêve à présent, était de la protéger et de croire en elle quoi qu'il arrivait, jusqu'à la fin.

    Même ce qu'il avait dit après, m'avait fait chaud au cœur et m'avait marqué un sourire. Peu importait leur âge ou leur sexe, ils étaient amis, et le seront pour toujours. Un ami n'en abandonnait pas un autre. Et cette jeune blonde, très maligne et avancée pour son âge aimait énormément l'amitié. C'était sûrement ce qu'elle aimait le plus en ce monde. Je la comprenais, moi aussi, j'aimais l'amitié. Je l'aimais beaucoup, et je m'étais attachée aux trois chasseurs de trésors. Elle chérissait ses proches, et disait tout ce qu'elle pensait avec une extrême sagesse, bien étrange pour une jeune fille mignonne comme elle.

    Je pensais que mon cœur inexistant allait arrêter de battre à la seconde d'après. Non, je savais que j'exagérais, mais, à l'instant d'après, je pensais que je pouvais déjà soupirer, soupirer comme je ne l'avais jamais fait. Un soupir qui m'emmènera loin, très loin. Il lui avait dit que, maintenant qu'ils étaient amis, il avait quelque chose d'important à lui dire à propos de moi. J'avais sursauté, mais par la suite, il m'avait appelée, sachant bien que j'étais là. Elle, avait l'air surprise de me voir et me disait que je devais m'habituer à ces chasseurs. Mais j'avançai droit devant moi, devant le blond, ce qui la laissa perplexe.

    C'était par la suite... Cette suite qui n'aurait jamais dû se passer ainsi si nous n'avions pas quitté l'île Tenrô. Ce garçon lui avait avoué. Il avait avoué la chose que je n'avais jamais résolu de faire. Je n'y arrivais pas, je ne le pouvais pas. C'était bien trop dur, et je m'étais dit que je pouvais le lui avouer lorsque nous serions trop âgée et que la mort serait proche. J'avais sincèrement cru que nous pouvions rester ensemble pour toujours. Je l'avais cru. Mais cela n'était plus possible, et je ne pouvais plus le lui cacher. Elle avait de nouveaux amis.

    J'étais une existence que seule elle, pouvait percevoir.

    Il lui avait dit qu'il ne pouvait ni me voir, ni m'entendre, et qu'il n'était pas le seul. Seule elle, pouvait le faire. Je n'étais qu'une illusion qu'elle avait créée. Elle m'avait créée. Elle avait créé mon illusion. Je me souvenais encore de ce jour. Ce jour où elle m'avait créée. Je me demandais si je lui en étais reconnaissante, ou bien était-ce le contraire ? Non, j'étais bien reconnaissante envers elle, et je ne pourrai jamais la détester. Elle était la personne que j'aimais le plus en ce monde. Je l'aimais bien trop, et je lui étais reconnaissante de m'avoir fait parcourir cette merveilleuse aventure.

    Au début elle ne le croyait pas. Non, elle ne voulait pas le croire. Mais c'était bien plus compliqué que ça. Elle n'y arrivait pas, elle avait bien trop mal pour se l'avouer. Le blond lui avait de nouveau dit, qu'il ne me voyait pas, observant son trouble et sa confusion. Je ne savais pas ce qu'elle pouvait penser, mais je savais ce qu'elle ressentait. Ses émotions, tout. Je la connaissais par cœur, encore plus que ma propre personne invisible. Son expression me faisait mal, j'avais mal en ma poitrine. J'avais mal au cœur.

    Elle me l'avait directement demandé, elle ne comprenait pas, et avait une pointe de peur dans la voix. Elle avait peur de ma réponse. Je le voyais, elle tremblait légèrement, le souffle court, de la sueur couvrant son joli visage. Je ne savais pas quoi faire, quoi dire. Je devais tout simplement lui dire la vérité. Toute la vérité, tout ce qu'elle ne savait pas. Je ne devais plus avoir peur de sa réponse. Je me devais d'être forte pour elle. Je serai forte pour elle. Je me demandais juste si elle, le sera. Mais je le pensais. Elle sera forte.

    Je sentais l'air me caresser la peau. Qu'il était doux... Je n'aurais jamais cru cela possible dans un tel moment. Mon cœur commençait à battre plus rapidement, tellement rapidement que ça me faisait mal, très mal. J'avais mal, mal au cœur. J'étais presque brisée, perdue, évacuée. Pourrai-je un jour enlever cette éternelle douleur ? J'avais mal au cœur, très mal même. Mais pourtant, je n'en avais pas. Je n'avais plus de cœur. Mon cœur faisait partie de celui de la fille devant moi. Ou peut-être effacé dans un monde lointain, là où personne ne pourrait me voir, gardant mes précieux souvenirs avec moi.

    J'étais revenue à moi, comme si je me réveillais d'un long rêve. On pouvait dire que j'étais revenue au présent, même si cela paraissait très étrange. Mais je supposais que c'était le cas. J'avais comme voyagé dans le passé, mais à présent, aujourd'hui me tendait les bras. J'étais revenue au moment de départ, au moment où mon cœur me faisait mal, où je m'avouais mon égoïsme et mon inexistence sur Terre. Où j'avouais que j'étais une illusion de ma créatrice, de mon amie de toujours. Elle était devant moi, comme paralysée.

    Je m'étais remémorée tout cela. Je m'étais rappelée toute ma vie, mon aventure. Mon aventure avec cette fille, et même les trois chasseurs de trésors, et en comptant bien évidemment le mage noir qui avait changé notre vie. Notre vie était en commun. La vie d'une personne n'était en fait qu'une grande aventure, où des centaines y laissaient libre cours à l'intérieur de celle-ci, avec ses amis. J'avais de véritables amis sur qui compter. Même s'ils ne l'étaient pas vraiment. Pour moi, la jolie blonde avec qui j'avais partagé mon aventure, non, notre aventure en commun, était ma seule amie sur qui je pouvais réellement compter.

    Les autres, je ne savais pas vraiment quoi en penser. Je n'étais plus sûre de rien. Je ne savais pas si je pouvais les qualifier comme amis. Ils ne me connaissaient même pas. Peut-être que c'était le cas pour moi, mais ce ne serait pas de l'amitié, s'ils ne pouvaient ni me voir, ni me parler, ni m'entendre. Ce serait stupide. Mais il y avait bien une chose dont j'étais certaine, c'était que je les appréciais vraiment, et que je les considérais comme de véritables amis.

     Mon cœur se calma petit à petit, malgré la douleur encore présente, je me sentais bien. Mon âme était en paix. Je le lui avais avoué. Mais la suite sera encore plus complexe. Ce qu'il allait se passer... me brisera sans doute. Je ne voulais pas la voir triste, non. Je ne voulais pas qu'elle soit brisée, détruite. Je voulais qu'elle soit comme elle avait toujours été. Je voulais qu'elle soit elle. J'espérais que ce soit son choix. J'espérais vraiment l'entendre dire ces mots.

    Mais je ne pouvais que m'excuser. Je m'étais excusée. Je lui avais dit que je ne savais pas comment le lui dire, je n'en savais rien. Pourquoi n'arrivais-je pas à réfléchir correctement ? Étais-je à ce point stupide et inutile ? Je ne le savais pas, mais je ne le pensais plus. Il ne fallait pas s'insulter pour si peu. Si peu, je disais... C'était quelque chose de bien plus grand, alors pourquoi avais-je pensé "si peu" ? Peut-être à cause de mon égoïsme. Mon égoïsme à ne jamais faire les choses de la bonne manière.

    « Je suis morte il y a sept ans sur l'île Tenrô. »

    Je lui avais dit cela, franche. Fallait-il être ferme ? Je le pensais. J'étais il y avait déjà sept ans, sur l'île. Il y a sept ans... je fus morte. J'essayais de me le répéter de différentes manières, mais je ne savais plus trop quoi penser. Je ne savais plus quoi dire. Je me demandais pourquoi devrais-je me contredire dans mes pensées, alors que c'étaient justement des pensées personnelles, personne ne les entendraient, déjà qu'une seule personne pouvait m'entendre et me voir.

    Sa magie des illusions s'était éveillée ce jour, et, inconsciemment, elle avait créé l'illusion, connue sous mon nom. Je me rappelais bien comment est-ce qu'elle m'avait sauvée, je ne m'en souvenais que trop. Je ne voulais tout simplement pas le lui dire. Le lui avouer serait comme un manque en moi. Comme si j'aurais bien pu mourir si elle n'avait pas eu de pouvoir magique. Qu'aurait-elle pensé ? Que pensait-elle ? Tout cela était actuellement avoué.

    C'était pour cela. C'était parce qu'elle m'avait créée inconsciemment, c'était pour cela qu'elle-même n'avait pas remarqué que je n'étais qu'une illusion qu'elle avait créée, et que je n'existais pas. C'était vrai, après tout, je n'existais pas. Je n'existais plus. Une illusion créée de la sorte ne pouvait être vue que par son créateur. Je le lui avais également avoué.

    Le simple fait qu'elle commençait à se rendre compte que je n'étais qu'une illusion me faisait disparaître. Je le lui avais dit, regardant actuellement mon bras dans un sourire en train de disparaître, étant transparent, et basculant entre le monde réel, et l'autre monde qu'était l'âme. L'âme de mon créateur, celle du ciel. Le ciel m'aidera aussi à m'en aller. Je commençais à m'en aller, mais je ne pouvais pas la laisser ainsi.

    Malheureusement, c'était bien plus compliqué. Elle avait hurlé qu'elle ne se rendait compte de rien, qu'elle ne pensait pas une seconde que j'étais une illusion. Un mensonge. Ce n'en était pas réellement un. On ne pouvait pas appeler ça un mensonge. Mais ce n'était pas la vérité. Elle n'avait pas menti, mais elle n'avait pas dit la vérité. C'était quelque chose de complexe, mais de vrai, je pouvais en être certaine. Elle me croyait, elle croyait son ami, elle nous avait toujours crus. Alors cela lui faisait peur. Je savais qu'elle en avait conscience.

    Je la pris dans mes bras. Je ne voulais pas qu'elle soit triste, je ne le souhaitais pas, je rêverais du contraire. Tout ce dont j'avais envie, c'était qu'elle soit heureuse à jamais. Je voulais la voir sourire, je ne voulais plus la voir pleurer, même si cela était trop tard à présent. Je sentis que quelques gouttes allaient perler. Je ne voulais pas la voir ainsi, ou j'allais également pleurer. Je la serrai fort contre moi, mes mains autour d'elle.

    Yuri veut que tu ailles de l'avant.

    Je marquai une courte pose, des larmes commençant à couler du coin de ses beaux yeux verts émeraude.

    – Et je le veux aussi.

    Je ne savais pas comment le lui dire. Les mots venaient par eux-même. Je ne savais pas comment. Je ne savais vraiment pas comment. Je n'arrêtais pas de repenser cette phrase. Elle venait à chaque fois me hanter. Je savais bien que je ne le savais pas. Et je pense que ce ne sera pas la dernière fois que je me le disais. Cela m'arrivait tant de fois, je ne pouvais pas tout simplement me le nier comme une idiote et poursuivre.

    Mais pour qu'elle puisse aller de l'avant, je lui avais dit que je devais disparaître. Je devais disparaître. Je souriais, durant tout ce que je lui avais dit, j'avais souri. Ce n'était pourtant pas mon genre, je n'étais pas très souriante, et plutôt ronchonneuse et je contredisais un bon nombre de personnes dans l'ombre, car bien sûr, ils ne pouvaient ni m'entendre, ni me vor, ni me parler.

    Elle avait aussitôt refusé, se relevant quelque peu et me prenant les mains, tout en pleurant chaudement, les yeux fermés, tremblant de son corps si fragile. Mais je lui avait ensuite expliqué que ma présence permanente l'épuisait physiquement, créant une forte pression sur son corps. Il n'y avait pas que Law qui ralentissait sa croissance. Je ne voulais pas la blesser plus que cela. Je ne voulais plus la voir ainsi. Si je m'en allais, elle irait bien mieux.

    Elle me répondit encore qu'elle se moquait de tout cela, que ça lui était égal. Illusion ou pas, j'étais moi. C'était ce qu'elle venait de me dire. Il fallait dire qu'elle n'avait pas entièrement tort, mais tout de même. Je ne devais pas rester. Je la regardai en souriant, répétant une énième fois son prénom. Je la voyais trembler. Elle pleurait encore plus que tout à l'heure, et ses tremblements avaient augmenté.

    Je ne veux pas que tu partes !

    Son sanglot redoubla encore une fois. Elle pleurait beaucoup. Elle ne voulait pas me perdre, m'avait-elle dit. Mais je le savais, ça. Cette chose, je le savais déjà. C'était également mon souhait, mais le destin en avait voulu autrement. Cela me rendit tout à coup nostalgique. Elle avait mis ses deux fines mains sur son visage en larmes. Moi, devant elle, avais pris un sourire très réconfortant, un joli sourire qu'elle aimait. Je le savais. Je savais que ce sourire lui plaisait et qu'elle sourirait à son tour. Mais maintenant, j'étais plutôt nostalgique.

    On a toujours été ensemble, ça fait un bout de temps, n'est-ce pas ?

    Je me rappelai de tous nos moments, de tout ce que l'on avait vécu ensemble. Cela m'avait fait sourire. Je me souvenais particulièrement du jour où elle m'avait demandé où pouvait bien se trouver les fées, il y avait quelques temps. Je lui avais d'abord demandé ce que ses parents lui avaient dit. "Si tu y crois vraiment et que tu les cherches, tu finiras par les rencontrer." Je lui avais dit qu'elle en rencontrera une un jour, quelque part, et elle m'avait dit que ce jour là, nous serions ensemble. Mais peut-être que les fées étaient déjà dans son cœur. Je le lui avais dit. Nous avions souri chaleureusement, main dans la main. Elle me regarda, lâchant quelque peu ma main, et me dit étrangement que mes cheveux ressemblaient à une queue. Je l'avais à moitié mal pris, mais lorsqu'elle s'était mise à rire, je l'avais vite rejoint. Les fées avaient-elles une queue ? C'était la question que nous nous posions ce jour.

    Elle pleura comme elle avait pleuré sur l'île il y avait sept ans. Elle me dit à nouveau une chose plutôt intelligente, mais qui ne servirait à rien. Elle voulait me recréer avec ses pouvoirs d'illusions si je disparaissais. Comme ça, nous resterions toujours ensemble. Toujours en souriant, je lui avais dit que c'était impossible, je n'existais seulement car elle m'avait créée inconsciemment. Maintenant qu'elle le savait, je ne réapparaitrais plus jamais. C'était cela, ça ne pouvait pas être autrement. Mes derniers instants avec elle étaient proches.

    Elle pleura encore plus, tremblant bien plus, le visage de désespoir, je le devinai. Elle dit qu'elle s'en moquait, et me pria, me supplia de rester avec elle. Elle voulait que je reste avec elle. C'était également ce que je voulais. Elle ne voulait pas être seule. Elle l'avait dit, désespérant. Elle m'avait dit qu'elle ne voulait pas être seule. Cela m'avait fait sourire, celui-ci m'ayant échappé. Un sourire toujours aussi réconfortant.

    Tu n'es pas seule, la contredis-je, le vent soufflant un peu plus fort à cet instant. A présent, tu seras avec tes amis qui existent vraiment.

    Noon ! hurla-t-elle, ses larmes surgissant de plus belle. Je veux être avec toi pour toujours !

    Elle pleura, pleura. Elle avait tellement pleuré. Je fus attendrie, je ne pus que sourire avec attention, les sentiments débordants. Elle avait hurlé sa dernière phrase, criant à s'en arracher la voix. C'était comme pour me faire comprendre, ou pour se faire comprendre elle-même. Ses sentiments étaient très forts, je pouvais les ressentir. Ce fut la deuxième fois de ma vie, ou plutôt de mon existence à ses côtés, que je la vis ainsi. Ce fut la deuxième fois. Mais la première fois s'était plutôt bien terminée.

    Elle se laissa tomber au sol, l'âme abattue. Elle était comme détruite. Ses genoux la retenaient de tomber, elle s'y appuyait pour ne pas totalement s'écrouler. Elle était assise au sol dur sur ses jambes, la tête relevée, les larmes débordantes et tombantes, s'écrasaient durement au sol. Elle hurlait durant ses pleures. Je m'avançai vers elle et la repris dans mes bras, la faisant retomber légèrement au sol, s'asseyant sur ses jambes pliées à terre. Je la serrai fort contre moi.

    Je pouvais entendre ses battements. Je pouvais entendre son cœur. Il battait bien plus vite que la normale. Sa respiration était toujours aussi saccagée et forte. Elle respirait ainsi à cause des larmes. Les larmes qu'elle laissait couler dû au triste choque qu'elle venait d'avoir étaient chaudes. Elles étaient étrangement chaudes, douces, brulant d'une puissante flamme. Il faisait pourtant froid. Je la serrais encore plus contre moi, mes bras l'enroulant de nouveau, ma tête derrière elle par dessus son épaule. Chacune ne pouvait pas voir l'expression de l'autre, mais pouvait le deviner.

    Sais-tu où vivent les fées ?

    Mes yeux brillaient. Ils brillaient de tristesse et d'espoir, alors que je la serrais encore plus fort contre moi, comme si je ne voulais pas qu'elle s'en aille. C'était stupide, c'était à moi de m'en aller. Je voulais savoir si elle s'en souvenait. S'en souvenait-elle ? Elle avait toujours voulu voir une fée, c'était son rêve le plus précieux depuis qu'elle était toute petite. Ses parents le lui avaient dit. Les fées existaient. J'étais certaine que c'était le cas. Il ne fallait pas chercher à les trouver. Je savais bien où elles étaient, et je le lui avais dit, le jour où je lui avais avoué devenir plus forte pour la protéger.

    Elle paraissait plus ou moins surprise de la question. C'était vrai, pourquoi lui disais-je cela maintenant ? C'était sans doute ce qu'elle se disait. J'en étais certaine. Elle avait mis du temps avant de réagir. Les larmes que je n'avais pas senties depuis quelques secondes se redéposèrent sur mon épaule. Elle tremblait encore plus. Ses yeux brillèrent, humides. Je pouvais le sentir. Elle respira encore légèrement.

    Dans mon cœur...

    Elle s'en souvenait. Je souris. Je me souvenais également de ce jour. Non, pas seulement, je me souvenais également de lorsque l'on était enfants. Même si nous l'étions encore, je me souvenais d'il y avait quelques temps. Elle le savait. Elle l'avait gravé en elle. Les fées étaient dans nos cœurs, et elles l'avaient toujours été. Je savais donc que ce que je lui dirais ici, maintenant, elle s'en souviendra. Je le savais bien. Mon cœur était détendu, il s'était apaisé. Un sourire se dessina sur mes fraiches lèvres.

    Et moi, alors ?

    Elle écarquilla les yeux, je le savais. Elle les avait écarquillés et elle avait rougi. Elle rougissait toujours, c'était vrai. Non, pas toujours, mais depuis que l'on avait parlé, ses joues avaient pris une teinte rosée. Moi aussi, en ce moment, je rougissais. Je rougissais depuis tout à l'heure. La situation m'avait submergée. J'étais certaine que c'était également le cas pour elle. C'était parce que l'on était amies. Nous étions amies. Elle était mon amie, et je l'étais également. Se dire au revoir, évidemment que l'émotion ferait surface.

    Un adieu serait trop compliqué pour des amis. C'était bien trop dur. Je n'y arriverai pas. Lui dire au revoir me ferait mal. Je ne pensais pas cela. Je pensais plutôt que ça lui ferait mal à elle. Et penser cela me faisait mal à moi. Quoi qu'il arrivait, cela nous ferait mal à toutes les deux, et ce n'était pas du tout ce que je voulais. Je voulais qu'elle soit heureuse. C'était la seule chose que je voulais. Je voulais qu'elle soit heureuse avec ses amis pour toujours, je ne voulais plus la voir souffrir.

    Je la voyais, je la voyais par le cœur. Par le cœur, par les sentiments. Je savais très bien ce qu'elle ressentait, je le savais vraiment bien. Elle savait également ce que je ressentais. Elle savait pourquoi je souriais. Elle le savait vraiment. Je ne voulais que son bien, et elle le savait. Néanmoins, cette situation était bien trop dure, elle ne savait sans doute plus quoi penser, ni dire. Elle ne savait plus quoi faire. Je le savais. Mais ce n'était pas définitif, cet au revoir, il ne l'était même pas maintenant.

    Ce n'est pas un adieu, je rentre simplement chez moi, en toi.

    C'était vrai. Je rentrais à la maison. Je rentrais simplement de là où je venais, à l'intérieur d'elle. Ce n'était donc pas un adieu, j'allais encore plus la revoir, j'allais être avec elle jusqu'à la fin du monde. Pour l'éternité. Je la suivrai partout, je l'aiderai, je pourrai peut-être même la guider. Mais les véritables décisions viendront d'elle, et seulement d'elle. Je ne pourrai pas la contrôler, je venais de son cœur. Et de tout manière, jamais je ne le voudrai. Elle devait faire son chemin par elle-même, et je savais qu'elle pourra y arriver. Je le savais.

    Quelques minuscules secondes avaient passé, elle me serra contre elle également, joignant ses mains autour de mon corps. Elle avait fermé ses beaux yeux verts ensorcelants, des perles encore présentes du coin de ceux-ci. Sa respiration avait comme baissé. Elle était bruyante, mais elle s'était légèrement calmée, je pouvais le savoir, son cœur battait moins fort. Nous étions dans les bras l'une de l'autre, chacune serrant l'autre avec force et espoir, la tristesse ne nous quittant pas. Je fermai les yeux.

    Maintenant, sois forte. Et fais-moi disparaître.

    Elle n'avait pas bougé. Elle me serrait encore dans ses bras, pleurant. Je savais que ça allait être très dur pour elle, ça l'était pour moi. C'était très dur de dire cela à son ami. Un ami proche ne pourrait pas accepter. Mais il le fallait bien, il fallait qu'elle me fasse disparaître. Je savais qu'elle pouvait le faire, malheureusement, elle n'y arriverait pas sans qu'on le lui demande sérieusement. Elle tenait trop à ses compagnons. Jamais elle ne ferait une chose pareil sans que je ne le lui demandais vraiment, mais j'étais certaine qu'elle pouvait ressentir ma tristesse.

    Je me détachai légèrement d'elle, le cœur battant, si je pouvais dire. Je la regardai pleurer, quelque chose s'installa en moi. J'étais triste. Je ne savais pas comment avais-je fait. Tout ce temps, je le savais. Je savais bien qu'un moment pareil allait arriver. Depuis que nous étions parties, je l'avais su. Je savais que j'aurais été obligée de le lui dire. Mais, après qu'elle m'ait sauvée grâce à sa magie, je n'avais pas pu me résoudre à le lui dire. Mais pourtant, je m'étais amusée. Je ne savais pas comment cela avait bien pu arriver.

    Je la regardai, et je m'excusai. Je m'excusai d'avoir toujours été méchante, d'avoir toujours été une fille agaçante. Je souris. J'avais souri en disant cela. Elle avait secoué de la tête en signe de négation. Je trouvais que j'étais une gamine agaçante, collante et qui ne savait que raller. Je m'en excusais pour cela. Mais elle savait que je n'étais pas seulement ça, et que j'avais ce caractère juste parce que je l'aimais. C'était pour cela qu'elle avait secoué de la tête pour montrer qu'elle n'était pas d'accord.

    Je la remerciai ensuite. Je la remerciai pour tous les moments passés avec elle. C'était amusant, je m'étais bien amusée. Je le lui avais avoué. C'était vrai. Si je ne le lui disais pas maintenant, je ne pourrai sans doute jamais le lui dire alors qu'il le fallait bien, pourtant. Elle releva enfin la tête, pour me dire que c'était amusant pour elle aussi. Elle avait enfin souri. C'était un léger sourire de quelques secondes, mais c'était un sourire, un sourire qui m'en arqua un.

    Elle avait relevé la tête, encore une fois, dans ma direction. Elle m'avait dit, non, elle m'avait demandé, non, elle m'avait fait promettre de toujours être son amie, et de continuer à l'être, pour toujours. Elle pleurait encore, et les larmes coulèrent sur ses mains qu'elle avait fermées sur ses genoux, sur ses fines jambes. Je l'avais regardée, moi vers le haut. Je lui avais confirmé, et je le lui avais promis. C'était une promesse, et je comptais bien la tenir. Je serai son amie pour l'éternité.

    Pour la première fois, depuis le début de cette malheureuse annonce... Pour la première fois, depuis bien longtemps... Pour la première fois depuis je ne savais même plus quand, j'avais pleuré. Dans mon sourire, je n'avais pas pu empêcher les larmes de se verser, de sortir, de surgir de moi. Ce n'était même pas de réelles larmes, alors comment existaient-elles ? Était-ce cela, la magie ? La magie pouvait accomplir des miracles, mais elle pouvait également être une mauvaise chose.

    Une lumière nous entoura toutes deux, devant les regards du blond. Cette lumière était toute blanche, elle était éblouissante et brillante. Elle nous entourait bel et bien. Cette lumière était signe qu'elle s'était décidée, qu'elle l'avait accepté. Elle avait accepté le fait que je sois morte, et que mon illusion allait retourner en elle. Cette lumière avait étonné le garçon qui sursauta et s'éloigna légèrement par réflexe, ce que je compris à l'entendre.

    Ma créatrice, mon amie sauta de là où elle était et m'entoura une nouvelle fois de ses bras, toujours sous les regards du garçon, alors que je commençais à m'en aller. Cette lumière devait se relier au ciel, elle était haute, personne ne pourrait la franchir en cet instant, personne n'oserait de toute manière, et personne n'était ici. Alors penser à cela ne servait strictement à rien, je ne pouvais que sourire, sourire comme je l'avais toujours fait. Un sourire de retour à la maison.

    Alors que je commençais à m'en aller, à disparaître, mon corps devenait visible. Il devenait visible, pour ensuite disparaître définitivement, une bonne fois pour toute. Je devenais visible, et ce garçon pouvait à présent me voir. Il était le seul présent, c'était normal, mais d'autre le pourrait également, je suppose. Mais il me voyait, je me retournai, pour lui faire face, il pouvait voir mon visage, pour que je lui dise. Que je lui dise directement à lui, mais également à ses amis. Aux amis de mon amie.

    Merci pour tout. Je compte sur toi pour prendre soin d'elle.

    Je l'avais vu d'abord surpris, toujours sous le choque sans doute. Mais un sourire convaincant s'empara ensuite de son visage. Je pouvais lui faire confiance, rien que de voir ce sourire me rassurait. Je savais qu'il tiendrait cette promesse. Je le savais puisqu'il l'avait acceptée. C'était une autre promesse, mais c'était à une autre personne de me la faire. J'en avais faite une avec mon amie, et maintenant avec lui. Je savais que tout se passerait bien par la suite, j'en étais certaine.

    C'était par la suite que je disparus. J'avais enfin disparu, me transformant en une jolie lumière, qui se balada dans la ville, passant par le lieu où se trouvait les deux autres amis de mon amie. Je les avais également remerciés, ma voix ayant fait écho jusqu'à eux. Ils m'avaient entendue, puisqu'ils en avaient conclu que mon amie avait définitivement pris conscience que je n'étais qu'une illusion, mais bien réelle en elle. C'était pour cela qu'ils avaient pu entendre ma voix, et même la reconnaître.

    J'entendis sa voix. La voix de la fille avec qui j'avais passé toute ma vie. Elle avait dit que j'étais allée dans son cœur, que j'étais actuellement dans son cœur. Et c'était pourquoi, c'était pour cela, qu'elle avancera pour toujours, et qu'elle pourra aller de l'avant. Je pouvais l'entendre, et de là où j'étais, j'avais souri. Je pouvais bien l'entendre, je l'entendais très bien. Une part d'elle était revenue. J'étais revenue chez moi, à l'intérieur d'elle. Je l'entendais encore pleurer, mais je l'entendais encore sourire. Ses yeux brillaient.

    J'avais toujours aimé ses yeux. D'un simple point de vue, ses yeux n'éprouvaient pas d'émotions, puisqu'ils ne contenaient pas de pupilles. Mais si on les regardait du bon angle, en connaissant la personne à qui ils appartenaient, on pouvait les voir briller de mille feux, avec leur pupille. Ils étaient d'un vert ensorcelant émeraude. Ils pouvaient avoir tant d'expressions. Sérieux, heureux, tristes, excités, curieux, étranges, désespérés, déterminés. Je me demandais si je les avais déjà vu en colère, réellement en colère.

    Je pense qu'elle ne s'était jamais énervée. Elle avait eu tant d'expressions, mais jamais je ne l'avais vue en colère. Peut-être légèrement, mais je savais que ce n'était pas du tout sincère, et elle me le montrait. Je la connaissais très bien. Je faisais partie d'elle après tout, désormais. J'étais si bien ici. C'était chaud et doux. C'était très agréable. Je pouvais voir à quel point son cœur était sincère et bon. Il était lumineux, magique. Je pouvais voir en lui un merveilleux avenir.

    Elle allait passer de zéro à A, de rien à l'avenir.

    « Merci pour tout, Zera. »

    * * * *

    Le nom de la guilde sera... Fairy Tail !

    Cette petite fille de treize ans aux longs cheveux blonds ondulés avait annoncé quelques minutes auparavant à ses amis, vouloir fonder une guilde avec eux dans la ville de Magnolia. Les habitants de celle-ci avait besoin d'une guilde, maintenant que Blue Skull était éliminé. Bien évidemment qu'ils étaient heureux que cette guilde soit partie, mais une ville sans guilde restait tout de même en danger. Quel serait leur avenir ? Il leur fallait une guilde, elle avait eu cette idée, mais encore fallait-il l'accord de ses amis et des habitants.

    Elle leur avait dit divers choses. Elle voulait bien sûr, aller chercher des fées, mais elle avait expliqué qu'ils avaient besoin d'un endroit où revenir, quelque part où il pourrait rentrer chez eux, leur maison. C'était pourquoi elle voulait fonder une guilde, dans la ville où elle et ses amis étaient : Magnolia. Elle avait tout d'abord pensé à l'île Tenrô, mais cette ville avait été dirigée par Blue Skull depuis longtemps, néanmoins cette guilde leur promettait un avenir encore potable. Elle leur permettait d'avoir leur économie, même de bas niveau. Sans elle, la ville tomberait en ruine, malgré leur méchanceté.

    Elle avait également dit que Zera souhaitait sauver cette ville, et ce n'était pas seulement la sauver de Blue Skull. Ils devaient marcher ensemble, vers un futur prospère, sauver le cœur et l'âme des habitants marchant dans la rue. Ils devaient progresser ensemble. Elle était certaine que s'ils étaient ensemble, ils pourraient réussir à faire de cette ville, une ville bien plus grande et riche. Cette ville ne tombera pas, elle ne mourra pas. Elle continuera d'avancer, et son futur sera meilleur, heureux.

    Ils pourraient déclarer que l'île Tenrô était leur terre sacrée. Elle s'était légèrement retournée et avait demandé leur avis. Ils avaient tous été d'accord. L'un d'entre eux, le plus ouvert, avait trouvé cela marrant, amusant. Les autres avaient également trouvé cela intéressant. C'était une bonne idée. Mais encore, fallait-il trouver le nom de la guilde. C'était quelque chose de compliqué, car il fallait bien y réfléchir et ne jamais le regretter. Une fois choisi, il sera définitif, il fallait donc bien le choisir pour ne pas le regretter.

    Il y eut une étrange proposition d'un des anciens chasseurs de trésors. Bien évidemment, les autres avaient cru que c'était une blague, et qu'il avait juste oublié de sourire, et d'enlever sa tête sérieuse. Mais apparemment, ce n'était pas du tout une plaisanterie, ce qui les avait drôlement étonnés. C'était à cet instant que la jeune fille avait proposé le nom. Qu'elle avait proposé "Fairy Tail". C'était un nom qu'elle avait dit avec un sourire franc, sincère, les yeux scintillants.

    Les autres n'avaient pas compris cet étrange nom. Il signifiait "Queue de Fée". Pourquoi choisir quelque chose qui représentait une queue ? Non, plus directement, pourquoi des fées ? Ils le lui avaient demandé, bien sûr, ne comprenant vraiment pas. Ressemblaient-ils à des fées ? Quelle partie d'eux lui faisait penser à ces étranges créatures mythiques ? C'était un peu décalé pour eux. C'était ce qu'ils se disaient. C'était ce qu'ils disaient à la fille plus jeune qu'eux.

    Les fées avaient-elles une queue ? Seulement, les fées existaient-elles vraiment ? C'était un éternel mystère, une éternelle aventure. C'étaient les sentiments qu'elle avait éprouvés avec ce nom. Il provoquait ces questions. Fairy Tail. Ce nom restera gravé éternellement, jamais personne ne le salira. Mais si un jour cela arrivait, les membres n'hésiteront pas à anéantir les responsables, où plutôt à leur faire comprendre. Leur faire comprendre le nom de cette guilde, pour qu'ils prennent conscience de son histoire.

    Cette jeune fille pleine d'espoir et ses amis approchèrent le Conseil de la Magie, et avaient rempli les papiers  nécessaires pour fonder la guilde, pour qu'ils ne deviennent pas une guilde clandestine contre toute loi, ce qui serait contradictoire. Il existait pourtant un bon nombre de mages qui étaient de ce côté là. Mais d'autres mages, du bon côté, les neutralisaient souvent. Malheureusement, ces mages là étaient nombreux, mais les bons mages faisaient du mieux qu'ils pouvaient tout de même.

    Les quatre amis avaient même demandé l'admission dans la communauté des guildes voisines, faisant partie de leur alliance. Ils avaient aussi, bien évidemment, mis au courant les habitants de la ville de Magnolia de ce qu'ils faisaient, leur grand projet. C'était quelque chose de tout de même vital. Et dans le but d'avancer haut et loin, ils devaient créer une amitié avec eux. C'était quelque chose de très important. Vivre main dans la main, la tête haute, malgré le passé.

    Les chasseurs de trésors avaient quitté leur poste. Sylph Labyrinth était le nom de leur guilde. Mais pour créer, et construire Fairy Tail avec la jeune fille, ils avaient dû la quitter, ce qui ne leur déplaisait pas réellement. Ils allaient enfin pouvoir faire quelque chose qu'ils aimaient profondément, même si c'était déjà le cas. Mais faire une chose avec ses amis, et s'en faire d'autres, était une chose bien plus intéressante, constructive, captivante et entrainante. L'amitié, c'était un sentiment qu'il ne fallait jamais oublier.

    Les mois avaient passé. Ils avaient passé vraiment, d'une vitesse folle. Fairy Tail avait enfin vu le jour naitre. Elle avait enfin été terminée. Les quatre compagnons en étaient fiers. Ils avaient pris une photo pour ce jour. C'était une chose qui les avaient submergés. Une chose merveilleuse, comme voir un enfant naitre. Non. Cette guilde allait faire naitre plus d'une centaine de personnes, beaucoup de gens s'y installeront, et créeront une grande famille. Cette famille sera solitaire, aimable, et tous auront un grand cœur.

    La jeune blonde, toujours âgée de treize ans, avait été nommée maitre de guilde. Elle fut le premier maitre, mais également le principal fondateur. La personne qui avait eu cette idée au départ. La personne qui avait le plus grand cœur, et la plus grande confiance. Une petite fille qui croyait aux fées. Une petite fille qui était elle-même devenue une fée. Elle était une créature avec une grande histoire. Malheureusement, son histoire n'était pas un conte de fées. Il était tragique. Si seulement à cet instant, ce jour-là, elle avait su ce que le futur lui réserverait. Si seulement.

    « Zera. Je vois un futur où beaucoup de personnes pourront appeler ce lieu, cette guilde leur maison. Ils iront toujours à l'aventure, mais auront à chaque fois un lieu où revenir. C'est comme ça dont j'ai envie que soit Fairy Tail.»

    Je soupirai, fermant les yeux. Zera. Elle avait tant de fois répété ce nom. Mon nom. J'étais bien Zera, une petite fille menteuse et agaçante, sincère et aimable. D'où j'étais, je pouvais la voir, je pouvais l'entendre. Elle voulait qu'un avenir s'offre à cette guilde, qu'elle devienne une chaleureuse maison, accueillant sa famille. Les véritables amis faisaient partie de votre famille, il ne fallait jamais en douter. L'amitié était la force qui nous permettra de vaincre n'importe quel ennemi. J'étais certaine que c'était ce qu'elle pensait, en ce moment.

    Elle s'était mise à courir, courir vers l'aventure, suivie de près par ses amis. Warrod, un homme digne de confiance, sa magie était la végétation. Precht, un homme assez inquiétant, mais vraiment très ouvert au fond de lui. Sa magie provenait des ténèbres, et malencontreusement, il se tournera vers le mal, contre toute attente du premier maitre et de tous les autres. Yuri, la personne qui pouvait avoir le titre de bon compagnon. C'était lui qui avait été le plus aux côtés de la blonde et dont j'avais déjà mentionné le nom. Sa magie était la foudre, un élément qu'il voulait avoir. Au départ, on pouvait le traiter de traitre, mais il s'avoua être le meilleur des amis possible.

    Je souris. Elle ne pouvait pas avoir meilleur avenir que ça. Être avec ses amis, sourire malgré le passé, la difficulté. S'amuser, pleine de vie et de joie... Son avenir allait bel et bien être merveilleux. Moi, du haut de l'arbre de son être, je pouvais l'entendre, je pouvais la voir. J'étais auprès des fées. J'étais dans son cœur, dans son âme. De là où j'étais, je pouvais être à ses côtés. C'était comme si nous étions côte à côte, mais à présent, j'étais également invisible pour elle. Mais rien que de savoir qu'elle se sentait bien, je souriais, les fées volant autour de moi.

    Alors pourquoi avait-t-il fallu que le destin change ? Pourquoi n'était-elle pas heureuse ? Pourquoi était-elle tombée amoureuse d'une personne telle que... lui ? Celui qui l'avait malencontreusement tuée. Celui qui avait changé nos vies. Celui qui était également tombé amoureux. Amoureux d'elle. Celui qui était signe de mort. Celui qui était maudit. Elle l'était également, mais elle ne pouvait rien face à sa malédiction qui était bien trop puissante. Alors pourquoi avait-il fallu qu'ils s'embrassent ?

    Heureusement que Precht était là. Heureusement qu'il avait essayé toute sa vie avant de se tourner vers le mal, de trouver une solution, lui, le second maitre de la guilde. Mais Warrod avait pris sa retraire, et Yuri était mort, il ne restait que son fils. Son fils qui était devenu le troisième maitre, car Precht était parti, malheureusement parti vers le mal, le noir. Mais il avait trouvé une solution. Même si elle n'était pas totalement vivante, elle était encore là. Il lui restait de la magie, elle était encore en vie, malgré que son cœur ne battait plus. Sa magie le prouvait, le peu qu'il lui restait.

    Elle avait pourtant mené tant de batailles à la victoire, grâce à son intelligence extraordinaire. La grande stratège des fées. Elle était celle qui avait sauvé Magnolia avec ses amis, mais eux, tout ce qu'ils pouvaient faire était de lui construire une tombe sur l'île Tenrô, la croyant tous morte mis à part Precht. Elle avait, sans le vouloir, sans que personne ne le sache, tué la femme de Yuri alors que son enfant était né, rien qu'en lui tenant la main. Precht l'avait découvert plus tard, en même temps que sa malédiction lorsqu'elle était mi-endormie, mi-morte, dans une lacrima au sous-sol de la guilde. Elle avait pourtant choisi le nom de son fils, Makarof. Mais elle était prise d'une malédiction depuis Law.

    Law, la magie noire incomplète. C'était ce qui l'avait anéantie, mais elle ne regrettait toujours pas son geste. Elle n'avait plus la joie de vivre. Plus rien. Mais le mal était arrivé. Zeref était arrivé. Ils s'aimaient. Ils le savaient. Pourquoi se l'avaient-ils montré alors ? Une simple déclaration aurait suffi. Alors pourquoi s'étaient-ils embrassés ? La tristesse et l'espoir les avaient sans doute emportés. Ils ne savaient sans doute plus comment vivre, comment faire. L'amour avait pris le dessus. Une fois commencé, ils n'avaient pas pu l'arrêter.

    Mais malgré cela, elle avait pris l'apparence d'un fantôme et était venue de nombreuses fois aider la guilde. Sans son aide, ils seraient sûrement plus ce qu'ils étaient aujourd'hui. Beaucoup d'entre eux ne seraient plus vivants. Le monde n'existerait peut-être plus. Ce maitre avait donc beaucoup trop d'importance pour que tout espoir s'en aille. Cette génération lui avait plu, elle avait retrouvé le sourire. Elle était bien trop heureuse pour qu'elle le soit réellement. De là où j'étais, je pouvais le sentir. Je ne savais plus si j'étais en elle, dans son véritable corps, ou celui qui n'existait pas.

    J'étais tout simplement à ses côtés, marchant avec elle, les yeux pétillant, et le sourire étincelant. Je me demandais comment tout cela allait se terminer. Si tout cela aurait une fin heureuse, ou, au contraire, une fin tragique. Je ne savais pas, et je ne pouvais rien faire. Je ne servais à rien, de là où j'étais. Mais peut-être que si j'y réfléchissais un peu plus, je pourrais voir que je pouvais peut-être aider. Mais ce n'était pas vraiment de l'aide. En fin de compte tout ce que je pouvais faire ou dire n'étaient que quelques mots. Je pouvais seulement penser à cinq mots, simples à comprendre.

    Je crois en toi Mavis.

    ~

    OS 5 : Une fée dans ton coeur

    « Regarde Mavis, des fées !

    – Où ça ?!

    – Dans nos cœurs.

    – Oui. »

    ~~~~

    Terminé !

    Corrigé ! L'image en haut vient de moi.

    Ce genre d'one-shot, j'avais envie de le faire depuis longtemps. Mais quand j'ai vu l'épisode "Law" ou "Loi", en français (non, en suédois ._. :sors:), je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir envie de le faire sur Fairy Tail Zerø. Plus particulièrement, avec comme point de vue, Zera. C'est la première fois qu'il n'y a pas vraiment de romance (le Zeref x Mavis ne compte pas spécialement), dans ce que j'écris. Mais comme j'ai vraiment aimé ce personnage, et que, voilà, tout le monde le sait, elle s'est "éteinte" de l'humanité, mais pas du monde de cet anime, j'ai comme eu un petit mal au cœur tout de même (désolée d'être trop émotive, hein). Mais l'avoir choisie au lieu de Mavis, je n'en suis pas certaine, mais je préfère. Ce serait étrange si c'était Zeref, le narrateur (en fait non, je dis des choses bizarres).

    Bon, y a pas vraiment de dialogues, mais je raconte un point l'histoire, avec juste Zera comme point de vue. C'était comme pour enfoncer les choses, ou plus les marquer je dirais. Mais je suis certaine de m'être répétée avec des mots, des phrases, ou des expressions, même si des fois, c'est fait exprès. Pourquoi ce titre ? Parce que c'est un peu une question de base dans Fairy Tail Zerø, non ? (Ce serait hilarant de dire le contraire... Comme la question : Les fées ont-elles une queue ?)

    Si j'ai quelque chose d'autre à dire, je le dirai plus tard, je pense.

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 16 Mars 2016 à 16:49

    Waah, c'est super bien écrit, franchement bravo *^*

    2
    Mercredi 16 Mars 2016 à 18:08

    Tu trouves ? Merci >w<

    3
    Mercredi 16 Mars 2016 à 18:32

    Oui, de rien >w<

    4
    Mercredi 16 Mars 2016 à 18:36

    Marchi >w>

    5
    Mercredi 16 Mars 2016 à 19:00

    De rien x)

    6
    Mercredi 16 Mars 2016 à 19:25
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